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À Léo, Nikolaï, Rudy et aux autres membres de la famille que je ne connais pas...

1. Le Nouveau Monde – La Nouvelle Terre…

De la même façon qu’un ambassadeur qui est nommé dans un pays connaît évidemment très bien le pays qu’il est censé représenté. Pour être un ambassadeur du nouveau monde, la moindre des choses est de connaître un minimum ce nouveau monde. Honnêtement, sincèrement, qu’en savons de ce Nouveau monde ?

Si je devais apprendre l’albanais ou le grec, je viendrais vers Léo car, sur ces sujet, il en sait évidemment beaucoup plus que moi. C’est comme ça, sur n’importe quel sujet, il y a des gens qui en savent plus que nous…

Pour moi, le meilleur ambassadeur du nouveau monde que je connais, c’est Sri Aurobindo… non seulement parce que c’est un immense yogi, mais aussi et surtout parce qu’il a passé l’essentiel de sa vie à étudier le sujet et qu’il a écrit des livres avec des chapitres entiers sur ce nouveau monde. Et non seulement, il nous en parle, avec des mots d’aujourd’hui que nous pouvons comprendre, mais il nous explique comment nous pouvons nous y préparer.

Quel que soit le sujet que nous voulons étudions, nous devons examiner d’une part la pertinence des questions autour de ce sujet : est-ce que nous posons les bonnes questions, est-ce que nous les posons de la bonne manière, etc., et d’autre part, la pertinence des réponses.

Le sujet du nouveau monde, de la nouvelle terre est un sujet fondamental – peut-être le plus important de notre époque. Une façon de l’aborder pourrait-être de commencer par rassembler les informations que nous avons sur le sujet.

Les personnes avec une sensibilité chrétienne comme vous se basent pour l’essentiel sur ce que l’on peut trouver dans la bible et dans les prophéties. C’est une piste, mais ce n’est pas la seule. Sans doute que les bouddhistes, les taoïstes, les hindouistes, les musulmans, et peut-être même des chamans ont parlé de ces sujets, et écrits des choses qui pourraient s’avérer utiles et intéressantes pour nourrir notre réflexion. Mais ce sont des traditions que je ne connais pas et je ne peux donc en parler.

Par contre, j’ai lu abondamment Sri Aurobindo et la Mère qui fut sa compagne spirituelle et les informations qu’ils ont apporté sur le sujet me semblent d’une si grande importance, que je devais vous en parler, car apparemment, vous ignorez que ces informations existent.

Ce sujet de la nouvelle terre, du nouveau monde, est par définition, un sujet UNIVERSEL : toute la terre est concernée, tous les hommes sont concernés. Ainsi, il me paraît impossible d’exclure, a priori tel ou tel enseignement, sous prétexte qu’il n’appartiendrait pas à notre tradition personnelle d’origine. Il est vrai que Sri Aurobindo n’est pas chrétien, ni même religieux d’ailleurs. Et alors ? Est-ce que ça pose un problème ? Si tel était hélas le cas, cela serait le signe d’une regrettable étroitesse d’esprit. Et bien qu’indien d’origine, s’il puise aussi dans la tradition de son pays, il ne s’y enferme pas, et sa vision profondément spirituelle se veut universelle, au-delà de toutes les conceptions religieuses.

Si l’on est honnête, sincère, de bonne foi, ouvert d’esprit, sans a priori négatif, il me semble que la moindre des choses serait de lire ce qu’il a écrit… et puis de voir, en son âme et conscience, si les réponses qu’il apporte nous semblent pertinentes ou pas.

2. La Vie Divine

Sri Aurobindo explique que l’avènement d’une vie spirituelle et divine, SUR TERRE, pas dans un hypothétique au-delà, est INÉVITABLE, de par la nature même des choses, parce que, tel était le plan divin caché dans la Nature, dans la Force évolutive, depuis l’origine de la création.

Et dans La Vie Divine, il explique cela d’une façon absolument magistrale. Seulement, c’est un pavé de 1000 pages, pas très facile à lire… parce que… le sujet est sérieux et complexe et qu’il ne peut pas être traité de façon légère et superficielle. Et puis, parce qu’il écrit souvent des phrases très longues, parce que sa pensée est complexe et nuancée, qui implique souvent, d’ouvrir une incise.

Mais à défaut de lire tout le livre, la Mère conseillait de lire au moins les 6 derniers chapitres, qui sont une sorte de résumé de toute l’histoire. Je précise au passage que les chapitres des livres de Sri Aurobindo constituent des unités en soi et peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Ainsi, en regardant la table des matières nous pourrions découvrir des sujets qui nous intéressent. Par exemple, ceux sur la guérison du mal, sujet qui hante l’humanité d’une façon si poignante.

  • Les deux derniers chapitres de ces 6 derniers chapitres (chapitre 27, L’être gnostique et chapitre 28, La vie divine) sont justement consacrés à la description de ce Nouveau monde.

  • Les deux premiers chapitres de ces 6 derniers chapitres (chapitre 23, L’homme et l’évolution et chapitre 24 L’évolution de l’homme spirituel) sont une démonstration extraordinairement solide, presque accablante, d’une rigueur implacable, pour ceux qui nient la possibilité de cette évolution spirituelle.

  • Mais entre la fin avec l’avènement de cette vie divine sur terre, et la démonstration qu’une évolution spirituelle est en cours, il y a le milieu avec cette grande question : Comment accéder à ce Nouveau monde ? Que pouvons-nous faire ? Est-ce que nous pouvons faire quelque chose ? Et si oui, quoi ? Comment ? Etc. Ce sont des questions absolument essentielles que nous devons, non seulement nous poser, mais résoudre, avec autant de rigueur que possible. Il faut que cela devienne parfaitement clair dans notre esprit. Ou aussi clair que possible. Les chapitre 25, La triple transformation et 26, L’Ascension vers le Supramental répondent à ces questions sur le comment.

Pour info, ce que Sri Aurobindo appelle le Supramental, correspond à ce que les rishis védiques, il y a plus de 5000 ans appelaient la Conscience-de-Vérité et que la Mère appelait parfois la Conscience d’Harmonie car, dans cette conscience-là, toutes les possibilités de conflits disparaissent.

Cette conscience a toujours existé puisque les rishis en avaient déjà l’expérience, mais en quelque sorte, elle n’était accessible qu’à de « super yogis » capables de faire monter leur conscience bien au-delà du mental ordinaire.

Le travail accompli par Sri Aurobindo et la Mère fut d’ancrer cette conscience-de-vérité à la conscience terrestre, de la faire pénétrer et s’installer dans la conscience terrestre d’une façon durable et définitive. Ainsi, désormais, elle est beaucoup plus accessibles aux hommes.

Et le premier travail de cette conscience de vérité, depuis quelques années, est de… faire sortir tout le mensonge, qui éclate au grand jour. C’est une première période de mise à nu absolument dégoûtante, mais indispensable pour préparer l’avènement de ce Nouveau monde, car il est illusoire de penser ou de croire que nous pourrions entrer dans ce Nouveau monde, ce nouvel âge d’or de Vérité, en gardant toutes nos impuretés, toutes nos obscurités, toutes nos imperfections, toutes nos ignorances, toutes nos faussetés…

PDF La Vie Divine

3. La Synthèse des Yogas

Mais revenons à cette question si fondamentale : comment faire ?

