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Dans un article récent, j'ai partagé l'expérience forte d'être entré en contact avec la vérité de mon être, avec... ce qui est.  Pourtant, l'expérience ne fut pas complète, notamment par ce que je n'ai pas vraiment réussi à m'identifier au point de me dire : ça c'est moi.

Et le lendemain, poursuivant ma lecture du chapitre La connaissance par identité et la connaissance séparatrice de La Vie Divine, je tombe sur ce passage :

Cependant, quand le sujet se retire un peu de lui-même en tant qu’objet, certains pouvoirs tertiaires de connaissance spirituelle, de connaissance par identité, font leur première apparition, et ils sont les sources de nos modes habituels de connaissance.

Il y a une vision spirituelle intime, un influx et une pénétration spirituelles qui imprègnent tout, un sentiment spirituel où l’on voit tout comme soi-même, où l’on sent tout comme soi-même, où tout ce que l’on touche est soi-même.

Alors, en lisant cette phrase, je me suis dit, c'est ce sentiment qui m'a manqué dans cette expérience qui m'a fait toucher ce que j'ai perçu comme le vrai centre en moi, l'être, l'essence de l'être, et qui ressemblait si fort à ce sentiment d'être assis sur un roc éternel décrit par Satprem.

Il y a un pouvoir de perception spirituelle de l’objet et de tout ce qu’il contient ou de tout ce qu’il est : il est perçu en une identité qui embrasse et pé­nètre, l’identité elle-même constituant la perception.

Il y a une conception spirituelle qui est la substance originelle de la pensée — non la pensée qui découvre l’inconnu, mais celle qui tire l’intrinsèquement connu de nous-mêmes et le situe dans l’espace du moi, dans un être élargi de la conscience de soi, comme objet de la connaissance de soi conceptuelle.

Il y a une émotion spirituelle, un sens spirituel, l’un se mêle étroitement à l’un, l’être à l’être, la conscience à la conscience, la félicité d’être à la félicité d’être. Il y a la joie d’une intime séparativité dans l’identité, de relations où l’amour s’unit à l’amour en une suprême unité, un délice des multiples pouvoirs, vérités, êtres de l’Un éternel, des formes du Sans-Forme. Tout le jeu du devenir dans l’être fonde son expression de soi sur ces pouvoirs de la conscience de l’Esprit.

Sri Aurobindo – La Vie Divine
Livre 2 – chapitre 10 – page 585

Ce chapitre est si intéressant que je suis tenté de le partager prochainement dans son intégralité, mais après tout, les gens sont assez grands pour le lire par eux-mêmes s'ils en ressentent la nécessité. 

Bref ! Ainsi, mon intuition était correcte : cette expérience n'était qu'une expérience préliminaire et les questions que je me suis posé dans mon article précédent restent pertinentes. Essentiellement, cela tourne autour de l'application à la vie quotidienne. Comment garder la conscience de ce centre dans la vie quotidienne ? Comment vivre la vie ordinaire sans perdre la conscience de ce centre ? Comment opérer le transfert de notre conscience actuelle, centrée beaucoup dans la tête, dans le mental extérieur, à ce nouveau centre, plus profond et plus vrai ?

En fait, une première indication est venue avec une sensation qui ressemble au non-agir ou à cette parole célèbre de Saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi.". Il a dit le Christ parce que c'était ce qu'il connaissait, mais l'expérience doit être universelle.

Hier, j'ai loué une bagnole pour visiter un appartement à Bagnols 😊, que je n'ai pas pris finalement, mais c'est une autre histoire. Toujours est-il qu'à certains moments, il y avait l'impression que ça conduisait à partir de ce centre dans la poitrine : il y avait une connexion énergétique entre le cœur et les mains... et ce n'était plus ma tête qui conduisait, mais ce centre. 

Mais très vite malgré tout, ces questions ont été remplacé par autre chose, encore plus décisif : passer de l'être au maître.

