Mise à nu ?
Dans cette magnifique et très puissante interview de Satprem par David Montemurri, il est question à deux reprises de notre mise à nu. Extraits :
Question de David Montemurri (6 mn 50) :
Tu vois, la chose la plus terrible, la plus difficile – je ne sais pas si c’est seulement pour un occidental – c’est que, même dans l’angoisse la plus terrible, même dans le désespoir… total, on préfère, des fois, mourir que perdre ce contact avec ce qu’on pense être soi-même. J’ai un ami qui s’est suicidé ; il n’a pas accepté l’idée que cette suffocation pouvait être le commencement de quelque chose.
Réponse de Satprem :
Ce n’est pas une idée, c’est UN FAIT, un fait qu’il faut vivre, un fait QU’ON NOUS FAIT VIVRE, qu’on fait vivre au monde entier. Qu’il le veuille ou ne le veuille pas, n’est-ce pas, il arrive au point où il doit sentir ou vivre, la réalité de son être, c’est-à-dire ce qui est capable de survivre. Et s’il ne veut pas aller là, les circonstances l’y forceront. Et même s’il refuse, eh bien il cassera.
N’est-ce pas, réellement nous sommes à un tournant évolutif où il n’est pas question de discuter, de philosopher, d’avoir des idées. Il est question de trouver ce qui peut VIVRE. C’est pas de la philosophie, n’est-ce pas, c’est pas marxiste, c’est pas capitaliste, c’est pas gandhiste, ce n’est pas de l’est ni de l’ouest, c’est un fait HUMAIN, mais un humain que nous ne connaissons pas du tout, parce qu’il est recouvert d’une première carapace, d’une deuxième carapace : une carapace religieuse, une carapace politique, une carapace familiale. C’est recouvert, n’est-ce pas. La réalité humaine est complètement recouverte. Eh bien, on est en train de casser cette couverture.
Apocalypse, qu’est-ce que ça veut dire ?
Révéler.
Non. Ça veut dire METTRE À NU. Ça veut dire mettre à nu.
Il faut que l’homme, en tant qu’espèce, trouve son pouvoir, sa force, ce qu’il est. Et s’il n’est pas, sa réalité profonde, ce qu’il est, il ne survivra pas. Il disparaîtra, comme d’autres espèces ont disparu. C’est ça la question. C’est pas de trouver une meilleure philosophie. C’est pas de trouver une meilleure religion. C’est d’être ce qui a un pouvoir de durer. Et tout est cassé pour nous obliger à arriver à cet instant humain où on est ce qu’est l’Homme réellement. Qu’est-ce que c’est, n’est-ce pas, un homme ?
Dévoiler, révéler, mettre à nu, les significations sont très proches alors pourquoi Satprem insiste t-il sur cette nuance de langage ? En quoi est-ce important ? Quelques minutes plus loin...
14 mn 10
C’est rien de ce que nous connaissons qui nous aidera à traverser. C’est rien, rien, rien du tout. C’est par Karl Marx, c’est pas le pape, c’est personne, c’est simplement cette chose qui est l’être pur de ce qu’on est, n’est-ce pas, qui est comme un vrai battement de cœur. Alors ça oui, ça passe. Parce que c’est la seule réalité, tout le reste c’est des trucs, n’est-ce pas, pour nous apprendre à nous approcher un peu de la réalité de ce que l’on est : des trucs religieux, des trucs marxistes, des trucs gandhistes… tous les trucs humains qui sont simplement pour nous aider à nous approcher pas à pas, pas à pas de la réalité humaine.
Et alors maintenant le fait, le fait mondial, c’est qu’on casse justement tout ça, on nous fait la grande grâce de casser toutes nos idées, tous nos sentiments, toutes nos moralités. On nous fait cette grâce, on est mis à nu... pour trouver… LA CHOSE qui peut survivre. La chose qui est créatrice, parce que, quand on est dans ce point d’être, on comprends que c’est la force créatrice.
C'est une très belle interview et j'invite ceux qui ne la connaissent pas à la découvrir...
Savitri – Livre 1 – Chant 2
Une obscurité tombe sur l’homme, surnaturelle, absolue,
Parfois, lorsqu’il s’approche de Dieu,
Une heure vient où manquent tous les moyens de la Nature ;
Tiré de force de son Ignorance protectrice
Et jeté nu sur son besoin primordial
Il doit, enfin, dépouiller son âme apparente
Pour être l’entité intérieure sans vêtement :
Cette heure-là, maintenant, tombait sur Savitri.
