Intégrer et stabiliser – Protéger et conserver – Approfondir et développer
Je suis rentré hier de ma 2e retraite avec Sraddhalu, et autant la première m'avait laissé un perplexe – sans doute que j'étais passé à peu près côté, ne comprenant pas vraiment – autant celle-ci a produits plusieurs déclics dans la compréhension et enclenché quelques belles expériences.
Nous pouvons avoir sur Sraddhalu, et sur les gens en particuliers, toutes les opinions que nous voulons mais la question que nous devrions nous poser c'est de savoir si la personne nous aide, ou non, à entrer dans l'expérience du psychique ou de la Mère ou de toute autre expérience spirituelle.
Faites l'expérience par vous-mêmes et vous verrez...
Introduction
3 choses ont retenu mon attention et me semblent intéressantes à partager car pouvant être utiles aux autres.
Comme une fleur
Dans la sadhana, il est parfois question de se concentrer au sommet de la tête, ou dans les profondeurs de la poitrine. Ou bien face à n'importe quelle difficulté que nous rencontrons dans nos intériorisations, de les ouvrir et d'invoquer la Présence de la Mère pour qu'elle y descende et fasse son travail de purification, transformation.
Dans les méditations guidées, Sraddhalu employait souvent cette expression "comme une fleur"... et cela suggère évidemment une grande douceur, une grande délicatesse.
Pour le dire autrement, ces portes intérieurs, la porte vers le centre émotif, la porte vers le psychique, la porte vers le haut etc... ne se défoncent pas à coups de marteau, on ne les enfonce pas à coups d'épaule... En outre, ces portes-là, s'ouvrent de l'intérieur... et si nous mettons en pratique ce "comme une fleur"... j'ai l'impression que cela aide beaucoup, que c'est une vraie clef pour établir ces connexions que l'on cherche.
À noter que la fleur ne s'ouvre pas seulement avec une infinie délicatesse, elle s'ouvre et se donne au Divin, AVEC JOIE ! Elle est parfaitement heureuse de s'ouvrir toute grande à la Lumière, c'est sa raison d'être, sa raison de vivre... Alors si nous ne ressentons pas encore cette petite joie pétillante au-dessus de la tête quand nous nous ouvrons vers le haut, alors nous ne nous nous ouvrons pas encore comme une fleur...
Se laisser aspirer par l'expérience
À un autre moment, Sraddhalu a expliqué que nous avions accès à des expériences qui dépassent nos capacités normales. Normalement, ce genre d'expérience, la connexion avec l'âme, avec l'étincelle divine en nous, avec le Moi supérieur, avec l'Infini, avec la Mère divine, etc... même si ce sont à notre niveau encore des expériences tout à fait partielles, ce sont des expériences qui, généralement, sont données à des moines ou des yogis après des mois et des années de pratiques.
Parce que le yoga intégral repose sur un total don de soi au Divin et à la Mère... ces expériences peuvent arriver très vite... en comparaison des chemins religieux et ascétiques.
Et Sraddhalu d'insister que l'accès à ces expériences ne repose pas tant sur NOS capacités... ou plutôt elles reposent sur notre capacité à nous abandonner et à nous laisser porter. Il expliquait qu'il ne s'agissait pas tant de FORCER pour avoir telle ou telle expérience mais de notre capacité à nous laisser attirer, aspirer, absorber par l'expérience... comme si c'était l'expérience elle-même qui nous attirait.
Pour donner un exemple, il ne s'agit donc pas tant de faire tout le chemin vers les profondeurs psychiques – et d'ailleurs, ce chemin nous ne le connaissons pas – que d'établir une sorte de "point de contact" avec le psychique, comme un hameçon, et puis de se laisser attirer, aspirer, fondre... dans l'expérience. C'est une méthode beaucoup plus facile.
Que tout le reste s'efface
Alors, quand nous avons saisit ce point d'entrée... cela peut être une sensation de douce chaleur, une impression de quelque chose d'infiniment stable ou paisible, le sentiment d'être un enfant de la Mère divine... Sraddhalu en venait à souvent évoquer le fait de s'immerger dans le ressenti et pour cela, il employait l'expression "que tout le reste s'efface"...
