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En intériorisation, je commence toujours par un moment de détente, de relaxation...

Me concentrer sur la paix, appeler à la descente de la paix n'a jamais amené d'expérience très concluante... et puis, tout récemment, je me suis aperçu de deux choses.

1. Il semble qu'utiliser LA VOLONTÉ soit plus efficace qu'attendre passivement que la paix descente. L'expression un peu paradoxale qui m'est venue c'est IMPOSER LA PAIX... sous entendu aux différentes parties de l'être. 

2. Et puis, plutôt que de penser à la paix d'une façon générale, je me suis concentré sur la paix DANS LE SYSTÈME NERVEUX, et cela a eu un effet immédiat avec des sensations de soulagement, de bien-être.

Le lendemain, dans une pratique plus approfondie je me suis non seulement concentré pour amener le calme dans le système nerveux mais aussi pour que celui-ci se tourne, s'ouvre à l'influence divine, à l'Infini, à l'égalité, l'équanimité... et ce fut encore plus fort : pendant la vingtaine de minutes de ma pratique, il y a eu des dizaines et des dizaines de gargouillis au niveau du plexus solaire, parfois presque toutes les quinze secondes, c'est beaucoup. Une fois de plus, ça pense quelque chose dans la tête et ça répond dans le ventre.  

C'est ballot, je n'avais jamais pensé à me concentrer expressément sur le système nerveux. Et en quoi le fait de nommer précisément ce que l'on veut peut-il augmenter l'effet ? Peut-être que cela condense et intensifie la force, l'action. Lorsque la paix descend, ne sait-elle donc pas ce qu'elle a à faire ni où elle doit agir ? 

Mais peut-être faut-il prendre le problème par l'autre bout : à quoi cela servirait que la paix descende si notre système nerveux est endommagé ou agité ? Ou pour le dire autrement, avant que la paix ne puisse s'installer, il faut d'abord soigner la cause du désordre et de l'agitation et le système nerveux en est une parmi d'autre.  

En tout cas, l'énergie va où la pensée va, et penser à notre système nerveux, y amène automatiquement de l'énergie... et rien que cela suffit à procurer du bien-être car notre système nerveux est extraordinairement sensible. 

Dans la foulée de ces expériences, j'ai recherché ce que Sri Aurobindo et Mère ont pu dire sur le sujet. Pour l'anecdote, je viens de recevoir ma 2e commande de livres chez SABDA, et dans "Dons de la Grâce", une autre compilation de textes de Sri Aurobindo-Mère, je trouve ceci : 

Ce n'est pas par les livres qu'il faudrait étudier Sri Aurobindo mais par les sujets – ce qu'il a dit sur le Divin, sur l'Unité, sur la religion, sur l'évolution, sur l'éducation, sur la perfection de soi, sur le supramental, etc. etc.

La Mère – Éducation

Dans cet article, je partagerai quelques textes de Mère sur l'enveloppe nerveuse, de Mère, et dans le suivant quelques textes de Sri Aurobindo.

Indispensable à une bonne santé.

(Soit dit en passant, s'il y a plusieurs fleurs pour les cellules, et même pour le sang, c'est la seule pour les nerfs. En ce sens, elle est précieuse)

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Paroles d’autrefois – 30 juillet 1914

La véritable impersonnalité nerveuse ne consiste pas dans le fait d’une entière, d’une absolue soumission à la Volonté Divine. Cette obéissance n’est qu’une préparation.

La parfaite impersonnalité — dans le prâna comme dans les autres mondes de l’être — réside dans l’identification avec le prâna terrestre, ou plutôt avec la félicité divine qui est au fond de toute sensation comme elle est au fond de toutes les activités universelles.

Le résultat est qu’au lieu d’éprouver la joie d’une sensation, on est cette sensation même dans tous ceux qui en jouissent. Il n’existe plus alors de prâna individuel, mais une force impersonnelle et consciente à la fois se manifestant dans tout organe capable de la percevoir.

