Nouvelle Conscience – Agendas juin/juillet 1969
Les mois passent et les indications de Mère sur le travail de la Conscience du surhomme se font plus rares.
4 juin
Cette Conscience, par exemple si quelqu'un écrit et me pose une question, j'ai instantanément la réponse par cette Conscience, et je l'écris, et c'est cette Conscience qui parle. J'ai écrit ces jours-ci un certain nombre de réponses, et toutes tellement EN AVANT sur tout ce que l'on a dit maintenant... La réponse est tellement en avant sur l'état de conscience des gens qui ont posé la question que... Et ça, spontané, sans effort, sans rien, comme cela (Mère laisse couler sa plume).
(silence)
C'est comme si le sens de son existence individuelle, c'est-à-dire séparée, était étroitement, indissolublement, lié à la souffrance (je parle de souffrances physiques, je ne parle de rien de moral : les souffrances physiques). Et alors, si le corps a une aspiration, c'est celle de se fondre... de se fondre, pas dans le tout, mais de se fondre dans... dans ce quelque chose que nous appelons le Divin, et qui est tout – le tout vrai au lieu du tout mensonger. Mais je ne peux pas expliquer.
Il est évident qu'il ne doit se préoccuper de rien ; le corps ne doit se préoccuper de rien, ni d'une façon ni d'une autre, ni du progrès ni de la dissolution – se préoccuper de rien. L'état (non pas l'état auquel il aspire, ce n'est pas cela parce qu'il n'a pas d'«aspiration»), mais l'état qui paraît... qui paraît être voulu pour lui (je ne sais pas comment dire), c'est : une paix, une paix réceptive, c'est tout.
(long silence)
Peux pas parler, les mots sont idiots.
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25 juin
Il faut seulement se tenir très tranquille.
C'est cela, l'impression que le corps a : seulement être très tranquille, toujours très tranquille, même au moment où ça commence à grincer avec les choses qui viennent du dehors, toutes les circonstances – les cellules retardataires qui font comme cela (geste grinçant), mal ajustées, on est tout au bord... tout au bord de la culbute –, il n'y a qu'à rester bien tranquille... et puis ça passe (geste immense, étal)... merveilleux ! Quelque chose comme... je ne sais pas... je ne sais pas comment appeler ça, c'est merveilleux (même geste immense, parfaitement étal). Et avec ça, toujours l'impression de ce Sourire, mais un Sourire qui est tout-puissant.
Et pendant... pendant des semaines, ça agissait seulement sur ce corps, qui était dans un état très concentré ; depuis (il n'y a pas longtemps, c'est depuis hier), ça commence (geste d'expansion) à être sur d'autres gens. Et alors il se passe des choses tout à fait inattendues, c'est-à-dire qui n'étaient ni prévues ni voulues ni combinées, absolument rien : tout d'un coup, cette Conscience vient, et puis prend la personne qui est là (geste comme une tornade), et puis, à travers ce corps (de Mère), fait quelque chose... et vous l'emmène dans son tourbillon. C'est particulièrement aujourd'hui.
Hier, c'était une sorte de Force – de Force active – qui était entrée dans le corps, hier, qui ne se souciait plus de tout ce qui est mal en point6 : et alors, ce matin, deux fois, j'ai eu cette occasion : j'ai vu, j'ai vu (quand je dis «je», c'est la conscience qui est là – geste au-dessus de la tête –, qui est un Témoin très... comme ça – geste immuable –, qui n'a aucune réaction, pas l'ombre d'une velléité d'intervenir dans le travail de cette Conscience, et elle a assisté) : à travers ce corps, la Force est venue, a pris l'autre personne (même geste de tornade) et puis l'emmène...
6. Mère était «mal en point» ces jours derniers.
C'était amusant ! C'étaient deux cas difficiles, deux cas où je rencontrais vraiment une difficulté à vaincre – ça vous prenait la personne, oh ! comme un enfant qui joue avec un ballon. Comme ça. Extraordinaire ! Extraordinaire. Alors, si «ça», ça vient et s'installe... je ne sais pas.
