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Le premier intérêt de cette compilation est peut-être de nous rappeler qu'il existe une vraie conscience, et puisque que nous n'y sommes pas, de raviver le feu de l'aspiration pour y être. Nous trouverons sans doute dans ces extraits quelques indications précieuses pour notre pratique. 

À chaque seconde de notre vie éveillée nous pourrions nous demander : "Voyons ! Est-ce que je suis dans la vraie conscience ?" Et écouter notre ressenti. Et si nécessaire, à défaut de savoir entrer dans la vraie conscience, de rectifier pour être dans la conscience la plus vraie possible. 

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Agenda du 7 octobre 1956

J’ai été autrement (bien que l’on disait que j’étais non interfering, que je n’intervenais pas). J’agissais pour me défendre, et encore. Même cela, j’ai compris très vite que c’était une réaction d’ignorance et que si l’on restait dans la vraie conscienceles choses s’arrangeaient d’elles-mêmes.

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Agenda sans date de 1957

Quand on se souvient de ces minutes de nos vies passées, ce souvenir a une telle intensité qu’il semble encore tout proche, encore vivant, et bien plus vivant que la plupart des souvenirs ordinaires de notre vie présente. Parfois, dans les rêves, quand on entre en contact avec certains plans de conscience, on peut avoir des souvenirs qui ont cette intensité, cette couleur vibrante si je puis dire, tellement plus intense que les couleurs et les choses du monde physique. Car ce sont des moments de vraie conscienceet alors tout se revêt d’un éclat extraordinaire, tout est vibrant, tout est chargé d’une qualité qui échappe à notre regard ordinaire.

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Agenda du 10 mai 1958

Ça ne correspond pas du tout à la vérité et, par conséquent, si l’on veut être fidèle à son aspiration, il ne faut d’aucune façon légitimer tout cela. Il faut dire: c’est un mal dont nous souffrons pour le moment, pour une période intermédiaire, mais c’est un mal et c’est une ignorance. Parce que c’est vraiment une ignorance (ce n’est pas un mot) : c’est une ignorance, ce n’est pas la chose telle qu’elle est, même quand notre corps tel qu’il est est en question. Par conséquent, nous ne légitimons rien. Nous disons : c’est un mal qu’il faut subir pour le moment jusqu’à ce que nous en sortions, mais nous ne reconnaissons pas à tout cela une réalité concrète. Ça n’a pas une réalité concrète, ça a une réalité mensongère – ce que nous appelons une réalité concrète est une réalité mensongère.

Et la preuve – j’ai une preuve parce que j’en ai l’expérience sur moi-même – , c’est que de la minute où l’on est dans l’autre conscience, la vraie conscience, toutes ces choses qui paraissent si réelles, si concrètes, changent instantanément. Il y a un nombre de choses, de conditions matérielles de mon corps – matérielles – qui ont changé instantanément. Ça n’a pas duré assez longtemps pour que tout change, mais il y a des choses qui ont changé et qui ne sont jamais revenues, qui sont restées changées. C’est-à-dire que si cette conscience-là était gardée constamment, ce serait le miracle perpétuel (ce que, de notre point de vue ordinaire, nous appelons miracle), le miracle fantastique et perpétuel ! Mais au point de vue supramental, ce ne serait pas du tout un miracle, ce serait la chose la plus normale.

Donc, si l’on ne veut pas opposer une résistance obscure, inerte, obstinée à l’action du supramental, il faut, une fois pour toutes, admettre que nous ne devons rien légitimer de tout cela.

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Agenda du 19 juillet 1958

Mais est-ce qu’un chien n’est pas plus conscient qu’un tigre, plus évolué, plus haut dans la spirale, c’est-à-dire plus près du Divin ?

Il ne s’agit pas d’être conscient. L’homme est plus évolué que le tigre, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, mais le tigre est plus divin que l’homme. Il ne faut pas confondre les choses, ce sont deux choses tout à fait différentes.