Par exemple il est une joie subtile, douce et profonde à la fois dans la sensation procurée par certaines promenades solitaires ou faites avec un compagnon en complète harmonie, dans certains paysages vierges ou à peu près, c’est-à-dire libres de toute atmosphère humaine, là où la Nature est paisible, vaste, pure comme une aspiration, sainte comme une prière, sur les montagnes, dans les forêts, les sentiers perdus le long de clairs ruisseaux, ou au bord de l’immense océan.

Pour éprouver cette joie, tant que le prâna est demeuré individuel, on est obligé de se trouver dans certaines conditions extérieures. Quand, au contraire, le prâna est vraiment impersonnalisé, universalisé, on devient cette charmante félicité dans tous ceux qui l’éprouvent et pour la goûter il n’est plus aucun besoin de se trouver matériellement dans certaines conditions données.

C’est alors qu’en ce qui concerne le monde nerveux on est parfaitement libéré de toutes circonstances. On a atteint la libération.

Oh ! que de choses à méditer en si peu de mots, que d'indications pour notre compréhension et notre pratique. J'avais déjà pris conscience de l'importance de l'importance de l'impersonnalité, mais pas dans le détail, jusqu'à une impersonnalité nerveuse, pranique.

Je n'avais pas non plus établit un lien particulier entre l'impersonnalité et le système nerveux, énergétique, vital... alors qu'à la réflexion, il est évident que chaque aspect de la sadhana, si nous voulons qu'il soit complet, doit se réaliser dans toutes les parties de l'être.

Et encore moins, avais-je clairement compris le lien entre nos sensations et le système nerveux et établi les formidables conséquences de cette impersonnalisation, universalisation du système nerveux.

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Entretien du 16 juin 1929

[...] D’ailleurs, que la cause d’une maladie soit matérielle ou mentale, extérieure ou intérieure, elle doit, avant de pouvoir affecter le corps physique, toucher une autre couche de l’être, qui entoure et protège ce corps. Cette couche plus subtile est appelée de noms divers dans les différents enseignements   : le sous-degré nerveux, le double éthérique, l’enveloppe nerveuse.

C’est un corps subtil, et pourtant presque visible. Il ressemble, en densité, aux vibrations que l’on perçoit autour d’un objet très chaud ; il émane du corps physique et le recouvre étroitement.

Toutes les communications avec le monde extérieur se font à travers cet intermédiaire, et c’est lui qui doit être pénétré et envahi avant que le corps puisse être atteint. Si cette enveloppe est absolument forte et intacte, on peut aller dans les endroits infectés des pires maladies, même de la peste ou du choléra, avec une impunité totale. C’est la plus efficace des protections contre les attaques possibles de maladie, mais pour cela, il faut que cette enveloppe soit complète et entière, d’une constitution cohérente, composée d’éléments en parfait équilibre.

Ce corps subtil est construit, d’une part avec une base matérielle, faite de conditions matérielles plutôt que de matière physique, et d’autre part avec les vibrations de nos états psychologiques.

Ce deuxième élément en lui est constitué par la paix, l’égalité d’âme, la confiance, la foi en la santé, un repos et une bonne humeur invariables, un brillant contentement, qui lui donnent sa force et sa substance.

Voilà donc les vibrations que nous devons cultiver. Si nous ne les cultivons pas, comment pourrions-nous les récolter ? La suite est tout aussi passionnante.

C’est un intermédiaire très sensible, qui a des réactions faciles et promptes ; il est ouvert à toutes sortes de suggestions, et celles-ci peuvent, en un moment, changer et presque reformer sa condition. Une suggestion mauvaise agit sur lui très fortement, de même qu’une bonne opère en sens contraire avec la même force. La dépression et le découragement ont un effet désastreux ; ils le criblent de trous, pour ainsi dire, affaiblissent son étoffe, lui enlèvent toute résistance et ouvrent en lui un passage commode pour les attaques hostiles.

(Nous voilà en terrain étrangement familier...)

