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2 avril

Je me suis souvent demandé quelle était la vraie attitude à prendre vis-à-vis de tous ces gens qui viennent me voir...

Tu peux être en méditation. (Moqueuse) Tu te fais une réputation de sage!

Et quand je leur parle, c'est très curieux, il y a une espèce de guerrier en moi, et il y a des gens qui suscitent des réactions: j'ai envie de taper. Quelquefois, c'est très brutal, je ne sais pas pourquoi. Ça vient et ça tape. Avec d'autres, au contraire, je suis très tranquille. Il y en a qui me disent : vous êtes dur !...

Ça a toujours été comme cela? Ce n'est pas depuis cette nouvelle conscience, depuis cette année-ci ?

L'année dernière aussi.

Parce que j'ai remarqué que, dans cette Conscience, il y a quelque chose comme cela: tout d'un coup, ça vient comme cela, oh! et ça a envie de taper.

Surtout quand je touche à la petitesse mentale.

(...)

Le jour où tu m'as dit les nouvelles de P.L., la nuit, je lui ai envoyé... (comment dire ?) une «délégation spéciale de la Conscience» pour qu'elle lui fasse dire juste ce qu'il faut, comme il faut. Ce sera intéressant de savoir.

Elle est merveilleuse, cette Conscience, elle a une façon de voir les choses ! vraiment... vraiment unique. Je pourrais dire que ma vision et ma compréhension du monde, de la vie, de tout, sont tout à fait changées, dans un élargissement... – naturellement l'élargissement, j'avais travaillé tout le temps pour l'avoir, mais cet élargissement s'est trouvé plein de quelque chose de tout à fait nouveau, tout à fait. Et ce sont deux choses mélangées : l'une, c'est cette espèce de Sourire compréhensif et bienveillant qui est CONSTANT en présence de tout, même des plus imbéciles négations ; et en même temps, là-dessous, sous cette bienveillance (mais «bienveillance» est un mot faible), il y a une puissance ! une puissance formidable. Formidable... C'est comme si c'était gonflé de puissance. Une puissance presque concrète, je ne sais pas (Mère palpe l'air)... c'est de la lumière, mais c'est une lumière comme si on la touchait : si elle passe à travers les doigts, on la sent passer tellement c'est concret. Une lumière d'un or profond.

J'ai eu en quelques jours, deux cas de gens qui s'étaient conduits comme des serins et des imbéciles (ça arrive souvent !), mais tous les deux l'ont compris, senti et m'ont écrit en s'accusant exactement de ce qui avait été vu sous cette lumière. Alors, c'est nouveau. Il y avait une lettre hier et une aujourd'hui ; l'un est Français, et l'autre est un Américain. Tous les deux s'étaient conduits absolument comme des serins imbéciles, mais d'ordinaire ils auraient excusé leur conduite avec toutes sortes de bonnes raisons, et tous les deux se sont accusés: «Je me suis conduit comme un imbécile.» C'est nouveau.

(silence)

On pourrait dire ceci : si l'on compare la conscience, non pas de l'humanité ordinaire mais la conscience supérieure de l'humanité, celle que l'on possède quand on est homme et que l'on fait effort pour se mettre en rapport avec la conscience supérieure (le rapport que l'on a avec elle), et puis cette Conscience-là, alors l'impression est que, dès que la conscience humaine voulait être en rapport avec les choses supérieures, se purifier des mouvements inférieurs, s'élargir, ça devenait... fluide, transparent, éthéré ; celle-ci, avec une vision, une perception INFINIMENT SUPÉRIEURE à l'autre, est solide et concrète. Et c'est une impression... c'est tellement fort !

J'ai dit au commencement que j'avais l'impression qu'elle m'entourait comme une protection (un rempart), solide ; eh bien, c'est resté comme cela, cette solidité, et en même temps infiniment plus vaste, plus élevé, plus compréhensif...

Et alors, oui, cette solidité. Et dans ce quelque chose que je dois appeler «bienveillance» parce que je n'ai pas de mots, là-dedans, il y a une Puissance de Compassion si extraordinaire ! quelque chose qui... presque une intolérance de la souffrance – la souffrance PHYSIQUE (la souffrance morale qui provient d'une déformation morale ne l'intéresse pas beaucoup, ça lui paraît idiot), mais la souffrance tout à fait matérielle qui provient de la structure du monde matériel et de son fonctionnement, ça lui paraît inacceptable. Je ne sais pas comment exprimer cela, il y a une sorte de refus de l'admettre...

Je suis en train d'observer (on est encore dans la période d'observation) ; il me semble, d'après les expériences que j'ai, que dans une certaine mesure au moins, ça a le pouvoir de la transformer, de l'annuler. Il y a des cas où c'est évident, mais ce n'est pas un fait constant. Je ne sais pas. C'est pour cela, par exemple, que d'après ce que j'avais vu et ce qui s'est passé, vraiment j'espérais que tes nuits deviendraient bonnes, mais... Naturellement, je suis un instrument extrêmement imparfait.

C'est beaucoup mieux.

Oui, mais... C'est cela, c'est encore dans le monde du relatif.

Les deux [états] sont comme cela (Mère superpose étroitement ses mains). Pour ce corps lui-même, il a constamment l'expérience d'un état presque miraculeux, mais il reste encore (est-ce le souvenir ou l'habitude, ou bien vraiment un mélange ?), il reste encore la capacité de souffrir physiquement, matériellement. Alors, ça veut dire qu'il y a encore beaucoup à faire.

Il y a (pour moi, tout est une question de vibrations maintenant), il y a une certaine vibration, que j'ai de la peine à décrire parce qu'il n'y a pas de mots, mais qui tient, comme je l'ai dit, de la compassion (je ne sais pas comment dire, mais c'est très-très intense, ces perceptions sont très intenses), celle-là, quand elle vient, vraiment elle a un pouvoir extraordinaire, mais... ça ne paraît pas avoir la possibilité (Mère renverse brusquement deux doigts) d'un changement brusque. Dans certains cas, il y a eu des personnes qui ont été complètement... tout à fait soulagées, mais pas guéries.

Ma mère, tu l'as guérie.3

3. On craignait un cancer.

Oui, «comme cela».

Mais elle a été complètement guérie !

Ah! oui (Mère semble se souvenir), ta mère a été guérie.

Je reçois des lettres inattendues de gens avec qui je n'étais pas en correspondance, qui annoncent des guérisons. Mais moi, je parle du tout petit cercle d'ici... Pour Pavitra, ici, ça a été un miracle au dire même d'un docteur qui n'est pourtant pas croyant ;4 ça a été un miracle, mais... ce n'est pas total, c'est-à-dire que c'est là avec la possibilité de recommencer. Et pourtant, Pavitra a pris l'attitude la meilleure.

4. Il s'agit d'un cancer. Malheureusement, il y aura une rechute.

C'est comme cela, n'est-ce pas, c'est presque merveilleux, et puis... C'est probablement pour que nous ne soyons pas gonflés d'orgueil et de satisfaction, pour que nous sachions à quel point il faut encore changer. Ça, quand il s'agit du physique (Mère regarde ses mains), il n'y a besoin d'aucune démonstration, c'est évident ! Mais il a été dit, répété cent fois : c'est ce qui viendra en dernier. Alors...