N’est-ce pas, le Divin est partout, en tout, il ne faut jamais l’oublier – à aucune seconde, il ne faut oublier cela : il est partout, en tout ; et, d’une façon inconsciente mais spontanée et par conséquent sincère, tout ce qui est au-dessous de la manifestation mentale est divin sans mélange, c’est-à-dire spontanément, selon sa nature ; c’est l’homme avec son mental qui a introduit l’idée de faute. Naturellement, il est beaucoup plus conscient ! Cela ne se discute pas, c’est bien entendu puisque ce que nous appelons conscience (ce que «nous» appelons, c’est-à-dire ce que l’homme appelle conscience), c’est de pouvoir objectiver et mentaliser les choses. Ce n’est pas la vraie consciencemais c’est ce que les hommes appellent conscience.

Alors, selon le mode humain, il est bien entendu que l’homme est beaucoup plus conscient que l’animal, mais avec l’humain vient le péché et la perversion, qui n’existent pas en dehors de cet état que nous appelons «conscient», et qui n’est pas vraiment conscient, qui consiste simplement à mentaliser les choses, à avoir la capacité de les objectiver.

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Agenda du 14 octobre 1964

... Ces nuits-ci, une expérience se développe. C'est une sorte d'objectivation, comme des scènes qui se déroulent dont je serais l'un des personnages; mais ce n'est pas «moi» : c'est un personnage quelconque que je joue pour avoir la double conscience, la conscience ordinaire et la vraie conscience en même temps. C'était toute une série d'expériences pour montrer simultanément la Vraie Chose et l'espèce de demi-mort (c'est son mot qui m'y fait penser : «je suis trop mort...»), la demi-mort du mental. 

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Agenda du 28 octobre 1964 

Les nuits continuent d'être extraordinaires ! Cette nuit, c'était fantastique, mais... je renvoie, parce que ça occupe trop ; une partie de la conscience est occupée, c'est ennuyeux – je renvoie tout.

C'est comme si l'on me faisait connaître une quantité fantastique de choses : des gens que je ne connais pas physiquement, des choses que je ne connais pas physiquement. Et avec la vision claire de la vraie conscience derrière tout cela : comment la Conscience travaille. C'est intéressant, mais enfin...

Ce serait admirable pour un écrivain, il aurait des livres et des livres à écrire ! J'entends même des phrases ; quand les choses sont écrites, je les vois écrites – c'est encore plus précis qu'un cinéma. Et toutes les réponses. Puis cette juxtaposition des deux consciences : la conscience superficielle, comment elle fonctionne dans les gens, et la vraie conscience qui fait marcher tout ça comme des marionnettes. Évidemment, c'est intéressant.

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Agenda du 29 mai 1965

Il paraît que Ramakrishna avait dit à Vivékananda : «Vous pouvez voir le Seigneur comme vous me voyez et entendre Sa voix comme vous entendez ma voix.» Il y a des gens qui ont pris cela pour une déclaration que le Seigneur est en chair et en os sur la terre (!) J'ai dit : «Non, ce n'est pas cela ! Ce qu'il voulait dire, c'est que si vous entrez dans la vraie conscience, vous pouvez L'entendre (moi, je dis : beaucoup plus clairement que l'on n'entend physiquement et voir beaucoup plus clairement qu'on ne voit physiquement).» – «Ah ! ça...» Tout de suite on ouvre de grands yeux, ça devient quelque chose d'irréel !

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Agenda du 10 octobre 1965

Et de temps en temps (de temps en temps : assez rarement), une étincelle, pour ainsi dire, de la vraie Conscience qui fait un essai, qui descend, mais encore cela produit des... (geste de soulèvement et de tumulte). Ce n'est pas encore reçu et manifesté dans la Paix suprême, alors ça s'en va.

Voilà une indication précieuse à mettre en pratique : apprendre à recevoir ces étincelles dans une parfaite tranquillité... 

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Agenda du 30 septembre 1967

Et on comprend bien pourquoi les saints, les sages, ceux qui voulaient se sentir tout le temps dans cette atmosphère divine, pourquoi ils avaient supprimé toutes les choses matérielles – parce qu'ils n'étaient pas transformés, et alors ils retombaient dans l'autre manière d'être, et il y a un moment où cela devient... désagréable.

