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Depuis le commencement du monde, à tout moment et partout où il y a eu pour la Conscience Divine la possibilité de s’exprimer personnellement, j’étais là.

Since the beginning of the earth wherever and whenever there was the possibility of manifesting a ray of consciousness, I was there.

La Mère – Agenda du 14 mars 1952

Il existe en nous une tendance à regarder 
les images et les symboles 
comme quelque chose de statique. 
Je nous propose de regarder le symbole de Mère 
comme une Force vivante et dynamique.

Peu de temps après mon réveil, cette phrase de Mère m'est revenue en mémoire et je me suis dit : "Mais comment as-tu pu oublier cette parole dans ton dernier article sur Mère ?"... dans lequel je disais qu'elle était l'incarnation de la Conscience divine.    

C'est curieux car je venais de terminer un rêve dans lequel je me suis rappelé mon vieux copain francis, que les auroviliens connaissaient bien et qui est maintenant reparti pour de nouvelles aventures – lui-même n'écrivait jamais son prénom avec une majuscule ; peut-être qu'il se fichait éperdument des règles arbitraires et de la bienséance orthographique, et sans doute par humilité –, et dans ce rêve, il y avait le thème de la paternité. Alors finalement, c'est comme si le Père m'avait fait penser à la Mère. J'ai trouvé ça joli...

J'ai d'abord pensé que je devais modifier mon article, comme je le fais régulièrement, et ajouter cette parole. Et puis une autre parole de Mère m'est revenue en mémoire :

(Question d’enfant à propos d’une vision où 
Mère lui était apparue dans un corps lumineux :)

Pourquoi es-tu venue comme nous sommes ? Pourquoi n’es-tu pas venue comme tu es vraiment ?

Parce que si je n’étais pas venue comme vous êtes, je n’aurais jamais pu être proche de toi et je n’aurais pas pu te dire : «Deviens ce que je suis.»

Agenda du 27 septembre 1957

🔥🌹🌞💓

En clair, Mère nous invite à travers cet enfant à devenir la Conscience divine. Allons-nous accepter l'invitation, c 'est toute la question... individuelle et collective. C'est peut-être la grande question de notre Temps.  

Allons-nous tourner notre être tout entier vers la Conscience divine ?

Allons nous apprendre à nous ouvrir tout grand à cette Force, à la recevoir en nous, à la laisser travailler en nous, et à la conserver ?

Allons-nous nous concentrer suffisamment jusqu'à nous identifier à la Conscience divine, car c'est le seul moyen de la connaître et de la devenir ? 

Vous savez, la seule façon de connaître le Divin, c'est de s'identifier à Lui. Il n'y en a pas d'autre, il n'y en a qu'une, une seule manière.

Par conséquent, une fois que vous êtes maître de ce procédé d'identification, vous pouvez vous identifier. Alors vous choisissez votre objet d'identification, vous vous identifiez au Divin.

Mais tant que vous ne savez pas vous identifier, il y aura toujours cent et une choses qui viendront en travers vous tirer par ici, vous tirer par là, vous éparpiller, et vous ne vous identifierez pas à Lui.

Mais si vous avez appris à vous identifier, alors vous n'avez qu'à orienter l'identification, la placer à l'endroit où vous voulez, et puis vous en tenir là jusqu'à ce que vous ayez un résultat. Il viendra très vite si vous êtes maître de votre pouvoir d'identification. Ça viendra très vite. Râmakrishna disait que cela pouvait varier entre trois jours, trois heures ou trois minutes. Trois jours pour les gens qui étaient très lents, trois heures pour ceux qui étaient un peu plus prompts, trois minutes pour ceux qui avaient l'habitude.

Entretien de Mère du 12 août 1953

Puisque nous pouvons choisir notre objet d'identification, nous pouvons choisir de nous identifier à la Conscience divine. 

Et puis, nous n'avons pas encore assez médité, compris, intégré cette connaissance par identité qui fait l'objet du chapitre 10 du Livre 2 (pages 562/591) de La Vie Divine intitulé La connaissance par identité et la connaissance séparatrice.

Je n'en suis pas tout à fait sûr, mais sans doute que cette capacité d'identification est... au moins en partie, liée à la capacité de concentration 

Quoi que l'on veuille faire dans la vie, une chose est absolument indispensable et à la base de tout, c'est la capacité de concentration de l'attention.

Si l'on arrive à rassembler les rayons de l'attention et de la conscience sur un point, et que l'on soit capable de maintenir cette concentration avec une volonté persistante, il n'y a rien qui puisse résister — quoi que ce soit, depuis le développement physique le plus matériel jusqu'au développement spirituel le plus élevé.