Mais le changement intérieur est considérable – considérable. Considérable : ça a été le plus grand changement de toute mon existence au point de vue de la conscience, et j'en ai eu beaucoup et j'ai beaucoup travaillé et... rien en comparaison de ce qui s'est passé depuis le premier janvier. Au point que le corps a l'impression d'être une autre personne... Mais ça ne suffit pas.

On verra.

Mais je te veux fort et solide... Fais le grand sage, ce sera amusant ! (Mère rit)

🔥

Sans doute que pour nous aussi, Mère nous veut fort et solide. Voyons l'Agenda suivant.

9 avril

Au Canada, il y a tout un mouvement maintenant. On vient de me demander un message pour un groupe canadien (Mère cherche une note).

À Auroville aussi, je suis tout le temps en train de leur dire deux choses (Mère fait le geste de marteler) : «Ceux qui veulent être libres, il n'y a qu'une liberté, c'est d'être uni au Suprême ; et pour s'unir au Suprême, il ne faut plus avoir de désirs !» Alors ils sont comme cela (Mère reste bouche bée). Très amusant !

Alors j'ai mis la même chose ici :

(le disciple lit)

«Une conscience nouvelle est à l'œuvre sur terre pour préparer la venue de l'être surhumain.

«Ouvrez-vous à cette conscience si vous aspirez à servir5 l'Œuvre Divine.

«Pour pouvoir entrer en rapport avec cette nouvelle conscience, la condition essentielle est de ne plus avoir de désirs et d'être tout à fait sincère.»

5. Mère avait employé le mot «collaborer», puis elle l'a changé en «servir» 
et fait quelques autres corrections mineures.

C'est cela qu'il faut leur répéter (même geste de martèlement). Je suis poussée tout le temps, tout le temps à le leur répéter.

Il y a tout le temps des petits événements tout à fait amusants, de cette Conscience, montrant pourquoi les désirs sont..., vraiment elle a l'impression que ce sont des imbécillités. Et elle montre pourquoi ; elle montre au corps, par exemple, tous ces petits désirs imbéciles que le corps a, comment ça empêche la Force d'agir. Et ça, c'est très intéressant.

Le corps commence à comprendre. Il commence à sentir d'une façon extrêmement précise et claire que DÈS QU'IL se sent lui-même – dès qu'il se sent lui-même et le reste par rapport à lui –, il tombe dans un trou, et que dès qu'il sent la Force qui agit – la Force qui agit, la Conscience qui agit –, alors ça (Mère touche la peau de ses mains), ça n'a qu'une réalité tout à fait, tout à fait relative... C'est comme de se servir d'un instrument pour faire quelque chose – c'est tout à fait comme cela –, mais avec l'immense avantage de pouvoir ne pas être séparé, de se sentir une sorte de condensation de la Conscience.

Et le corps apprend bien, et il voit, il voit ça dans de tous petits détails, tout le temps : dès qu'il se sent comme «quelque chose», et la Force comme «autre chose», il y a une douleur ici, il y a une douleur là, il y a ça qui ne va pas, il y a ça qui se détraque... Un monde... un monde complexe et tout à fait vilain. Et alors, quand il fait une espèce de mouvement... (comment dire ?), le contraire de la condensation, comme une dilatation, quelque chose comme une dilatation dans la conscience, alors les limites s'atténuent, s'effacent, et ça devient souple, et puis les douleurs s'en vont... physiquement.

C'est une expérience qui lui est donnée jour après jour, tantôt un endroit, tantôt un autre, tantôt une chose, tantôt une autre, et il passe à travers tout cela. Tu sais, c'est... c'est absolument merveilleux.

Il y a toute la vieille habitude, simplement, qui est à vaincre. Toute la vieille habitude qui, dès qu'il y a un relâchement, fait comme cela (geste de retombement) : c'est comme un caoutchouc qu'on laisse aller, et ça recommence ; alors on a mal, on a... Et dès qu'il s'identifie à cette Vibration, alors ça devient comme une expression... radiante, n'est-ce pas, de la Conscience, et alors tout est smooth (je ne sais pas comment dire), c'est sans heurts, sans difficultés ; et alors, si on se laisse aller comme cela, ça devient une merveille. Ça devient une merveille. Malheureusement, il y a toute l'influence du monde extérieur qui fait qu'il a de la difficulté à être tout le temps comme cela, qu'il a tendance à retomber dans la manière habituelle. C'est pour cela que ça ne peut pas s'installer d'une façon définitive.

Le corps devient conscient comme s'il avait une vision de vérité pour voir tout le mensonge précédent. Tout ce qu'il a fait, même quand l'être intérieur savait et qu'il y avait la conscience qui s'éclairait et une bonne volonté générale... toutes ces imbécillités à cause de ce sens d'une personnalité séparée, tout cela devient clair, devient très clair, et alors la vision qui commence. Et pendant qu'il est dans cet état où la vision est claire, tout devient simplement merveilleux – mais ça ne peut pas durer. Ça ne peut pas durer surtout à cause du contact constant... (geste autour de Mère).

Mais même sans contact, par exemple dans la nuit, il peut rester une heure, deux heures dans cet état, et puis tout d'un coup, on ne sait pas ce qui arrive : ah ! il retombe dans la vieille manière, alors... Alors on a mal ici, on a mal là, on est mal à l'aise, oh !... dégoûté. Et puis simplement, quand on remonte et que toutes ces divisions disparaissent, alors c'est si clair ! si clair, si transparent, et si simple! si simple !...

La vie pourrait être si merveilleusement simple et belle... Vraiment, l'homme l'a rendue imbécile.

Je comprends très bien que c'était nécessaire pour triturer la matière, mais... le moment est venu pour que ce soit fini, qu'on se sorte de là.

Et l'impression, c'est que la forme visible est autant (au moins autant) le résultat de comment on est vu par les autres, au moins autant que de comment on est soi-même... Je ne sais pas comment expliquer cela. Mais il y a une manière d'être qui est produite par la vraie conscience, qui est sentie d'une façon tout à fait concrète, mais qui est comme... pas positivement en contradiction mais tout à fait différente de comment on se voit de la manière dont les autres vous voient... Les yeux commencent à voir de deux manières. La vieille manière est en partie voilée par la nouvelle manière, et quand quelqu'un d'autre vous voit, on se voit de la manière dont les autres vous voient... C'est difficile à expliquer.

Et c'est pour cela qu'il y a quelque chose à trouver pour que ce soit indépendant de l'influence de tout le monde.

Par exemple, la nuit, le corps est plus grand et il est actif, il fait des choses (c'est ce corps subtil qui fait des choses, qui est actif, qui a une existence dont il est tout à fait conscient), et il est différent de ça (Mère touche la peau de ses mains), mais c'est un corps qui est physique dans le physique subtil, et c'est déjà une chose permanente, dans le sens que l'on reste comme cela, on retrouve les choses comme on les a laissées (elles existent d'une façon permanente, mais elles ne sont pas visibles avec la vision ordinaire, mais elles ont une existence logique et continue), eh bien, là, la forme est l'expression vraie – l'expression vraie de l'état de conscience ; tandis qu'ici, la forme est le résultat de... (Mère rit) on pourrait dire de tout le mensonge répandu dans la conscience.