Mais transformer ça... c'est in-com-pa-ra-ble-ment, immensément supérieur, dans le sens que cela donne une stabilité, une conscience et une réalité extraordinaires. Les choses deviennent la vraie vision, la vraie conscience ; ça devient si concret, si réel ! Rien – rien d'autre ne peut –, rien d'autre ne peut donner cette plénitude. Échapper, s'enfuir, rêver, méditer, entrer dans des... c'est très bien, mais ça a l'air pauvre à côté, si pauvre ! Si pauvre. 

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Agenda du 13 mars 1968

Mentalement, on peut tout expliquer, mais ça ne signifie rien du tout : pour le corps, pour la conscience matérielle, c'est abstrait. La conscience matérielle, quand elle saisit quelque chose, elle le sait cent fois mieux qu'on ne peut le savoir mentalement. Quand elle le sait, elle a le pouvoir : ça donne le pouvoir. Et c'est cela qui s'élabore lentement-lentement. Et pour une conscience ignorante : lentement et douloureusement. Mais pour la vraie conscience, ce n'est pas cela ! La douleur, la joie, tout cela, c'est une façon... une façon si absurde de voir les choses – de les sentir, de les voir.

Il y a une perception de plus en plus concrète que tout, qu'il n'y a rien qui ne contienne sa joie d'être, parce que c'est LA façon d'être : sans joie d'être, il n'y a pas d'être. Mais ce n'est pas ce que nous comprenons mentalement par «joie d'être». C'est... quelque chose qui est difficile à dire. Et cette perception de la souffrance et de la joie (presque du mal et du bien), tout cela, ce sont des nécessités de travail pour permettre au travail de se faire dans un certain ensemble d'inconscience. Parce que la vraie conscience est quelque chose de tout à fait, tout à fait différent.

Et ça, c'est ce que cette conscience des cellules est en train d'apprendre, et d'apprendre par une expérience concrète ; et toutes ces appréciations de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, de ce qui est une souffrance et de ce qui est une joie, tout cela, ça paraît fumeux. Mais encore «la chose» – la Vérité –, la chose concrète n'est pas encore attrapée. Elle est en route, on sent qu'elle est en route, mais ce n'est pas encore ça. Si on l'avait... on serait le maître tout-puissant. Et il est possible que l'on ne puisse l'avoir que lorsque le monde dans sa totalité ou dans un ensemble suffisant sera prêt pour la transformation. 

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Agenda du 26 octobre 1968

On conçoit facilement une amélioration considérable avec un établissement de la Conscience vraie, parce que, comme je l'ai dit, il y a des expériences (tout à fait passagères, mais enfin) qui sont très concrètes, d'une harmonisation même matérielle qui a toute l'apparence d'un miracle de cette façon-là ; mais on conçoit qu'en rétablissant la Vraie Conscience et avec elle, l'Harmonie qu'elle apporte, cela ferait une différence considérable...

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Agenda du 23 novembre 1968

Et si l'on reste assez longtemps dans la vraie conscience, l'apparence, c'est-à-dire ce que nous appelons le «fait» physique lui-même disparaît, pas seulement la douleur... J'ai l'impression d'avoir touché à... (il n'y a pas de mental qui comprenne, Dieu merci !) mais d'avoir touché à l'expérience centrale. Seulement, c'est un tout petit commencement. 

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Agenda du 4 décembre 1968 

Et il y avait cette insistance : «Travaille pour avoir la vraie conscience.» La vraie conscience qui contient tout.

C'est une autre indication très utile... 

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Agenda du 15 février 1969

Toutes les excuses humaines me paraissent des enfantillages.

C'est une chose curieuse : toutes les qualités et tous les défauts humains paraissent des enfantillages – des sottises. C'est curieux. Et ce n'est pas une pensée : c'est une sensation concrète. C'est comme une substance sans vie ; toutes les choses ordinaires sont comme une substance à laquelle il manque la vie – la vraie vie. Artificiel et faux. C'est curieux.