C’est l’action de ce médium qui explique partiellement pourquoi les gens sentent souvent l’un pour l’autre une attraction ou une répulsion spontanée et irraisonnée. Le premier siège de ces réactions est dans cette enveloppe protectrice. Nous nous sentons facilement attirés par ceux qui apportent une force nouvelle à notre enveloppe nerveuse ; nous éprouvons de l’aversion pour ceux qui la dérangent ou lui font du mal. Tout ce qui lui donne une sensation d’expansion, de confort, de bien-être, tout ce qui la fait répondre avec bonheur ou plaisir, exerce sur nous une attraction immédiate ; quand l’effet est en sens inverse, la réponse est une antipathie protectrice. Lorsque deux personnes se rencontrent, cette impression est souvent mutuelle. Ce n’est certes pas la seule cause des affinités ; mais c’est l’une des causes, et la plus fréquente.

*

Question à Sri Aurobindo

Dans «   Entretiens   », la Mère dit que la dépression ou le découragement fait des trous dans l’enveloppe nerveuse et facilite les attaques hostiles. En un sens, cela veut dire qu’on ne doit pas, par bonne volonté, décourager les idées, les impulsions, les mouvements mauvais de qui que ce soit. Mais cela ne serait-il pas contraire aux principes de la vie ordinaire autant que de la sâdhanâ ? Il y a la méthode de garder le silence quand on a affaire à ces gens, mais il arrive que même cela les blesse davantage que d’être catégoriquement découragés.

Est-ce que les suites négatives de la dépression et du découragement signalées par la Mère ont également lieu dans la vie ordinaire ?

Sri Aurobindo :

La connaissance des suites négatives des dépressions doit servir au sâdhak à apprendre à éviter ces choses. Il ne peut s’attendre à ce que les gens flattent ses échecs ou ses fautes, ou bien lui passent ses faiblesses uniquement parce qu’il a l’habitude de se laisser aller à la dépression et, par là même, d’endommager son enveloppe nerveuse. Demeurer à l’écart de la dépression est son affaire, non celle des autres.

Par exemple, il est des gens qui ont l’habitude de faire de la dépression si la Mère ne se conforme pas à leurs désirs — il ne s’ensuit pas que la Mère doive se conformer à leurs désirs afin de leur conserver leur entrain. Ils doivent apprendre à se défaire de cette tournure d’esprit. De même pour le désir qu’ont les gens d’être encouragés ou loués pour tout ce qu’ils font. On peut se taire ou ne pas intervenir, mais si même cela les déprime, c’est leur faute à eux, et à personne d’autre.

Bien entendu, il en va de même dans la vie ordinaire — la dépression est toujours nuisible. Mais dans la sâdhanâ, c’est plus sérieux, parce que cela devient un obstacle important au progrès rapide et sans encombre vers le but.

18 juillet 1936

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Entretien du 27 janvier 1951

Le corps vital a-t-il aussi besoin de repos ?

Oui. Le corps vital entoure le corps physique d’une sorte d’enveloppe qui a, à peu près, la densité de ces vibrations de chaleur que l’on observe quand il fait très chaud. Et c’est cela qui est l’intermédiaire entre le corps subtil et le corps vital le plus matériel. C’est cela qui protège le corps contre toutes les contagions, les fatigues, les surmenages, et même les accidents. Alors, si cette enveloppe est complètement intacte, elle vous protège de tout, mais il suffit d’une émotion un peu trop forte, d’une fatigue, d’un mécontentement, d’un choc quelconque pour qu’elle soit comme égratignée, et une toute petite égratignure permet n’importe quelle intrusion.

La science médicale aussi s’est aperçue que si l’on est en parfait équilibre vital, on n’attrape pas de maladies, ou en tout cas on a une sorte d’immunité aux contagions. Si vous avez cet équilibre, cette harmonie intérieure qui garde l’enveloppe intacte, elle vous protège de tout. Il y a des gens ainsi qui mènent une vie tout à fait ordinaire, qui savent dormir comme il faut, manger comme il faut, et leur enveloppe nerveuse est si intacte qu’ils passent à travers tous les dangers comme si cela ne les regardait pas.

C’est une capacité que l’on peut éduquer en soi. Si l’on devient conscient du point faible de son enveloppe, il suffit parfois de quelques minutes de concentration, d’appel de force, de paix intérieure, pour que cela s’arrange, se guérisse et que la chose malencontreuse disparaisse.

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Entretien du 31 mars 1951

Comment augmenter la réceptivité du corps ?

Cela dépend de quelle partie. Le procédé est à peu près analogue pour toutes les parties de l’être.