De quoi nous parle Sri Aurobindo ? Quel est ce besoin primordial ? Cette âme apparente et cette entité intérieure sans vêtement ?
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Savitri – Livre 2 – Chant 3
Là, travailler était un jeu, et jouer était le seul travail,
Les tâches du ciel étaient un défi de force divine :
Telle une bacchanale céleste à jamais pure
Irrefrénée par la faiblesse des membres mortels
La vie était une éternité de caprices enchantés :
L’âge ne venait jamais, le souci jamais ne plissait le visage.
S’emparant de l’abri sûr des étoiles
Une race rieuse aux vigueurs immortelles,
Les enfants nus de Dieu couraient sur leur terrain de jeux
Battant les vents de leur splendeur et de leur vitesse ;
De la tempête et du soleil, ils faisaient leurs compagnons,
Folâtraient avec la crinière blanche des flots
Écrasaient à mort les distances sous leurs roues
Et luttaient dans les arènes de leur force.
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Dans le tableau La Vérité sortants du puits de Jean-Léon Gérôme nous voyons une femme nue armée d'un martinet, censément pour châtier les ennemis de la vérité.
Kali, incarnation mineure de Mahâkâlî – l'aspect d'énergie de la Mère divine – est souvent représentée comme une femme nue avec une couronne de crânes des ennemis du Divin.
Si les deux représentations ne sont pas strictement identiques, elles sont assez semblables.
Notons que Mère a parfois parlé de la découverte du psychique comme d'une descente dans un puits.
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En Inde, il est un courant très minoritaire du jaïnisme ou les sadhus vivent entièrement nus. Il est vrai que le climat de l'Inde s'y prête volontiers. Encore qu'il en existe aussi qui vivent nus dans l’Himalaya.
Voir un témoignage intéressant dans l'Agenda ci-dessous
l'Agenda de Mere. Volume 3. 14 août 1962
Attention! To view this cite properly, please, enable JavaScript! How to do it Mère l'Agenda Volume 3 14 août 1962 (Nous ne nous souvenons plus exactement des circonstances qui ont amené la ...
https://aurobindoru.auromaa.org/workings/ma/agenda_03/1962-08-14-01_f.htm
Pour l'anecdote une amie Suisse m'a raconté que son père, dans sa jeunesse, avait tenté l'expérience et qu'il avait dû passer par la case prison – sans toucher les 20 000 roupies – et hôpital psychiatrique avant que les autorités comprennent qu'il était parfaitement inoffensif et ne le relâche. Comme quoi, cette aventure de "nudité spirituelle" est interdite aux occidentaux...
...même si Satprem l'évoque dans Par le corps de la terre ou le Sannyasin et dans cet Agenda du 26 avril 1972 :
Mais dès que je me mets à toucher les choses matérielles... c’est affreux. Il n’y a pas de jonction entre l’intérieur et la Matière – pas du tout, un abîme complet.
(après un silence)
D’après ce que Nirod me lit maintenant de sa correspondance avec Sri Aurobindo, cela paraît avoir été la même chose pour Sri Aurobindo. Parce que d’après ce qu’il a écrit (tu verras quand tu le liras), c’est toujours moi qui fais les choses. Il dit: «Mère dit, Mère fait, Mère...» N’est-ce pas, quand il s’agit des choses d’organisation de l’Ashram (le rapport avec les gens et tout cela), il semblerait que tout naturellement, tout le temps, c’est tout à travers moi.
Et tu sais, au point de vue humour, je n’ai jamais lu quelque chose de plus merveilleux, oh!... Il avait une façon de voir les choses... c’est incroyable. Incroyable. Mais il semblerait que le monde extérieur était pour lui quelque chose... d’absurde, tu sais.
Oui, c’est cela.
Absurde.
Absurde, oui. J’en suis au point où la seule vie matérielle que je pourrais supporter, c’est celle d’un sannyasin dans une hutte – et encore, un sannyasin tout nu parce qu’il y a des vêtements qui posent des problèmes !
Aah !
Tu comprends, tout me semble affreusement... Je n’arrive pas à faire entrer de la conscience là-dedans.