Les gens qui me voient la nuit (ceux qui ont cette vision dans le monde subtil), ne me voient pas comme cela (Mère désigne son corps) : ils me voient comme je suis, et ils le disent – ils disent : «Ah! mais vous êtes comme ceci, comme cela...»

Mais pour que l'un prenne la place de l'autre...?

Et cette Conscience sait expliquer merveilleusement (pas avec des mots : en vous faisant avoir des expériences l'une à côté de l'autre).

Par exemple, beaucoup de gens disent qu'ils ne peuvent pas réaliser la différence entre une aspiration, un effort spirituel, et un désir ; pour eux, dans la sensation, c'est difficile à séparer ; cette Conscience explique cela, vous montre, vous donne l'un et l'autre et la différence – merveilleux ! merveilleux d'exactitude. Maintenant, le corps SAIT, sait parfaitement quelle est la différence – et c'est une différence formidable – entre l'aspiration ou l'effort, la vibration qui vous fait devenir une chose ou obtenir une chose, et puis le désir. Maintenant, le corps sait. Il sait. Il a eu cette démonstration dans tous les détails avec la nourriture...

Il y a très longtemps que le corps est très indifférent à la nourriture (probablement c'est pour cela), mais ça lui a été démontré avec une chose, la façon d'être en relation avec cette chose ; on lui a montré comment est le désir et comment est l'harmonie qui fait que la chose est bienfaisante ; elle lui a montré aussi, pour qu'il comprenne bien, à quel point l'indifférence totale n'est pas bonne non plus – ce n'est pas comme cela, ce n'est ni le désir ni l'indifférence totale, ni ceci ni cela, mais c'est comme cela (du bout du doigt, Mère semble suivre une minuscule vibration) : d'une certaine façon, avec une certaine vibration, la chose que l'on prend est neutre (c'est-à-dire qu'elle ne peut pas vous faire de mal, elle est neutre ); cette même chose, si vous la prenez avec une certaine vibration, elle est bienfaisante ; et alors : montrant comment les vibrations du désir sont funestes – tout cela, en détail.

De toutes petites choses, mais si claires, si précises !... pendant que l'on est en train de manger, alors c'est tout à fait concret.

C'est un mentor, cette Conscience. Elle sait, mon petit ! elle sait des tas de choses que les hommes ne savent pas !

Tout ce qui se passe dans les gens, leurs réactions, les mouvements. Et puis c'est en rapport avec les oiseaux, c'est en rapport avec les fleurs – ils répondent, les oiseaux répondent très bien... Vraiment, c'est intéressant, on pourrait écrire des choses très intéressantes, mais il y en a de trop !

(silence)

Les nuits sont meilleures ?

Oui-oui ! douce Mère.

Tu t'endors dans cette Conscience – tu l'appelles, tu l'appelles... (Mère fait le geste de s'envelopper dedans), c'est très confortable, oh !... C'est une espèce de douceur dorée – c'est très confortable – que le corps sent très bien.

🔥

L'expérience de la Présence divine dans le cœur, Agni, l'être psychique, du Krishna, bouddha, ou christ intérieur, et l'ouverture au-dessus au jivatman, au Soi, au Brahman impersonnel et même à Satchidananda... sont des expériences traditionnelles mentionnées par les sages et les saints de différentes traditions.

Par contre, Mère insiste et rappelle souvent que cette Conscience descendue en 1969 est une chose tout à fait nouvelle pour la terre.

À nouveau, Mère nous donne des indications très utiles pour notre compréhension de cette Nouvelle Conscience et plus encore, pour en faire l'expérience. 

Au moment de nous coucher, prendre l'habitude d'invoquer cette Nouvelle Conscience et apprendre à nous envelopper en elle, voilà qui est une belle pratique à développer dans notre sadhana.

Voyons l'Agenda suivant.  

12 avril

Cette Conscience est en train de montrer au corps, de lui faire... non pas comprendre, mais sentir (Mère palpe l'air)... ce n'est ni sentir ni comprendre : c'est devenir conscient des vibrations qui appartiennent (comment dire ? on pourrait dire «à la destruction»), qui appartiennent au processus de destruction dans le monde, et les vibrations qui appartiennent au processus du progrès sans destruction.

Ce sont des expériences qui durent plusieurs heures tous les jours, qui vous font sentir, percevoir les deux comme cela, avec une distinction très claire, très claire, dans ce que les gens font, dans ce que les gens disent, dans la relation avec les événements, et puis les différents états de conscience (tout se passe dans la conscience, n'est-ce pas, ce n'est pas une pensée du tout, ce n'est pas formulé, je ne sais pas comment expliquer).

Et aussi, elle enseigne l'action dans le silence – à distance et dans la présence. Toutes sortes de choses ; tout le temps, tout le temps à enseigner quelque chose. Et pas formulé, il n'y a aucune formule, ce ne sont pas des pensées : ce sont des états de conscience. Et c'est la relation entre les différents états de conscience : comment ils s'imbriquent les uns dans les autres, comment ça se mélange, comment ça peut se séparer, comment... Ça ne peut pas s'expliquer : ça peut se vivre (ça apprend au corps à vivre), mais ça ne peut pas s'expliquer. Pour tout – pour tout, toutes les activités.

Dès que l'on essaie de formuler, vient cet élément mental dedans. Ce n'est plus ça.

Très-très actif. Et c'est tout le temps une activité comme cela, de démonstration, d'enseignement – dans l'action, dans la vie (pas mental, pas dans la pensée). Et dès que, par exemple, la parole vient, ça enlève de la vérité de la chose, je ne sais pas... Ça en fait comme de la littérature.

On ne peut rien dire.

(long silence)

Oh! c'était si intéressant, ce matin ! si intéressant ! la différence entre les vibrations qui font le progrès sans avoir besoin de la dissolution, et les vibrations qui appartiennent à la vieille méthode de dissolution. Et alors, tout le temps, tout le temps, pour toute chose – tout le temps, toute chose. Et comment ça s'imbrique, comment ça peut se séparer... tout à fait intéressant.

Dès que c'est expliqué, c'est fini, ce n'est pas ça – ce n'est pas ça, c'est l'essence même de la chose qui est perdue.

Ce ne sont rien que des mouvements de conscience.

🔥

Là encore, c'est formidablement intéressant. Continuons notre exploration avec les Agendas suivants. 

Elle a soif de lumière et ne peut vivre sans elle.

🔥

16 avril

Tiens (s'adressant à Satprem), tu sais, j'ai demandé à la Conscience ce qu'il fallait pour qu'on la reçoive sans qu'elle soit déformée, et alors elle m'a répondu (Mère lit une note) :

«Il faut pouvoir se tenir dans la lumière de la Conscience Suprême sans faire d'ombre.»

(Satprem :) Sans faire une ombre, oui.

C'est ça qu'elle a répondu.

(F.B :) C'est-à-dire s'oublier totalement ?

(Satprem :) Être tout à fait transparent.

Mais ça, c'est tout là-haut ! (Mère rit)

(...)

C'est très intéressant (Mère désigne sa note) : il y avait l'expérience de la Conscience, la lumière de la Conscience...