Finalement, c'est l'essence de la concentration. La concentration, c'est exclure tout le reste. Si nous n'avons pas cette capacité, si nous ne trouvons pas le moyen de la développer, je crains que notre progrès spirituel devienne singulièrement compliqué.
🌸
Conclusion
Quelque soit notre chemin, nous avons tous des expériences intérieures et nous avons tous fait l'expérience qu'après une retraite spirituelle, un stage de qi gong, de yoga, le retour à la vie quotidienne fait que nous perdons les bénéfices.
À la fin de la retraite Sraddhalu donne quelques conseils qui peuvent être très utiles. Il établit alors trois priorités : intégrer et stabiliser, protéger et conserver, approfondir et développer.
1. Intégrer et stabiliser
Les expériences que nous vivons sont fragiles.
L'accès a ces expériences est relativement facile, mais ce qui est difficile, c'est de les intégrer, de les assimiler, de les stabiliser.
Ramana Maharshi a dit qu'il avait mis trois jours pour avoir l'expérience du Soi mais qu'il avait mis 10 ans à la stabiliser. Sri Aurobindo nous dit qu'avec l'aide de la Mère, du Divin, cela peut être désormais beaucoup plus rapide. Pour peu aussi, sans doute, que nous fassions quelques efforts, au moins pour ne pas dissiper bêtement les expériences que nous avons.
Ainsi, quand nous étions plongés dans une profonde intériorisation, Sraddhalu prenait presque un soin encore plus grand à sortir de l'expérience qu'à y entrer. C'est-à-dire que nous devons trouver le moyen de ramener à la surface, dans la conscience extérieure, les expériences que nous vivons dans les profondeurs.
L'un des moyens est de tout doucement ouvrir les yeux et de comment très lentement à bouger, à faire des gestes simples... tout en restant au maximum dans le vécu de notre expérience.
Si nous avons une vie extérieure qui implique de nombreuses interactions humaines ou qui implique une forte concentration mentale, c'est évidemment plus difficile. Mais pour toute un série d'activités humaines simples, qui ne demandent pas beaucoup de concentration, faire le ménage, la vaisselle, marcher, faire quelques exercices corporels simples... nous pouvons les faire en restant concentré sur la Présence intérieure, la Présence au-dessus ou tout partout. Ainsi la conscience spirituelle s'infuse jusque dans notre conscience extérieure.
Sraddhalu insiste sur le fait, qu'au sein même de notre vie quotidienne, nous fassions régulièrement des courtes pauses pour nous intérioriser, pour nous tourner vers la Présence, pour invoquer la Mère etc.
Construire une continuité entre la consciente intérieure et la conscience extérieur est un aspect TRÈS important, qui est souvent négligé.
2 suggestions de Sraddhalu :
➡ Chaque fois que l'on commence un travail, nous aligner sur la Présence sacrée au-dedans de nous ou sur la Présence divine au-dessus et attendre l'impulsion : que cela soit la Présence qui initie le mouvement... et nous verrons que cela change toute la qualité de notre action.
➡ Avant chaque choix important à faire, chaque décision importante à prendre, nous mettre dans un état neutre, abandonner toutes nos préférences, tous nos désirs, nous tourner vers la Présence, et attendre de recevoir une indication.
Trois sortes de réponses peuvent venir. Oui. Non. Ça m'est égal.
Cette pratique nous apprend à écouter et à nous faire confiance.
Ne pas avoir peur de nous tromper et ne pas nous torturer si les réponses que nous recevons sont encore impures, mélangées avec nos propres désirs, limitations, imperfections.
L'erreur fait partie de notre apprentissage. Il est préférable de se tromper en essayant que de ne pas essayer du tout.
2. Protéger et conserver
Sraddhalu explique alors que nous avons trois choses à protéger : l'expérience, la foi et notre capacité de concentration.
Protéger ses expériences
Dans la culture actuelle – y compris en Inde maintenant – la connaissance est équivalant à l'information. Mais quand on entre dans l'expérience spirituelle, ce qu'on a lu est souvent une problème. L'information, ce sont des mots, des idées mais cela ne nous change pas nécessairement... à la différence d'une expérience spirituelle qui elle nous transforme.
L'expérience contient un pouvoir... et si nous en parlons, ce pouvoir se dissipe. Ne pas parler de nos expériences est donc la règle la plus fréquente.