Il faut être prudent quand on a l'impression de comprendre de grands êtres... mais sur ce point, j'ai non seulement l'impression de comprendre Saptrem, mais aussi de partager sont point de vue...
Et puis, je ne sais comment le prendre, si c'est de l'ironie ou si c'est sérieux, mais le dernier chapitre de La clef des contes s'intitule Et ils furent mis à nu et les dernières pages racontent... La Grande Panne.
Soudain, la Nouvelle s’est répandue : il n’y avait plus de nouvelles !
La Grande Panne.
Plus de communications.
Plus rien ne fonctionnait...
C’était une stupéfaction, presque une panique.
Mais alors, mais alors ?... quoi ?
Les gens s’arrêtaient dans la rue, se regardaient, regardaient ce rien subit, c’était plus stupéfiant qu’une guerre, une révolution.
C’était la révolution du Rien — un zéro béant.
Plus rien, mais alors plus rien ne fonctionnait : pas de nouvelles, plus de radio, plus de journaux, plus de trains ni d’avions vrombissants avec leur palpitation du monde... un grand silence nul. Les Chefs d’État ne pouvaient plus annoncer leur dernière amélioration du prochain siècle, ni l’amélioration des sous-développés et de la baisse des prix — plus rien ne valait rien ! Les grandes Mafias de la Paix ne pouvaient plus annoncer leurs pourparlers de guerre, les « droits de l’homme violé » ne pouvaient plus rien violer ni voler — les affaires ne marchaient plus. On ne savait plus où était l’homme dans tout cela, il n’y avait personne pour le lui dire, ni qu’il était pauvre, ni qu’il était riche, ni qu’il était maltraité — il était quoi ? Les hurlements de la « guerre sainte » s’étaient tus, il n’y avait plus de saintetés nulle part ni personne à sanctifier ou à zigouiller. Les saints boniments n’étaient plus diffusés et télévisés, il n’y avait plus rien à moraliser ou à démoraliser. Les dernières découvertes n’étaient plus découvertes ni les nouvelles maladies, et les radiographies ne découvraient plus d’hommes malades — il n’y avait plus de malades, la grande maladie s’était tue. Il n’y avait plus d’assassinats ici, d’explosions là, plus de Bulletins des meurtres et des grands vilains d’à côté — enfin on ne palpitait plus, on ne se désolait plus, ou ne se dégoûtait plus. La grande dégoûtation s’était tue.
C’était le grand silence, effarant.
On ne pouvait plus trafiquer de rien, c’était la baisse des prix instantanée, même des kalachnikovs et des bureaucrates et des conseils de guerre et des conseils de paix — il n’y avait plus de capitales du monde nulle part, plus de slogans hypnotiques, chacun était sa capitale, plus de cours du franc ni du dollar ni de rien. Il y avait toujours le char à bœufs et le champ de patates à côté. Et pour les messages urgents, on pouvait toujours se servir des pigeons voyageurs — mais il n’y avait plus rien d’urgent, sauf de se regarder dans les yeux avec effarement. Tout le monde était nu et ne comprenait plus rien à rien. Même les astronautes étaient en panne sous leur scaphandre et pouvaient seulement marcher dans le ciel pour observer... quoi ? Il n’y avait plus rien à observer, sauf son propre nombril à la dérive.
Ce n’était pas la fin du monde, pourtant, mais c’était un cataclysme épouvantable et silencieux, comme si plus rien n’existait, sauf le poulailler du voisin et le cri du milan qui décrivait des cercles dans les airs. Il n’y avait même plus de stéthoscope pour observer les battements de son cœur — pourtant, ça battait tout seul encore. Mais c’était très seul, subitement. C’était effrayant. Et il n’y avait plus de chômage tout d’un coup, chacun devait faire marcher ses deux pattes et ses bras, il n’y avait plus de frontières nulle part.
Les crustacés pensants ne savaient plus quoi penser. Alors tout allait mieux subitement.
Il n’y avait plus de théorie à faire — chacun devait faire la sienne, sur le vif. C’était épouvantable.
Mais les cœurs simples, les corps assaillis, sentaient soudain comme un invisible poids soulevé, une inquiétude de vivre partie dans un autre Rythme.
C’était une autre vie, il fallait tout apprendre par d’autres moyens.
Mais le petit rossignol chantait et la mouette rieuse courait sur l’écume du monde léger.