D’abord, première condition   : rester aussi tranquille que possible. Vous pouvez remarquer que dans les différentes parties de votre être, quand quelque chose vient et que vous ne le recevez pas, cela produit une crispation — il y a quelque chose qui durcit dans le vital, ans le mental ou dans le physique. On a une crispation et la crispation fait mal, on a l’impression d’une douleur mentale, vitale ou physique. Alors la première chose, c’est, par un effet de la volonté, de relâcher cette crispation, comme lorsqu’on a un nerf qui est crispé ou un muscle qui a une crampe ; il faut apprendre à se détendre, être capable de relâcher la crispation dans n’importe quelle partie de l’être. Le procédé pour relâcher la crispation peut être différent dans le mental, dans le vital ou dans le corps, mais logiquement c’est la même chose.

Une fois que vous avez relâché la crispation, vous voyez d’abord si l’effet désagréable cesse, ce qui prouve que c’était une petite résistance momentanée, mais si la douleur continue et s’il est vraiment nécessaire d’augmenter sa réceptivité pour pouvoir recevoir ce qui aide, ce qui est à recevoir, il faut, après avoir relâché cette crispation, commencer à essayer de se répandre — on a l’impression de se répandre. Il y a beaucoup de procédés.

Certains trouvent très commode d’imaginer qu’ils flottent sur l’eau avec une planche sous le dos. Alors ils se répandent, se répandent, jusqu’à ce qu’ils deviennent la grande masse liquide. D’autres font un effort pour s’identifier au ciel et aux étoiles, alors ils se répandent, se répandent, en s’identifiant de plus en plus au ciel. Pour d’autres, ces images ne sont pas nécessaires ; ils peuvent être conscients de leur conscience, élargir la conscience de plus en plus jusqu’à ce qu’elle soit illimitée. On peut l’élargir jusqu’à ce qu’elle devienne aussi vaste que la terre et même l’univers.

Ça a l'air si simple quand Mère le dit : il faudrait donc vérifier si nous y parvenons.

Quand on fait cela, on devient vraiment réceptif.

Ainsi, la réceptivité viendrait de la capacité d'élargissement ? A priori, le lien entre les deux n'est pas si évident à saisir...

(Quelques jours après la publication de cet article, une réponse est venue sous forme d'une micro expérience de quelques secondes, et c'était parfaitement évident. 

Le Divin est Infini... alors si nous restons bien à l'étroit dans notre coquille corporelle et les apparences extérieures, superficielles, il n'est pas possible de recevoir, ou ce que nous recevons restera dans d'étroites limites.

Par contre, plus nous nous élargissons, sur tous les plans, mental, vital et de conscience corporelle, plus nous serons en mesure de recevoir ce qui vient d'en haut.)

Comme je l’ai dit, c’est une question d’entraînement. En tout cas, du point de vue immédiat, quand quelque chose vient et que l’on sent que c’est trop fort, que cela donne mal à la tête, que l’on ne peut pas le supporter, le procédé est tout à fait le même, il faut agir sur la crispation.

On peut agir par la pensée, par une invocation à la paix, à la tranquillité (le sens de la paix enlève beaucoup de la difficulté), comme cela   : «   Paix, paix, paix... tranquillité... calme.   » Beaucoup de malaises, même physiques, comme toutes ces contractions du plexus solaire, qui sont si désagréables et vous donnent parfois la nausée, la sensation que l’on va suffoquer, que l’on ne peut pas reprendre sa respiration, peuvent disparaître ainsi. C’est le centre nerveux qui est affecté, il est affecté très facilement. Dès que l’on a quelque chose qui affecte le plexus solaire, il faut   : «   Calme... calme... calme   », devenir de plus en plus calme, jusqu’à ce que la tension soit détruite.

Mince ! Ces crispations au niveau du plexus solaire, c'est quelque chose que je connais très bien, et malgré le fait que je sente très souvent et depuis longtemps qu'un travail se fait à cet endroit, cela semble un travail sans fin, une pacification à continuellement recommencer.