Au bout de 20 ans, je vais peut-être finir par ENFIN le comprendre. 😊. Aussi, je ne parlerai pas de mes expériences pendant cette retraite... et me contenterai ici de données générales qui me semblent être utiles à tous.
Une autre erreur fréquente est d'essayer d'enseigner aux autres. D'après Sraddhalu, c'est la "meilleure" façon de perdre ce que l'on a reçu dans l'expérience.
Quand nous vivons une expérience, il y a dedans un pouvoir. Par le tapas, la concentration, nous pouvons intensifier ce pouvoir contenu dans l'expérience. Si le pouvoir de l'expérience est dispersé, alors il n'y a plus assez d'énergie pour l'intensification.
Les activités dispersantes de la vie sont un 3e piège dans lequel nous tombons fréquemment. Notre intérêt est de conserver nos expériences, de les intensifier, plutôt que de les disperser.
Sraddhalu explique alors que nous avons trois choses à protéger : l'expérience, la foi et notre capacité de concentration.
Protéger sa foi
Il est très facile de perdre le bénéfice de nos expériences, de mettre en danger notre progrès spirituel en étant confronté à un foi négative. Tous ces gens qui sont persuadés que ce n'est pas possible, que ça ne marchera pas, que nous n'y arriverons pas, que c'est trop difficile etc. etc. etc.
Nous devons cultiver la foi que toutes ces expériences ne sont pas difficiles et qu'elles sont à notre portée.
Une fois la barrière brisée par l'un ou l'autre mouvement, vous vous apercevez que tous les procédés et tous les mouvements nécessaires au yoga sont à votre portée et non, comme ils apparaissent au mental extérieur, difficiles ou impossibles. Le moi psychique profond en vous contient déjà le yogi et le bhakta, et s'il peut émerger tout à fait et prendre le commandement, l'orientation spirituelle de votre vie extérieure est prédéterminée et inéluctable.
Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga
Protéger sa capacité de concentration
Sraddhalu commence par citer Vivékananda : La valeur d'un être humain est proportionnelle à sa capacité de concentration.
La parole est si extraordinaire, si intéressante, que j'ai demandé à Grok de la vérifier et de la compléter. Voici sa réponse :
La citation exacte « la valeur d’un être humain est proportionnelle à sa capacité de concentration » ne se trouve pas telle quelle dans les œuvres de Swami Vivekananda. C’est une paraphrase populaire (surtout en français) d’une idée très claire qu’il exprime à plusieurs reprises.
Source principale
Elle correspond au passage suivant de « Concentration and Breathing » (Concentration et respiration), dans le Volume 6 des Complete Works of Swami Vivekananda (Œuvres complètes) :
« The main difference between men and the animals is the difference in their power of concentration. […] The difference in their power of concentration also constitutes the difference between man and man. Compare the lowest with the highest man. The difference is in the degree of concentration. This is the only difference. »
En français, cela se traduit approximativement par :
« La principale différence entre l’homme et les animaux réside dans leur pouvoir de concentration. […] La différence dans leur pouvoir de concentration constitue également la différence entre l’homme et l’homme. Comparez l’homme le plus bas et l’homme le plus élevé. La différence réside dans le degré de concentration. C’est la seule différence. »
Autres formulations proches
Vivekananda insiste souvent sur le même thème :
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« La différence dans ce monde entre un esprit et un autre réside simplement dans le fait de la concentration. Celui qui est plus concentré que l’autre acquiert davantage de connaissance. » (Volume 4, conférence à San Francisco, 16 mars 1900)
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« Pour moi, l’essence même de l’éducation est la concentration de l’esprit, et non l’accumulation de faits. » (Volume 6, Concentration and Breathing)
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« La concentration est l’essence de toute connaissance ; rien ne peut être accompli sans elle. » (Volume 6, Notes of Class Talks and Lectures)
Ensuite Sraddhalu a fait une autre citation de Vivékananda...
"Si je pouvais recommencer mon éducation, je ne perdrais pas mon temps à acquérir des informations, mais je l'utiliserais pour développer mes capacités de concentration et d'égalité parfaite car quand j'aurais maîtrisé ces deux qualités, je pourrais acquérir n'importe quelle connaissance."