Et ce n'est pas tant chez les autres, ce n'est pas cela : c'est le dressage intérieur. Et cette vraie Conscience, cette vraie Attitude, c'est quelque chose de si for-mi-da-ble-ment fort, puissant, dans une PAIX si souriante ! Si souriante, qui ne peut pas se fâcher, c'est absolument impossible... si souriante, si souriante... qui regarde.

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Agenda du 9 avril 1969

Je ne sais pas comment expliquer cela. Mais il y a une manière d'être qui est produite par la vraie conscience, qui est sentie d'une façon tout à fait concrète, mais qui est comme... pas positivement en contradiction mais tout à fait différente de comment on se voit de la manière dont les autres vous voient...

Les yeux commencent à voir de deux manières. La vieille manière est en partie voilée par la nouvelle manière, et quand quelqu'un d'autre vous voit, on se voit de la manière dont les autres vous voient... C'est difficile à expliquer.

Et c'est pour cela qu'il y a quelque chose à trouver pour que ce soit indépendant de l'influence de tout le monde.

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Agenda du 8 novembre 1969 

Et la conscience physique («conscience», si l'on peut appeler cela conscience : la conscience contenue dans les cellules – pas tout au fond, mais celle qui fait fonctionner les cellules), elle est habituée à l'effort, à la lutte, à la misère, à la défaite... tellement habituée, c'est tout à fait universel.

Chez les gens, c'est seulement leur conscience mentale (et souvent, quand ils sont plus avancés, leur conscience vitale) qui tient ; mais la conscience physique a tendance à prévoir la catastrophe tellement elle est habituée : la fin, n'est-ce pas, cette fin qui a été inévitable pendant des siècles et des siècles... ça pèse. C'est très difficile. C'est un travail très lent et très constant pour remplacer cette espèce d'habitude... de la défaite au fond, par une...

Il ne faut pas que ce soit une volonté, il faut que ce soit une foi ; il faut qu'il y ait la foi ; et alors, pour que cette foi puisse s'installer, il faut d'abord que les cellules soient tout à fait, tout à fait soumises, c'est-à-dire qu'elles soient constamment tournées vers le Suprême avec... «Que Ta Volonté soit faite», quelle qu'elle soit. «Ça ne me regarde pas, ce n'est pas mon affaire : que Ta Volonté soit faite.»

Et alors, quand ça, c'est bien établi, petit à petit peut venir la vraie conscience ; la vraie conscience que la vérité, c'est l'Harmonie, la vérité c'est le Progrès, la vérité c'est la Lumière, la vérité...

Alors, petit à petit, ça vient. Mais c'est un long travail. 

Mère nous offre-là un véritable mode d'emploi. Nous pouvons commencer par installer cette parfaite soumission sur le plan mental, psychologique... c'est à notre portée. Et puis, appliquer cette soumission aux événements ordinaires de la vie. Et laisser descendre cette soumission dans la conscience corporelle  – par exemple en associant les mouvements du corps, les pratiques corporelles, avec cette intention consciente, cette volonté délibérée. Ou alors, en prenant la posture savasana en se répétant, très doucement, très lentement, très délicatement.. "ce que Tu voudras, ce que Tu voudras..." Ou avec l'aspiration silencieuse à cette parfaite soumission. 

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Agenda du 12 novembre 1969

Moi, je n'arrive pas à voir ce qui peut dissoudre ça, parce que, dans la conscience de veille, on est à peu près... je ne veux pas dire lumineux, mais enfin tendant vers la Lumière; on ferme les yeux et on s'endort: trois minutes après, on est poursuivi et on se bat avec des choses... Pourquoi est-ce comme cela? Qu'est-ce qui peut dissoudre ça? (…) Qu'est-ce qui peut dissoudre ça ?

La conscience du Suprême, la vraie conscience.

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Agenda du 19 novembre 1969

Tout se fait automatiquement, comme une imposition de la Vérité, sans besoin d'intervenir : simplement, rester dans la vraie conscience, c'est tout, ça suffit.

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Agenda du 10 décembre 1969

Ne jamais mettre la faute sur les autres et sur les circonstances parce que, quelles que soient les circonstances, même celles qui sont en apparence les pires, si vous êtes dans la vraie attitude et que vous ayez la vraie conscience, cela n'a aucune importance pour votre progrès intérieur, aucune importance – je dis cela : y compris la mort. Vraiment, ça paraît être la première leçon à apprendre.

