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Dans l'article récent Que le corps oublie qu'il a été malade...  j'ai partagé le lien vers la traduction d'un texte sur le qi gong... 

Et je partage à nouveau le lien vers cet article en réponse à cette question :

« Vous avez dit, il nous semble : « la maladie est vide ». 
Qu’est-ce que cela signifie ? »

En toute franchise, je n'ai pas longuement médité sur cet article, je ne l'ai pas relu plusieurs fois, je l'ai même lu en diagonale, mais cela m'a suffit pour relever plusieurs choses sont très intéressantes tout au long de l'article. Mais en vérité, c'est c'est sa fin que je trouve tout à fait extraordinaire. Dès que j'ai lu les deux citations sur la guérison du cœur, un travail s'est pratiquement immédiatement enclenché, et depuis les 9 jours de la publication de cet article, il n'y a pas eu une seule journée où, à un moment donné, je n'y repense. 

Voici donc la retranscription de la fin de cet article : 

...voici un extrait d’un ancien traité traitant de la thérapie par le Qigong : L’Immortel Lu Xian déclara :

« Les médecins sacrés d’autrefois savaient soigner le cœur des hommes, prévenant ainsi l’apparition de toute maladie. Les médecins d’aujourd’hui ne savent soigner que les maladies des hommes, sans savoir soigner leur cœur ; ainsi, c’est comme négliger l’essentiel pour se concentrer sur l’accessoire. Ne pas remonter à la source, mais s’attaquer aux symptômes : n’est-ce pas là une grande folie que de vouloir guérir la maladie de cette manière ? »

L'Être accompli Tai Bai déclara :

« Pour soigner la maladie, il faut d’abord soigner le cœur ; il faut nécessairement redresser le cœur, puis s’appuyer sur le Dao.

Le malade doit se débarrasser de tous ses doutes, de toutes ses pensées, de toutes ses idées folles, de tous ses ressentiments et de toute distinction entre soi et autrui.

Après s’être repenti des fautes et des méfaits commis au cours de sa vie, il doit alors abandonner son corps et son esprit, afin que sa nature céleste s’harmonise avec le Ciel qu’il vénère.

Au fil du temps, il parviendra à se concentrer sur son esprit, et alors naturellement, son cœur sera serein et paisible, et sa nature profonde sera en paix ; il comprendra que toutes les choses de ce monde ne sont que vide ; que toutes les activités quotidiennes ne sont qu'illusions.

Il comprendra que le corps n’est qu’illusion, que le malheur et le bonheur n’existent pas, que la vie et la mort ne sont qu’un rêve.

En prenant conscience de cela avec émotion, tout se dissout soudainement ; alors, l’esprit redevient naturellement serein et calme ; et la maladie guérit d'elle-même. 

Si l’on parvient à cela, avant même que le remède n’ait touché les lèvres, la maladie est déjà oubliée.

Telle est la grande méthode de l’être véritable pour soigner le cœur et guérir la maladie par le Dao. »

(Citation tirée de : « Aperçu de la science taoïste du bien-être – Discours sur les remèdes pour la santé ») (1)

Extrait de « l’Essence du Zhineng Qigong » de Pang Heming. Traduction Yves Lorand

(1).  Note personnelle : ce livre est un livre chinois ancien, cité en référence par le Docteur Pang dans le livre qu'Yves Lorand est en train de traduire.)

🔥

Je ne sais pas comment il serait possible de ne pas trouver ces versets magnifiques et de ne pas y voir de sublimes sujets de méditation pour notre guérison.

Bien sûr, les étudiants du Yoga intégral trouveront d'évidents parallèles avec des paroles de Sri Aurobindo-Mère. Par exemple celle-ci ou Dr Sri Aurobindo nous présente magnifiquement le diagnostic et le remède.

Car, au premier plan chez l’homme, il y a un cœur d’émotions vitales semblable à celui des animaux, bien que son développement soit plus varié ; un cœur dont les émotions sont gouvernées par les passions égoïstes, les affections aveugles et instinctives, et par tout le jeu des impulsions de la vie avec leurs imperfections, leurs perversions, et souvent leurs dégradations sordides ; c’est un cœur assiégé et vaincu par la luxure, le désir, la colère, les exigences brutales et intenses, ou par les petites convoitises et les mesquineries d’une force de vie obscure et déchue, avili par son esclavage à n’importe quelle impulsion.