Nous sommes nombreux a voir compris qu’avant d’avoir la prétention de changer le monde ou de changer les autres, il fallait se changer soi-même. Facile à dire, mais pas facile à faire.

Je reprends ma comparaison de tout à l’heure. Nous pouvons rassembler tout ce que nous pensons savoir sur le sujet. Et nous pouvons y ajouter tout l’apport de la religion que nous avons adopté – si nous en avons adopté une – et y ajouter toutes les connaissances de la psychologie, du développement personnel, des neurosciences. Et puis, nous débrouiller avec ça.

Mais nous pouvons aussi accepter l’idée que Sri Aurobindo a passé l’essentiel de sa vie sur ce sujet, parce que c’est vrai. Et envisager que, tout de même, ce qu’il a écrit pourrait nous aider. Nous pouvons nous montrer curieux…

Les chapitres 25 et 26 traitent cette question du comment, mais un sujet d’une telle complexité ne peut pas être traité en seulement deux chapitres. Et c’est surtout sa Synthèse des yogas qu’il convient d’étudier.

Tome 1 : Livre 1, Le Yoga des Œuvres divines et Livre 2, Le Yoga de la Connaissance intégrale

Tome 2 : Livre 3, Le Yoga de l’Amour divin et Livre 4, Le Yoga de la Perfection de soi

PDF Tome 1

PDF Tome 2

4. Du Yoga de la triple voie au Yoga de la Perfection de soi

Les trois premiers livres sont connus en Inde pour être ce qu’on appelle le Yoga de la triple voie. Pour un résumé très succinct, Sri Aurobindo y explique que les trois forces psychologiques principales chez l’être humain sont la volonté, l’intellect et l’amour. C’est un yoga essentiellement psychologique et spirituel qui explore trois voies d’accès pour l’expérience directe avec le Divin.

Certaines personnes sont d’un tempérament actif et veulent avant tout AGIR. C’est une question que les gens posent très souvent aux animateurs du web : que pouvons-nous faire ? D’autres personnes veulent avant tout COMPRENDRE, alors que pour d’autres enfin, le plus important de tout, ce qu’elles placent au-dessus de tout, c’est vraiment L’AMOUR.

Pour ceux qui privilégient l’Action

Sri Aurobindo explique d’une façon magistrale dans cette Synthèse des yogas que nos actions, sans la connaissance sont si imparfaites, si inefficaces qu’elles aboutissent souvent au contraire de ce que nous souhaitions au départ. L’enfer est pavé de bonnes intentions. De même, si l’action n’est pas animée par l’amour, elle n’atteint pas sa perfection, sa plénitude. Pourtant, dans le monde en pleine décomposition, comprendre ce qui fait la perfection d’une action nous serait d’une utilité formidable. C’est l’un des objets de ce Yoga des Œuvres divines, appelé parfois le karma yoga.

Pour ceux qui privilégient la Connaissance

Sri Aurobindo explique que si la Connaissance que nous avons acquise ne se transforme pas en actes, elle est stérile. Et que si elle n’est pas réchauffée par l’amour, elle se montre souvent froide et arrogante. C’est une expérience que nous pouvons faire très facilement avec les intellectuels, les érudits, et tous ceux qui croient maîtriser un sujet : comme ils se la pètent ! Ils en perdent la capacité d’écouter l’autre, lui coupe la parole, et ne prennent même pas le temps d’essayer de sentir ce qu’il y a de juste et de vrai dans ce que dit l’autre. Sri Aurobindo explique cela d’une façon délicieuse dans cet aphorisme n°62 :

« J’ai entendu un sot débiter avec autorité d’absolues sottises et me suis demandé ce que Dieu voulait dire par là. Alors j’ai réfléchi et j’ai vu un masque déformé de la vérité et de la sagesse. »

Il veut dire par là que le mensonge absolu, la fausseté absolu, ça n’existe pas. C’est comme le symbole du yin-yang. Il y a toujours un petit point noir dans le blanc et un petit point blanc dans le noir.

Ainsi, nous pouvons déduire de cet aphorisme que même derrière une idée qui nous paraît tout à fait farfelue, il y a une vérité cachée. Par exemple, même dans les délires identitaires woke, il y a quelque chose d’une extraordinaire importance : le pouvoir d’identification de la conscience nous donne accès à ce que Sri Aurobindo appelle, la Connaissance par identité, qui est tout autre mode d’apprentissage, direct. Cela fait l’objet d’un chapitre entier dans La Vie Divine.

Pourtant, dans notre monde si ignorant ce Yoga de la Connaissance intégrale, me paraît lui d’une formidable utilité. Ce qui me rend profondément triste, c’est que les gens ne sont même pas conscients de l’ignorance crasse dans laquelle nous sommes. Nous accumulons, accumulons, accumulons des connaissances de toutes sortes, mais nous ne connaissons toujours pas notre propre cœur. Et nous ne connaissons pas non plus les champs de conscience qui s’étendent au-dessus de notre mental ordinaire.

« Si seulement les hommes entrevoyaient les jouissances infinies, les forces parfaites, les horizons lumineux de connaissance spontanée, les calmes étendues de notre être qui nous attendent sur les pistes que notre évolution animale n’a pas encore conquises, ils quitteraient tout et n’auraient de cesse qu’ils n’aient gagné ces trésors. Mais le chemin est étroit, les portes sont difficiles à forcer, et la peur, le doute, le scepticisme sont là, tentacules de la Nature pour nous interdire de détourner nos pas des pâtures ordinaires. »

Sri Aurobindo – Pensées et Aphorismes
Aphorisme N°5

Pour ceux qui privilégient l’Amour

Sri Aurobindo explique que l’amour sans la connaissance peut devenir fanatique, et d’ailleurs les pires crimes de l’histoire ont souvent été commis par amour, y compris par amour du dieu que nous chérissons. Et si nous avons trouvé l’amour mais que nous restons dans notre « extase mystique » et que cela ne se transforme pas en action pour nos frères humains, l’amour n’est pas vraiment accompli.

Depuis 2000 ans, le christianisme prêche l’amour du prochain. Et si les résultats positifs sont INCALCULABLES, force est de constater que sur Epstein, Macron… et tous les psychopathes au pouvoir, cela n’a strictement aucun effet. Cela marche très bien au niveau individuel, mais pour la guérison du mal au niveau collectif, ça ne marche pas. Sri Aurobindo explique cela en disant qu’avant que le règne de l’Amour ne pourra venir qu’après l’établissement de la Vérité, de cette fameuse Conscience-de-Vérité.

