Nouvelle Conscience – Agendas octobre-novembre 1969
11 octobre 1969
(À propos de A.R., le guérisseur...)
Tu sais que je me suis fâché ?
(Mère rit)
Je t'ai souvent dit que quand je parlais aux gens, quelquefois il y a quelque chose qui s'empare de moi et je parle avec brutalité ; eh bien, tout d'un coup, ça m'a pris ; et pourtant, j'ai vraiment de l'affection pour cet homme.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
C'était à propos du gouvernement. Tu sais qu'il voulait voir les gens du gouvernement de l'Inde, et je lui avais transmis ton message en lui disant qu'il n'y avait rien à faire avec ces gens-là. Alors il insistait, il disait : «Mère dit, mais moi, je pense», et puis «moi, je pense» et puis...
Alors, la colère a commencé à me prendre et je lui ai dit : «Écoutez, voilà cinquante ans que Mère est ici et qu'elle s'occupe des gens de l'Inde, est-ce que vous croyez qu'elle ne sait pas un peu mieux que vous ?...»
Je me suis un peu fâché, et puis tout d'un coup, j'ai planté mon doigt au creux de sa poitrine et je lui ai dit : «Monsieur A.R., il vous manque une chose, c'est d'avoir compris qui était Mère.»
C'est ça qui l'a agité ! (Mère rit beaucoup) Pauvre !...
Oh ! je regrette. J'étais désolé parce que je l'aime bien, cet homme.
Et quelle a été sa réaction ?
Il a été très gentil, je dois dire. Il m'a dit : «Mais moi, je suis venu pour comprendre justement ; s'il n'y avait pas à comprendre, je ne serais pas venu ici.» II a été très gentil ; c'est moi, je ne sais pas ce qui m'a pris, c'est venu comme cela.
(Mère rit)
C'est cette Nouvelle Conscience.
Tu crois ?
Elle est comme cela, oui !
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Tout au long de l'année 1969, Mère a parlé à de très nombreuses reprises de cette Nouvelle Conscience, la Conscience su surhomme. Mais comme nous l'avons vu dans un article précédent, Mère a souvent aussi parlé de la vraie conscience. Et puis à d'autres occasions Mère parlait de la conscience suprême ou de la conscience du Suprême et de la conscience supramentale.
Ainsi, dans ces derniers mois de 1969, la frontière entre les différentes formes de la Conscience ont tendance à devenir plus floues, ce qui d'ailleurs est somme toute presque logique si l'on se souvient que cette Conscience du surhomme représente un échelon intermédiaire entre la conscience humaine et la conscience supramentale. Il est tout à fait concevable, qu'au début, elle se soit montrée très proche de l'humain, et qu'au fur et à mesure, elle tire de plus en plus vers la conscience vers la conscience supramentale.
Ainsi, j'ai partagé les extraits suivants parce qu'ils donnent des indications très intéressantes sur la Conscience, sur son travail, sur comment elle fonctionne... sachant qu'il ne s'agit plus nécessairement de la Nouvelle Conscience.
8 novembre 1969
Quelque chose est fait, ça, je sais. Quelque chose est fait.
Et même la Pression est très forte et il y a des gens qui prennent cela pour des malaises. J'ai fait l'expérience dans mon corps : que le moment du changement d'autorité – tu sais, ça passe d'une autorité à une autre –, c'est toujours difficile, et si l'on n'est pas averti, on peut prendre cela pour les signes d'une maladie, tu comprends ? le commencement d'une maladie.
J'ai remarqué que chez beaucoup de personnes ici, à l'Ashram, c'est comme cela. Elles se croient malades – ce n'est pas cela, c'est l'incertitude... ce sont les cellules qui ne savent plus à qui elles doivent obéir.
Il est très intéressant de noter que, très probablement, les personnes de l'Ashram concernées n'étaient probablement pas conscientes de ce travail au niveau de leur cellules, et pourtant, elles avaient les symptômes, les effets de ce travail de transformation au niveau du corps. 57 ans plus tard, la Conscience supramentale continue constamment de s'infuser dans la conscience terrestre.
Alors, s'il y a la Pression consciente, ça finit très vite. Mais j'ai vu des choses... Vraiment, si toutes ces choses étaient racontées en détail, ça aurait l'apparence d'une quantité de petits miracles ; et ce n'est pas cela, c'est tout simplement que la Conscience travaille, mais alors au lieu de s'étendre sur très longtemps, ça se fait très vite.
Ça commence comme une grande douleur ici ou là, quelque chose qui est tout désorganisé, mais si l'on reste bien tranquille et que l'on appelle la Conscience, alors... ça fond, ça disparaît – mais «comme cela», en quelques minutes.
J'ai ça tout le temps, c'est quatre ou cinq fois par jour comme expérience. Et pourtant, il y a encore beaucoup de travail à faire. Et l'apparence (c'est de toute évidence), ce sera la DERNIÈRE chose à changer, et qui prendra peut-être beaucoup plus longtemps1 que le changement intérieur.
1. Nous sommes à peu près certain que Mère a voulu dire le contraire: beaucoup moins longtemps. Nous nous souvenons de ce qu'elle nous avait dit une fois: «À la fin, ce n'est rien, un souffle et ça y sera.»