Et j'ai dé nouveau demandé à Grok de m'en dire davantage :
Oui, il s’agit d’une paraphrase assez proche d’un passage authentique de Vivekananda.
Le texte original (en anglais) se trouve dans le Volume 6 des Complete Works of Swami Vivekananda (Œuvres complètes), dans le discours/lecture intitulé « Concentration and Breathing » (Concentration et respiration).
Voici le passage exact :
« This is the systematic development of the mind. To me the very essence of education is concentration of mind, not the collecting of facts. If I had to do my education over again, and had any voice in the matter, I would not study facts at all. I would develop the power of concentration and detachment, and then with a perfect instrument I could collect facts at will. Side by side, in the child, should be developed the power of concentration and detachment. »
Traduction française fidèle :
« Ceci constitue le développement systématique de l’esprit. Pour moi, l’essence même de l’éducation est la concentration de l’esprit, et non l’accumulation de faits. Si je devais recommencer mon éducation et si j’avais mon mot à dire, je n’étudierais pas du tout les faits. Je développerais le pouvoir de concentration et de détachement, et alors, avec un instrument parfait, je pourrais collecter les faits à volonté. Chez l’enfant, le pouvoir de concentration et de détachement devraient être développés côte à côte. »
Notes importantes :
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Le mot original est « detachment » (détachement), et non « égalité parfaite » (perfect equality). Vivekananda explique juste avant que la concentration doit être accompagnée du pouvoir de détachement (la capacité de se détacher à volonté d’un objet), car sans cela elle peut devenir dangereuse et source de souffrance. Ce détachement implique une forme d’équanimité (égalité d’esprit), ce qui explique probablement la paraphrase que vous avez entendue.
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La suite du texte précise même que Vivekananda lui-même a souffert d’avoir développé la concentration sans le détachement, et qu’il a dû l’apprendre plus tard dans sa vie.
Source précise : The Complete Works of Swami Vivekananda, Volume 6, « Concentration and Breathing » (environ pages 37-39 selon les éditions).
À ce propos, Sraddhalu a expliqué que pour recevoir la Connaissance d'en haut il fallait une égalité parfaite dans le mental, car s'il y avait encore la moindre préférence la moindre idée préconçue, le moindre attachement la moindre attente... alors la Connaissance d'en haut pouvait être déformée. Il a donc parlé de trois étapes préliminaires : l'établissement de la paix, de la luminosité, puis de l'infusion dans la substance mentale, en concluant qu'il y avait souvent des mouvements d'oscillations avant que l'intégration soit faite.
J'ai trouvé cela fichtrement intéressant... et j'ai demandé à Grok de clarifier cette apparente contradiction entre Vivékananda qui parle de détachement et Sri Aurobindo qui met en avant l'égalité.
Vivekananda parle surtout du détachement comme d’une capacité technique et éthique : pouvoir attacher l’esprit intensément à un objet, puis le détacher instantanément et le replacer ailleurs, sans être emprisonné par l’attraction. Sans cette liberté de détachement, la concentration devient dangereuse et source de souffrance, car l’esprit reste collé. C’est une discipline de maîtrise instrumentale.
Ce que Sraddhalu rappelle d’Aurobindo va un cran plus loin, dans le registre de la réceptivité pure. L’« égalité parfaite » (samatā) n’est pas seulement la capacité de détacher l’attention, mais un état d’équanimité totale où il n’y a plus de préférence, de désir, d’attente ou de résistance. Dans cet état, le mental ne projette plus, ne sélectionne plus, ne déforme plus. C’est précisément pourquoi, selon Aurobindo, la Connaissance qui descend d’en haut peut arriver intacte : elle n’est pas filtrée, colorée ou déviée par les préférences de la nature inférieure.
Les deux notions se rejoignent donc fortement
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Le détachement de Vivekananda est la condition pratique pour que la concentration soit sûre et flexible.
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L’égalité d’Aurobindo est la condition qualitative pour que ce qui est reçu (ou ce qui descend) ne soit pas déformé.
L’un est davantage un pouvoir de contrôle et de liberté du mental ; l’autre est un état d’ouverture non-préférentielle qui permet la pureté de la réception. Les deux sont nécessaires, et le second approfondit et universalise le premier.