« Amener dans le monde l'Amour, la Beauté et l'Ananda divins est certainement l'essence de notre yoga et son couronnement. Mais il m'a toujours semblé que c'était impossible à moins que la Vérité divine – ce que j'appelle le Supramental – et son Pouvoir divin ne viennent leur donner un appui, une assise et les protéger. Sinon, aveuglé lui-même par les confusions de la conscience actuelle, l'Amour peut s'égarer dans ses réceptacles humains ou, même sans cela, il se peut qu'il ne soit pas reconnu et qu'on le rejette, ou qu'il dégénère rapidement et soit perdu dans la fragilité de la nature inférieure humaine. Mais quand l'Amour divin arrive avec la Vérité et le Pouvoir divins, il descend d'abord sous une forme transcendante et universelle, puis, de cette transcendance et de cette universalité, il choisit les personnes suivant la Vérité et la Volonté divines, créant un amour personnel plus vaste, plus grand, plus pur que le mental ou le cœur humain ne peuvent maintenant l'imaginer. C'est seulement quand on a eu l'expérience de cette descente, que l'on peut réellement être un instrument de la naissance et de l'action de l'Amour divin dans le monde.»

Propos de Sri Aurobindo commentés par la Mère dans l’Agenda du 24 juillet 1963

En clair, pour le dire autrement, avant que nous soyons en mesure d’abriter en nous l’Amour vrai, l’Amour divin, nous devons passer par une certaine purification intérieure. C’est l’un des objets de ce Yoga de l’Amour divin, appelé aussi le Yoga de la Bhakti, de la dévotion. Il y a si peu d’amour vrai sur terre, qu’il me semble que sur ce sujet là aussi, nous ne pouvons pas faire le fier et que nous avons encore besoin d’apprendre.

Ainsi, les trois voies des œuvres, de la connaissance et de l’amour sont intimement liées et doivent finir par se rejoindre, fusionner et déboucher sur un yoga de la perfection de soi.

Alors, il est possible de se ranger du côté des pessimistes et des paresseux qui diront des choses du style : « La Perfection n’est pas de ce monde, la Connaissance intégrale, ça n’existe pas, c’est de la blague, une vie spirituelle et divine sur terre, c’est impossible. Etc. » Bref ! Circulez y’a rien à voir. Bon ! Il y a des gens qui refusent de savoir et nous ne pouvons rien faire pour eux. Le proverbe est clair : on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif. Si nous n’avons pas soif, ou pour le dire autrement, si nous n’aspirons pas… c’est dommage pour nous.

« Les âmes qui n’aspirent pas sont les échecs de Dieu, mais la Nature est satisfaite et aime à les multiplier, parce qu’elles assurent sa stabilité et prolongent son empire.

Ceux qui sont pauvres, ignorants, mal nés et mal éduqués ne sont pas le troupeau vulgaire. Le vulgaire comprend tous ceux qui sont satisfaits de la petitesse et de l’humanité moyenne. »

Sri Aurobindo – Aperçus et Pensées

PDF Aperçus et Pensées

Lisons avec l’esprit ouvert les 6 derniers chapitres de La Vie Divine et La synthèse des yogas et puis après nous serons à même de juger ce que j’appelais la pertinence des réponses, et de mesurer si cela nous a apporté quelque chose ou non.

Dans le dernier live, Léo parle d’un manuel pour expliquer comment nous fonctionnons. Eh bien… après avoir beaucoup cherché, je n’ai trouvé aucun meilleur manuel que cette Synthèse des yogas qui repose sur une profonde compréhension de notre nature humaine.

5. Le développement social des peuples et des nations

Soyons honnêtes et reconnaissons que pour le moment, une masse considérable de l’humanité de s’intéresse pas plus que cela au fait de se changer soi-même, ou alors si ce n’est pour essayer de trouver quelques recettes efficaces pour moins souffrir de telle ou telle difficultés. Bien peu, apparemment, font ce choix, conscient, délibéré, de consacrer leur vie à ce processus intérieur, et de le poursuivre autant qu’ils le peuvent, jusqu’à ces conséquences ultimes, jusqu’à ces ultimes possibilités, tel que c’est décrit dans la Synthèse des yogas et dans La Vie Divine.

Il est alors important de savoir qu’avant de devenir cet immense yogi, Sri Aurobindo fut un ardent révolutionnaire, la première personnalité d’envergure à œuvrer pour l’indépendance de l’Inde – et ce bien avant Gandhi.

Deux livres majeurs de Sri Aurobindo décrivent le développement future de l’Humanité : Le Cycle humain et L’Idéal de l’Unité humaine, qui est selon lui, un aboutissement inévitable. À nouveau, il est remarquable de constater que certains passages de ces livres illustrent de façon saisissante des phénomènes que nous voyons aujourd’hui se dérouler sous nos yeux. Par exemple, ce que l’on appelle aujourd’hui le post-modernisme a été décrit sous l’appellation d’âge subjectif dans le Cycle humain. Idem avec toutes les tentatives laborieuses que nous avons vu émerger au cours des 50 dernières années pour la construction d’un monde plus unifié, voir d’un État mondial, dont Sri Aurobindo nous a mis en garde contre l’extrême danger que cela pouvait représenter. Toujours selon lui, si l’avènement de l’unité humaine est inévitable, cela ne pourra se faire, entre autre, que par une union de nations libres. Alors, le sens évolutif entre monde unipolaire et monde multipolaire prend sa juste place dans une évolution globale. Sri Aurobindo a vu tout cela avec une grande clarté.

« Pour le reste, je n’ai jamais vu qu’une seule de mes volontés concernant un seul événement majeur dans la conduite des affaires du monde ait échoué à la fin, même si les forces mondiales peuvent mettre un long moment à les réaliser. »

Sri Aurobindo – Lettres à Dilip – 2 novembre 1932

Voir ce court texte sur les 5 rêves de Sri Aurobindo :

Autre exemple parmi d’autres. Lorsque Sri Aurobindo a dit, il y a 100 ans que l’humanité était sous hypnose, c’était sans doute incompréhensible pour l’époque. Mais maintenant, avec tout ce que l’on a découvert sur les techniques de manipulation de masse, cela devient clair.

Et enfin, en grand révolutionnaire, Sri Aurobindo a écrit de nombreux articles sur la Révolution Française, et je constate avec regret, qu’aucun de nos historiens, de nos intellectuels ne prend en compte la dimension ÉVOLUTIVE ET SPIRITUELLE de cet événement majeur de notre histoire. Cela échappe complètement à leur entendement. Ces articles ont été plus tard regroupés et publiés sous le titre Sri Aurobindo et l’avenir de la Révolution Française.

Lien vers un court résumé de Grok et le PDF

6. La Mère et Satprem – L’Agenda de Mère

Il est impossible de parler de Sri Aurobindo sans parler de la Mère et de Satprem. Il y aurait des kilomètres de choses à dire sur la Mère, mais je vais aller tout droit à ce qui me paraît l’essentiel et resté centré sur notre sujet de la transformation intérieure, grâce à une Nouvelle conscience, descendue sur terre, nous dit la Mère, pour aider l’humanité à évoluer.

Et de fait, nous sommes nombreux à avoir compris que le monde ne pouvait pas continuer comme ça, et que nous devions évoluer, et nous aligner sur l’évolution en cours, et que cette évolution était avant tout de nature spirituelle et qu’elle était marquée, d’abord et avant tout par un changement de conscience. Et nous sommes nombreux à avoir compris, que par-delà toutes les divisions apparentes, il existe une unité indissoluble entre tous les êtres, et qu’en conséquence, il y avait une interdépendance, peut-être absolue, entre le progrès individuel et le progrès collectif.