12 février 1997
Saraswati
Je n'avais jamais remarqué qu'il avait signé ainsi...
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Agenda sans date de février 1958
(Suite à l'expérience du bateau supramental)
L’absurdité ici, ce sont tous les moyens artificiels dont il faut user. N’importe quel imbécile a plus de pouvoir s’il a plus de moyens pour acquérir les artifices nécessaires. Tandis que dans le monde supramental, plus on est conscient et en rapport avec la vérité des choses, plus la volonté a de l’autorité sur la substance. L’autorité est une autorité vraie. Si vous voulez un vêtement, il faut avoir le pouvoir de le faire, un pouvoir réel. Si vous n’avez pas ce pouvoir, eh bien, vous restez nu. Aucun artifice n’est là pour suppléer au manque de pouvoir. Ici, pas une fois sur un million l’autorité n’est une expression de quelque chose de vrai. Tout est formidablement stupide.
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Agenda du 14 septembre 1966
(Mère entre dans une longue contemplation, puis reprend )
Je viens de voir une drôle d’image ! C’était comme le versant d’une montagne, très abrupte, et quelqu’un (comme le symbole de l’homme) qui grimpait. Un être... c’est curieux, j’ai vu cela plusieurs fois, des êtres qui sont sans vêtements et qui ne sont pas nus ! C’est-à-dire qu’ils ont une espèce de vêtement de lumière. Mais cela ne donne pas l’impression d’une lumière qui irradie ni rien de ce genre. C’est comme une atmosphère. Ce serait plutôt l’aura, l’aura devenue visible ; alors cette transparence ne cache pas la forme, et en même temps la forme n’est pas nue...
Mère évoquera ce fait d'être nu sans être nus à plusieurs reprises dans l'Agenda, même à propos de Sri Aurobindo.
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Savitri Livre 10 – Chant 4
Si tu es Esprit et la Nature est ta robe,
Dépouille ton vêtement et sois ton moi nu
Immuable dans sa vérité impérissable,
Seule à jamais dans le Seul muet.
Alors tourne-toi vers Dieu, laisse tout derrière pour lui ;
Oubliant l’Amour, oubliant Satyavane,
Annule-toi toi-même dans sa paix immobile.
Ô âme, noie-toi dans sa tranquille béatitude.
Car tu dois mourir à toi-même pour accéder à la hauteur de Dieu :
Moi, la Mort, je suis la porte de l’immortalité.”
Mais Savitri répondit au Dieu sophiste :
“Encore appelleras-tu la Lumière pour aveugler les yeux de la Vérité
Et faire de la connaissance un piège pour les filets de l’Ignorance
Et le Verbe une flèche pour tuer mon Âme vivante ?
L'extrait suivant de La vie Divine Livre 2 – Chapitre 25, nous explique bien pourquoi Savitri ne se laisse pas prendre au piège de la Mort :
Même si le mental fait une plus haute tentative, cela ne modifie pas cet équilibre ; car le mental spiritualisé a tendance à s’élever vers les hauteurs, et puisque, au-dessus de lui-même, le mental perd toute prise sur les formes, c’est dans une vaste impersonnalité sans formes et sans traits qu’il pénètre.
Il perçoit le Moi immuable, le pur Esprit, la pure nudité d’une Existence essentielle, l’Infini sans forme et l’Absolu sans nom.
Ce sommet peut être atteint plus directement si l’on tend immédiatement, au-delà de toute forme et de toute représentation, au-delà de toutes les idées de bien et de mal, de vrai et de faux, de beau et de laid, vers Cela qui dépasse toutes les dualités, vers l’expérience d’une unité, d’une infinité, d’une éternité suprêmes, ou vers quelque autre sublimation ineffable de l’ultime et extrême perception mentale du Moi ou de l’Esprit.
On parvient ainsi à une conscience spiritualisée et le vital se calme, le corps n’a plus de besoins, d’exigences, l’âme elle-même se fond dans le silence spirituel.
Mais cette transformation par le mental n’apporte pas la transformation intégrale ; la transmutation psychique fait place à un changement spirituel qui conduit à de rares et hauts sommets, mais ce n’est pas la complète dynamisation divine de la Nature.
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Quelques aphorismes
351 — Seule l’âme nue et sans honte peut être pure et innocente, de même que l’était Adam dans le jardin primitif de l’humanité.