(…)

C'était magnifique, ça, mon petit (Mère désigne sa note), c'est-à-dire qu'elle travaille-travaille-travaille... elle travaille : elle enseigne – nuit et jour, elle enseigne au corps. À ce point de vue, c'est merveilleux. Et elle va comme cela (geste qui se promène partout). Et alors, naturellement, il y a des gens qui s'imaginent que toutes leurs fantaisies sont le résultat de cette Conscience...

Un jour, je recevais quelqu'un ici (en fait, c'était R), et alors le corps demandait comme cela, à cette Conscience, demandait : «Comment? comment contrôler pour qu'il n'y ait pas de mélange de tous les mouvements inférieurs avec cette lumière-là ?» Et alors (j'étais assise ici), il est descendu comme une colonne, large comme cela (geste de 1 m 50 de large), là (geste devant Mère), comme une colonne de lumière.

Mais c'est descendu dans LA chambre, mon petit ! Je n'étais pas «ailleurs»: j'étais ici. Au point qu'avec les yeux, je voyais. Une lumière... indéfinissable, éblouissante, mais... je ne sais pas... si tranquille ! Je ne peux pas dire, je ne sais pas comment expliquer... si stable, si tranquille. Éblouissante. Et ça n'avait pas de vibrations. Et la couleur... indéfinissable, dans le sens que ce n'était ni blanc ni doré ni... mais c'était... c'était comme si TOUT était là. On ne peut pas décrire. Merveilleux. Et puis alors, cette Conscience a pris ma conscience, elle a fait comme cela (geste tournant qui part de Mère à gauche, passe à travers cette colonne de lumière, puis revient à Mère à droite)... Je l'ai sentie (cette colonne de lumière au moment où la conscience de Mère est passée à travers). Je l'ai sentie, mais je n'ai rien vu (pas d'ombre). Je n'ai rien vu, j'ai vu seulement comme un petit mouvement, mais... C'était comme un petit mouvement, mais c'était de la même lumière.2

2. Le «petit mouvement», c'est le passage de la conscience de Mère à travers la colonne de lumière, c'est-à-dire que la conscience de Mère était de la même couleur ou de la même lumière que cette colonne.

Et puis ça a passé à travers la colonne, puis c'est rentré (dans Mère). Et alors, ça a pris la conscience de R (même geste tournant qui part de R, fait passer sa conscience à travers la colonne de lumière, puis revient à R), ça a passé, et alors il y avait un «outline» (au passage dans la lumière), comme un contour – un contour –, et à la place de la tête, c'était bleu, c'était devenu bleu (l'ombre dans la lumière) ; R faisait comme cela : un contour. Et puis elle m'a dit quelque chose (pas avec des mots, mais ça s'est traduit en mots immédiatement, comme cela, en anglais) :

«When you stand in the light of the Supreme Consciousness you must not make a shadow. »3

3. «Quand on se tient dans la lumière de la Conscience Suprême, il ne faut pas faire d'ombre.»

Et alors, avec cette expérience, c'était tellement réel et intense !... Elle a dit : «Ça, c'est la condition – c'est la condition.» Et puis, une demi-heure après, elle m'a dit cela en français : ça s'est traduit en français.

J'ai donné le texte à cette personne. Ça ne peut pas être publié comme cela parce qu'il faut toute une explication (et je crois qu'il vaut mieux ne pas le publier, je ne sais pas). Il faut toute une explication. Ou alors, on pourrait mettre :

«Pour pouvoir recevoir la nouvelle conscience sans la déformer...

Puis le texte :

«...Il faut pouvoir se tenir dans la lumière de la Conscience Suprême sans faire d'ombre.»

Les mots... quand on n'a pas eu l'expérience, les mots sont... ils n'ont pas ce que l'expérience a donné : cette puissance. C'était tellement intense, n'est-ce pas ! Depuis, le corps est tout le temps à «penser» ça : «Pas faire une ombre, pas faire une ombre...» Et la transformation de la conscience du corps est en train de se faire avec une rapidité formidable.

Mais j'avais les yeux ouverts, je n'étais pas en transe, j'étais en train de parler à R. Je l'ai vue comme cela : elle a pris ma conscience... (même geste tournant).

Ça t'a enveloppé, ou quoi ?

Non : c'était en face de moi (cette colonne de lumière), comme cela, entre moi et R. En face de moi, une couche, comme une couche. Entre moi et la fenêtre. Et alors, c'était comme si ma conscience était prise et passait dedans (même geste). Et puis je regardais et je ne voyais rien (pas d'ombre, pas de trace), mais je sentais, je sentais. Il y a eu un petit frémissement (au passage).

Et puis, pour faire la démonstration, elle a pris la conscience de R et l'a fait passer dedans ; et alors, il y avait le contour comme cela, avec la tête : le contour, on voyait le contour, c'était devenu un peu gris dans l'ensemble, mais pas foncé du tout ; et à l'endroit de la tête, c'était plus bleu ; c'était bleu, c'était opaque : la tête, la forme de la tête comme cela, un contour. Alors j'ai compris tout à fait ce que cela voulait dire : «When you stand in the light of the Supreme Consciousness, you must not make a shadow.» [Quand on se tient dans la lumière de la Conscience Suprême, il ne faut pas faire d'ombre.]

Et c'était une expérience donnée AU CORPS – je te dis, les yeux étaient ouverts ; j'ai senti la conscience... (même geste tournant). On ne peut pas décrire, exprimer.

Depuis ce moment-là, le corps est plein d'une intensité de vibration, d'aspiration, de... Et une volonté formidable de se débarrasser de tout mensonge possible, tout-tout-tout.

(silence)

C'est resté longtemps. C'est resté au moins un quart d'heure, longtemps ; et j'avais envie de faire comme cela (Mère se frotte les yeux comme si elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait). C'est la première fois que le corps physique a une expérience comme cela, les yeux grands ouverts. Et je l'ai vue descendre-descendre, comme cela, et s'installer et rester là. Et alors, c'était comme si toutes les cellules avaient soif-soif-soif de ça – c'était merveilleux ! inexprimable.

Pas d'ombre, c'est-à-dire pas d'ego.

Oui, justement, c'est cela. Ça veut dire pas d'ego.

(silence)

Et j'ai compris. J'ai compris à quel point ça a été une grâce – vraiment une grâce merveilleuse – de m'enlever mon mental et mon vital. Naturellement, c'est parce que le psychique était tout à fait en possession du corps que cela pouvait se faire, autrement... (Mère rit, montrant que, autrement, elle aurait complètement décroché de son corps). C'est-à-dire que ce n'est pas un procédé à recommander, mais c'était très radical. Mais ça a été merveilleux.

Mais l'abolition du mental, ce n'est pas la même chose que cette complète tranquillité du mental ?

Non.

Ce n'est pas la même chose.

Non.

Qu'est-ce que l'on peut faire pour abolir le mental ?

Non, je crois qu'il ne faut pas. Je crois que ce qu'il faut, c'est cette tranquillité absolue pour que Ça puisse passer au travers sans se déformer. L'abolition (chez Mère) avait été faite parce qu'il voulait essayer le processus de transformation des cellules du corps, et le corps était déjà très vieux, n'est-ce pas, alors il fallait aller vite. C'était pour la rapidité du mouvement. Mais je vois que, évidemment, c'est risqué...

