1 h 30 de japa
Un japa tout à fait particulier...
En marchant, l'intériorisation est moins facile mais j'ai tout de même observé plusieurs choses, à commencer par sa durée. Je me souviens avoir regardé l'heure quand j'ai commencé... mais j'ai perdu la notion du temps, et je ne pouvais plus m'arrêter. Presque, j'ai dû me forcer pour arrêter. Alors je ne sais pas s'il à duré 1 h30 ou 2 heures... ce qui est long car d'habitude, au bout de 30/45 minutes... je ressens le besoin de m'arrêter.
C'est peut-être dû au fait qu'au début et à plusieurs reprises, je me suis concentré pour m'identifier au japa, c'est-à-dire devenir le japa, qu'il n'y ait plus de séparation entre l'action et l'auteur de l'action, que tout ça fasse un... alors peut-être que j'y ai partiellement réussi.
Pourtant, à certains moments aussi, je ne savais plus trop où me concentrer : à l'intérieur du corps pour suivre les sensations ou à l'extérieur du corps sur le physique subtil, ou sur les deux en même temps dans une concentration plus vaste, plus universelle et impersonnelle. Et cette hésitation amenait parfois une agitation... comme quand on ne sais pas sur quel pied danser.
Assez rapidement, j'ai senti une pression au somment de la tête et puis quelque chose qui descendait, qui s'écoulait sur les côtés du crâne, un peu plus du côté gauche. Je suppose qu'il s'agissait d'une énergie, et comme dans l'expérience pendant ma pratique de qi gong, on aurait dit que cela avait à la fois les caractéristiques de l'air de l'eau. C'était léger comme de l'air, mais cela coulait comme quelque chose de liquide. Une sorte de vapeur d'eau ? En tout cas, c'était très très fin, comme les particules d'un brumisateur.
Et une fois entrées dans la tête, ces particules, cette énergie très fine devenait imperceptible. Mais parfois un point dans le corps semblait s'éveiller, s'allumer, devenir actif... Je me souviens d'un point minuscule dans le gros orteil, de la zone du plexus solaire ou de la gorge mais il y en a eu d'autres. Alors je suppose que cette énergie entrait dans la tête, et puis disparaissait dans les profondeurs du réseau énergétique et ressurgissait à l'endroit où il y avait un travail à faire. C'est plausible.
Plusieurs fois j'ai eu cette sensation d'une énergie qui descendait dans le corps... mais cela m'a surpris d'avoir la sensation, 2 ou 3 fois, d'une énergie qui monte de sous les pieds. Je l'ai senti notamment au niveau de la partie interne jambe droite jusqu'au genoux, à peu près sur le trajet du méridien de la Rate.
À quelques reprises, spontanément, les mains se sont jointes pour accompagner les prières... 🙏 🙏 🙏
À la fin de la pratique, j'ai remarqué que j'avais les doigts tout gonflés, comme s'ils étaient remplis d'énergie.
Au niveau des prières j'ai utilisé comme la plupart du temps, celles du premier japa des prières de la conscience des cellules...
185__Prières de la conscience des cellules (1951-1959)
Prières de la conscience des cellules (1951-1959) 21 septembre 1951 O mon doux Seigneur, suprême Vérité j'aspire à ce que cette nourriture que j'absorbe, infuse dans toutes les cellules de mon...
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Le don de soi est la vraie prière.
Le don de soi et le japa ne sont pas incompatibles. Le don de soi peut se manifester sous bien des formes... y compris sous la forme d'un japa.
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Et puis j'ai aussi utilisé la fameuse prière du corps que Mère donne en 1967 :
LA PRIÈRE DES CELLULES DU CORPS
Maintenant que par l'effet de la Grâce,
nous émergeons lentement de l'Inconscient
et que nous nous éveillons à une vie consciente,
une prière ardente s'élève en nous :
«O Seigneur suprême de l'univers,
nous T'implorons, donne-nous la force et la beauté,
la perfection harmonieuse,
qui nous permettront de devenir
Tes instruments divins sur la terre.»
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Et la Gayatri mantra de Sri Aurobindo...
