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Dans un article précédent, j'ai raconté que pendant une longue intériorisation il était remonté un vieux souvenir pas particulièrement agréable car je m'étais comporté comme un petit con de 19 ans. Dans toute vie humaine, il y a ces moments dont nous ne sommes pas particulièrement fiers...

En fait, j'ai simplement posé un lapin à quelqu'un... sauf qu'il était venu d'Afrique pour me rencontrer. La décision de ne pas aller au rendez-vous n'aura duré qu'une fraction de seconde, et j'ai tout oublié... et 37 ans plus tard, c'est ressorti.

Il paraît que tous nos souvenirs sont des souvenirs reconstitués. Je ne sais pas très bien ce que cela signifie exactement, mais dans le souvenir tel qu'il m'est revenu en mémoire, mon cœur s'était serré... comme ce fameux malaise dont parle Mère quand on sait que l'on a fait quelque chose de mal. 

En tout cas, l'émergence de ce souvenir apparemment dérisoire a continué à me travailler de l'intérieur, et hier, dans une autre intériorisation, j'ai de nouveau été traversé par quelque d'assez désagréable, mais cette fois, je me suis dit : "ce n'est rien, ce sont des états psychologiques qui se présentent". C'était un aspect de ma personnalité qui se présentait à la conscience comme une sorte d'entité en soi. Je crois que c'est la première fois que ce genre de chose m'arrive consciemment, qu'il y a cette distance, cette absence d'identification avec un état intérieur. Alors évidemment, cet "état psychologique" se présentait pour être travaillé, purifié, transformé... Ne sachant trop ce qu'il fallait faire et comment le faire, je l'ai offert... et à partir de ce moment-là, il a disparu de ma perception.

Et dans la foulée, pendant une fraction de seconde, il y a eu une réflexion sur la notion d'importance. Toutes ces choses en nous dont nous ne sommes pas très fiers, comment est-ce que nous les regardons ?  

Alors il y a deux pièges à éviter. Celui de toujours donner un tour favorable à nos impuretés, de les justifier par toutes sortes de contorsions mentales, émotionnelles. Et celui de leur donner une trop grande importance. 

Et dans cette seconde-là, ce n'est pas que je voyais ces imperfections d'une façon juste, c'était le "sentiment" très fort de ne pas savoir la véritable importance ou non importance des choses. 

À l'arrière plan, il y a évidemment tous ces Agendas dans lesquels Mère répète que notre perception des choses est tout à fait erronée, que cette Nouvelle Conscience dont j'ai partagé de nombreux extraits depuis quelques semaine, voit les choses tout à fait autrement.

Alors tout à l'heure je me suis dit qu'il faudrait voir les choses comme le Divin les voit. 

Mais ce n'était pas seulement un sentiment car cela contenait aussi quelque chose de l'ordre de la vision et de la compréhension. Dans cette seconde-là, j'ai vu et compris quelque chose. 

Ces temps-ci, j'ai souvent l'impression qu'une fenêtre s'ouvre dans la conscience – dans le centre de la tête, dans les profondeurs de la poitrine, ou quelque part dans le corps pour montrer quelque chose, expliquer quelque chose...et puis, tout de suite, une fraction de seconde plus tard, la fenêtre se referme. Le phénomène n'est pas encore très fréquent, ce n'est arrivé que quelque fois dans les semaines passées... mais si je prends en compte 56 ans d'existence, 4 ou 5 fois en quelques semaines, c'est beaucoup. 

Au lieu d'une fenêtre qui s'ouvre, c'est peut-être un voile qui se retire, alors, pendant quelques instants, je vois et comprends quelque chose. 

Par exemple, après m'être concentré pendant quelques jours avec une certaine constance et une certaine intensité sur la recherche de la vérité de mon être, un jour, tout à coup, cette fenêtre intérieure s'est ouverte et je me suis intérieurement écrié : "mon centre, le centre véritable de mon être, c'est le Divin."  Rien de neuf sous le soleil me direz-vous, cela a été dit et répété encore et encore... sauf que là, j'ai vu quelque chose, j'ai perçu quelque chose... de l'intérieur. Et ça fait absolument toute la différence. À côté de cela, le fait de le savoir avec la connaissance mentale, intellectuelle n'a aucune saveur. Mais ce n'était pas non plus, ou pas encore, les états de félicité, de joie, de béatitude que l'on décrit : c'était un fait ! 

Ce qui m'étonne un peu c'est que... je ne sais pas vraiment comment j'ai fait pour que la fenêtre s'ouvre et je ne sais pas non plus pourquoi elle se referme si vite. Je ne suis même pas sûr que cela dépende de quoique ce soit, de telle ou telle pratique, telle ou telle concentration...

Il semblerait que cette expérience soit venue en réponse à la sincérité de ma question... parce qu'il y a vraiment la sensation de ne pas savoir qui je suis vraiment.

Bref...

Et puis ce matin je me suis remis à la lecture de l'Agenda 1969 que j'avais interrompu depuis presque deux semaines et je découvre avec un certain étonnement l'Agenda du 19 juillet dont j'ai parlé hier, et dans lequel Mère parle de «déchets de personnalité», réduite à un état poussiéreux et absolument sans importance et d'un sens de...  nullité sans importance.

🔥

Et c’est surtout cela, ce sens de l’«important» et de ce qui n’est «pas important» : ça, c’est une chose qui s’évanouit, qui ne laisse aucune trace. On est comme ça, avec... rien. Il n’y a pas d’échelle dans l’importance; ça, c’est absolument notre imbécillité mentale: ou rien n’est important ou tout est également important.

Le grain de poussière, là, qu’on essuie, ou la contemplation extatique – c’est TOUT PAREIL.

Agenda du 17 décembre 1960

🔥

Il n'y a pas une perfection psychologique, mais cinq, comme les cinq pétales de cette fleur : la sincérité, la foi, la dévotion, l'aspiration et la soumission.

La Mère – Entretien du 25 janvier 1956

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