Dans la pensée aussi. Par exemple, vous lisez quelque chose et vous arrivez à une pensée que vous ne comprenez pas — cela vous dépasse, vous ne comprenez rien et alors, dans votre tête, cela fait comme une brique, et si vous essayez de comprendre, cela devient de plus en plus comme une brique, une crispation, n’est-ce pas, et si vous persistez, cela vous donne mal à la tête. Il n’y a qu’une chose à faire   : ne pas lutter contre les mots, rester juste comme cela (geste étendu, immobile), créer une détente, simplement élargir, élargir.

Et n’essayez pas de comprendre, surtout n’essayez pas de comprendre — laissez-le entrer comme ça, tout doucement, et vous vous détendez, détendez, et en vous détendant votre mal de tête s’en va. Vous ne pensez plus à rien, vous attendez quelques jours, et au bout de quelques jours vous voyez du dedans   : «   Oh ! que c’est clair ! Je comprends ce que je n’avais pas compris.   » C’est aussi facile que cela.

Quand vous lisez un livre qui vous dépasse, quand vous vous trouvez en face de phrases que vous ne pouvez pas comprendre — on sent qu’il n’y a pas de correspondance dans la tête —, eh bien, il faut faire cela ; on lit la chose une, deux, trois fois, puis on reste tranquille et on fait le silence dans la tête. Quinze jours après, on reprend le même passage et c’est clair comme le jour. Tout s’est organisé dans la tête, les éléments du cerveau qui manquaient pour comprendre se sont formés, tout s’est fait comme petit à petit et on comprend.

Nous lisons Sri Aurobindo, Mère, Saptrem, soit, c'est très bien, mais je me suis souvent demandé comment nous les lisons. Mère nous donne ici une indication très précieuse à mettre en pratique.

La suite de cet Entretien n'est plus tout à fait dans notre sujet mais je laisse la question, et ceux que cela intéresse peuvent aller à la page 296 du PDF pour avoir la réponse de Mère.

Les maladies entrent par le corps subtil, n’est-ce pas ; que faire pour les en empêcher ?

La conclusion de cet Entretien :

Mais la condition dans tous les cas — dans tous les cas —, qu’on le fasse soi-même et en ne dépendant que de soi-même, ou qu’on le fasse en demandant à quelqu’un de le faire pour soi, la première condition   : pas de peur et être tranquille. Si vous commencez à bouillonner et à vous énerver dans votre corps, c’est fini, vous ne pouvez rien faire.

Pour toute chose — vivre la vie spirituelle, guérir les maladies — pour toute chose, il faut être tranquille.

Entretien du 24 mars 1954

Dans cet Entretien, Mère en vient à parler du phénomène d'identification et conclut par ceci :

Vous savez, la seule façon de connaître le Divin, c’est de s’identifier à Lui. Il n’y en a pas d’autre, il n’y en a qu’une, une seule manière. Par conséquent, une fois que vous êtes maître de ce procédé d’identification, vous pouvez vous identifier. Alors vous choisissez votre objet d’identification, vous vous identifiez au Divin. Mais tant que vous ne savez pas vous identifier, il y aura toujours cent et une choses qui viendront en travers vous tirer par ici, vous tirer par là, vous éparpiller, et vous ne vous identifierez pas à Lui. Mais si vous avez appris à vous identifier, alors vous n’avez qu’à orienter l’identification, la placer à l’endroit où vous voulez, et puis vous en tenir là jusqu’à ce que vous ayez un résultat. Il viendra très vite si vous êtes maître de votre pouvoir d’identification. Ça viendra très vite. Râmakrishna disait que cela pouvait varier entre trois jours, trois heures ou trois minutes. Trois jours pour les gens qui étaient très lents, trois heures pour ceux qui étaient un peu plus prompts, trois minutes pour ceux qui avaient l’habitude.

C'est donc quelque chose d'une toute première importance ; sans même parler du fait que c'est aussi la clef pour la connaissance par identité. 

Il me semble cependant que Râmakrishna était bien gentil parce qu'il me semble qu'après 3 semaines, 3 mois, 3 ans et plus nous n'en sommes toujours pas maître. Peut-être que s'il y a UNE chose que nous devrions apprendre, c'est celle-ci. Pourquoi est-ce que nous n'y arrivons pas ? Est-ce un manque de méthode, un manque de volonté, un manque de patience... ?