Dans mon expérience, et elle fut assez marquante, il y avait cependant comme une sorte de déception. À un moment donné, je me suis dit quelque chose du style  : "c'est très bien, mais alors ?" Avec cette impression, que ce roc éternel... ne faisait pas grand chose. Certes, je touchais un état statique d'une paix et d'une égalité immuable... mais qu'il manquait l'aspect dynamique du pouvoir. Pourtant, je savais que cette impression était fausse, l'inaction ne devait être qu'apparente. Alors j'ai essayé d'orienter la vibration de ce centre, par exemple dans l'épaule droite où j'ai ces sensations si bizarres, afin de voir si ça guérissait quelque chose.

En gros, mes diverses expérimentations n'ont pas été très concluantes. Et alors est venu, comme une réponse à mes questions : il faut passer de l'être au maître.

Faire l'expérience de l'être véritable en nous est insuffisant, encore faut-il que cet être agisse, il faut trouver comment le laisser agir. Passer de l'être au maître, je crois que c'est ça que cette parole veut dire. 

Voici quelques extraits du Tome 1 de l'Agenda qui devraient nous éclairer.

17 octobre 1957

(A propos de liberté)

II y a toutes sortes de libertés : une liberté mentale, une liberté vitale, une liberté spirituelle, qui sont le fruit de maîtrises successives. Mais il y a une liberté toute nouvelle qui est devenue possible avec la Manifestation Supramentale : c'est la liberté du corps.

L'un des tout premiers résultats de la manifestation supramentale a été de donner au corps une liberté et une autonomie qu'il n'avait jamais connues. Et quand je parle de liberté, il ne s'agit pas d'une perception psychologique ni d'un état de conscience intérieur : c'est autre chose, et c'est beaucoup mieux — c'est un phénomène nouveau dans le corps, dans les cellules du corps. Les cellules elles-mêmes ont senti pour la première fois qu'elles étaient libres, qu'elles avaient un pouvoir de décision. Quand les vibrations nouvelles sont venues se mélanger aux anciennes, c'est cela que j'ai senti tout de suite et qui m'a montré vraiment qu'un monde nouveau naissait.

Tel qu'il est normalement, le corps vit toujours avec cette impression qu'il n'est pas le maître chez lui : les maladies entrent en lui sans qu'il puisse vraiment s'y opposer, et mille facteurs sont là qui s'imposent à lui, font pression sur lui. Le seul pouvoir qu'il ait, c'est le pouvoir de se défendre et de réagir. Quand la maladie est entrée, il peut lutter et vaincre la maladie (la médecine moderne a du reste reconnu que le corps guérissait quand il avait décidé de guérir ; ce ne sont pas les médicaments qui guérissent, car si le mal est momentanément vaincu par un remède sans la volonté du corps, il repousse ailleurs sous une autre forme, jusqu'à ce que le corps lui-même ait pris la décision de guérir). Mais c'est là un pouvoir de défense, un pouvoir de réaction contre un ennemi qui est déjà entré, ce n'est pas une vraie liberté.

Eh bien, avec la manifestation supramentale, quelque chose de nouveau s'est produit dans le corps, il a senti qu'il était maître chez lui, autonome, les deux pieds vraiment sur la terre, si je puis dire. L'impression que cela donne, physiquement, c'est l'impression que tout l'être se redresse, qu'il lève la tête — on est le maître.

Depuis toujours, nous vivons comme avec un fardeau sur les épaules, quelque chose qui nous courbe la tête, et on se sent tiré, conduit par toutes sortes de forces extérieures, par on ne appellent la Fatalité, la Destinée.