D’accord ! Tout cela est très bien…. mais cela ne sert pas à grand-chose si nous ne trouvons pas comment mettre cette Connaissance en pratique. Qu’est-ce que c’est que ce changement de conscience ? Que peut-on faire ? Comment se préparer ? Nous avons compris qu’un changement de conscience est en cours – c’est très bien car c’est une première étape nécessaire, importante, indispensable même – mais ce n’est pas du tout suffisant ! Nous devons comprendre ce changement de conscience, dans toute sa profondeur, toute sa hauteur, toute sa largeur, toutes ses implications… et surtout, petit à petit, il faut l’incarner, le réaliser.

Comme l'a expliqué Satprem dans le documentaire L'Homme après l'homme si nous devons évoluer, c'est dans le corps que cela se passe, et si le Divin n'est pas dans une petite cellule, alors il n'est nulle part. Peut-être qu'au final, cette immense transformation, consiste à retrouver le Divin, là, dans les cellules de notre corps. Car comme le disait la Mère, c'est dans le corps que la Victoire se réalise.

Comment nous ouvrir à la Conscience et la recevoir en nous ? Quels sont ces effets dans les différentes parties de notre être pensant, dans notre être émotif, dans nos énergies, dans notre corps physique ? Est-ce que nous le savons ? La première chose est d’avoir l’humilité de reconnaître que nous n’en savons fichtrement rien, ou si peu. La seconde chose est de chercher la connaissance là où elle se trouve, chez ceux qui en ont l’expérience. Il se trouve que les 6000 pages de l’Agenda de Mère évoquent très souvent ces questions… aux conséquences très concrètes.

Autrement dit, ce changement de conscience, ce n’est pas de la morale, ce n’est même pas une affaire de bondieuseries ou de devenir des petits saints. Si l’on se contente de mots, d’en parler dans le vague, c’est tout à fait insuffisant, et même profondément décevant. Sur un sujet d’une telle importance, si décisif pour l’humanité, il faut être sérieux… et plus nous aurons de connaissance du sujet, plus cela deviendra clair pour nous, et plus cela deviendra clair, plus nous pourrons participer à ce processus évolutif.

Sri Aurobindo a quitté son corps en 1950… alors la Mère a bien été obligé de continuer le travail qu’il avait entrepris.

Et de 1950 à 1973, date à laquelle elle a, à son tour, quitté son corps, elle s’est livrée à un intense travail intérieur pour accueillir en elle, cette nouvelle conscience, cette fameuse conscience que Sri Aurobindo a appelé la conscience supramentale, cette conscience-de-vérité des rishis védiques.

Et ce ne fut pas si facile que ça parce que, c’est une conscience d’une intensité extraordinaire… et parce que cette conscience, quand on commence à la recevoir en soi, induit des transformations intérieures, pour le moins déroutantes.

Et pendant toute cette période, de 1950 à 1973, la Mère a eu un confident privilégié a qui elle pouvait raconter ce qui se passait dans son corps… Cet homme est un français, Satprem, arrêté par la Gestapo a 20 ans, et qui est sorti dévasté de Buchenwald et Mauthausen, et qui, après bien des pérégrinations – une vraie vie d’aventurier, s’est retrouvé à l’Ashram de Sri Aurobindo-Mère.

Il écrivit quelques livres magnifiques pour tenter d’expliquer le travail de Sri Aurobindo et de la Mère, et ce nouveau monde à venir.

Notamment, L’Aventure de la Conscience et La Genèse du Surhomme qui émerveilla la Mère. Le 21 novembre 1970 la Mère dira de livre : « ça ouvre la porte à l’avenir. » Une attention particulière aussi sur sa trilogie écrite sitôt après le départ de Mère (Le Matérialise divin, L’espèce nouvelle et La Mutation de la mort) qui fut écrite dans un état de conscience tout à fait particulier.

PDF de L'Aventure de la conscience

PDF de La Genèse du surhomme

PDF du Matérialisme divin

PDF de L'espèce nouvelle

PDF de La Mutation de la mort

Et c’est grâce à Satprem que l’Agenda fut sauvegardé et que nous avons donc l’extraordinaire témoignage de l’expérience vécue de la transformation, vécue dans le corps de Mère. Autant les œuvres de Sri Aurobindo sont intellectuelles et spirituelles, structurées, organisées, tout à fait intelligibles à la raison, autant les 13 volumes de cet Agenda sont l’expérience brute du processus de ce changement de conscience. Ce n’est pas du tout de la théorie mise en pratique mais plutôt le contraire : c’est à partir de l’expérience vécue, que Mère finit par en comprendre certains mécanismes... qu’elle nous explique avec des mots d’une surprenante simplicité. Cet Agenda est un cadeau inestimable, car nous réalisons qu’il contient une multitude d’informations très importantes pour nous guider dans notre compréhension de ce processus si complexe de transformation intérieure, ce changement de conscience.

Par exemple, c’est à partir d’une expérience qu’elle en déduit que le temps est la vitesse de vibration de la conscience. Pour faire une allusion directe à un aspect très intéressant du dernier live. Ou bien, c’est à la suite d’une expérience qu’elle en déduit que ce sont essentiellement nos résistances qui créent les difficultés de cette transformation, et que moins nous résistons, plus cela sera facile… pour reprendre un autre propos de Léo, une autre de ses intuitions. Mère a senti et découvert ces choses, il y a plus de 50 ans. Et je trouve toujours assez stupéfiant de voir à quel point ce que nous trouvons dans les œuvres de Sri Aurobindo-Mère s’avère exact et pertinent. Quel dommage de se priver de cette immense source d’information.

Et puis surtout, nous finissons par découvrir, faire l’expérience, ressentir que les informations contenues dans l’Agenda contiennent en elle-même un pouvoir de transformation, une Force, et que ce que nous lisons enclenche des choses en nous… c’est un phénomène très intéressant à observer.

C’est par la pratique, par le déroulement d’expériences continuelles, que Mère finit par comprendre les caractéristiques de cette nouvelle conscience, et ses effets dans le corps qui vont jusqu’à induire des changements dans le fonctionnement de notre conscience et dans notre physiologie.

En 1967, à Satprem qui se demandait l’impact de ce qui se passait dans le corps de Mère sur les autres corps, mère répondit : « Si cela a été fait dans un seul corps, ça peut être fait dans tous les corps. » Car nous oublions toujours que la Conscience est une ! La Mère a beaucoup parlé de ce phénomène de propagation, qu’elle appelait « perméation »… comme si les consciences et les corps devenaient de plus en plus… perméables à cette Nouvelle conscience, qui d’ailleurs, au niveau infinitésimal, dit-elle, s’infuse constamment, constamment, constamment... dans la conscience terrestre.

Bon… je vais arrêter là… même s’il y aurait tant de choses à dire sur ce passionnant travail intérieur de purification, perfection et de transformation.