OM
Tat savitour varam roûpam
jyotih parasya dhîmahi,
yannah satyéna dipayêt
... que j'ai récité quelques dizaines de fois en me concentrant sur l'aspect sacré, de ressentir cet aspect sacré, car tout de même, c'est de la Lumière de Savitri, la Lumière du Suprême qu'il s'agit...
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Et puis cette "formule" qui m'a donné beaucoup de joie, que je trouve tellement jolie...
Seigneur, tu coules dans le sang, tu vibres dans les nerfs, tu vis dans les cellules...
...sauf qu'avec la rédaction de cet article, je m'aperçois que je me suis trompé et que je devrai rectifier :
Agenda du 11 décembre 1963
(Puis Mère lit une note manuscrite qui est la continuation de l'expérience relatée le 7 décembre lorsqu'Elle parlait des différentes proximités de la Présence.)
J'adresse cela au Seigneur :
«C'est comme si Tu coulais avec le sang. Tu vibrais avec les nerfs, Tu vivais avec les cellules...»
Ce n'est pas «dans», ce n'est pas «par» : c'est avec, c'est identifié. Coulais avec le sang. Et la sensation était absolument concrète : cette Présence du Seigneur coule avec le sang et vibre avec les nerfs et vit («vit», la Vie, l'essence de la Vie) avec les cellules.
Il faudrait donc dire : tu coules avec le sang, tu vibres avec les nerfs, tu vis avec les cellules...
En tout cas, le processus d'identification, qui est aussi évoqué ici... il y a quelques mois était encore complètement nébuleux... et il me semble maintenant avoir fait quelques progrès.
Cela donne envie de relire cet Agenda du 7 décembre dont je n'ai plus aucun souvenir...
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D'une source de déception à une source d'étonnement
Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'observe les sensations dans le corps – c'était déjà l'objet avec Vipassana – et que je sens des énergies travailler en moi. Or, je constate que cela semble n'avoir strictement aucun impact sur certains désordres chroniques. Cela fait plus de vingt ans que j'ai des acouphènes constant à l'oreille droite, une sensation un peu bizarre au niveau du coude droit, une zone très sensible au niveau du flanc droit...
Le Divin doit bien le savoir... et apparemment il s'en contrefiche, car bien que des énergies descendent, travaillent en moi, amènent un certain nombre d'expériences, après coup, ces zones restent à l'identique, aussi sensibles et douloureuses.
Ça été longtemps une source de déception, parfois de chagrin, maintenant cela ne fait plus que m'étonner. J'en conclus que ce que nous considérons comme important ne l'est pas pour le Divin.
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En conclusion ?
C'est un japa qui a plusieurs reprises m'a fait ressentir de la joie et même dans des instants furtifs, le sentiment de la Présence... et après tout, c'est la fonction même du japa : ÉTABLIR LE CONTACT !
Tout au début, pendant les 4 premières années environ, je pratiquais le japa tous les jours, plusieurs heures par jour, et avec le recul, je comprends pourquoi Sraddhalu le déconseille. C'était une période exaltée et c'était comme si je faisais le japa à la force du poignet.
Mais il y a plusieurs façon de faire le japa et la façon actuelle n'a plus grand chose à voir avec la manière dont je le faisais. Par exemple, une chose m'a particulièrement surpris. Avec les prières, on prononce des mots, donc nous ne sommes plus en état de silence... et pourtant, les mots et le silence ne m'apparaissent plus incompatibles comme si les mots étaient prononcés DANS le silence. Je ne sais comment dire, cela paraît complètement idiot.
De la même façon, répéter les mots comme un moulin à paroles peut amener de l'agitation, de l'excitation... et nous perdons le calme, la paix. Mais ce n'est pas rédhibitoire. Il y a un moyen de répéter les mots... sans perdre la tranquillité intérieure, notamment en changeant le rythme des mots prononcés.
Par contre, même si à l'époque je pratiquais de travers... je suis certain que ces prière ont laissé ont malgré tout une empreinte très profonde.
Il y aurait sans doute bien d'autres observations à formuler... mais cela ne me vient pas. En tout cas, dans mon expérience, ces prières sont l'une des plus belles pratiques...
J'invite à mesurer aussi la simplicité de la pratique et le potentiel qu'elle renferme...
🙏