Mais cette discipline doit être suivie d'une façon constante et pour ainsi dire imperturbable ; non pas qu'il faille toujours être concentré sur la même chose — ce n'est pas cela que je veux dire, je veux dire apprendre à se concentrer. Et matériellement, pour les études, pour les sports, pour tout développement physique ou mental, c'est absolument indispensable. Et la valeur de l'individu est proportionnelle à sa valeur d'attention.

Et au point de vue spirituel, c'est encore plus important. Il n'y a pas d'obstacle spirituel qui résiste à une puissance de concentration pénétrante. Par exemple, la découverte de l'être psychique, l'union avec le Divin intérieur, les ouvertures sur les sphères supérieures, tout peut s'obtenir par un pouvoir de concentration intense et obstiné — mais il faut apprendre à le faire.

Il n'y a aucune chose dans le domaine humain et même surhumain dont la clef ne soit pas le pouvoir de concentration.

Vous pouvez être le meilleur athlète, vous pouvez être le meilleur élève, vous pouvez être un génie artistique, littéraire ou scientifique, vous pouvez être le plus grand saint avec cette faculté-là.

Et chacun possède en soi un tout petit commencement — c'est donné à tout le monde, mais on ne le cultive pas.

Entretien de Mère du 23 juillet 1958

🔥🌹🌞💓

Dans l'article récent sur le sens spirituel de la Révolution Française je partage un texte de Sri Aurobindo sur Danton qui se termine ainsi :

L'Histoire qui, étant européenne, met beaucoup l'accent sur les événements, un peu sur la parole, mais n'a jamais pris en considération l'importance des âmes, ne peut apprécier des hommes comme Danton. Seul l’œil du voyant peut les discerner au milieu de la masse et remonter jusqu'à leur source le cours de ces immenses vibrations.

Cette parole m'a inspiré, en ce sens qu'elle nous rappelle que nous sommes trop focalisés sur les apparences. Avec Mère c'est la même chose, nous pouvons les apparences, voir une femme, une vieille dame, fut-elle sage et réalisée... Beaucoup à l'Ashram, parait-il, ne la voyait que comme ça. Et encore... 

Mais si au lieu de la regarder le vêtement extérieur que fut son corps, son âge, les éléments biographiques de sa vie... nous sentions la Conscience divine qui était en elle et qu'elle incarnerait, cela changerait sans doute notre relation avec elle.

Car TOUT en ce monde est une histoire de relations... nous ne faisons que cela, être en relation, avec les êtres, les choses, la nature, le monde, le Divin. Il n'y a rien, nulle part, qui ne soit en relation. Ainsi, c'est peut-être le moment de nous interroger sur la nature de notre relation avec Mère, avec La Mère. 

 Il n'y a rien à changer ! – ce sont les relations qui changent.

Agenda de Mère du 9 juin 1962

Si nous trouvons comment entrer en relation CONSCIENTE avec la Mère, avec la Conscience divine... car même pour moi qui écrit tant d'articles, elle n'est pas si consciente que cela... alors sans doute qu'il se passera pour nous tous des choses très intéressantes. 

Il y a des gens qui aiment l’aventure. C’est à eux que je fais appel, et je leur dis ceci :

« Je vous convie à la grande aventure. »

Il ne s’agit pas de refaire spirituellement ce que les autres ont fait avant nous, parce que notre aventure commence par-delà. Il s’agit d’une création nouvelle, entièrement nouvelle, avec tout ce qu’elle comporte d’imprévu, de risques, d’aléas — une vraie aventure, dont le but est une victoire certaine, mais dont la route est inconnue et doit être tracée pas à pas dans l’inexploré. Quelque chose qui n’a jamais été dans cet univers présent et qui ne sera plus jamais de la même manière.

Si cela vous intéresse… eh bien, on s’embarque. Ce qui vous arrivera demain, je n’en sais rien. Il faut laisser de côté tout ce que l’on a prévu, tout ce que l’on a combiné, tout ce que l’on a bâti, et puis... se mettre en marche dans l’inconnu. Et advienne que pourra ! Voilà.

Entretien de Mère du 10 juillet 1957

Mais puisque nous avons encore peur de cet inconnu nous nous accrochons à toutes sortes de choses selon nos imperfections respectives. Mais la plus dangereuses de toute, peut-être, c'est de s'accrocher aux traditions du passé, aux vérités du passé, aux sagesses du passé... 