Quand on fait le yoga, l'une des premières expériences — l'expérience de la Kundalini comme on l'appelle ici en Inde —, c'est justement que la conscience s'élève, qu'elle brise cette carapace dure, là, au sommet du crâne, et on émerge enfin dans la Lumière. Alors on voit, on sait, on prend une décision et on réalise — il y a encore des difficultés mais réellement on est au-dessus. Eh bien, avec la manifestation supramentale, c'est cette expérience-là qui est venue dans le corps. Le corps a redressé la tête et il a senti sa liberté, son indépendance.

Pendant l'épidémie de grippe, par exemple, j'ai vécu quotidiennement au milieu de gens porteurs de germes. Mais j'ai senti clairement, un jour, que le corps prenait la décision qu'il n'attraperait pas cette grippe. Il affirmait son autonomie. N'est-ce pas, ce n'était pas une question de Volonté supérieure qui prenait la décision, ce n'était pas dans la conscience la plus haute que cela se passait, non : c'était le corps lui-même qui décidait. Quand on est tout là-haut, dans sa conscience, on voit les choses, on sait, mais en fait, quand on redescend dans la matière, c'est comme de l'eau qui entre dans le sable. Eh bien, les choses sont changées, c'est le corps directement qui a pouvoir, sans intervention extérieure. Je considère que c'est là un résultat très important, même s'il est peu voyant.

N'oublions pas que, lorsque Mère parle du corps, il s'agit certes de son corps à elle, mais son était si universalisé que l'on peut dire qu'il s'agissait du corps de la terre. Ou pour le dire autrement, tout ce que Mère a fait dans son corps s'est répandu dans la substance terrestre.

Sachez ce que le Divin veut et vous aurez la maîtrise.

Paroles de la Mère volume 2

Plus une personne demeure tranquille en face de tous les événements et égale en toute circonstance, garde une parfaite maîtrise de soi et reste paisible en présence de tout ce qui arrive, plus elle a avancé vers le but.

*

Apprends à toujours sourire en toutes circonstances ; sourire à tes peines comme à tes joies, à tes souffrances comme à tes espoirs, car dans le sourire est une force souveraine pour la maîtrise de soi.

7 novembre 1946

*

La maîtrise de soi est la plus grande conquête et la base de tout bonheur durable.

🔥

Agenda du 16 mai 1960

Il faut que la maîtrise soit une vraie maîtrise, une maîtrise très humble, très austère, qui part de tout en bas et qui, pas à pas, établit le contrôle. En fait, c’est une bataille contre des petites choses, toutes petites : des habitudes d’être, des façons de penser, de sentir, de réagir.

Quand cette maîtrise tout en bas s’alliera à la conscience tout en haut, alors on pourra vraiment commencer à faire du travail – pas seulement du travail sur soi mais du travail pour tous.

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19 octobre 1960

C'est cela gui m'irrite parfois : pourquoi ne pas avoir la maîtrise ? On DEVRAIT avoir la maîtrise. Avec de la conscience, on devrait pouvoir être maître de son corps.

Confidence :

Lorsque des saddhaks évoquent des souvenirs d'enfance qui seraient comme des signes avant-coureurs de leur consécration au yoga intégral, cela me laisse perplexe car je ne trouve pratiquement rien d'équivalent dans ma propre histoire.

Le plus significatif est que, de temps en temps, il s'installait dans mon corps une immobilité massive d'une extraordinaire densité. Cela venait quand j'étais allongé pour faire la sieste ou avant de m'endormir ou au réveil. Et pendant toute ma vie, encore maintenant, de temps en temps, cette immobilité massive arrive.

À vrai dire, je ne sais pas vraiment ce qui la fait venir ni ce qui la fait partir. Mais cela n'a pas grand chose à voir avec notre sujet de la maîtrise qui a fait ressurgir un autre 

Je devais avoir 8 ou 9 ans et j'étais dans l'appartement où je vivais avec ma mère et l'un de mes frères. Et ce jour-là, j'ai entendu des cris bizarres dans la cour intérieure de l'immeuble. J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu qu'il s'agissait des voisins du dessous, des jeunes chinois qui s’entraînaient aux arts martiaux en poussant des cris. Et je dois dire que j'étais impressionné par la maîtrise de leurs gestes, la beauté de leurs mouvements, la puissance qui émanait de leur corps.