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Simple et ouverte, sans complication.

Si, en présence de circonstances qui sont sur le point de se dérouler, vous pouvez prendre l'attitude la plus haute possible, c'est-à-dire si vous mettez votre conscience en contact avec la plus haute conscience qui soit à votre portée, vous pouvez être absolument certain, en ce cas, que ce qui vous arrivera sera ce qui pouvait arriver de mieux . . . J'irai même jusqu'à affirmer que dans la zone d'influence immédiate de chacun, l'attitude juste a non seulement le pouvoir de faire tourner toutes les circonstances à son avantage, mais elle peut faire changer jusqu'aux circonstances elles-mêmes.

Entretiens de Mère 1929-1931
Le pouvoir de l’attitude juste – page 173

*

Mener la Vie Divine ne dépend d'aucune activité extérieure, ni des circonstances. Quoi que vous fassiez, du travail le plus élevé au plus ordinaire, vous pouvez mener la Vie Divine si vous avez la conscience véritable et l'attitude juste.

La Mère – Roses blanches (Lettres à Huta)

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Agenda du 24 décembre 1969

Je suis en train d'étudier cela. C'est inattendu ; je sais qu'ils vont venir, mais je ne m'attends pas du tout à ce que ce soit comme cela, ça ne correspond à rien du tout – tout d'un coup, bah! baba !... (geste de douleur). Et quand ils s'en vont, ça se calme ; quand je me concentre dans la vraie conscience, alors ça s'atténue et les nerfs se remettent. C'est ce qu'on appelle une «névrite», ce sont les nerfs qui sont malades.

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Agenda du 7 janvier 1970

«La Vérité est une conquête difficile et ardue. Il faut être un véritable guerrier pour faire cette conquête, un guerrier qui n'a peur de rien, ni des ennemis ni de la mort, car, envers et contre tous, avec ou sans un corps, la lutte continue et se terminera par la Victoire.»

Mais si tu savais ! C'était compact de lumière dorée quand c'est venu. Et je ne me suis plus du tout souvenue de ce qui avait été écrit.

Mais c'est presque triomphant, ça !

N'est-ce pas... Oh ! il y avait une atmosphère de triomphe. L'atmosphère était tellement... dense, tu sais. J'ai seulement eu l'impression... oui, cette impression de victoire, de certitude absolue : tous les doutes possibles, partis ; toutes les faiblesses, parties ; tout comme cela. Et après, je me suis dit : «Mais qu'est-ce que j'ai écrit ?...» – Je ne savais plus. Et je l'ai relu (on me l'a porté hier soir), quand je l'ai relu, j'ai dit : «Ah! c'est ça !...» – Je ne savais plus.

Et tellement la vraie conscience dans laquelle la mort n'existe pas : qu'est-ce que c'est ? – C'est rien. L'impression était comme cela quand j'écrivais : comme si, tout d'un coup, il m'avait fait entrer dans un monde de vérité où tout ce monde d'illusion et de mensonge n'avait plus de force.

Ça, je l'ai senti très fort, très fort, et après, je me suis dit : «Qu'est-ce que j'ai écrit ?» Et quand je l'ai relu, le soir, je me suis dit : «Ah! c'est ça !»

C'est intéressant.

Elle n'est pas bruyante, mais elle est convaincue.

Vous devez faire grandir en vous cette paix qui naît de la certitude de la victoire.

Sri Aurobindo – On Himself

*

Aucune volonté humaine ne peut prévaloir contre la Volonté Divine. Rangeons-nous délibérément et exclusivement du côté du Divin et la victoire finale est certaine.

Message de la Mère pour l’année 1955

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Agenda du 7 mars 1970

Et dans le corps (dans les cellules, la conscience du corps), il y a une grande bataille constante entre toutes les idées matérialistes et la conscience véritable, et ça fait... (geste grinçant). En l'espace d'un quart d'heure, tout se met à grincer – on a mal, on est mal à l'aise, et c'est comme si tout allait se déchirer, avec des contradictions épouvantables –, et puis, tout d'un coup, avec la pression de la vraie conscience, tout d'un coup, brrt ! tout disparaît en une minute, et ça devient... une merveille.