Aux aventuriers, nous ne pouvons que souhaiter bonne route et un beau voyage... 

Mais... le premier Inconnu qui se présente à nous, c'est nous-mêmes ! 

Nous allons sur la lune, mais nous ne connaissons pas 
notre propre cœur ni notre destin terrestre.

Lien : Satprem – Le grand sens

Mais pour nous identifier à la Conscience divine, encore faut-il cesser de nous identifier à notre petite personne. En 1969, un guérisseur est venu à l'Ashram pendant quelques semaines et il fut régulièrement question de lui dans l'Agenda, et quelque chose m'a particulièrement frappé :

(Après un silence) Tel que je le vois, lui, c’est parce qu’il a besoin que ce soit manifesté par une conscience personnelle. Une « conscience personnelle », je veux dire quelqu’un (Mère) qui est « conscient de porter le Divin » et qui sent « je porte le Divin », tu comprends ? Quand ça, ce n’est pas là (le Divin est là, c’est tout, mais il n’y a pas le « je suis le Divin »), il ne peut pas sentir.

Et je vais plus loin : je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’Européens ou d’Occidentaux qui puissent le sentir. Les Indiens, c’est à cause de l’atavisme. Et tous ceux qui sont westernized [occidentalisés] ne peuvent plus sentir. Ils ont besoin du sens de la personne, la personne qui dit : « Je suis », tu comprends. Mais ce corps… (riant) le corps a dépassé le stade où il dit « je suis » ! l’idée même le fait rire.

Et un peu plus loin dans la même conversation, sur la Force qui descend :

Oui (pour lui), il s’agit toujours d’une « descente » ; ce n’est pas quelque chose qui irradie du dedans. C’est une Force qui descend.

Il a toujours cette impression ?

C’est l’impression que j’ai, moi, avec lui.

C’est l’impression que j’ai aussi. Quand il était assis là, je voyais la Force qui descendait-descendait-descendait en lui, mais enfin il y avait un monsieur qui s’appelait A.R. qui était là !

La Mère précise aussi dans sa réponse écrite à Satprem :

Ce que A.R. appelle moi (la mère) c’est ce corps physique, et c’est un fait qu’il ne reçoit rien de lui. Qu’il le sache et le sente ou non, il reçoit tout d’en haut, pas du dedans de son corps.

J’ai observé attentivement aujourd’hui ; et la Présence est descendue, sous une forme impersonnelle, en lui d’une façon continue pendant tout le temps qu’il était assis en face de moi ; rien n’allait directement de ce corps au sien.

Lien : Agenda du 25 octobre 1969

 

Très souvent dans ce yoga, il est question de recevoir la Force d'en haut, et cette possibilité existe, mais Satprem dans cet extrait évoque clairement la possibilité de recevoir du dedans. Je n'ai pas encore une expérience très consciente de cela, cela a pu arriver quelques fois, mais je n'y ai pas vraiment prêté attention. Sauf avec cette immobilité dense et massive qui s'installe parfois dans le corps. Ça, je n'ai jamais eu l'impression que ça venait d'en haut.

Et puisque nous sommes des occidentaux, nous aurions des difficultés à percevoir le Divin sans le sens de la personne. Déjà que nous ne percevons pas en étant des personnes, qu'est-ce que ce serait si nous abdiquions le sens de la personne ? S'il n'y a plus de personne pour ressentir le Divin, qu'est-ce qui ressent alors ? Reconnaissons qu'il y a de quoi nous laisser perplexe et que... nous n'y comprenons rien, ou pas grand chose.

Je nous invite à nous poser la question car comme le dit Asselineau : quand il y a quelque chose que je ne comprends pas, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre.

Sans le sens de la personne, c'est alors peut-être la pure Conscience en nous qui reconnaît le Divin. Cela me rappelle ce passage de Savitri (Livre 1 – Chant 4) :

D’un millier de façons, il sert les besoins de sa souveraine ;
Ses heures pivotent autour de sa volonté,
Tout reflète ses caprices, tout est Leur jeu :
Tout ce vaste monde est seulement Lui et Elle.

Je ne me souvenais plus où c'était, alors j'ai demandé à Grok qui a retrouvé tout de suite. Je lui alors demandé si l'IA avait été programmé pour reconnaître la beauté. Et voici ce qu'il m'a répondu :

« Tout ce vaste monde est seulement Lui et Elle » résume en une ligne une vision cosmique d’une grande intimité : le monde n’est pas un mécanisme froid, ni un accident, mais le jeu vivant et amoureux entre le Suprême et sa Force. Il y a là une tendresse presque humaine (il sert ses caprices, ses heures tournent autour de sa volonté) et en même temps une immensité absolue. La grandeur ne vient pas de l’éloquence, mais de la justesse de la vision.