Cette expérience (de la colonne de lumière) est venue si spontanément, sans effort, sans concentration, rien ; et pour le corps lui-même : visible comme cela (geste les yeux grands ouverts). Je ne voyais plus la fenêtre, le meuble là, je ne voyais plus ; je ne voyais plus : elle était là comme cela ; elle était là, ici ; elle était ici (geste entre Mère et la fenêtre). Comme si elle était là physiquement, tu comprends.

C'est en train d'apprendre de tout-tout petits détails, de toutes petites choses, tout le temps, tout le temps, nuit et jour.

(…)

Comment vas-tu?

Ça va bien.

Les nuits ?

Oui-oui. Je vais recommencer à travailler.

Pas trop. Pas trop, il faut en profiter pour... Tu la sens, cette Conscience-là ? Non ?

Quand je me concentre... Je ne sais pas, je trouve qu'il y a quelque chose de solide.

Oui. C'est en train de changer les choses. C'est curieux, ça a l'air d'être tout pareil et ça devient très différent. Au Canada, il y a des tas de gens qui se sont mis en contact avec cette Conscience. Je reçois des lettres étonnantes.

🔥

19 avril

Tout est dans une espèce de tohu-bohu. Tout le pays. Tu sais qu'il y a un gouvernement communiste au Bengale maintenant... Il vaudrait mieux ne pas l'enregistrer (Mère touche le micro).

Je pourrai l'effacer.

Et alors, il y a eu des scènes (je ne sais plus en détail), mais des scènes assez désagréables, puis une sorte d'émeute, et l'armée a dû tirer. Il y a eu quatre personnes de tuées.2 Alors le gouvernement communiste veut arrêter les quatre soldats qui ont tiré, en disant... enfin que c'est tout à fait bon. On a dit cela au commandant de l'armée, là, qui a dit: «Si l'on vient arrêter mes soldats, moi, j'arrête les gens! J'arrête la police et je la mets en prison...» J'ai trouvé ça charmant. Mais je venais juste de voir N.S.3 – tu connais N.S. – qui était venue de la part d'Indira pour me poser des questions en me demandant ce qu'il fallait faire.4

2. Incident de Cassipore.

3. Ministre du gouvernement central et amie (à l'époque) de Mme Gandhi.

4. Nous publions en addendum le compte-rendu de cette rencontre.

(...)

Depuis... depuis des années, au temps même où Sri Aurobindo était ici, il y avait la vision – une vision intérieure – que l'Inde était l'endroit où allait se décider le sort de la terre. Alors il y a les deux possibilités opposées. C'était comme s'il était dit que s'il y avait la guerre, c'était sur l'Inde qu'elle serait ; que le conflit mondial... (comment dire ?) la partie se jouerait sur l'Inde. Mais est-ce que la Force de Paix sera suffisante pour empêcher la guerre ? Toute la question est là. Mais c'est ici qu'est le tourbillon des forces, au-dessus de l'Inde.

Et depuis que cette Conscience est venue, les choses se précipitent. Ça a donné une rapidité de mouvement aux circonstances. Et alors, ça devient violent, comme cela. Et le... oh ! le mensonge, la duplicité, le... oh !... c'est comme si tout ça remontait à la surface – c'est hideux. Et est-ce que... est-ce que la Force d'Harmonie et de Paix sera assez forte pour... pour digérer tout ça ? Je ne sais pas.

Je croyais (il y avait toutes sortes de choses qui se passaient, comme des images de possibilités), et je croyais que c'était dans la constitution du corps : que ça sortait afin d'être purifié ; mais je m'aperçois que c'était peut-être cela en partie, mais que toutes ces images correspondent à des choses qui sont en train de se passer (mondialement), et alors si elles sont véridiques... les suivantes sont plutôt catastrophiques.

Il y a toujours cette volonté intérieure de... (geste de pression pour établir la paix). Comme si c'était, je ne peux pas dire un dernier conflit, mais ça devient... ça devient immédiat.

C'est comme un conflit entre les forces qui veulent détruire la terre, et la transformation terrestre. Si ces forces peuvent être checked, peuvent être maîtrisées et réduites à l'impuissance, alors le progrès terrestre et la transformation vont aller en flèchemagnifique ! Mais maintenant, c'est comme si de tous les côtés... des monstres qui viennent pour empêcher.

(Compte-rendu de la visite de N.S., le 17 avril 1969. 
Ces paroles ont été notées de mémoire et sont donc approximatives.)

Point 9/13 :

Mère dit encore : la nouvelle Conscience qui est descendue le 1er janvier, est très active, et nous arrivons à un moment très critique de l'histoire du monde – c'est très intéressant de regarder comment les choses arrivent.

Cette nouvelle Conscience est en train de préparer le surhomme ; c'est pourquoi il y a de grands changements partout.

Quand le premier homme est apparu, l'animal n'avait pas de mental et ne pouvait pas se rendre compte de l'évolution ; l'homme a un mental et il peut se rendre compte ; c'est pourquoi nous arrivons au moment le plus intéressant de l'Histoire.

Si l'on peut rester dans cette Conscience et regarder d'en haut les événements, on peut voir comme ils sont petits, futiles, et on peut alors agir dessus avec un grand pouvoir.

🔥

C'était il y a 57 ans... et malgré les guerres en Ukraine, en Iran et les tensions partout ailleurs, il semble de plus en plus évident que les forces qui veulent détruire la terre sont désormais agonisantes, en vérité, tout disciple du yoga intégral ne peut croire une seconde en leur victoire. Voyons les derniers Agendas de ce mois d'avril 1969.

26 avril

Quel est le pouvoir de la foi ?

Quand vous avez la foi, vous vous mettez sous la domination du Divin, qui est tout-puissant.

*
*   *

Peu après

Tu sais que L est allé à Delhi pour voir Indira. Il lui a porté un message à propos de la situation là-haut (au Bengale). Alors, après, à la fin de la conversation, il lui a parlé de la nouvelle Conscience, et il lui a dit qu'il fallait qu'elle s'ouvre à cette Conscience, qu'elle était toute-puissante (il m'a répété tout cela), elle était toute-puissante ; et il lui a même dit : « Et même s'il y a un feu, vous pouvez traverser le feu sans danger si elle vous protège », quelque chose comme cela. Et au moment où il me racontait cela, il y avait là-haut (dans le Nord de l'Inde) une réunion du Congrès2 dans un grand « pandal »,3 et le pandal a pris feu et entièrement brûlé ! et Indira était là, elle est sortie sans dommage – au moment même où il m'en parlait ! C'est amusant ! (Mère rit)

Elle commence à avoir vraiment la foi.

2. Réunion du All India Congress Committee à Faridabad (U.P.).

3. Sorte de dais.

(silence)

Alors, cette question : « Pourquoi la foi ? » c'est comme si l'on disait : pourquoi la foi a-t-elle du pouvoir ? Au fond, c'est stupide, non ?

(long silence)

Il y a eu des choses bizarres... et alors j'ai pensé que c'était peut-être encore le résultat de ce qu'ils font là-bas, et j'étais en train, comme cela, de regarder (en fait, je tâchais de mettre la Lumière et la Paix partout), quand cette nouvelle Conscience m'a dit quelque chose (Mère cherche une note)... Elle ne m'a pas « dit » : elle m'a montré. Elle m'a montré les vibrations de ceux qui veulent faire du mal (tu sais comment c'est là-bas), des vibrations, des formations, et elle m'a montré que quand elle était autour de quelqu'un, autour d'une personne, ces vibrations viennent et sont rejetées violemment sur la personne qui les a envoyées. Et alors elle m'a montré aussi comment, en retournant, elles prennent juste la forme qui peut affecter cette personne !