Mais ce n'est pas notre sujet... alors, pour ceux que cela intéresse, voici le lien vers le PDF :

CF page 241

En attendant, au milieu de son explication Mère nous donne cet exemple :

Ce sont des phénomènes d’identification. Seulement ils sont involontaires. Et c’est même l’un des procédés que l’on emploie maintenant pour guérir les maladies nerveuses. Quand quelqu’un ne peut pas dormir, ne peut pas se reposer parce qu’il est trop excité nerveusement et que ses nerfs sont malades et affaiblis par excès d’agitation, on lui dit de s’asseoir en face d’un aquarium, par exemple — un aquarium, c’est très joli, n’est-ce pas —, devant un aquarium avec des jolis petits poissons dedans, des poissons dorés, et puis de s’asseoir, de s’installer sur une chaise longue, et d’essayer de ne penser à rien (surtout pas à ses soucis) et de regarder les poissons. Alors on regarde les poissons bouger, aller, venir, nager, glisser, tourner, se rencontrer, se dépasser, se poursuivre indéfiniment, et puis l’eau qui bouge lentement et les poissons qui vont. Au bout d’un moment, on a la vie des poissons   : on va, on vient, on nage, on glisse, on joue. Et puis au bout d’une heure, on a les nerfs en parfait état et on est tout à fait reposé ! Mais la condition, c’est de ne pas penser à ses soucis   : il faut seulement regarder les poissons.

Entretien du 24 mars 1954

Certaines personnes ont un corps bien développé, mais malgré ça ils sont très nerveux. Alors... ?

C’est généralement... Peut-être ont-ils une structure vitale très faible   : ils peuvent être nerveusement faibles, avoir un système nerveux faible ; peut-être est‑ce cela, c’est peut-être un accident de naissance ; mais c’est peut-être aussi une faiblesse mentale, parce qu’il est vrai que le corps sain vous donne des nerfs solides, mais il est encore beaucoup plus important d’avoir la pensée saine pour avoir les nerfs solides — si votre pensée n’est pas saine, si vos sentiments et vos pensées sont de mauvaise qualité si l’on peut dire, vos nerfs deviennent très mauvais, encore pires.

Par exemple, ceux qui ont toutes sortes d’imaginations malsaines, ceux qui aiment les lectures malsaines, qui aiment les conversations malsaines (il y en a beaucoup, il y en a énormément), eh bien, ils peuvent perdre tout contrôle de leurs nerfs, ils peuvent devenir extrêmement nerveux, et avoir pourtant un corps qui est en très bon état et très sain. Les conversations malsaines et les lectures malsaines, je pourrais vous dire que c’est ce qu’il y a de pire, et quand vous faites vraiment la sâdhanâ, que vous essayez vraiment de faire des progrès, vous vous apercevez que, lorsque vous prononcez des mots inutiles, ne serait-ce que très peu, immédiatement il y a un énorme malaise qui vous prend comme ça, on se sent comme si tous les nerfs de la tête étaient tirés, et puis il y a quelque chose qui tourne ici, qui vous fait mal, et on sent un grand vide là-dedans et on a mal au cœur, comme si l’on avait mangé quelque chose de très mauvais — seulement pour quelques mots prononcés inutilement.

C’est d’ailleurs l’indication sûre, dès que le malaise commence, on sait qu’il faut arrêter   : «   Maintenant, c’est fini.   » Seulement, la plupart des gens sont tellement inconscients qu’ils ne s’en aperçoivent même pas, et avec leur volonté dévoyée, ils obligent leur système à faire ce qu’il ne doit pas faire.

Alors le système est plus ou moins docile, obéit et continue à se détériorer lentement, comme ça, sans même donner de réactions visibles.

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants... ne serait peut-être pas fortuite.

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Entretien du 17 novembre 1954

[...] Par exemple, n’est-ce pas, il y a des gens qui souffrent de façon intolérable de maux de dents. Ça, ça dépend surtout... Il y a des gens qui sont plus ou moins ce que j’appelle «   douillets   », c’est- à-dire, incapables de résister à une douleur, de la supporter, qui immédiatement disent   : «   Je ne peux pas ! C’est insupportable ! Je ne peux pas supporter davantage !   » Ah, ça, ça ne change rien à la situation ; ça ne fait pas cesser leur souffrance, parce que ce n’est pas de lui dire qu’on n’en veut pas qui fait qu’elle s’en va !