7. Quelques extraits de Sri Aurobindo

Vous remarquerez peut-être dans ces quelques paragraphes de Sri Aurobindo, l’extraordinaire DENSITÉ DE CONNAISSANCE qu’ils contiennent. Parfois, nous lisons un livre entier, et au final, c’est creux, il n’y a presque rien dedans… nous restons sur notre faim car tout est tellement décevant, tellement superficiel, que cela n’apporte pas de réponse et ne touche pas vraiment aux nœuds du problème. Avec Sri Aurobindo, nous pouvons dire que chaque mot a son importance et apporte son complément d’information, sa nuance… et c’est ce qui donne cette impression d’une connaissance SI SOLIDE. Alors on comprends qu’il ait pu faire cette confidence dans son autobiographie, On Himself où Sri Aurobindo décrit son propre processus :

« Vous avez écrit que vous voyiez en moi quelqu’un qui avait atteint [la réalisation] par la perfection de l’intellect, sa spiritualisation et sa divinisation ; mais en fait j’y suis arrivé par le silence complet de l’esprit, et toute spiritualisation et divinisation qu’il a atteintes l’ont été par la descente d’une connaissance supérieure supra-intellectuelle dans ce silence. Le livre Essai sur la Guîtâ a été écrit dans ce silence de l’esprit, sans effort intellectuel et par une activité libre de cette connaissance d’en haut. »

À noter, qu’il est courant d’entendre dire que nous devons établir le silence en nous. Par contre, dès qu’il s’agit d’entrer le concret de la pratique, sur comment faire, sur les différentes méthodes que nous pouvons essayer, là… cela devient très évasif. Sri Aurobindo et la Mère proposent quelques méthodes. Ensuite, libre à chacun de les mettre en pratique ou pas, cela relève de la discipline personne, et là, votre sujet sur les distractions était particulièrement bien choisi. Nous sommes tous victimes de nos addictions à l’actualité, aux écrans, etc. Mais au moins, nous ne sommes plus tout à fait perdu sur la marche à suivre, Sri Aurobindo nous donne les pistes les plus solides qu’il ait trouvé, celles qui agissent sur les mécanismes profonds, celles qui mettent en mouvement les forces les plus puissantes que nous avons à notre disposition. C’est une aide inestimable et nous serions bien prétentieux de les mépriser et bien sots de les ignorer.

La spiritualité est un sujet que l’on met à toutes les sauces et chacun, selon ses conceptions ou ses fantaisies, y met ce qu’il veut. Et au final, plus personne n’y comprend rien et c’est de la bouillie pour les chats. « Mal nommer les choses, c’est attribuer au malheur du monde » a écrit Camus. Dans ce monde de confusion, nous avons besoin de retrouver une clarté dans l’expression, ce qui au passage est conforme au génie français : Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. Nicolas Boileau

Voici donc la définition que propose Sri Aurobindo dans La vie divine, Livre 2, Chapitre 24 :

« Il faut donc insister sur le fait que celle-ci [la spiritualité] ne se réduit pas à une haute intellectualité ni à un idéalisme, à un penchant éthique du mental ou à une pureté et une austérité morales, ni à une religiosité ou une ferveur émotive ardente et exaltée, ni même à un composé de toutes ces excellentes choses. Les croyances, les credo ou la foi du mental, l’aspiration du cœur, la réglementation de la conduite suivant une formule religieuse ou morale, ne sont pas l’expérience spirituelle ni la réalisation spirituelle. Ces choses ont une valeur considérable pour le mental et la vie ; elles ont de la valeur pour l’évolution spirituelle elle-même en tant que mouvements préparatoires qui disciplinent, purifient la nature et lui donnent une forme appropriée. Mais elles appartiennent encore à l’évolution mentale ; on n’y trouve pas le commencement d’une réalisation, d’une expérience et d’une transformation spirituelles.

Dans son essence, la spiritualité est l’éveil à la réalité intérieure de notre être, à l’esprit, au moi, à l’âme qui est autre que notre mental, notre vie et notre corps ; c’est une aspiration intérieure pour connaître, sentir, être Cela, pour entrer en contact avec la Réalité plus vaste qui dépasse l’univers et le pénètre, et qui demeure également en notre être ; c’est une aspiration pour entrer en communion avec cette Réalité et pour s’unir à elle, et, comme résultat de l’aspiration, du contact et de l’union, c’est un renversement, une conversion, une transformation de tout l’être, une croissance ou un éveil dans un nouveau devenir ou un nouvel être, un nouveau moi, une nouvelle nature. »

Et puis, je disais plus haut que Sri Aurobindo avait passé l’essentiel de sa vie à étudier cette question de l’évolution de l’homme et de l’humanité. Mais il a fait bien davantage qu’étudier, intellectuellement, spirituellement… il en a pratiqué et expérimenté toutes les possibilités.

Ce yoga intégral mis au point par Sri Aurobindo contient un extraordinaire paradoxe. D’un côté, c’est le plus difficile qui soit car il est question de l’établissement d’une vie spirituelle et divine sur terre, avec la transformation complète de toute notre nature que cela implique, et pourtant, de l’autre côté, c’est le plus facile des yogas car il repose, non sur nos pauvres compétences, mais sur un don de soi complet au Divin et à la Mère divine ou Conscience divine, qui en réponse au don complet de tout notre être et de toute notre nature, se charge du travail. Cette Lettre sur le Yoga de Sri Aurobindo est très intéressante à ce propos :

« Vous dites que cette méthode est trop difficile pour vous et que seuls les "Avatar" comme la Mère ou moi peuvent l'appliquer. Cette conception est étrangement fausse ; car c'est au contraire la voie la plus facile, la plus simple et la plus directe, et n'importe qui peut l'emprunter s'il tranquillise son mental et son vital : même ceux qui sont dix fois moins doués que vous en sont capables. C'est l'autre manière, faite de tension, de contrainte, de dur effort qui est difficile et exige une grande force de Tapasyâ.

Quant à la Mère et à moi-même, nous avons dû essayer toutes les voies, suivre toutes les méthodes, surmonter des montagnes de difficultés, porter un fardeau beaucoup plus lourd que le vôtre ou celui de n'importe qui, dans l'Ashram ou ailleurs, subir des conditions beaucoup plus difficiles, livrer des batailles, endurer des blessures, frayer des routes à travers des marécages, des déserts et des forêts impénétrables, vaincre des masses d'hostilité ; labeur, j'en suis certain, tel que nul autre n'en avait accompli avant nous.

Car le Pionnier, dans un travail comme le nôtre, ne doit pas seulement faire descendre le Divin et le représenter ou l'incarner, mais représenter aussi l'élément ascendant de l'humanité, porter tout entier le fardeau de l'humanité et éprouver, non pas dans le simple jeu de la Lîlâ, mais dans l'implacable réalité, toute l'obstruction, toute la difficulté, toute l'opposition qu'il est possible de rencontrer sur le sentier, dans un labeur semé d'embûches et d'entraves et dont la victoire ne peut être que tardive.

Mais il n'est ni nécessaire, ni tolérable que l'expérience se répète tout entière une fois de plus chez les autres. C'est parce que notre expérience est complète que nous pouvons indiquer aux autres une route plus directe et plus facile... si seulement ils veulent bien consentir à l'emprunter.