Que veut dire « l’âme nue et sans honte » ? L’âme n’est- elle pas toujours pure ?
Oui, c’est cela que dit Sri Aurobindo. L’âme ne porte pas de déguisements, elle se montre telle qu’elle est et ne se soucie pas du jugement des hommes, parce qu’elle est la servante fidèle du Divin dont elle est le domicile.
23 février 1970
*
482 — Le chercheur de la connaissance divine découvre en la description de Krishna qui vole les robes des gôpîs l’une des paraboles les plus profondes des voies de Dieu envers les âmes : celui qui a de la dévotion y trouve la transcription parfaite, en acte divin, des expériences mystiques de son cœur ; le lascif et le puritain — deux visages d’un même tempérament — n’y voient qu’une histoire sensuelle. Les hommes apportent ce qu’ils ont en eux-mêmes et le voient réfléchi dans les Écritures.
483 — Mon amant m’a enlevé ma robe de péché, et je l’ai laissée tomber avec joie, alors il s’est emparé de ma robe de vertu, mais je me suis senti honteux et alarmé et j’essayai de l’en empêcher. C’est seulement quand il me l’eut arrachée de force que je vis combien mon âme m’avait été cachée.
(Mère remarque oralement)
Laissons tomber notre robe de vertu afin d’être prêts pour la Vérité.
22 avril 1970
*
484 — Le péché est une ruse et un déguisement de Krishna afin de se cacher du regard des vertueux. Ô Pharisien, contemple Dieu dans le pécheur, pèche en toi-même pour purifier ton cœur, et embrasse ton frère.
Comme toujours, de sa manière si frappante et pleine d’humour, Sri Aurobindo nous dit que la Vérité Divine est au-dessus de la vertu aussi bien que du péché.
19 avril 1970
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En conclusion
Pourquoi parler de tout cela ? Peut-être parce que le thème de la nudité est rarement abordé et qu'en général j'aime faire un petit tour aussi exhaustif que possible de la question et recherchant tout ce que Sri Aurobindo-Mère ont pu en dire.
Plus honnêtement encore parce que mon intérêt pour la nudité et la mise à nu est ancien, et que cela fait des années que j'ai repéré ces quelques extraits. Par contre, c'est la semaine dernière seulement que quelque chose de nouveau s'est passé. Satprem nous explique que nous sommes mis à nu... soit... mais je n'avais jamais eu l'idée, d'accepter délibérément le processus, et même de l'appeler. C'est vraiment ballot.
Alors j'ai constaté que cela faisait une différence. Entre accepter quelque chose, presque bon gré mal gré, l'accepter comme ça, sans y penser, et puis l'accepter délibérément, y adhérer volontairement, consciemment, et même en l'occurrence appeler cette mise à nu... cela fait une différence. Par exemple, dans l'une de mes toutes dernières intériorisations allongé en offrande au Divin, je me suis senti pour la première fois comme un livre ouvert avec toutes sortes de choses qui remontaient... dans une certaine confusion d'ailleurs. Il est bien sûr toujours possible de se tromper mais j'établis un lien entre cette expérience et mon adhésion volontaire et délibérée au processus de mise à nu évoqué par Satprem. Même si ce n'est évidemment qu'un début.
Dans un article précédent je disais que si un sujet ayant des liens avec "le travail" apparaissait dans l'actualité, c'était sans doute un signe que le moment était venu d'en parler pour établir ou rétablir certaines connexions entre les événements et le travail accompli par Sri Aurobindo-Mère. Or, justement, dans le dernier live d'ADNM, à 3 mn 33 Léo dit ceci :
… pendant qu’on évoque ces sujets d’actualité, et aussi des sujets technologiques, tout ça avec le recul… Pendant ce temps il y a une transformation qui est en train d’avoir lieu dans l’humanité, une transformation magnifique qui est cachée justement par cette actualité qui part dans tous les sens et qui est là pour nous déstabiliser. Alors on va resté concentré sur cette idée que tout ceci se passe pour nous rendre meilleur, pour nous rendre plus fort, pour nous déshabiller de nos croyances et de nous mettre à nu face à la vérité. Voilà.
Je les écoute régulièrement depuis le début de la crise covid, et je me trompe peut-être, mais je n'ai pas le souvenir qu'ils aient souvent évoqué le processus de mise à nu. Il y a donc peut-être quelque chose dans l'air à ce sujet...
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