À quoi ça tient, la vie ? J'aurais pu me lier d'amitié avec eux et apprendre quelques trucs. J'aurais pu en parler à ma Mère pour qu'elle m'inscrive au judo, au karaté... mais je n'ai rien dit, l'ouverture s'est refermée. Mais je n'ai jamais oublié ce moment.

Et je partage parfois l'exaspération de Satprem avec notre impuissance à maîtriser les choses les plus simples. Et je ne parle pas de léviter, de se baigner dans les eaux glacées du pôle nord, de marcher sur le feu, de casser des briques à main nue, ou de traverser les murs.

Me concernant, je pense plutôt à des choses "toutes simples" : ces étranges points sensibles et douloureux essentiellement situés dans la partie droite de mon corps. Depuis des années rien y fait. Ni la méthode passive de se tourner vers la Mère, le Divin, d'appeler le feu de la purification, paraît-il si formidablement puissant, ni la méthode active de faire intervenir ma propre volonté, même quand j'appelle derrière elle le soutient de la Volonté divine.

Même la méthode purement intellectuelle, psychologique ou spirituelle de simplement COMPRENDRE l'origine, la cause du problème s'avère impuissante. Peut-être que j'ai oublié, mais dans l'instant, je suis tenté de dire que dans toute ma vie, PAS UNE FOIS, je n'ai eu de réponse claire et nette, indubitable : ça et la cause de ça, et tu devrais faire ceci ou cela. Par contre, je crois volontiers que nous maîtrisons peut-être plus de choses que les apparences veulent bien nous montrer.

Mais passons car il ne s'agit là que d'un exemple personnel, même si nous pourrions tous en trouver d'autres. Il y a tant de choses, dans nos propres vies, nos propres cœurs, nos propres corps que l'on ne maîtrise pas.

Mais voyons ce que Mère réponds à Satprem.

Oui, c'était justement cela, cette chose extraordinaire que Sri Aurobindo avait. Il ne faisait pas d'effort, Mais pour lui-même il ne l'a pas fait ! Mais ça, ça a été une chose impensable pour des êtres humains. 

Il voulait s'en aller. N'est-ce pas, il avait décidé de s'en aller. Et il ne voulait pas que nous sachions qu'il le faisait exprès parce qu'il savait que si, un seul moment, je savais qu'il le faisait exprès, j'aurais réagi avec une telle violence qu'il n'aurait pas pu partir !

Et il a fait cette chose... n'est-ce pas, de supporter tout cela comme si c'était une inconscience, une maladie ordinaire, simplement pour ne rien nous laisser savoir — et il est parti au moment où il fallait qu'il s'en aille. Mais...

Et je ne pouvais même pas penser qu'il était parti quand il était parti, là, en face de moi, tellement c'était loin... Et puis après, quand, sortant de son corps, il est entré en moi et que j'ai compris tout ça... C'est fantastique ! 

Fantastique.

C'est... c'est absolument, absolument surhumain. Il n'y a pas un être humain qui aurait été capable de faire une chose pareille. Et quelle — quelle maîtrise de son corps, absolue, absolue !

Mais pour donner aux autres... il vous enlevait les maladies comme ça (Mère fait un geste comme pour prendre la maladie du bout des doigts, tranquillement, et la sortir du corps). Cela t'est arrivé une fois, n'est-ce pas ? Tu m'as dit que je l'avais fait pour toi — mais ce n'était pas moi : c'était lui qui l'avait fait... Il vous donnait la paix mentale comme ça (Mère fait le geste d'effleurer son front). N'est-ce pas, ses actions étaient absolument... Sur les gens, cela avait tout le caractère de la maîtrise totale... Absolument surhumain.