Vivekananda lui-même, dans le passage que nous avons vu, insiste sur le fait que concentration et détachement doivent être développés ensemble, précisément pour éviter que l’instrument reste unilatéral et source de souffrance. Aurobindo pousse cette exigence jusqu’à son aboutissement : non plus seulement pouvoir se détacher, mais n’avoir plus de préférence du tout, afin que le mental soit un instrument transparent.
C’est un très bel éclairage croisé.
On a beau dire tout ce qu'on veut sur l'intelligence artificielle, je trouve souvent les explications très aidantes... et je n'ai aucun souvenir d'avoir lu quelque chose qui m'a semblé... inopportun.
Afin de creuser encore la question, j'ai demandé à Grok de retrouver et de traduire le paragraphe entier de Vivékananda afin que nous puissions voir le contexte de cette phrase si intéressante :
Voici le passage complet qui entoure la citation (extrait de The Complete Works of Swami Vivekananda, Volume 6, « Concentration and Breathing ») :
Texte original en anglais :
Now the question is: Can this concentration be developed, and can we become masters of it? The Yogis say, yes. The Yogis say that we can get perfect control of the mind. On the ethical side there is danger in the development of the power of concentration—the danger of concentrating the mind upon an object and then being unable to detach it at will. This state causes great suffering. Almost all our suffering is caused by our not having the power of detachment. So along with the development of concentration we must develop the power of detachment. We must learn not only to attach the mind to one thing exclusively, but also to detach it at a moment’s notice and place it upon something else. These two should be developed together to make it safe.
This is the systematic development of the mind. To me the very essence of education is concentration of mind, not the collecting of facts. If I had to do my education over again, and had any voice in the matter, I would not study facts at all. I would develop the power of concentration and detachment, and then with a perfect instrument I could collect facts at will. Side by side, in the child, should be developed the power of concentration and detachment.
My development has been one-sided all along. I developed concentration without the power of detaching my mind at will; and the most intense suffering of my life has been due to this. Now I have the power of detachment, but I had to learn it in later life.
We should put our minds on things; they should not draw our minds to them. We are usually forced to concentrate. Our minds are forced to become fixed upon different things by an attraction in them which we cannot resist. To control the mind, to place it just where we want it, requires special training. It cannot be done in any other way.
Traduction française :
La question se pose maintenant : peut-on développer cette concentration et en devenir maître ? Les Yogis disent oui. Les Yogis affirment que nous pouvons obtenir un contrôle parfait de l’esprit. Sur le plan éthique, il y a un danger dans le développement du pouvoir de concentration : le danger de concentrer l’esprit sur un objet et de ne plus pouvoir s’en détacher à volonté. Cet état provoque une grande souffrance. Presque toutes nos souffrances sont causées par le fait que nous n’avons pas le pouvoir de détachement. Il faut donc, en même temps que le développement de la concentration, développer le pouvoir de détachement. Nous devons apprendre non seulement à attacher l’esprit exclusivement à une chose, mais aussi à le détacher à tout moment et à le placer sur autre chose. Ces deux capacités doivent être développées ensemble pour que cela soit sans danger.
Ceci constitue le développement systématique de l’esprit. Pour moi, l’essence même de l’éducation est la concentration de l’esprit, et non l’accumulation de faits. Si je devais recommencer mon éducation et si j’avais mon mot à dire, je n’étudierais pas du tout les faits. Je développerais le pouvoir de concentration et de détachement, et alors, avec un instrument parfait, je pourrais collecter les faits à volonté. Chez l’enfant, le pouvoir de concentration et de détachement devraient être développés côte à côte.
Mon propre développement a toujours été unilatéral. J’ai développé la concentration sans le pouvoir de détacher mon esprit à volonté ; et la plus intense souffrance de ma vie en a résulté. Maintenant je possède le pouvoir de détachement, mais j’ai dû l’apprendre plus tard dans ma vie.
Nous devrions poser notre esprit sur les choses ; ce ne sont pas les choses qui devraient attirer notre esprit. D’ordinaire, nous sommes contraints de nous concentrer. Notre esprit est forcé de se fixer sur différentes choses par une attraction qu’elles exercent sur lui et que nous ne pouvons pas résister. Contrôler l’esprit, le placer exactement là où nous le voulons, exige un entraînement spécial. Cela ne peut se faire d’aucune autre manière.