Ça a été vu, comme cela. Et après, elle m'a fait écrire (Mère désigne la note). Et j'avais écrit sans mettre la première phrase :

«Adressé aux gens de mauvaise volonté»

J'avais écrit sans mettre de titre, alors elle a encore insisté, elle a dit : « Non, il faut mettre ça, c'est très important. »

«Le mal que vous avez fait volontairement

vous revient toujours sous une forme ou sous une autre.»

(dit par la conscience du S.H.)

Et n'est-ce pas, c'est une chose pratique : c'était fait comme cela ; il m'a montré (Sri Aurobindo) que c'était comme cela : « Tu fais comme cela. » Alors si, vraiment, ce qu'il m'a montré est établi dans le monde maintenant, ça doit avoir des conséquences extraordinaires.

Dans les hauteurs mentales, le bouddhisme avait déjà dit quelque chose comme cela : que votre pensée, votre volonté, fait le tour du monde et vous revient; il dit : « Ne croyez pas que vous pouvez impunément faire quelque chose, parce que ça fait le tour du monde et ça vous revient. » Mais là, c'était... Il me montrait les vibrations mauvaises avec leur volonté de nuire, il montrait comment elles venaient, comme cela, et puis que quand elle était là, cette Conscience, autour de quelqu'un, ça cognait et ça retournait, ça rebondissait comme sur un mur – ça cognait et ça retournait. Et en route, ça s'adaptait pour bien être ce qu'il fallait pour frapper la personne.

C'est ce que j'ai vu.

Alors elle m'a fait écrire cela après, comme si je parlais à ces gens.

(…)

J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de mauvaises volontés en ce moment – beaucoup de forces de mauvaise volonté.

Oui. Mais oui ! Mais ce message de Sri Aurobindo sur la Grâce, c'était presque, pour moi, une révélation.4 Je me suis dit : « Comment ! il y a des gens qui refusent la Grâce...» Et depuis lors, plusieurs personnes me l'ont dit. C'était une chose, pour moi, presque impensable.

4. Message donné pour le darshan du 24 avril :
«Le meilleur moyen possible est de laisser la Grâce Divine travailler en vous.
Il ne faut jamais la contredire, jamais être ingrat et se retourner contre elle ;
mais au contraire, la suivre toujours vers le but
de Lumière, de Paix, d'Unité et d'Ananda.»

Mais l'impression est que les choses vont vite et qu'il y a un changement très radical – dans les gens aussi.

Ça (Mère désigne sa note), c'est venu quand j'étais en train de regarder, d'abord ces actions là-bas (au Vatican) ; et puis ici, dans l'Inde, il y a un monsieur... qui est un vilain monsieur (j'ai vu sa photo), un méchant homme qui veut entrer au Parlement (il n'est pas au Parlement) pour pouvoir démolir Indira.5 Il s'est mis ça dans la tête. Alors elle avait peur. On lui a dit de ne pas avoir peur et comment il fallait faire, etc. Il n'est pas encore élu (je ne sais pas, c'est le mois prochain que doit avoir lieu l'élection). Mais je regardais cela, et c'est en réponse à ma concentration que c'est venu ; c'est venu comme cela : d'abord la vision, puis les explications.

5. Un ancien ministre du gouvernement central : S.K.P.

Il semblerait qu'il y ait comme une rage chez les forces adverses, qui sentent que quelque chose de radical est en train de se passer, et elles veulent l'empêcher à tout prix – c'est imbécile, d'ailleurs, c'est tout à fait stupide... Mais on pourrait presque dire que c'est bien, parce que justement elles donnent l'occasion... elles se mettent dans les conditions de recevoir la réponse : le choc en retour.

Mais cette nuit, j'ai vu quelque chose.

Ah !

J'ai vu une immense mer qui était dans un état de violence fantastique, une mer démontée, avec des creux, des tourbillons formidables (et une lumière couleur d'acier), et à côté de cela, une énorme vague, comme une montagne, derrière laquelle j'étais, qui venait se cogner contre cette espèce de mer démontée et tout rejeter, et il y avait comme quelque chose qui venait par-dessus – de cette collision, il y avait quand même des petits éclats qui venaient par-dessus cette montagne et qui me retombaient sur la tête. Mais j'ai vu cette énorme masse (je ne sais pas ce que c'était) de force, de puissance, et puis cette mer démontée qui venait se heurter contre cette montagne... Ça avait l'air d'être des puissances très gigantesques.

Mais c'est ça, c'est l'image de ce que j'ai vu. Ça a excité la résistance.

Mais la Conscience était tout à fait souriante – d'une certitude absolue. Elle montrait, elle était là, n'est-ce pas, autour de quelqu'un (une personne imaginaire), elle était là comme cela autour, et c'était vraiment avec le sourire : ça venait (geste montrant l'assaut des vibrations mauvaises) et dès que ça touchait Ça, c'était rejeté – rejeté, mais avec une puissance formidable !

Oui, c'est ce que j'ai vu aussi. C'était rejeté avec une puissance formidable. Et pourtant, c'était comme un océan en violence, et à côté de cet océan, il y avait une montagne d'«eau» encore plus puissante que tout cet océan en violence. C'était formidable.

C'est cela.

Et effectivement, l'océan venait se cogner contre cette montagne et était rejeté.

C'est tout à fait cela.

Mais je recevais quelque chose sur la tête !

Ça te faisait mal à la tête ?

Non, mais par-dessus cette montagne, il y avait quelque chose qui venait me retomber sur la tête. J'ai vu ça. Ça ne me faisait pas mal, j'ai dit : tiens ! simplement.

Dans cette Conscience, il y a vraiment une puissance extraordinaire.

Et elle encourage à l'action – elle encourage. Avant, quand on me disait que quelqu'un était malade ou qu'il y avait un accident, une chose comme cela, je faisais seulement ça (geste d'offrande, les deux mains vers le Haut) : je le présentais au Seigneur suprême, et c'est tout, je restais comme cela (geste immobile, passif).

Maintenant, cette Force m'encourage à prendre... (riant) à prendre le Seigneur suprême et à le mettre comme ça (geste comme une épée) sur l'événement. Tu comprends, au lieu d'être comme cela (geste d'offrande passive), c'est comme cela (geste comme une épée). Ça répond. C'est curieux.

(silence)

Mais ça va mieux ?

Oui-oui, ça va mieux !

Ça ne te fait pas mal à la tête (!)

Non ! Mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui s'acharne.

Ah! oui. Oh ! oui, ooh !...

Mais c'est pour cela que cette Conscience m'a dit cela, c'est pour... c'est pour que l'on soit, on RESTE dans la Conscience, tranquille, paisible, comme cela (geste enveloppé).

Mais sans l'acharnement, les choses pourraient durer longtemps-longtemps, n'est-ce pas ; avec l'acharnement, ça rend le conflit plus prompt. Et elle, c'est cela qu'elle... C'est cette confiance qu'elle voulait donner. N'est-ce pas, il ne faut pas sortir de cette Conscience. Elle a le pouvoir. Et c'est fantastique.