On verra. Ça a l'air de vouloir devenir amusant !
On aimerait bien que cette Conscience nous emmène dans son tourbillon et nous aide à vaincre nos difficultés. Reste à savoir si nous serions capables de recevoir cette Conscience, d'être emmené sans dérailler...
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5 juillet 1969
Il y a des nouvelles de P.L., un peu découragé. Tu sais qu'il avait été écarté du cortège papal quand justement le pape devait faire à Genève un discours sur l'«unité chrétienne» avec les Protestants. Alors P.L. me dit :
«Je me suis mis plusieurs fois à vous écrire et je n'arrivais pas à finir la lettre. Après les efforts énormes fournis pour faire pénétrer les sentiments d'ouverture que douce Mère m'avait inspirés, au moment même où le Pape acceptait de s'abstenir de se proclamer le détenteur "unique"de la Vérité et de se mettre au même niveau que les autres croyances, la Réaction l'a emporté et tout est resté comme avant...
C'est cela.
«...À la dernière minute, les paragraphes du discours ont été changés.»
C'est cela. Et c'est pour cela qu'on ne l'a pas laissé aller.
Je vois bien, c'est la même chose qui se passe ici : il y avait ce mouvement de la Conscience qui voulait faire faire un progrès général – et tous ceux qui veulent tirer en arrière tirent tant qu'ils peuvent.
Et ils ne se rendent même pas compte de ce qu'ils font. C'est tout petit-petit.
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Et puis, dans un Agenda suivant, Mère évoque clairement une autre conscience, mais il ne s'agit pas de la Nouvelle Conscience mais d'un nouvel état de conscience, d'une nouvelle conscience qui est en train de se former en Mère. Ainsi, cela ne correspond pas à notre séries d'articles sur la Conscience du surhomme mais je partage tout de même les extraits en question car ils sont particulièrement intéressants.
19 juillet
(...)
Le sommeil n'est plus du tout du sommeil, je ne sais plus, c'est une espèce de... (geste comme si Mère retirait à l'intérieur ses énergies) «withdrawal», c'est-à-dire que je rentre au-dedans, et alors je suis active ; et c'est dans le même état où se trouvent ces gens-là ; et parmi eux, il y en a qui sont avec des gens qui ont encore un corps : ce n'est pas seulement ceux qui n'ont plus de corps. Et alors, je suis là aussi et dans le même genre d'état.
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Puissante et multiple, fait face à tous les besoins.
Mère parle ici de retirer les énergies à l'intérieur mais notons que dans d'autres Agendas il est question des énergies qui se répandent. Ainsi, dans ce processus de transformation, ce n'est pas tout l'un ou tout l'autre, les deux mouvements d'intériorisation, de rassemblement, et le mouvement de laisser couler les énergies, la conscience, la diffusion, l'élargissement, l'expansion sont nécessaires. Voyons la suite.
Mais ce qui est étrange, c'est que quand je me soi-disant «réveille» et que je me lève, je continue quelque chose (riant) qui n'est pas physique ! Tu comprends, l'état de là-bas continue, et c'est aussi réel, aussi tangible que les choses physiques ; et je m'aperçois au bout d'une demi-heure que j'ai bougé ici et fait tout cela ENTIÈREMENT dans cette conscience!13... Qu'est-ce que c'est que cette conscience ?…
13. Mère avait décrit un phénomène analogue en 1967 (histoire de la montre en or).
Voir Agenda VIII du 30 août 1967.
C'est une conscience très claire, très harmonieuse, où il n'y a pas de difficultés, et très créative... Je ne sais pas ce que c’est14...
14. En 1967 aussi, à propos de l'histoire de ce fils de diplomate décédé pendant la guerre et qui s'était fondu avec Pavitra, Mère avait dit :
«C'est une connaissance de la conscience des cellules.»
Voir Agenda VIII du 7 mars 1967.