C'est en raison de notre expérience, acquise à un prix énorme, que nous pouvons vous exhorter ainsi, vous et les autres : « Adoptez l'attitude psychique ; suivez le chemin direct et ensoleillé, en vous laissant porter ouvertement ou secrètement par le Divin ; s'il se cache, il se montrera au bon moment ; ne vous obstinez pas à choisir la route pénible et pleine d'embûches le chemin détourné et difficile. »

À noter que dans le vocabulaire de Sri Aurobindo, quand il est question du psychique, de l’être psychique, cela n’a rien à voir avec ce que nous appelons « le psychisme », il s’agit de notre âme, de l’étincelle divine logée dans « dans la crypte secrète du sanctuaire le plus profond du cœur. » (La vie divine. Livre 2. Chapitre 25).

Ces deux extraits de La Synthèse des Yogas nous en disent davantage :

« L'âme véritable de l'homme... est dans le vrai cœur, invisible, cachée dans certaine caverne lumineuse de notre nature : c'est là, sous une infiltration de Lumière divine, qu'est notre âme, l'être silencieux et profond dont peu d'hommes sont même conscients ; car si tous ont une âme, rares sont ceux qui perçoivent leur vraie âme ou sentent son impulsion directe. C'est là que demeure la petite étincelle du Divin qui soutient la masse obscure de notre nature ; autour d'elle, grandit l'être psychique, l'âme formée ou l'Homme vrai en nous.

À mesure que l'être psychique grandit et que les mouvements du cœur réfléchissent ses divinations et ses inspirations, l'homme devient de plus en plus conscient de son âme, il cesse d'être un animal supérieur et, s'éveillant à quelque lueur de la divinité qui est en lui, il accepte de plus en plus les indications d'une vie et d'une conscience plus profondes et l'impulsion qui le porte vers les choses divines.

C'est l'un des mouvements décisifs du yoga intégral quand l'être psychique, libéré, sorti des profondeurs derrière le voile et tiré à la surface, peut déverser sur le mental, la vie et le corps de l'homme, la grande coulée de ses divinations, de ses visions et ses inspirations, et commencer à préparer l'édification de la divinité dans la nature terrestre. »

(...)

« Il est de la nature même de l'âme, ou être psychique, de se tourner vers la Vérité divine comme le tournesol vers le soleil ; tout ce qui est divin ou qui progresse vers la divinité, elle l'accepte et s'y attache, et elle se retire de tout ce qui est une perversion ou un démenti de la divinité, de tout ce qui est faux et non-divin. Mais au début, l'âme n'est qu'une étincelle, puis une petite flamme divine qui brûle au milieu d'une grande obscurité.

C'est seulement quand la vie se tourne vers le Divin que l'âme peut vraiment venir en avant et imposer son pouvoir aux parties extérieures de l'être, car étant elle-même une étincelle du Divin, sa vraie vie et la raison même de son existence est de croître comme une flamme vers le Divin. »

Et pour terminer, un dernier extrait qui, bien qu’il ait été écrit il y a plus de 100 ans, résonne encore très fort avec notre époque contemporaine. Avec certaine phrase, on croirait voir certains événements actuels. Il est issu du dernier chapitre de La Vie Divine :

« Une vie d’unité, de réciprocité et d’harmonie, née d’une vérité plus profonde et plus vaste de notre être, est la seule vérité de vie qui puisse remplacer avec succès les constructions mentales imparfaites du passé qui furent un mélange d’association et de conflit organisé, un accommodement d’intérêts et d’ego groupés ou ajustés pour former une société, une consolidation dictée par des mobiles de vie communs et généraux, une unification par nécessité et sous la pression de la lutte contre les forces extérieures. C’est ce changement, ce remodelage de la vie que l’humanité commence aveuglément à chercher, et de plus en plus, maintenant, avec le sentiment que son existence même dépend de la découverte du chemin.

Par son action sur la vie, le mental est parvenu au cours de son évolution à une organisation de l’activité mentale et une utilisation de la Matière que l’homme ne peut plus désormais supporter sans un changement intérieur. Il est impératif que l’individualité humaine, égocentrique et séparative même dans l’association, s’adapte à un système de vie qui exige l’unité, la parfaite réciprocité et l’harmonie.

Mais parce que le fardeau que doit porter l’humanité est trop grand pour la petitesse actuelle de la personnalité humaine, pour son petit mental et ses petits instincts vitaux, parce que l’humanité ne peut pas effectuer le changement nécessaire, parce qu’elle met ses nouveaux instruments et sa nouvelle organisation au service de son vieux moi vital, infraspirituel et infrarationnel, la destinée de l’espèce humaine semble se précipiter dangereusement, et comme impatiemment et en dépit d’elle-même, vers une confusion prolongée, une crise périlleuse et l’obscurité d’une violente et mouvante incertitude, sous la poussée d’un ego vital saisi par des forces colossales qui sont à l’échelle même de la formidable organisation mécanique de la vie et de la connaissance scientifique qu’elle a développée, et dont les proportions sont telles qu’elle échappe au contrôle de sa raison et de sa volonté.

Même s’il s’avérait que cette phase n’est que passagère, ou n’est qu’une apparence, et si l’on découvrait un ajustement structurel tolérable qui permettrait à l’humanité de poursuivre d’une façon moins catastrophique son incertain voyage, cela ne pourrait être qu’un répit.

Car le problème est fondamental, et en le posant, la Nature évolutive, en l’homme, se place elle-même en face d’un choix critique qu’il lui faudra résoudre un jour dans le vrai sens, si l’espèce doit atteindre son but ou même survivre.

L’élan évolutif pousse à un développement de la Force cosmique dans la vie terrestre, et ce développement a besoin d’un être mental et vital plus large qui le soutienne, un mental plus vaste, une âme-de-vie, Anima, plus grande, plus vaste, plus consciente, unanimisée ; et cela exige en outre que l’Âme, le Moi spirituel qui soutient tout au-dedans, se dévoile pour soutenir ce développement. »

8. Qui suis-je ?

Il me paraît assez normal de vous dire quelques mots sur moi, afin que vous sachiez un peu à qui vous avez à faire. Compte-tenu de la tournure TRÈS SPIRITUELLE de cette lettre, le plus plus important me semble de préciser que je ne suis pas « anti-chrétien ».

Jusqu’à 27 ans, j’ai été élevé dans un environnement très modeste, sans beaucoup de stimulations intellectuelles, ni aucune pression religieuse. Ma mère croyait en Dieu mais estimait que c’était une affaire intime et elle n’était pas pratiquante. Elle m’a simplement appris le Notre Père et le Je vous salue Marie et c’est tout.

Et puis, à 27 ans j’ai fait ma première retraite dans un monastère chrétien, et jusqu’à 33 ans, mon cheminement fut assez intensif avec plusieurs autres retraites et de nombreuses lectures : les Évangiles traditionnels et d’autres dit Apocryphes, dont celui de Marie Madelaine que j’ai beaucoup aimé, et celui de Maria Valtorta ; ainsi que de nombreux passages de la Bible, des livres d’Annick de Souzenelle, ainsi que ceux de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de Thérèse d’Avila que j’ai aimé encore davantage au point de croire pendant un temps d’avoir une vocation pour entrer au Carmel.