Mais alors, ce n'est pas une chose stable : la lutte continue. Mais c'est vraiment intéressant.

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Agenda du 14 mars 1970

C'est-à-dire que les conditions matérielles qui ont été élaborées par le mental, FIXÉES par lui (Mère serre ses poings solidement), et qui paraissaient si inévitables, au point que ceux qui avaient une expérience vivante des mondes supérieurs pensaient qu'il fallait fuir ce monde, abandonner ce monde matériel si l'on voulait vraiment vivre dans la Vérité (c'est cela qui est la cause de toutes ces théories et de toutes ces croyances), mais maintenant, ce n'est plus comme ça.

Maintenant, ce n'est plus comme ça. Le physique est CAPABLE de recevoir la Lumière supérieure, la Vérité, la vraie Conscience, et de la ma-ni-fes-ter. Ce n'est pas facile, ça demande de l'endurance et de la volonté, mais un jour viendra où ce sera tout naturel. C'est juste-juste la porte ouverte – c'est tout, maintenant il faut aller. 

Ça c'est TRÈS important ! Ce n'est pas encore très facile, mais au moins, désormais, nous savons que c'est possible. Il y a un phénomène un peu curieux que vous avez peut-être remarqué en vous.

D'un côté il y a une lucidité qui nous oblige à reconnaître que nous n'arrivons à faire rentrer cette Lumière, cette Force, cette Conscience dans le corps, dans la substance corporelle... et d'un autre côté, quand l'on porte son attention dans les profondeurs de la poitrine, il y a une sorte de sentiment que c'est pourtant INÉVITABLE.

L'être psychique, je n'en ai toujours pas la claire expérience, mais désormais, de temps en temps, des profondeurs de la poitrine, il émerge une FOI ; et cette foi est évident encore en contraction avec l'impossibilité physique apparente. 

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Agenda du 11 juillet 1970

Mais dans cette vraie conscience, la matière n'a... la matière semble perdre quelque chose, ou bien il y a quelque chose qui est transmué en...? Je ne sais pas... Est-ce que ce sera d'une façon permanente, ou est-ce la transition? Je ne sais pas.

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Agenda du 28 avril 1971

C’est dans le travail fait comme une offrande au Divin que la conscience se développe le mieux. L’indolence et l’inaction aboutissent au tamas, qui est une chute dans l’inconscience et tout le contraire du progrès et de la lumière. Surmonter son ego et ne vivre qu’au service du Divin, voilà l’idéal et le plus court chemin pour acquérir la vraie conscience

Voilà qui a le mérite d'être clair !

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Agenda du 21 juillet 1971

Alors, ce corps n’est plus ça, n’est pas encore «ça». Il est comme cela (geste d’oscillation entre les deux), et c’est pour cela que... ce n’est pas un rhume, c’est... Quelquefois, je suis absolument guérie, tout-tout fonctionne bien ; la minute d’après, tout est désorganisé. Ce n’est pas un rhume que l’on peut «guérir» : on prend un remède, ça ne sert à rien ; mais on entre dans la vraie conscience, et tout est fini. Mais il est incapable d’y rester. Ce n’est pas tant le contact avec les gens, c’est qu’il est incapable d’y rester, voilà tout. Il ne peut rejeter la faute sur personne.

Il n’est plus ça, il n’est pas encore «ça» – plus ça, pas encore «ça». Voilà. Alors... (même geste de bascule).

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Agenda du  28 août 1971

Même notre conscience est une adaptation de la Conscience – LA Conscience, la vraie conscience, c’est autre chose.

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Agenda du 1er septembre 1971

Il y a encore des problèmes à résoudre, mais pas par des mots ni avec des pensées. Et les choses viennent comme des démonstrations – non seulement les choses personnelles, mais les choses de l’entourage ; les gens, les choses, les circonstances, tout cela, c’est pour apprendre, apprendre au corps à avoir la vraie conscience. Ça, c’est... c’est merveilleux.