Ce matin, c'était particulier : littéralement, pendant une demi-heure j'étais là [dans ce monde-là], je ne le savais pas ! Et c'est après cela que je me suis dit : «Mais... est-ce que c'est physiquement comme cela ?» Il y avait quelqu'un, n'est-ce pas, j'étais avec quelqu'un [dans ce monde-là], et je me suis demandé : «Mais est-ce que cette personne est comme cela physiquement ? Est-ce que c'est physique ?» Et j'étais debout !... Alors c'est comme si les deux mondes étaient... (Mère passe les doigts de sa main droite entre les doigts de sa main gauche). Étrange...
Le physique paraît moins impératif, moins... Avant, on avait l'impression que, oui, ce n'était pas un «rêve» comme les gens disent, mais que c'était une conscience plus subtile et moins précise, et que la conscience physique était tout à fait concrète et précise (Mère fait le geste de se cogner).
Mais maintenant, cette distinction... l'autre est devenue presque plus concrète et réelle que la conscience physique ; la conscience purement matérielle est plus flottante que ça : l'impression de quelque chose de pas très... pas très sûr – pas très sûr, c'est curieux.15
15. Serait-ce le passage de la conscience physique, matérielle,
telle que nous la connaissons, à la conscience cellulaire pour laquelle
il n'y a pas deux «côtés» de «vie» et de «mort»,
mais autre chose ?
Ça, c'est curieux, c'est nouveau, depuis deux jours. On verra.
(long silence)
Peut-être une nouvelle conscience veut-elle se servir de ce corps ?... C'est une nouvelle conscience dans le sens que ce corps, ce qu'il a fait, ses activités, tous les événements de sa vie, lui apparaissent dans le souvenir tout a fait différents du souvenir qu'il en avait – non pas que les événements aient changé : le sentiment ou la sensation ou la vision ou la compréhension des choses est tout à fait, tout à fait différente. Tout à fait différente. Et l'état dans lequel il se trouvait avant, lui apparaît... comme une stupidité d'inconscience – tout-tout-tout. Et il y a comme... comme un étrange décalage : l'état de conscience qu'il avait, maintenant lui paraît artificiel, pas vrai, et... incroyablement stupide ; et alors, les mêmes circonstances, dans la nouvelle conscience, ont tout à fait un autre sens – un autre sens et donnent une autre sensation.
Je crois qu'il y a quelque chose qui est en train de changer là-dedans.
Et alors, en même temps, un sens de... (comment dire ?) nullité sans importance, nothingness, et puis la sensation, la perception de la Présence divine tellement concrète et tellement puissante... que quelquefois j'ai l'impression que les gens vont craquer ! (Mère rit) C'est comme cela, quand ils sont là, j'ai l'impression que... (geste).
Ce soi-disant «accident» de mercredi dernier a eu un effet très considérable sur la conscience du corps : elle est très différente. La perception d'un Pouvoir qui n'est limité que par... la prudence d'une Patience infinie. Comme cela. Et en même temps... tiens, ce que l'on pourrait appeler des «déchets de personnalité», réduite à un état poussiéreux et absolument sans importance (Mère parle de son propre corps). Et les deux sont ensemble. Mais c'est très difficile...
N'est-ce pas, ils ont fait de nouvelles photos (de Mère), je les ai vues hier, j'en ai vues hier un certain nombre : je regardais ces photos comme je regardais les photos d'une autre personne – c'était tout à fait comme les photos d'une autre personne ! et je faisais des remarques, mon petit ! (riant) Je me souviens des impressions que j'avais en regardant...
(…)
Mais c'est surtout-surtout ce changement de conscience du corps qui est extraordinaire !... Tu comprends, c'est comme s'il revivait... ce sont les choses qui sont restées dans la conscience parce que l'être psychique y a participé – c'est très clair et très précis ; le reste est très effacé (ça, il y a longtemps que c'est comme cela). Eh bien, ces choses-là étaient enregistrées par l'être psychique, et le corps avait eu une impression, n'est-ce pas, une impression à lui, et maintenant, la conscience psychique est la même, elle voit de la même façon, et l'impression physique est tout à fait différente !... C'est-à-dire que c'est la conscience PHYSIQUE qui a changé.
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