Nouvelle Conscience – Agendas septembre 1969
3 septembre
Depuis deux jours, j'ai une sorte de vision rétrospective des horreurs de la vie... comme si c'était vu avec la nouvelle Conscience, et ce qui est curieux, c'est que l'on se demande comment il a été possible de passer par toutes ces horreurs...
Ça a commencé par une sorte de perception tout à fait repoussante de la condition des gens au point de vue conscience – de l'obscurité et de cette espèce de vision égocentrique tellement étroite. C'était le commencement, et puis c'était comme si la Conscience voulait me dire : « Oh ! mais ne t'en fais pas, c'est beaucoup mieux que ce n'était avant ! » (Mère rit)
Et elle m'a fait voir tout comme cela (geste comme un film) oh !... C'était tellement effrayant que je me suis demandé comment c'était possible. L'état d'esprit des gens qui ont brûlé Jeanne d'Arc, par exemple. C'est charmant..
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Tu portes secours à celui qui sait se servir de toi.
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20 septembre
Il sent cette aide matérielle, concrète. Quand il a des problèmes et qu'il se réfère à toi, ça s'arrange.
Mais moi, je ne sais pas pourquoi les gens ne sentent pas cela concrètement ! Cette Nouvelle Conscience est tout à fait concrète, mon petit. Tout à fait concrète ;
C'est un manque de vision. On sent bien la Force, mais on a l'impression que c'est... répandu, général.
Mais C'EST comme cela.
Mais est-ce que c'est particulier aussi ?
Oui, c'est les deux. C'est particulier au point que ça donne des suggestions précises pour une toute petite chose. Et quelquefois ça vient, ça m'oblige à dire un mot, ou ça me fait prendre une attitude vis-à-vis de quelque chose – et de toutes petites choses, des choses qui, dans la conscience de l'être, n'ont aucune importance. Ça l'amuse ! Elle joue avec tout comme cela, tout le temps.
Elle est très utile : quelquefois quand je ne sais plus où j'ai mis un papier, elle me le dit. Elle dit : « C'est là. » C'est vraiment très intéressant ! Et la plupart du temps, c'est elle qui me fait écrire, surtout pour Auroville.
Mais je t'ai dit (je t'ai vu après avoir vu le Président ?), je t'ai dit que quand le Président était là, tout d'un coup cette Conscience a commencé à me presser sur la tête : «Dis ça.» Je n'avais pas envie de parler ; alors je suis restée tranquille. Alors la pression est devenue telle que j'ai commencé à transpirer partout ! Alors je me suis décidée et j'ai parlé. Et c'était fini. C'était... Sans la Force dedans, c'est une banalité, mais à ce moment-là, ça avait la puissance d'une révélation, figure-toi, quand elle m'a fait dire...
(Mère cherche à se rappeler)
Qu'est-ce que j'ai dit ?
«Let us work...»
Ah ! c'était en anglais – c'est cela (je cherchais en français !) « Let us all work for the greatness of India. » [travaillons tous à la grandeur de l'Inde.] Tu comprends, c'est une banalité – c'était devenu une révélation.
Et alors je remarque cela : quand ça me fait dire quelque chose et que je le vois après avec la conscience ordinaire, ça me paraît être tout à fait une banalité ! ou quelque chose de bien entendu, ou quelque chose qui ne vaut pas la peine d'être dit ; et quand ça descend, ça prend une force ! Et ÇA A une force (Mère abat ses deux poings).
Et ça m'a dit toutes sortes de choses comme cela ; elle m'a dit : si telle personne (comme, par exemple, Indira), si telle personne avait dit cela (dans sa réunion, quand elle a des difficultés), tout le monde aurait été conquis. Et c'est une Puissance tellement compacte qu'on a l'impression que l'on pourrait couper des tranches dedans, tu comprends, tellement c'est matériel ! C'est d'un doré foncé (assez foncé quand ça vient comme cela), et puis ça fait comme ça (geste de pression sur la tête), et puis on a l'impression que ça peut très bien vous écraser (!) Et ça a une action extraordinaire sur les gens.
Ce jour-là, c'était vraiment remarquable.
Hier, j'ai eu la visite du Vice-président1 – un intellectuel. Il paraît que c'était un avocat très remarquable, un homme de loi, et il a lu les livres de Sri Aurobindo, il se dit disciple de Sri Aurobindo. Il est venu exprès de Delhi avec toute sa famille pour me voir. Il est venu – la Conscience ne s'est pas du-tout-du-tout manifestée : rien. C'était comme cela (geste impassible, étal). Comme cela, immobile, rien, absolument rien... C'est curieux. Il m'a donné des livres à signer (qu'il venait de prendre ou de recevoir, je ne sais pas), un livre de Sri Aurobindo, ma photographie... Enfin, il a agi comme un disciple, il avait amené toute sa famille, toute la famille a exprimé beaucoup de dévotion, etc. – rien. Je ne sais pas si elle était là, mais elle ne se manifestait pas : c'était comme cela (même geste impassible). C'est curieux.
1. G.S. Pathak.
Mais elle sent les gens, parce que je t'ai raconté ce que le Président avait dit en s'en allant ?
Oui, à Auroville : «It is a work of God.» [C'est une œuvre de Dieu.]
Yes. Elle est très intéressante ! Je vais voir comment elle se conduit avec notre guérisseur... Avec le Persan, l'inventeur persan qui était ici (qui s'en va aujourd'hui), elle était très bien. Elle a voulu que je lui donne des «bénédictions», elle était très active. Avec d'autres gens : rien – ignore. C'est très curieux.
Mais pour percevoir correctement ce que « Ça » veut, il faut être tout à fait pur.
Oui. Il ne faut SURTOUT PAS avoir de préférences mentales : c'est surtout le mental qui empêche. Des désirs matériels, des choses comme cela, ça lui est égal, mais les idées mentales, les conceptions fixes, oh !... Ça, elle semble ne pas être touchée, ça ne l'intéresse pas.
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