Mais si on peut, n’est‑ce pas, faire deux choses... ou amener en soi — pour toute souffrance nerveuse, par exemple —, amener en soi une sorte d’immobilité aussi totale que possible à l’endroit qui souffre ; ça, ça fait l’effet d’un anesthésiant. Si on arrive à apporter une immobilité intérieure, immobilité de la vibration intérieure, à l’endroit où l’on souffre, cela fait exactement le même effet que l’anesthésiant. Cela coupe le contact entre l’endroit qui souffre et le cerveau, et une fois que vous avez coupé le contact, si vous pouvez garder ça suffisamment longtemps, la douleur disparaîtra. Il faut avoir l’habitude de cela.

En résumé il nous faut acquérir : 

1. le pouvoir d'amener l'immobilité

2. le pouvoir de la garder.

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Éducation – L’Éducation physique – page 20

[...] Mais dans tous les cas, et quelles que soient ses activités, un enfant doit avoir un nombre d’heures de sommeil suffisant. Ce nombre variera avec l’âge. Au berceau, les bébés doivent dormir plus longtemps qu’ils ne restent éveillés. Le nombre d’heures de sommeil diminuera à mesure que l’enfant grandira ; mais jusqu’à maturité, ce nombre ne devra pas être inférieur à huit heures dans un endroit tranquille et bien ventilé. On ne doit jamais faire veiller un enfant inutilement.

Les heures avant minuit sont les meilleures pour le repos des nerfs. Même pendant les heures de veille, la détente est une chose indispensable pour tous ceux qui veulent garder leur équilibre nerveux. Savoir détendre ses muscles et ses nerfs est un art qui devrait être enseigné aux enfants très jeunes ; tandis que, tout au contraire, il y a beaucoup de parents qui poussent leur enfant à une constante activité.

Quand l’enfant reste tranquille, ils s’imaginent qu’il est malade. Et même, il y a des parents qui ont la mauvaise habitude de faire faire à leur enfant des travaux ménagers, au détriment de son repos ou de son délassement. Rien n’est plus mauvais pour un système nerveux en formation qui ne pourra résister à la tension d’un effort trop soutenu ou d’une activité imposée et non librement choisie.

Au risque de contrecarrer beaucoup d’idées courantes et de froisser bien des préjugés, j’affirme qu’il n’est pas juste d’exiger les services d’un enfant, comme s’il était de son devoir de servir ses parents. Le contraire serait plus vrai ; et certainement il est naturel pour les parents de servir leur enfant, ou tout au moins de prendre grand soin de lui. Ce n’est que si un enfant choisit librement de travailler pour sa famille et qu’il fasse ce travail comme un amusement, que la chose est acceptable. Et encore, faudra-t-il veiller à ce que cela ne diminue en rien les heures d’un repos absolument indispensable pour le bon fonctionnement de son corps.

*

L’éducation psychique et spirituelle – page 40

Ne deviens jamais excité, nerveux ni agité. Reste parfaitement calme en face de toutes circonstances. Et pourtant sois toujours en éveil pour trouver le progrès qu’il te reste à faire et pour le faire sans perdre de temps.

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Paroles de la Mère – Volume 2

Quand je considère le sérieux de ce genre de sâdhanâ rigoureuse, l’idée de mes faiblesses physiques et mentales commence à m’effrayer et je trouve en moi bien peu de courage.

Nous voudrions savoir une chose   : mangez-vous assez et dormez- vous régulièrement et suffisamment ? Ces deux points sont d’une grande importance, car une sâdhanâ comme la nôtre exige, pour qu’on la supporte, que le mental, le corps et le système nerveux ne soient pas affaiblis par une nourriture trop peu abondante et par le manque de sommeil. 

16 décembre 1940

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Paroles de la Mère – Volume 3

La condition impérative pour guérir se trouve dans le calme et la tranquillité. Toute agitation, toute nervosité prolonge la maladie.

