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À l'occasion de mon article consacré à l'intention des Ambassadeurs Du Nouveau Monde j'aurais pu évoquer ce fameux texte de Mère écrit en 1920 que j'ai déjà partagé, mais je l'ai complètement oublié. En voici un extrait particulièrement percutant choisi par Sraddhalu. 

La civilisation qui trouve maintenant une fin si dramatique était fondée sur le pouvoir de la pensée, de la pensée agissant sur la matière et sur la vie. Ce qu’elle a été pour l’humanité, nous n’avons pas à en discuter maintenant. Mais un nouveau règne arrive, celui de l’Esprit ; après l’humain, le divin.

Une fois de plus la nature se sent poussée à créer quelque chose d’entièrement nouveau, quelque chose d’inattendu ; et c’est à cette impulsion que nous devons répondre et obéir.

Essayons tout d’abord de découvrir où cette impulsion de la nature nous mènera. La meilleure manière de procéder est de regarder en arrière les leçons que nous donne le passé.

Nous voyons que chaque progrès de la Nature, chaque manifestation d’une capacité nouvelle, d’un nouveau principe sur la terre, est marqué par l’apparition d’une espèce nouvelle. De même, les formes progressives de la vie des races, des peuples, des individus, se suivent à travers les cycles humains, sans cesse inspirés, fécondés, renouvelés par les efforts des guides de l’humanité. Et toutes ces formes tendent vers le même but, le but mystérieux, le but glorieux de la Nature.

C’est à cet appel de la Nature que nous devons répondre ; c’est à ce travail magnifique et grandiose que nous devons nous consacrer. Essayons de rendre aussi claires que nous le pouvons les étapes de notre avance sur ce sentier difficile et encore inexploré.

Tout d’abord, nous devons éviter soigneusement, dans notre tentative de concevoir l’homme futur ou surhomme, d’adopter un type d’homme donné en le perfectionnant et en le magnifiant. Pour ne pas tomber, autant que possible, dans cette erreur, nous devons étudier les enseignements de l’évolution de la vie.

Nous avons déjà vu que l’apparition d’une espèce nouvelle annonce toujours la manifestation sur terre d’un nouveau principe, d’un nouveau plan de conscience, d’une nouvelle force ou pouvoir. Mais en même temps que l’espèce acquiert ce pouvoir ou cette conscience jusqu’alors non manifesté, elle peut perdre une ou plusieurs des perfections qui étaient caractéristiques de l’espèce immédiatement précédente. Par exemple, pour ne parler que de la dernière étape du développement de la nature, quelles sont les plus grandes différences entre l’homme et son prédécesseur immédiat, le singe ? Chez le singe nous voyons la vitalité et l’habileté physique atteindre leur suprême perfection, une perfection que la nouvelle espèce devra abandonner. Chez l’homme, plus de ces merveilleuses escalades dans les arbres, de ces sauts périlleux au-dessus des abîmes, de ces bonds de sommet en sommet, mais en échange il a acquis l’intelligence, le pouvoir de raisonner, de combiner, de construire ; avec l’homme, c’est la vie de la pensée, de l’intellect qui est apparue sur la terre. L’homme est essentiellement un être mental ; et si ses possibilités ne s’arrêtent pas là, s’il sent en lui d’autres mondes, d’autres facultés, d’autres plans de conscience au-delà de sa vie mentale, ce ne sont là que des promesses pour l’avenir, de même que les possibilités mentales sont latentes dans le singe. 

Il est vrai que quelques hommes, très peu, ont vécu dans ce monde au-delà, que nous pouvons appeler le monde spirituel ; certains ont été véritablement les incarnations vivantes de ce monde sur la terre, mais ils sont des exceptions, avant-coureurs montrant la route à l’espèce, la conduisant vers sa réalisation future, et non des hommes ordinaires. Mais ce qui fut le privilège de quelques êtres dispersés dans le temps et l’espace deviendra la caractéristique centrale du type nouveau qui doit apparaître.

À présent l’homme gouverne sa vie par la raison ; toutes les activités du mental sont d’usage courant pour lui ; ses moyens de connaissance sont l’observation et la déduction ; c’est par et à travers le raisonnement qu’il prend ses décisions et choisit son chemin, ou croit le faire, dans la vie.

La nouvelle espèce sera gouvernée par l’intuition, c’est-à-dire par la perception directe de la Loi divine au-dedans. À l’heure actuelle quelques êtres humains connaissent l’intuition et en font l’expérience, tout comme, sans aucun doute, certains grands gorilles des forêts ont des lueurs de raisonnement.

Dans l’humanité, les quelques individus qui ont cultivé leur moi intérieur, qui ont concentré leurs énergies sur la découverte de la véritable loi de leur être, possèdent plus ou moins la faculté d’intuition. Quand le mental est parfaitement silencieux, pur comme un miroir bien poli, immobile comme un étang par un jour sans brise, alors d’en haut comme la lumière des étoiles tombe sur les eaux immobiles, la lumière du supramental, de la vérité intérieure brille sur le mental calmé et donne naissance à l’intuition. Ceux qui ont l’habitude d’écouter cette voix sortie du Silence en font de plus en plus le motif déterminant de leur action ; et là où les autres, les hommes ordinaires, errent dans les dédales du raisonnement, eux vont droit leur chemin, guidés dans les méandres de la vie par l’intuition, cet instinct supérieur, comme par une main forte et infaillible.

Cette faculté qui est exceptionnelle, presque anormale de nos jours, sera certainement tout à fait banale et naturelle dans la nouvelle espèce, dans l’homme de demain, mais son exercice constant sera probablement préjudiciable aux facultés de raisonnement. Tout comme l’homme ne possède plus l’extrême habileté physique du singe, de même le surhomme perdra l’extrême habileté mentale de l’homme, cette faculté de se tromper lui-même et de tromper les autres.

Ainsi, la route de l’homme vers la surhumanité sera ouverte quand il déclarera hardiment que tout ce qu’il a élaboré jusqu’à présent, y compris l’intellect dont il est maintenant fier à si juste titre, mais avec tant de vanité, ne le satisfait plus, et que faire sortir, découvrir, libérer ce pouvoir plus grand en lui sera désormais sa grande préoccupation. Alors ses recherches philosophiques, artistiques, scientifiques, éthiques, sociales et vitales ne seront plus poursuivies pour elles-mêmes, un exercice du mental et de la vie tournant en rond mais un moyen de découvrir une Vérité plus grande derrière le mental et la vie, et d’apporter son pouvoir dans notre existence humaine. Et cette découverte est celle de notre véritable moi, de notre véritable nature, parce que c’est celle de notre moi et de notre nature supérieurs.

🔥

Pleine de promesses et d'imprévu joyeux.

Concernant cette perte des facultés mentales évoquée par Mère, je n'ai pu m'empêcher de penser à l'effondrement du niveau scolaire en France et dans les pays occidentaux. Les spécialistes du sujets évoquent différentes causes, mais évidemment, il ne prennent jamais en compte cette dimension évolutive. 

Je n'affirme pas que ce que nous dit Mère est la cause réelle, occulte, spirituelle de l'effondrement cognitif de nos sociétés – je note simplement un lien possible entre les deux, et qu'aucun "spécialiste" n'envisage cette hypothèse ; le temps la confirmera ou non.

Quoiqu'il en soit, nous avons-là un texte très simple à partager pour ceux qui s'intéressent à l'avenir de notre monde. 

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