🔥

25 octobre 1960

Mais je sais d'une façon absolue que si on peut maîtriser toute cette masse du Mental physique et y apporter la conscience du Brahman d'une façon continue, on peut, on est le maître de sa santé.

Et c'est pour cela que je dis aux gens (non pas que j'espère qu'ils pourront le faire, en tout cas maintenant, mais il est bon de le savoir), je leur dis que ce n'est pas une fatalité, que ce n'est pas une chose qui échappe complètement à notre contrôle, que ce n'est pas une sorte de « Loi de la Nature » sur laquelle nous n'avons aucun pouvoir — ce n'est pas ça. Nous sommes vraiment les maîtres de tout ce qui a été rassemblé pour créer notre individualité passagère ; et le pouvoir de savons nous en servir.

C'est une discipline, une tapasya1 formidable.

1. Tapasya: ascèse, austérités, discipline rigoureuse.

Mais c'est bon de le savoir pour ne pas avoir cet écrasement que l'on a quand les choses sont encore tout à fait en dehors de votre contrôle, cette espèce de sens de la Fatalité qu'ont les gens : ils naissent, ils vivent, ils meurent et c'est la Nature écrasante et nous sommes les jouets de quelque chose qui est beaucoup plus grand, beaucoup plus fort que nous — ça, c'est le Mensonge.

(...)

En tout cas, pour moi, pour mon yoga, c'est seulement quand j'ai su que je suis le Maître de tout (si je sais être ce Maître et je me laisse être ce Maître, si l'imbécillité extérieure consent à se tenir à sa place), alors j'ai su qu'on pouvait maîtriser la Nature.

Il y a aussi cette vieille idée des religions d'origine chaldéenne et chrétienne, de ce Dieu-là devant lequel on est quelque chose qui ne peut pas avoir de vrai contact — un abîme entre les deux. Ça, c'est terrible.

Ça, il faut absolument que ça cesse.

Parce que jamais la terre et les hommes ne pourront changer avec cette idée-là. C'est pour cela que j'ai dit bien souvent que cette idée-là était l'œuvre des Asouras ; c'est avec ça qu'ils ont dominé la Terre.

Tandis que quel que soit l'effort, quelle que soit la difficulté, quel que soit le temps qu'il faille y passer, quel que soit le nombre de vies, il faut savoir que tout cela n'a aucune importance : on sait qu'on est le Maître, et que le Maître et soi-même c'est la même chose. Tout ce qu'il faut, c'est... le savoir intégralement, que rien ne le démente. Ça, c'est la sortie.

C'est pour cela que je dis aux gens : «C'est de votre vie intérieure (intérieure intermédiaire, n'est-ce pas, parce que ce n'est pas le plus profond) que dépend votre santé.»

Depuis deux ans, j'accumule les expériences dans les détails les plus minimes, les choses qui peuvent paraître les plus futiles : il faut consentir à cela, ne pas avoir la manie des grandeurs ; savoir que c'est dans le tout petit effort pour créer dans quelques cellules une attitude vraie qu'on peut trouver la clef.

Seulement, quand on rentre dans la conscience ordinaire, ces choses sont tellement subtiles, elles demandent une observation tellement scrupuleuse que c'est cela qui légitime les gens (qui paraît légitimer les gens) dans leur attitude : «Oh ! C'est la Nature, c'est la Fatalité, c'est la Volonté divine.» Mais avec cette conviction-là, le «Yoga de la Perfection» est impossible, ça paraît une utopie fantastique — mais c'est FAUX. La vérité est tout autre,

(Long Silence)

...Quand je dis à quelqu'un : «Je m'occuperai de toi », tu sais ce que je fais? — J'associe son corps au mien. Et alors tout le travail est fait en moi (dans la mesure où c'est possible, n'est-ce pas. Essentiellement c'est possible, mais il y a une relativité dans les possibilités parce que le temps compte ; mais dans la mesure où c'est possible...)