Une confidence :
Ce qu'explique Vivékananda m'a fait BEAUCOUP de bien car cela rejoint une remarque que je m'étais faite.
Dans une vidéo, Sraddhalu donne un exemple en disant que si l'on s'identifie à un arbre ou à une fleur, alors on la connaît de l'intérieur, et on sait tout de l'arbre ou de la fleur.
Sri Aurobindo et Mère ont parlé de cette fameuse connaissance par identité par laquelle, on devient ce à quoi on s'est identifié.
Et cela m'a toujours fasciné. J'en ai parlé à quelques reprises ici ou là.
Mais avec cet exemple de l'identification à un arbre, je me souviens m'être demandé comment on faisait pour sortir de l'identification. Il me semble avoir évoqué la question avec mon ami Mitra, mais je n'en suis pas sûr. À moins que je n'ai l'évoqué quelque part dans ce blog.
En tout cas, je n'ai jamais reçu de réponse, ni même de confirmation qu'il s'agissait là d'une question pertinente. Alors j'ai finit par me dire que probablement je déraillais un peu... mais non en fait : Vivékananda nous explique que c'est un vrai sujet et un vrai problème.
Et je me demandais pourquoi j'avais tant de mal à entrer dans cette capacité de connaissance par identité qui m'intéresse tant. C'est peut-être qu'il y a une Sagesse aimante qui veille sur moi et m'empêche de m'identifier avant de savoir me désidentifier. Ce n'est pas une certitude mais c'est plausible.
Je trouve ça tellement intéressant... ce sont des choses, simples finalement, mais qui nous font toucher du doigt, effleurer, des choses tellement profondes et tellement importantes. Des choses qui potentiellement peuvent changer notre vie.
Alors, pour en revenir à la retraite, Sraddhalu nous invite à remarquer que nous pouvons nous pouvons nous relâcher dans la concentration et découvrir que que c'est dans la dispersion que nous nous fatiguons.
Détachement de tout ce qui n'est pas le Divin
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La Signification Spirituelle des Fleurs, Épine du Christ = Euphorbia milii, Euphorbiaceae
L'attention! Le travail correct doit permettre JavaScript! FleursLa Signification Spirituelle Photocollection Concentration Ne vise pas à l'effet, mais est simple et persistante. Euphorbia milii Des
Concentration
3. Approfondir et développer
Qu'est-ce qui fait qu'une technique est efficace. Dans la Synthèse des Yogas, Sri Aurobindo explique qu'il y a deux capacités essentielles : le pouvoir de concentration et le pouvoir de la foi.
Le pouvoir de concentration
Avec la concentration, il y a trois niveaux. Au 1er niveau on touche l'extérieur, au 2e niveau on trouve le pouvoir, la capacité de la chose, au 3e niveau on s'identifie avec la chose.
Voici le passage évoqué par Sraddhalu
C’est par la pensée que nous nous dissipons dans le monde des phénomènes ; c’est en rassemblant la pensée en elle-même que nous devons nous retirer dans le réel. La concentration possède trois pouvoirs qui permettent d’atteindre ce but.
Tout d’abord, la concentration sur une chose, quelle qu’elle soit, nous rend capables de connaître cette chose et l’oblige à révéler ses secrets ; nous devons donc nous servir de ce pouvoir, non pour connaître les choses, mais l’unique Chose en soi.
Ensuite, par la concentration, toute la volonté peut être rassemblée afin d’acquérir ce que nous n’avons pas encore saisi, ce qui est encore au-delà de nous ; s’il est suffisamment éduqué, suffisamment tenace, suffisamment sincère, sûr de lui-même, fidèle à lui seul, absolu en sa foi, ce pouvoir peut servir à l’acquisition de n’importe quel objet ; mais nous devons nous en servir, non pour acquérir les innombrables objets que le monde nous présente, mais pour saisir spirituellement le seul objet digne d’être poursuivi, qui est aussi le seul sujet digne d’être connu.