Ce mélange du cœur émotif et du vital avide de sensations, crée dans l’homme une fausse âme ou «   âme de désir   » ; c’est l’élément fruste et dangereux dont la raison se méfie à juste titre, et elle sent le besoin de le maîtriser, bien qu’en fait la maîtrise, ou plutôt la coercition qu’elle parvient à exercer sur notre nature vitale grossière et obstinée, reste toujours très incertaine et trompeuse.

Mais l’âme véritable de l’homme n’est pas là ; elle est dans le vrai cœur, invisible, cachée dans une caverne lumineuse de notre nature   : c’est là, sous une infiltration de Lumière divine, qu’est notre âme, l’être silencieux et profond dont peu d’hommes sont même conscients ; car si tous ont une âme, rares sont ceux qui perçoivent leur âme vraie ou sentent son impulsion directe.

C’est là que demeure la petite étincelle du Divin qui soutient la masse obscure de notre nature ; autour d’elle grandit l’être psychique, l’âme formée ou l’Homme vrai en nous.

À mesure que l’être psychique grandit et que les mouvements du cœur réfléchissent ses divinations et ses inspirations, l’homme devient de plus en plus conscient de son âme, il cesse d’être un animal supérieur et, s’éveillant à quelque lueur de la divinité qui est en lui, il accepte de plus en plus les indications d’une vie et d’une conscience plus profondes et l’impulsion qui le porte vers les choses divines.

C’est l’un des moments décisifs du yoga intégral quand l’être psychique, libéré, tiré à la surface de derrière le voile, peut déverser sur le mental, la vie et le corps de l’être humain, le grand flot de ses divinations, de ses visions et ses inspirations, et commencer à jeter les bases d’une création divine dans la nature terrestre.

Sri Aurobindo
Le Yoga des Œuvres divines – chapitre 5

Souriant, paisible, épanoui, sans ombre.

Mais pour être tout à fait franc, ces citations sur la guérison du cœur, et sans doute mon acceptation volontaire à la mise à nu, m'ont tout de suite rappelé L'Elfe gris du Labeur d'un Dieu

Sauf que je me trompais... en ce sens que Sri Aurobindo ne fait pas résider l'Elfe sinistre dans le cœur mais dans le mental de l'homme. 

Car le mental de l'homme est la dupe de son moi animal,
Il abrite en lui-même un Elfe sinistre
Amoureux de la douleur et du péché
Dans l'espoir que ses sensualités gagneront.

L'Elfe gris frémit d'horreur devant les flammes du ciel
Et de toutes choses heureuses et pures ;
C'est seulement par le plaisir et la passion et la douleur
Que son drame peut durer.

Nous sommes loin des elfes hiératiques et majestueux du Seigneur des Anneaux... 

Je n'ai jamais eu la vision de cet Elfe... 

N'empêche que, quelque chose en nous... amoureux de la douleur et du péché... nous aurons peut-être quelques difficultés à le reconnaître  même en étant de bonne fois et pourtant, peut-être que toutes les maladies chroniques, toutes les addictions dont nous n'arrivons pas à nous libérer, toutes nos mauvaises habitudes... rentrent peut-être dans cette catégorie.

À ce sujet, ces deux extraits des Lettres sur le Yoga sont très instructifs :

Ce qui, en vous, prend plaisir à la souffrance et l'appelle est une partie du vital humain ; c'est ce que nous appelons l'insincérité et la déformation perverse du vital ; il se répand en cris contre le chagrin et les ennuis et accuse le Divin, la vie et le monde entier de le torturer, mais le chagrin et les ennuis apparaissent et se perpétuent principalement parce que quelque chose de pervers dans le vital veut les garder ! Il faut se débarrasser complètement de cet élément du vital.

*

L'insatisfaction du désir vital entraîne inévitablement la souffrance. La peine et la douleur sont des effets inéluctables de l'Ignorance dans laquelle nous vivons ; les hommes évoluent par toutes sortes d'expériences, par la peine et la douleur tout autant que par leurs contraires : joie, bonheur, extase. On peut y puiser de l'énergie, si l'on y fait face comme il convient. Nombreux sont ceux qui trouvent une joie dans la peine et la souffrance quand elles sont associées à la lutte, à l'effort ou à l'aventure, mais c'est davantage à cause de l'exaltation et de l'excitation du combat qu'en raison de la souffrance en elle-même. Il y a pourtant dans le vital quelque chose qui trouve une joie dans la vie tout entière, tant dans ses aspects sombres que dans ses aspects ensoleillés. Le vital renferme aussi quelque chose de pervers qui trouve une sorte de plaisir dramatique dans son malheur, dans sa tragédie et jusque dans la déchéance ou la maladie.