Le corps de Mère lui-même a dû faire l'effort pour apprendre. Et nous voudrions arriver au but sans faire aucun effort ? Ce n'est évidemment pas possible. Avoir envie d'apprendre, avoir envie de cet apprentissage-là... 

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Agenda du 25 décembre 1971

J’ai l’impression que je suis en route pour découvrir... quelle est l’illusion qu’il faut détruire pour que la vie physique puisse être ininterrompue – que la mort vient d’un... d’une déformation de la conscience. Voilà.

C’est comme cela, tu sais (Mère fait un geste comme si elle allait attraper le secret).

Et je te l’ai dit : quelquefois, il me semble que le fait du grand nombre d’années rend le travail un peu plus difficile, mais au point de vue général, c’est une GRANDE aide – j’ai compris que si j’étais jeune, jamais je ne pourrais faire ce que je fais. Et quand je suis dans la vraie conscience, au moment où je suis dans la vraie conscience, le nombre d’années, ce n’est rien ! – le corps se sent si jeune, si plein de... autre chose que «jeune» (jeune, pour lui, c’est immature [pas mûr] et ignorant, ce n’est pas cela), c’est... on est en communion avec «quelque chose»... qui se transforme au fur et à mesure du besoin.

Notre langage est... (ou notre conscience) inadéquat. Plus tard, je pourrai dire.

Il SE PASSE quelque chose – voilà tout ce que je peux dire (Mère rit).

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Agenda du 10 mars 1972

Si l’on savait rester dans la vraie conscience toujours, ce serait... un sourire. Mais on a tendance à devenir tragique. C’est notre faiblesse. C’est notre limitation qui fait un drame. Nous sommes trop petits – trop petits et la vue trop courte. Mais... la Conscience sait – elle sait.

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Agenda du 12 juillet 1972

De plus en plus, la sensation du corps, que c’est seule la foi qui sauve – la connaissance n’est pas encore possible, et par conséquent c’est seulement la foi qui sauve. Et alors, la «foi qui sauve» paraît être une vieille manière de parler... Comment dire ?...

L’impression que la relation entre ce que nous appelons la «vie» et ce que nous appelons la «mort» devient de plus en plus différente – différente (Mère hoche la tête), complètement différente. Tu comprends, ce n’est pas la mort qui disparaît (la mort telle que nous la concevons, telle que nous la connaissons et par rapport à la vie telle que nous la connaissons) : ce n’est pas ça, ce n’est pas ça du tout. Les DEUX sont en train de changer... en quelque chose que l’on ne connaît pas encore, qui paraît à la fois extrêmement dangereux et tout à fait merveilleux.

Dangereux : que la moindre faute a des conséquences terriblement graves. Et merveilleux. C’est la conscience, la vraie conscience de l’immortalité – ce n’est pas «immortalité» telle que nous la concevons, c’est quelque chose d’autre. C’est quelque chose d’autre. Nous avons tendance à vouloir que certaines choses soient vraies (ce qui nous paraît favorable) et que certaines disparaissent – ce n’est pas ça ! Ce n’est pas comme cela. C’est TOUT qui est différent. Différent. De temps en temps, pendant un moment (un court moment) : un émerveillement. Et puis immédiatement, le sens... d’un inconnu dangereux.

Et voilà. Et je passe mon temps comme cela.

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Agenda du 13 septembre 1972

Mais c’est une chose incroyable : ou la vraie conscience, ou le sens d’un danger imminent et général. Tu comprends : tout, manger, prendre son bain, est un danger. Il n’y a que... (Mère ouvre les bras et les mains dans un geste d’abandon contemplatif).

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Agenda du 25 novembre 1972

Une croissante sensation que, sans le Divin, pas d’existence. Tu comprends, oublier le Divin même une minute devient une catastrophe. De temps en temps, pour quelques secondes, la vraie conscience béatifique – mais de temps en temps et pour quelques secondes. Voilà. Autrement, comme ça (geste poings fermés comme pour s’accrocher dans la lutte).

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