Enfin, par la concentration de tout notre être sur l’un quelconque de ses états, nous pouvons devenir ce que nous choisissons d’être ; nous pouvons, par exemple, et quand bien même nous serions une masse de faiblesses et de peurs, au contraire devenir une masse de force et de courage, ou devenir tout entier d’une très grande pureté, d’une très grande sainteté et nous emplir de paix, ou devenir une seule et même âme d’Amour universelle.
Mais il est dit que nous ne devons même pas utiliser ce pouvoir pour y atteindre, si hautes soient ces réalisations par rapport à ce que nous sommes maintenant, mais pour devenir ce qui est au-dessus de toutes choses et libre de toute action et de tout attribut : l’Être pur et absolu. Tout le reste, toutes les autres concentrations, n’ont de valeur que préparatoire, aux stades préliminaires, pour entraîner graduellement la pensée, la volonté et l’être désordonné et dissipé que nous sommes, à ne vouloir que le seul et sublime objet.
Sri Aurobindo – Le Yoga de la Connaissance intégrale
Chapitre 4 – Concentration
Le pouvoir de la foi
La foi est essentiellement une connaissance de l'âme, une connaissance de la vérité essentielle. Notre foi est superficielle, mais la foi de l'âme est que l'on peut tout faire :
Né dans le monde, l’homme tourne entre monde et monde dans l’action de la Prakriti et du karma. Le Purusha dans la Prakriti est sa formule : ce que l’âme en lui pense, considère et fait, cela il le devient toujours. Tout ce qu’il avait été, a déterminé sa naissance présente, et tout ce qu’il est, pense, fait dans cette vie jusqu’au moment de sa mort détermine ce qu’il deviendra dans les mondes au-delà et dans les vies à venir.
Sri Aurobindo – Essai sur la Guîtâ (L2. C3)
Et alors, vient un vers remarquable où la Gîtâ nous dit que ce Purusha, cette âme en l’homme est en quelque sorte faite de Shraddhâ — foi, volonté d’être, croyance en soi et en l’existence —, et quelles que soient cette foi, cette volonté ou cette croyance constitutive en lui, il est cela et cela est lui, shraddhâ-mayô’yam purusho yo vachraddhah sa eva sah.
(...)
Et ce consentement de l’être, cette consciente acceptation, cette volonté de croire et de réaliser, cela peut porter le nom donné par la Gîtâ, être sa foi, shraddhâ. La religion, la philosophie, la loi éthique, l’idée sociale, l’idée culturelle en lesquelles je mets ma foi, me donnent une loi pour ma nature et ses œuvres, une idée de droit relatif ou une idée de perfection relative ou absolue, et dans la mesure où ma foi en cette idée est sincère et complète, et intense ma volonté de vivre suivant cette foi, je puis devenir ce qu’elle me propose, je puis me façonner à l’image de ce droit ou faire de moi un exemple de cette perfection.
Sri Aurobindo – Essai sur la Guîtâ (L2. C 19)
Si nous nous concentrons sur notre foi profonde, que nous devenons UN avec cette foi, inévitablement, cela se réalise et nous en avons l'expérience.
Nous devons retenir cette association...
CONCENTRATION + FOI
car c'est la méthode directe pour toutes les pratiques du monde. Elles fonctionnent toute par la transmission d'une foi et une certaine concentration. Si nous associons ces deux choses, nous pouvons créer n'importe quelle méthode.
Exemple avec la concentration du soi. Selon notre capacité de concentration et de foi, cela ne prendra que 3 jours, 3 heures ou 3 minutes. Maintenant, même si notre expérience du soi est réelle, elle sera partielle car l'idée que nous nous en faisons est partielle, la compréhension que nous en avons est partielle. C'est là que le fait d'avoir lu et compris certaines choses peu nous aider à entrer dans une expérience plus riche, plus vaste et plus complète.
Sur la foi, voir le chapitre 18 Foi et Shakti du Yoga de la Perfection de soi.
(Page 271 à 283)
En conclusion, sans doute que ces informations assez générales ont été déjà dites et redîtes, mais j'estime qu'elles peuvent encore être utiles à tous les étudiants du yoga intégral.
À Pour nous tous, je nous souhaite d'ancrer dans nos vies une sadhana stable et solide et d'avoir de belles expériences...
🙏 🔥 🌞 💓
OM...
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