Par contre – et je parle principalement pour moi –.... dans l'espoir que ses sensualités gagneront... c'est quelque chose dont j'ai davantage conscience. Dans des précédentes confidences, je partageais que quelque chose en nous répondait à la négativité, réagissait, se laissait embarquer... et j'en concluais que nous devions apprendre à NE PAS RÉPONDRE. En vérité, à l'arrière plan j'avais assez à l'esprit cet espoir que ses sensualités gagneront...

Le Yoga intégral préconise la continence, la chasteté... mais nous pouvons n'avoir aucune relation sexuelle, et pourtant intérieurement être parfois envahi par des fantasmes et des désirs érotiques... c'est-à-dire avoir régulièrement quelque chose dans la nature vitale qui revient et qui insiste et qui espère et qui tente de convaincre l'être tout entier du bien-fondé de l'assouvissement de ses désirs, de ses pulsions...

C'est un phénomène avec lequel je me bats depuis des années... avec un succès partiel mitigé. Saut qu'il y a eu récemment deux nouveautés.

1. La découverte que quelque chose en soi répond, sous entendu favorablement... 

2. Et que ce quelque chose, un peu à ma grande surprise, se situait dans le cœur. Je dis "le cœur"... façon de parler, car mon cœur, en réalité, je ne le connais pas très bien. Par le cœur, le veux dire, la zone du cœur, vers le centre de la poitrine. Et cette prise de conscience-là est venue après ma décision d'accepter le processus de mise à nu et après la lecture de ces deux citations sur la guérison du cœur qui m'ont  profondément touché.

L'origine de ces "pulsions négatives", de ces désirs se situe peut-être dans le bas ventre, peut-être dans la nature universelle, mais quelque chose "dans le cœur"... semble y répondre, se laisser parfois embarquer... 

Avec 9 jours de recul... j'ai l'impression que cette chose dans le cœur qu'il convient de guérir, relève de la CONVERSION. Et que cette chose rejoint peut-être une découverte dont Satprem a quelque part dans les Carnets d'une Apocalypse, à savoir que nous avions en nous quelque chose qui dit NON à la Lumière, quelque chose qui La refuse, une Négativité... disons ontologique. 

Ce qui paraît curieux c'est qu'elle se situe apparemment aussi dans le cœur... comme si dans notre propre cœur, il y avait à la fois la lumière immortelle du psychique et sa Négation. Je ne suis pas très sûr de ce que je dis, ce n'est qu'une impression qui reste à confirmer, mais... je ne sais pas.

En tout cas, depuis que l'aspiration de la guérison du cœur a été semée dans ma conscience, la première étape semble être de me mettre en présence de ce qui doit être changé, évacué, transformé... 

Indépendamment de toutes les sublimes expériences qu'il est – paraît-il – possible d'avoir... aspirer à la guérison de notre cœur... semble enclencher un processus très intime et même plus touchant que toutes les compréhensions mentales que nous pouvons avoir sur le yoga intégral...  

Ce qui particulièrement émouvant c'est que nous n'avons pas besoin d'étudier la psychologie des profondeurs, nous n'avons pas besoin d'étudier l'ayurvéda, la médecine chinoise ou les arts énergétiques, nous n'avons pas besoin d'aller voir un thérapeute... il suffit de nous tourner vers Cela qui nous dépasse infiniment, d'aspirer sincèrement à la guérison de notre cœur – nous offrir pour cela – et d'apprendre à nous laisser travailler de l'intérieur. Ce n'est pas nous qui ferons ce travail de guérison... mais le Divin, la Mère divine, la Conscience divine, la Nouvelle Conscience...

Puisse cet article nous être utile...

pour passer d'un cœur brisé, divisé...

à un cœur réparé, harmonisé, unifié... 

vibrant dans toutes les directions de l'Espace et du Temps...

💔 🙏  💓 

et que tout finisse par un sourire...

😊

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