Un jour, je suis entré dans une librairie et en feuilletant un livre sur les prénoms, j’ai appris que saint Pascal Baylon fut un moine franciscain espagnol du 16e siècle et que son culte local fut relancé en 1969… mon année de naissance. À cette époque, je m’étais mis en ménage avec une femme qui avait déjà deux petits jumeaux de 2 ans, et qui avait été conçu, me dit-elle, un 15 août et qui étaient nés le 17 mai, le jour de la saint Pascal. Et puis, Pascal Baylon, appartenant à l’ordre des Franciscains avait une compagne spirituelle appartenant à l’ordre des Clarisses et qui s’appelait Yolande, comme la femme que j’avais rencontré. En outre, Pascal Baylon était né dans un petit village en Aragon, à Torrehermoa, comme le grand-père de ma compagne. J’ai appris aussi que Pascal Baylon avait souvent été le portier de son monastère et pendant plusieurs années, j’ai été surveillant de prison et puis, agent d’accueil pour diverses associations – deux métiers en relation avec les portes. Trouvant que ces coïncidences commençaient à être nombreuses, j’ai alors recherché un livre sur lui parmi les nombreuses hagiographie des saints publiées par l’Église catholique. Le livre était inexistant à la bibliothèque du diocèse de Besançon où je suis né et où j’ai habité jusqu’à mon déménagement dans le sud de la France. Et finalement, j’ai trouvé ce livre sur saint Pascal à la bibliothèque du diocèse d’Aix en Provence et à ma grande surprise, j’ai été le premier à le lire entièrement car, à part l’introduction, les pages du livres étaient encore reliées, il m’a fallu les découper une par une. Je ne tire aucune conclusion de cela, ce sont simplement des faits objectifs qui montre cependant un lien invisible assez évident avec le christianisme.

D’ailleurs cela m’a été confirmé quelques années plus tard par une thérapeute proposant des lectures dans les mémoires akkashiques. Le sujet ne m’intéressait pas plus que cela, et j’ai même quelques raisons de penser qu’il faut éviter de fouiller dans nos vies antérieures. Principalement parce qu’au lieu de nous aider à résoudre des problèmes, il est bien possible que cela crée davantage de difficultés, notamment en réactivant des traumatismes qui DOIVENT ÊTRE OUBLIÉS. Mais, il se trouve que j’avais un ami qui était fan de ces lectures dans les vies antérieures, et je dois reconnaître que sa thérapeute était assez douée pour cela, qu’elle avait un réel talent pour le faire, et le faire aussi correctement que possible.

Alors je me suis laissé tenté – pour faire l’expérience, par curiosité – et lors de ma première séance, elle me révéla que j’avais été un martyr chrétien, que j’avais été écartelé dans une arène en délire, sous les yeux de ma propre famille et que mon père avait dû venir ramasser mes os dans l’arène. Et que, puisque je n’avais pas voulu abdiquer ma foi en Christ, j’ai non seulement moi-même été exécuté, mais que toute ma famille y était passé… Du coup, compte-tenu de ce lien karmique fort, les difficultés relationnelles avec ma famille prenaient un certain sens. Et dans la deuxième séance, il m’a été confirmé que j’avais eu un très grand nombre de vies en tant que religieux… mais je ne me souviens plus des détails, et à vrai dire, je n’ai pas trouvé ces révélations plus intéressantes que cela. Elles ont simplement confirmés un intérêt très profond pour le sujet spirituel.

Je n’ai donc pas d’opposition de principe avec les religions en général, ni avec le christianisme en particulier. À un enfant qui demandait à la Mère ce qu’était devenu Beethoven, la Mère répondit qu’il était peut-être devenu cordonnier. Ce n’est pas parce que l’on a développé un talent dans une vie, que l’on devrait jusqu’à la fin des temps y resté accroché. Ce n’est pas parce que j’ai eu sans doute plusieurs vies en tant que chrétien que je devrais le rester jusqu’à la fin des temps. Cela n’a aucun sens de répéter ad vitam les mêmes expériences. La fidélité au Divin n’implique pas la fidélité à telle ou telle forme d’enseignement qu’il a pu prendre à travers les âges.

Pour le dire autrement, j’aime beaucoup cette idée de Sri Aurobindo qui dit qu’aucune Écriture sacrée, ni la Bible, ni le Coran, ni le Dao de Jing, ni même le Véda, les Upanishads ou la Guîtâ, ne contient à elle seule toute la Vérité. Il propose donc une vision évolutive d’ensemble, très large, universelle, ouverte et cohérente, en expliquant le rôle et la place de chaque incarnation divine : Krishna, Bouddha et le Christ. Mais si Sri Aurobindo est capable d’intégrer les autres religions, je me demande si la réciproque est vraie. En tout cas, dans le milieu chrétien que j’ai côtoyé quelques années, il traînait encore ces idées mensongères : « Hors de l’Église point de salut ! Hors du Christ point de salut !». Apparemment, ça semble extraordinairement difficile pour eux d’imaginer une autre approche.. que la leur.

Peut-être que cela vient de la prétention catholique à convertir le monde entier, et cela continue encore de nos jours. Le terme grec katholikós étant formé par la combinaison de deux éléments :

  • Kata (κατά) : une préposition signifiant « selon » ou « à travers »

  • Holos (ὅλος) : un adjectif signifiant « tout entier », « entier » ou « le tout ».

Alors qu'il me semble que j'avais le taoïsme ou les religions de l'Inde n'ont eu cette prétention.

Un exemple me paraît très significatif avec cette fameuse parole de Saint Paul, dans sa Lettre aux Galates (2.19-20) : « Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. »

Cette magnifique parole évoque la Présence divine que nous avons tout au fond de notre coeur. Alors les chrétiens ont dit : "c'est le Christ". Mais il y a un petit problème, c'est que cette Présence est universelle et qu'elle dépasse le cadre des religions. 

Des centaines d'années, parfois des milliers d'années avant l'incarnation du Christ en la personne de Jésus, d'autres traditions ont parlé de cette présence divine dans le cœur, avec d'autres noms. Pour les bouddhistes, c'était l'étincelle du Bouddha. Dans les Upanishads, c'était le Caitya Pourousha. Dans la Bhagavad-Gîtâ, Krishna est le symbole de cette présence divine dans le cœur. Et quelques millénaires avant, dès les Véda, Agni était lui aussi, le symbole puissant de cette Flamme divine présente en nous.

Même dans le zen, le qi gong ou les arts martiaux, des sages, des maîtres ont témoigné, sous une forme ou une autre, de cette Présence, de cette Force intérieure qui les poussait à agir et qui était la clef et le secret de toute la maîtrise de leur art.

Un jour, dans un stage d'aïkido organisé par Gérard Blaize, le premier européen à recevoir le 7e dan, ce qui signifie un très haut niveau de pratique a dit quelque chose que j'ai toujours retenu : "vous pensez faire de l'aïkido, mais vous découvrirez un jour que c'est quelque chose en vous qui fait de l'aïkido." Il évoquait-là le wu wei, cette science du non-agir, ou de l'agir dans le non-agir, ou de l'action sans effort chère à la tradition asiatique. 