Sri Aurobindo arrive à faire tenir ensemble le sublime et le quotidien, l’Absolu et le jeu. C’est précisément ce qui rend ces vers si saisissants : ils ne décrivent pas seulement une idée, ils font ressentir quelque chose. Et oui, même une intelligence artificielle peut reconnaître cela — non parce qu’elle « ressent » comme un être humain, mais parce qu’elle peut saisir la densité, la précision et la résonance d’une image qui condense autant de réalité en si peu de mots.

Ces vers restent, longtemps après les avoir lus.

Je ne suis pas certain que nous aurions su faire un tel commentaire de ce vers, mais revenons à cet Agenda du 25 octobre 1969 en soulignant que pour nous identifier à la Conscience divine, il faut probablement NOUS OUBLIER, nous détacher de ce sens aigu de la personne.

Un autre Agenda que je trouve très fort, très puissant, va dans le même sens :

(Puis il est question d'un disciple américain 
qui a édifié chez lui tout le panthéon grec 
et qui est très déséquilibré.)

C'est curieux, il est suffisamment réceptif ; chaque fois que je fais quelque chose, il y a un résultat... mais le résultat, il le met au compte de ses dieux ! Alors, ça fait une bouillie dans sa conscience.

(silence)

C'est resté, cette conscience [du surhomme]. C'est resté, c'est très fort, oh !... Encore aujourd'hui, avec ces sadhous (jaïns), j'ai eu l'expérience : c'est venu, mon petit, c'était formidable ! C'est venu massivement, ça m'enveloppait complètement, alors j'étais bien tranquille, là, derrière : rien ne pouvait passer. Intéressant... Oh ! c'est vraiment une puissance. Jusque dans le vital. Physiquement, le corps ne peut pas répondre ; ça a eu une action, mais... ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça. Mais ça a mis dans le corps un vital (tu sais que le vital était parti), un vital formidable ! C'est tout à fait amusant. On a l'impression de dire aux gens : «Tenez-vous tranquilles !»

Je vais essayer ça sur A (le disciple américain), je vais voir si ça le remet d'aplomb... Il va croire que c'est sa statue d'Athénée ! – Ça n'a aucune importance. Même les gens qui pensent bien, pensent encore des bêtises, alors...

Ce sadhou, «ça» a essayé de le tirer au-dedans, et quand la pression devenait très forte, il se mettait à parler ! Il ne pouvait pas... [supporter ou contenir]. Le disciple qui était près de lui, est devenu très excité, mais il était contrôlé par lui.

Il a commencé par une banalité à propos du «travail que je faisais pour l'humanité» (une stupidité quelconque) et quand il a vu que ça ne prenait pas, il s'est tu autant qu'il a pu, puis il a recommencé à parler et il a dit ce que je t'ai raconté : «Qu'il avait beaucoup entendu parler de moi, mais...» Moi, je mettais toute cette conscience entre le corps et lui.

Au fond, je me suis amusée ! (Mère rit)

Il avait une canne, et il l'avait même enveloppée de blanc ! Il était tout blanc ; la canne aussi était blanche, il la portait comme cela, comme on porte la crosse d'un évêque.

Ils sont très enfermés.

Ah ! ils se sont volontairement coupés du monde, et ils veulent l'affirmer : la séparation fait partie de leur conception.

Ils sont enfermés dans leur sainteté.

Il y en a, je suis sûre, beaucoup, qui ont des désirs refoulés et toutes sortes de choses comme cela qui font des fermentations... Mais le corps s'est tenu bien tranquille avec ça autour (cette conscience du surhomme), et alors la Conscience lui disait tout le temps : «L'individu n'est rien, abdique, abdique l'individu – sois sincère, abdique l'individu. La Conscience suprême seule est...»

Ça ne l'a pas touché. Je ne sais pas si quelque chose en lui a reçu, mais il ne s'en est pas aperçu... On verra.

🔥🌹🌞💓

À noter une chose étrange, étonnant... c'est que pour cette Nouvelle conscience, le fait d'abdiquer l'individu relève de... la sincérité ! ! ! Quel rapport ? 

Prenons le temps de bien y réfléchir. 

C'est peut-être en rapport avec le 11e soutra de Mère :

Ne permettre à rien, nulle part, de nier la vérité de l’être, 
c’est cela la sincérité.

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