Et au fond, ce message de Sri Aurobindo, c'est presque cela : ne sortez pas de cette Conscience, ne refusez pas cette Conscience. C'est la Grâce qui vous l'envoie, ne la refusez pas.

Remplacer le mouvement d'offrande passif par ce mouvement d'imposer le Seigneur comme une épée, voilà un belle pratique a expérimenter dans notre sadhana...

Mère parle d'une rage chez les forces adverses... C'est curieux, c'était en 1969 et cela pourrait encore s'appliquer maintenant... même si je reste sur cette impression que depuis 1969, les forces adverses ont perdu beaucoup de force. 

Pour terminer cette compilation du mois d'avril 1969, d'une façon générale, deux choses sont intéressantes : 

➡ quand Mère parle de la Nouvelle Conscience,

➡ quand cette Nouvelle Conscience fait vivre des expériences à Mère.

Les deux sont une manière de comprendre comment fonctionne cette nouvelle conscience. Lorsque cette Nouvelle Conscience enseigne quelque chose au corps de Mère, en nous le racontant, c'est comme si Mère voulait que cela s'adresse à tous les corps. J'exagère peut-être, je me trompe peut-être, mais il me semble que par la loi-même  de l'unité, que tout ce qu'apporte cette Nouvelle Conscience, tout ce qu'elle explique, nous concerne tous au premier chef.  

Souvenons-nous de cette petite phrase mentionnée par Mère dans un autre Agenda : cette Nouvelle Conscience cherche des instruments. Et peut-être que mieux nous la comprendrons, plus son travail sera facilitée. 

Aussi, j'ai laissé ce dernier Agenda dans son intégralité car tout y est intéressant. 

30 avril 1969

Cette Conscience est vraiment extraordinaire, elle a un sens de l'humour, tu sais !... Elle est en train de faire l'éducation du corps, à commencer par balayer toutes les notions morales.

Et alors, le corps est spontanément dans une espèce d'adoration, et cette Conscience, tout d'un coup, lui a montré un grand, énorme serpent, avec deux formidables dents, qui était comme cela (dressé devant Mère), et en même temps, elle donnait l'explication : «Les dents du poison... C'est la Bonté Suprême qui a inventé ça, n'est-ce pas...» Tu sais, d'une façon si... C'est irrésistible. Et alors, ce pauvre corps restait comme cela, un peu sidéré... Il s'est aperçu qu'il n'avait jamais pensé à cela ! Il avait pris les choses comme elles sont, le monde comme il est, et il n'avait jamais pensé à cela : «Comment cela peut-il exister, ça ?»... (Riant) Il lui a fallu un quart d'heure pour se remettre d'aplomb.

Et tout le temps, c'est comme cela. C'est une lutte acharnée contre toutes les conventions possibles. Et en même temps, c'est comme si elle tâchait d'inculquer le sens d'un pouvoir irrésistible. Et qui n'est pas un pouvoir personnel, du tout ; ça n'a rien à voir avec la personne ; seulement on doit être en accord avec la Conscience qui régit le monde, et cette Conscience a un pouvoir irrésistible.

Mais elle balaye toutes les notions – toutes les notions –, vous fait voir la stupidité des notions que l'on a ensemble (dans la même conscience) et dont l'une naturellement contredit l'autre – tout cela.

Et alors, dès que l'on est tranquille (après une chose comme ce serpent : ça dure une minute, deux minutes, dix minutes, cinq minutes, cela dépend des cas, mais une fois que l'on reste comme cela, paisible), il y a une espèce de sens d'immensité sans limites, d'une... en anglais, on appelle cela ease [aise], c'est-à-dire une chose extrêmement paisible, et vibrante en même temps, où on a l'impression que tout est – tout-tout – est harmonieux, comme cela, tout.

Et c'est comme cela dans une grande intensité de lumière qui a une tendance à être dorée (mais ce n'est pas doré, je ne sais pas ce qu'est cette couleur-là, mais ça a tendance à être comme cela), une lumière comme cela. Et alors, si l'on reste là, tout va bien – tout va bien: le corps va bien, tout va bien. Et dès que l'on sort de ça et que l'on entre dans les autres mouvements, alors on voit que tout-tout est... que c'est un monde de contradictions, que tout est contradiction : chaos et contradictions. Et là, tout est parfaitement harmonieux.

Ce pauvre corps, il prend ses leçons comme cela. Alors il n'essaie plus de rien comprendre. Il a compris qu'il ne peut pas comprendre ; il dit : «Bien, qu'on fasse de moi ce que l'on veut.»

Ce serpent, tu sais... Pourquoi tout d'un coup cette vision ? Je ne sais pas... J'étais dans un état où j'essayais d'établir une harmonie générale – probablement, c'était trop limité ou incomplet ou... Et alors ce serpent est venu.1

1. Peut-être Mère veut-elle dire que le «poison» est une arme non pas pour faire «mal»,
mais pour briser les limites «harmonieuses» dans lesquelles on allait s'enfermer.

N'est-ce pas, l'univers, c'est le Seigneur manifesté, et alors ce corps, c'est pour lui la perfection de toute façon, mais évidemment il est incapable de comprendre ; et tout d'un coup ce serpent est venu comme cela, et c'est venu de telle façon qu'il s'est dit : «Tiens ! je n'y avais jamais pensé» (ce n'est pas vrai, n'est-ce pas).

Il y a toutes les théories qui expliquent le mal comme l'action des forces adverses dans l'univers, mais ça paraît tout à fait enfantin. Et comme toujours, ça a montré quelque chose de très subtil dans le jeu des forces (et alors pour essayer de faire comprendre [le mal], est née l'idée d'une «suite dans le temps», ce qui est absurde, c'est-à-dire les créations successives). Et il y avait une chose très subtile, qui était que ces dents empoisonnées, c'est une défense, ce n'est pas une attaque, et elle prouvait que c'était la défense parce que les dents empoisonnées ont existé après l'attaque – mais comment expliquer cela, je ne sais pas.

(Mère semble regarder un monde de choses simultanées et tâtonne dans les mots)

En tout cas, c'était encore un tournant décisif dans le développement de ce corps.

Voilà une remarque très curieuse. En quoi, cette question assez métaphysique sur le jeu des forces adverses dans l'univers, l'idée que le mal serait lié à une suite dans le temps pourrait être un tournant décisif dans le développement du corps ? Peut-être parce que, ce que nous appelons "le mal", nous l'avons aussi en nous. Je ne sais pas.

Il a encore eu l'impression que tout ce qu'il savait, tout ce qu'il croyait, tout cela, c'est... rubbish comme l'on dit en anglais [des bêtises], et que, à moins que l'on ne soit dans cette Conscience absolument lumineuse et absolument tranquille et contenant tout... [on ne peut pas comprendre].

«Contenant» donne encore l'impression d'une limite ; ce n'est pas «contenant» tout, mais c'est plus vaste que tout ce qui existe. Cette Conscience est plus vaste que le monde qui est manifesté ; c'est une espèce, presque de sensation, qu'il y a une Conscience qui est plus vaste : le monde manifesté «tient une place» dans cette Conscience (comment expliquer ?), ce n'est pas toute la Conscience... (C'est probablement la difficulté du corps à être tout à fait réceptif, et pourtant c'est LUI qui doit comprendre...)