(…)
Deux cents ans ! On ne peut pas espérer que ce soit moins de deux cents ans. Il a dit : «Normalement, cela devrait prendre trois cents ans.» Il avait lui-même commencé, n'est-ce pas, et il savait – il savait très bien, j'ai vu cela quand il est parti : la conscience qui est sortie de son corps, qui est entrée tout droit dans le mien... et il y en avait ! Et ça ne l'a pas empêché d'être malade.
C'est une grosse besogne.
Mais cette Conscience est très active. Et elle est active pour rendre conscient ; alors celui qui a mauvais caractère a encore plus mauvais caractère, et celui qui est méchant est encore plus méchant ! Et c'est comme cela. Celui qui est sensitif est encore plus sensible. Et ça rend la vie extrêmement difficile, extrêmement.
C'est de plus en plus comme cela.
Il est évident que le temps – le temps, cette espèce de travail de la Nature qui semblait être un gaspillage de temps et de tout, tout le temps –, c'était peut-être une charité. C'était pour ne pas bousculer les choses ! Je vois ça. Je vois ça : n'est-ce pas, la confusion devient de plus en plus aiguë et les difficultés de plus en plus difficiles – naturellement la conscience est de plus en plus claire, ça, très claire, oh ! très claire... Ça, c'est vraiment intéressant. Je regarde quelqu'un, j'entends un mot, on me raconte une chose, immédiatement le tableau complet (geste comme un cinéma devant les yeux), avec toutes les impressions de chacun ; et puis si je suis bien tranquille et bien attentive: les conséquences, ce qui va arriver.
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12 novembre 1969
J'ai l'impression d'être très harcelé.
Harcelé ?
Dans le subconscient surtout.
Oh! moi aussi, oh! il y a une révolte générale.
Mais la conscience du «comment», c'est-à-dire de ce qu'il faut faire intérieurement, devient de plus en plus claire et précise. Mais tout-tout-tout semble se mettre de travers: les gens, les choses, tout. Il n'y a pas de jour qui ne se passe sans que l'on me raconte quatre ou cinq histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête... et il y en a qui se passent ici.
Et en même temps, la conscience est claire-claire, de plus en plus claire.
Moi, je n'arrive pas à voir ce qui peut dissoudre ça, parce que, dans la conscience de veille, on est à peu près... je ne veux pas dire lumineux, mais enfin tendant vers la Lumière; on ferme les yeux et on s'endort: trois minutes après, on est poursuivi et on se bat avec des choses... Pourquoi est-ce comme cela? Qu'est-ce qui peut dissoudre ça?
Oh ! c'est comme cela?
Oui, qu'est-ce qui peut dissoudre ça ?
La conscience du Suprême, la vraie conscience.
(…)
Mais c'est la bataille... C'est comme ce qui se passe là-bas pour P.L.: c'est la bataille partout. Surtout dans le vital ; surtout, encore plus que dans le mental ; dans le mental, il y a un mouvement de compréhension, mais dans le vital... une rage, n'est-ce pas, une rage.
Il faut tenir le coup. C'est ce que je me suis dit : il n'y a qu'à tenir le coup, il n'y a rien d'autre à faire.
Et la seule façon, c'est... tu comprends, c'est de s'accrocher à la Conscience Suprême (Mère ferme ses deux poings), et de s'accrocher au point que ce soit Elle seule qui existe – ne pas être conscient directement de la mauvaise volonté qui entoure. Ça, c'est très important. N'est-ce pas, il n'y a que le Suprême, tout le reste n'existe pas, n'est pas vrai. Comme ça (même geste poings fermés). Et alors, il faut faire comme cela et se tenir comme cela, comme on se tient sur un pic entouré de vagues qui vous attaquent.
N'est-ce pas, la conscience ne peut plus sentir (elle voit, est consciente de), mais elle ne peut plus sentir, c'est fini. Mais le physique encore... je croyais que c'était fini, mais il peut encore sentir.
C'est de la mauvaise volonté vitale, partout. Ça rend les gens désagréables, ça les met en colère, ils ont des réactions...
Il n'y a qu'à tenir le coup, c'est tout – rien à faire, il n'y a pas autre chose à faire.
(silence)
Si l'on n'est pas capable, alors il faut tout recommencer !
(...)
C'est cela : avant de t'endormir, il faudrait te concentrer avec la volonté – une volonté obstinée – d'être complètement identifié à la Conscience Suprême, comme cela (même geste poings fermés), quoi qu'il arrive. Alors, ce seront les mêmes circonstances, mais au lieu d'avoir ce malaise d'être poursuivi, on voit tout avec... on voit comme la Conscience est avec vous pour vous aider en toutes circonstances. Alors ça devient très intéressant. Très intéressant.
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19 novembre 1969
Dans cet Agenda Mère revient sur l'expérience très forte qui aura donné naissance à cette note :
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Et puis Mère précise :
Ce n'est pas moi qui ai choisi les mots, alors ils doivent avoir une force spéciale (quand je dis «moi», je veux dire la conscience qui est là : geste au-dessus) ; ce n'est pas cette conscience-là, c'était quelque chose qui faisait pression, qui m'obligeait à écrire.
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