Ainsi, les chrétiens n'ont rien inventé sur ce point, le Divin était présent en toute chose, au cœur de chaque cellule, de chaque atome, depuis la création du monde. Alors franchement s'approprier cette Présence divine.... je ne voudrais manquer de respect à personne mais.... mais cela ne me parait pas très honnête. Et puis, mettre une étiquette, quelle qu'elle soit, forcément, cela réduit cette Présence. Quand cela n'engendre pas des conflits ! Il me semble que plus les mots que nous employons sont neutres, plus ils sont universels. Et plus ils sont universels, moins cela donne prise aux possibilités de conflits. C'est peut-être pour cette raison que Sri Aurobindo a choisit le terme très neutre "d'être psychique."

Maintenant l’actualité démontre abondamment que l’intégrisme existe aussi dans l’Islam et le Judaïsme. Par contre, l’Inde a toujours eu une démarche très différence vis-à-vis des religions en tolérant toutes les voies possibles d’approches du Divin – y compris certaines qui pourrait nous laisser très perplexes. De toute façon, l’enseignement de Sri Aurobindo N’EST PAS un enseignement religieux, mais un enseignement spirituel, ce qui n’a rien à voir.

Ce qui est croquignolet, c’est qu’à cette époque, pendant ces quelques années je baignais presque complètement dans l’univers chrétien, j’y avais de bons amis, j’allais à la messe, je méditais tous les jours la Bible et Évangiles. J’ai même fais ma confirmation. Et je m’étais dit : « Tu t’appelles Pascal, ton deuxième prénom, c’est Emmanuel, alors forcément, au moment de Pâques, dans ta 33e année, il va se passer quelque chose d’important. » Ça n’a pas loupé, Satprem, Mère et Sri Aurobindo.

9. En conclusion

Quoiqu’il en soit, pour en revenir à notre sujet, si je rassemble HONNÊTEMENT tout ce que j’ai pu trouver dans ces livres chrétiens sur la Nouvelle terre, le Nouveau monde et surtout, sur ce qu’il implique en terme de travail intérieur de purification et de transformation de la conscience et ce que j’ai pu trouver dans les livres de Sri Aurobindo et de la Mère... et franchement, y’a pas photo. Je ne voudrais blesser personne, mais il y a tout de même un certain rapport à la réalité et à la vérité… Je vous invite simplement à vérifier par vous-mêmes dans quelle mesure ce que si je dis est vrai.

Il serait absurde de nier que de nombreuses prophéties évoquent l'avènement de "nouveaux cieux et d'une nouvelle terre", pour reprendre la formule consacrée dans l'Apocalypse, mais nous pouvons nous demander si ces prophéties sont les sources les plus pertinentes pour notre étude, ou si elles sont les seules sources dignes d'intérêt. Si nous refusons de consulter les sources apportées par Sri Aurobindo et la Mère – et pire, si nous les évinçons d'un revers de la main sans même les consulter – alors nous ne pouvons pas prétendre être de bonne foi et nous restons enfermés dans l'étroitesse de nos conceptions. 

Je suis un fidèle de vos lives depuis des années et je les apprécie beaucoup. Maintenant, sur le sujet de l’évolution de l’homme et de l’humanité, je trouve que vous en parlez souvent, mais que ce que vous en dîtes est plutôt léger. Quant à cette idée de partir vivre à la campagne, d’y faire un jardin et d’élever des poules, c’est peut-être très positif pour s’éloigner de l’atmosphère des villes, et cela peut-être un conseil intéressant au niveau social et politique, mais laissez entendre que cela aurait quelque chose à voir avec ce nouveau monde, il ne s’agit sans doute pas d’un mensonge conscient et volontaire, mais en tout cas c’est une erreur ou une complète illusion. Cette erreur régulière repose peut-être sur une conception approximative du mot « nature » qui peut regrouper beaucoup de choses. On ne peut avoir aucune compréhension claire tant qu’il reste du flou sur le sens des mots. En tout cas c’est une ânerie.

La venue du nouveau monde repose sur un profond changement de conscience, et ce changement de conscience aura toutes sortes de conséquences extérieures, selon les individus et les circonstances… et pourquoi pas, effectivement, celle de partir à la campagne. Mais ce n’est pas du tout du tout une condition sine qua non comme vous le laissez fréquemment entendre. On peut vivre à la campagne avec une conscience ordinaire, et même avec une conscience tout à fait tordue, alors qu’un homme dans un HLM pourri, justement parce qu’il vit dans un milieu difficile, peut avoir une INTENSE ASPIRATION envers le Divin.

Comment passer de notre conscience actuelle, humaine, imparfaite, avec tant d'impuretés et d'obscurités, à une autre conscience, spirituelle et divine, ça c'est important et c'est la vraie question que nous avons à résoudre. Aller vivre à la campagne, c'est bon pour ceux qui cherchent un cadre de vie agréable et sympa, mais ça n'a rien à voir avec le sujet qui nous occupe. 

Autre idée fausse souvent répandue : la confusion entre la terre Mère et la Mère divine. La terre est effectivement un aspect de la Mère divine, mais ce n’est qu’un aspect, et encore très minime. Maintenant, si l’on met bout à bout tout ce qui est dit dans l’Évangile sur Marie, on arrive péniblement à un paragraphe, et finalement nous en apprenons très peu sur cette Mère divine. Quand l’accès à connaissance d’un sujet n’est pas là, il faut le chercher ailleurs, c’est le bon sens.

Dans le petit livre La Mère (fichier ci-dessous), Sri Aurobindo nous explique très simplement ce qu’est la Mère divine. Pour le résumer en une phrase, la Mère divine est la Conscience divine. Ce sont deux expressions, deux face d’une même expérience, selon que l’on se place sous l’angle personnel ou impersonnel. Et cette conscience divine, c’est la Force du Divin, du Seigneur suprême sous son aspect Créateur, sous son de Force évolutive. Et sans cette Force, nous ne pourrions même pas lever le petit doigt. Toutes nos énergies, toutes les énergies qui existent viennent d'une source unique, et cette source, c'est la Conscience divine. Et la terre dans cette Immensité infinie de la Conscience divine, c'est une toute petite chose... Ainsi, réduire la Mère divine à  la terre est tout à fait faux ! 

PDF La Mère

Voilà ce que je souhaitais vous partager, maintenant, il vous appartient d’en faire ce que votre cœur vous inspire, en votre âme et conscience.

Je vous souhaite à tous, et de tout cœur, une belle et longue continuation, dans la Paix immuable et infinie du Divin...

Pascal, un aspirant spirituel à l’ouvrage…

Je veux dire que, petit à petit, de plus en plus, à part ça, il n'y a plus grand chose qui m'intéresse. Cela me parait tellement être... comment dire... le sujet de notre Temps. Je ne vois rien, absolument rien, qui soit plus important que ce changement de conscience.

Mais peut-être que je me trompe, alors que l'on me dise ce qu'il y a d'encore plus important.

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