Et alors, ça m'intéresse beaucoup de faire des recoupements et de savoir les résultats de mes interventions — pas pour me glorifier (il n'y a pas de quoi se glorifier !) — mais pour l'étude scientifique du problème : savoir comment se guider, comment discerner, qu'est-ce qui est actif, qu'est-ce qui ne l'est pas, quels sont les moyens d'approche, etc.?

Et même si on ne se sent pas très bien, eh bien, à ce moment-là, si on est capable de se dire : « Ça ne fait rien; ce qu'on a à faire, on le fera » (c'est cette espèce de peur de ne pas pouvoir faire qui est ennuyeuse), si à ce moment-là on peut sincèrement se dire « Non — avoir cette confiance dans la grâce divine — non, ce que j'ai à faire, je le ferai et on me donnera le pouvoir de le faire, ou on créera en moi le pouvoir de le faire», ça c'est l'attitude vraie.

Ainsi Mère reconnaît que c'est très difficile, que c'est une Tapasya si formidable qu'elle n'espère même pas que nous puissions y réussir...

Voilà qui devrait nous vacciner des réponses faciles, de la pensée magique, de tous les y'a qu'à faut qu'on.

Malgré tout, dans la suite de cet Agenda Mère nous donne quelques clefs qui nous permettent au moins de nous essayer à cette maîtrise.

Mais ce qui m'étonne, ce que je ne comprends pas très bien, c'est que le Maître est déjà là en nous. Ce n'est pas quelque chose à créer de toute pièce, et le Maître, c'est celui qui a la maîtrise, la connaissance. Il sait ce qu'il faut faire, comment le faire, et il a le pouvoir de le faire. 

La question serait alors de trouver comment établir un contact conscient avec le maître intérieur ou comme je le disais tout à l'heure : comment passer de l'être intérieur au maître intérieur. Comment transférer notre conscience dans sa conscience ? Et le moment venu nous en viendrons inévitablement à cette question de l'identification ? Comment nous identifier à lui, nous unir à lui si intiment que nous ne ferons plus qu'un ?

🔥

Et pour la fin, ce dernier extrait qui engendre une nouvelle question : quelle est la relation entre ce maître que l'on est censé être et devenir et le Maître du Yoga ?  

1er mai 1958

J'ai en ce moment, l'une après l'autre, toutes les expériences qu'il est possible d'avoir dans le corps. Hier et ce matin... oh ce matin :

Je voyais là (centre du cœur), le Maître du Yoga ; il n'était pas différent de moi mais quand même je le voyais, c'était même comme un peu coloré. Eh bien, il fait tout, il décide tout, il organise tout, avec une précision presque mathématique, et dans les plus petits détails — tout.

Faire la Volonté divine — il y a longtemps que je fais la sâdhanâ et je peux dire qu'il n'y a pas eu un jour que je ne fasse la Volonté divine. Eh bien, je ne savais pas ce que c'était ! Je vivais dans tous les domaines intérieurs, depuis le physique subtil jusqu'aux régions les plus hautes, mais je ne savais pas ce que c'était... J'étais toujours obligée d'écouter, de me référer, de prêter attention.

Là, plus rien : une béatitude! Il n'y a plus de problèmes, et tout se fait dans une telle harmonie ! Même si l'on devait quitter son corps, on serait dans la béatitude. Et ça se ferait le mieux du monde. C'est seulement maintenant que je commence à comprendre ce que Sri Aurobindo a écrit dans La Synthèse des Yoga ! Et le mental humain, le mental physique apparaît tellement stupide, tellement stupide !

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En conclusion

Le langage est familier, mais avec ces histoires de supramental, de surhomme, de maîtrise, je crois qu'il faut faire attention de ne pas se monter le bourrichon, de ne pas aller plus vite que la musique et de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Le style est familier, mais il me semble que ces proverbes populaires s'avèrent assez justes...

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