*

C’est à cause de toutes vos querelles, de vos cris, de votre inquiétude, nervosité, agitation, de vos discordes et disputes que X. n’est pas bien. J’ai dit depuis le début qu’elle avait besoin de repos et de calme. C’était particulièrement indispensable, mais elle a été entourée de l’atmosphère inverse — ce n’est pas surprenant qu’elle soit malade. Elle pleure et elle tremble parce que ses nerfs sont surmenés et ils sont surmenés parce qu’aucun de vous ne se maîtrise ni ne contrôle ses paroles. Lui faire la cuisine est très gentil, mais ce n’est pas suffisant ; vous devez lui permettre d’avoir assez de paix et de tranquillité pour pouvoir manger.

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Agenda du 5 août 1961

N’est-ce pas, le physique subtil déborde de beaucoup le corps. Puis vient ce que Théon appelait «le sous-degré nerveux», c’est-à-dire l’intermédiaire entre ce physique subtil et le vital. Et cet intermédiaire agit comme une protection: s’il est en équilibre et harmonieux, fort, il vous protège – il vous protège même physiquement – , par exemple, de la contagion des maladies, même des accidents.

[…]

Un autre détail. Est-ce qu’il y a une différence entre le sommeil et la mort? Ou est-ce la même chose ?

Le mort et le sommeil ? Oh! non.

Ce n’est pas la même chose.

Non... C’est à cause du Bouddha que tu demandes cela ? (Tiens, j’y ai pensé il y a un ou deux jours; tout d’un coup cela m’est venu, je me suis dit : «Tiens, pourquoi ?») Je me suis souvenue qu’avant de s’en aller de chez lui, le Bouddha avait passé par les chambres du palais et il avait vu sa femme et ses parents endormis,4 l’impression que c’était comme s’ils étaient morts – c’est là qu’il est parlé du sommeil qui est comme la mort.

4. et il a eu sont une seule et même chose, mais Sri Aurobindo en parle ainsi :

«La première chose que l’on voit quand on franchit la barrière, c’est le corps physico-vital. Il est autour du corps physique, et avec le corps physique il forme ce que l’on pourrait appeler «l’enveloppe nerveuse». Les forces de maladie doivent le traverser pour toucher le corps, sauf quand il s’agit d’attaques tout à fait matérielles. On peut sentir l’arrivée de la maladie, sentir aussi, dans l’enveloppe nerveuse, la partie du corps que la maladie va ou veut attaquer, parce que l’enveloppe nerveuse possède une contre-partie dans le corps. C’est donc l’enveloppe physico-vitale qui est d’abord attaquée, puis la force prend la forme d’une maladie dans l’organisme. J’ai eu moi-même l’expérience d’avoir la fièvre tout autour du corps.»

(A.B. Purani, Evening Talks with Sri Aurobindo, tome I, p. 232)

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En conclusion : deux pratiques simples pour prendre soin de notre système nerveu

Extrait d'un article précédent :

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1. Bhramari Pranayama

La respiration bourdonnante, ou Bhramari Pranayama (du sanskrit « bhramari » signifiant « abeille »), est une technique de pranayama (contrôle du souffle) très appréciée en yoga pour son effet calmant immédiat sur le mental et le système nerveux. Elle tire son nom du son de bourdonnement produit pendant l’expiration, qui imite le bruit d’une abeille. […] C’est une technique simple mais puissante : beaucoup de gens la décrivent comme un « reset » du système nerveux en quelques respirations seulement. (Grok)

Puisque c'est un peu fatigant pour les épaules de maintenir les mains à cette hauteur, au lieu de pratiquer assis, je me suis suis allongé sur le dos, et j'ai pratiqué tranquillement pendant de longues minutes... sans m'apercevoir, pendant la séance, d'aucun effet particulier. Par contre, sitôt terminé, j'ai ressenti une profonde détente.

2. Auto-massage 

Puisque il n'y a pas un centimètre carré de peau qui ne soit une terminaison nerveuse l'auto-massage peut apaiser profondément le système nerveux. 

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À suivre avec quelques textes de Sri Aurobindo sur le même sujet... 

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