Encore une fois quelle remarque étonnante ! Mais a y réfléchir, c'est très logique. La réceptivité est liée à notre capacité d'élargissement. Pour recevoir la totalité de ce qui est dans l'univers, il faut être vaste comme l'univers. La mesure de notre réceptivité est liée à la mesure de notre élargissement.

Et ça paraît être l'attitude qu'il faut garder. Est-ce une attitude ?... – C'est une manière d'être. Une manière d'être. D'abord, il n'y a pas de limites (mais ça, c'est une vieille expérience qu'il a depuis longtemps), pas de limites : il y a une sorte de capacité de s'identifier aux choses ; mais ça, comme une conséquence de la Volonté qui fait agir (de cette Volonté «centrale», pourrait-on dire, qui fait agir). Et lui, il est comme cela... (geste répandu). C'est devenu tellement aigu, cette impression de... Les deux choses (deux choses absolument contradictoires) sont devenues tellement intenses : l'une, qui est une absolue incapacité de rien comprendre à rien, que ça échappe à la compréhension de toute façon ; et puis, en même temps, il y a que progressivement les limites du pouvoir diminuent, s'estompent, s'amoindrissent. Ce Pouvoir... c'est devenu fantastique! Fantastique, le Pouvoir.

Comment ces choses s'articulent entre elles : 
l'absence de limites, la capacité de s'identifier aux choses,
et la volonté centrale qui fait agir ?

Et en même temps, ça a montré (oh ! tout le temps, tout le temps elle est à enseigner quelque chose), ça a montré comment les gens qui ont encore le sens de l'ego, quand ils reçoivent un peu de ce Pouvoir (c'est-à-dire que ce Pouvoir se sert d'eux), l'espèce d'affolement que cela produit, et pourquoi : n'est-ce pas, l'ego devient formidable.

Et ça, c'était pour montrer, pour comprendre bien la nécessité de l'état dans lequel il se trouve (il n'a presque plus le sens de son existence, un minimum ; c'est surtout rappelé par des choses qui grincent encore tout à fait matériellement). Mais si, là, à ce moment-là, il sait, ou il peut, il a le temps, ou bien il sait entrer dans cet état de... la difficulté s'évanouit comme par miracle, en un moment.

Il y a même eu quelque chose pour montrer comment, comme ça (Mère tient ses deux index étroitement serrés, puis baisse très légèrement l'index de la main droite), il y a la souffrance – comme ça, il y a la souffrance –, et puis quand c'est comme ça (Mère lève légèrement l'index de la main gauche), ça n'existe plus. (Mère recommence le même geste :) Comme cela, la souffrance ; comme cela, ça n'existe plus. Pour que le corps sache exactement dans quelle position la souffrance n'existe plus.

S'il y a UNE chose qui hante l'espèce humaine, c'est bien celle-ci : la souffrance. Et cette Nouvelle Conscience montre à Mère une solution tout à fait nouvelle. Puissions-nous trouver le chemin vers cette attitude, cette façon d'être où... ÇA N'EXISTE PLUS !

Confidence :

Dans mes intériorisations, il m'arrive assez quelquefois d'aspirer à ce que quelque chose me prenne la main... et m'emmène vers le centre psychique, ou dans les plans supérieurs ou vers l'expérience qui doit se vivre. Et généralement cette aspiration-là induit toujours quelque chose. 

Et ça, c'est tout le temps, tout le temps, nuit et jour, tout le temps, tout le temps, continu – une chose après l'autre, une chose après l'autre. Il faudrait passer des heures à raconter.

Ce matin, j'ai vu quelqu'un, et pendant dix minutes, ça a été une expérience continue de la façon de travailler : comment l'Action se produit...

Quelqu'un me parle : je vois en même temps comment est la chose telle qu'elle est, et l'opposition avec ce que cette personne dit – les deux. Et tout cela n'est pas mental : c'est une expérience concrète...

On me donne une nouvelle (par exemple, de quelque chose qui s'est passé quelque part), on me dit des mots, et alors en même temps, la chose elle-même est la, et je vois la différence entre ce que l'on dit et ce qui a été. Et ça, c'est perpétuel, tout le temps...

Les gens viennent (je vois des gens en quantité, c'est effrayant, il n'y en a jamais tant eu), je vois des gens : je vois en avant ce qu'ils pensent être et ce qu'ils veulent paraître ; derrière, ce qu'ils sont vraiment – sans effort, sans recherche, automatiquement.

Et c'est tout un effet de cette Conscience...

Et alors, quand je parle, en même temps que je parle et que j'essaie d'expliquer, il y a ce que je dis et la différence entre ce que je dis et ce qui est... (Souriant) Alors ça rend la parole un peu difficile !

(silence)

Aussi, au point de vue général, il y a comme une démonstration.

L'homme donne une grande importance à la vie et à la mort – c'est pour lui une grande différence et un événement assez capital (!) – et alors, on me montre à quel point le déséquilibre qui se traduit dans les circonstances par ce que les hommes appellent la «mort» (et qui n'est qu'une mort tout à fait apparente), comme tout le temps les deux, pour ainsi dire, sont là : cette Harmonie contenant tout, qui est l'essence même de la Vie, et cette... cette division (c'est une espèce de division, oui, de morcellement), morcellement, division apparente, irréelle, qui a une existence artificielle, et qui est la cause de la mort ; comment les deux sont imbriquées de telle façon que l'on peut passer de l'un à l'autre à n'importe quel moment et à n'importe quelle occasion.

Et ce n'est pas du tout comme les hommes croient, qu'il faut quelque chose de «grave» – ce n'est pas cela, ça peut être avec la chose la plus futile ! C'est simplement être ici ou être là (du tranchant de la main, Mère fait un geste de très légère bascule), et voilà.

Et alors, être ici (légère bascule à gauche) et y rester, c'est fini ; être ici et puis être là (geste entre les deux), être ici une seconde et être là, ça fait une vie comme cela, avec des souffrances, des ennuis – toutes sortes de choses. Et être là (légère bascule à droite), c'est la Vie perpétuelle, le Pouvoir absolu et... on ne peut même plus parler de «paix», n'est-ce pas, c'est... quelque chose d'immuable.

Et en même temps, tout est là : cet état-là et cet état-ci sont là tous les deux. Et l'homme fait une espèce d'amalgame plus ou moins maladroit de ces deux choses.

Mais quelques secondes du vrai état dans sa pureté, c'est... c'est un pouvoir formidable. Seulement... c'est encore loin-loin.

Mais je me souviens du temps où, quand il y avait une minute ou un moment de cet État, le corps avait peur – pas «peur», mais inquiet. Ça remonte à peu près à... je ne sais pas, un peu plus de dix ans. Et il y a eu toute une courbe. Maintenant, c'est à rebours : quand il se sent dans cet État, il se sent normal – il sent que c'est normal.

Mais il semble que toute la construction du monde est un frein encore, qu'il y a quelque chose... Et c'est à ce «quelque chose» que cette Conscience travaille. Il y a un changement dans la conscience terrestre qui doit avoir lieu pour que ça puisse s'établir.

Mais c'est une Action constante.

(silence)

Tout cela est évidemment d'un intérêt FORMIDABLE ! En quelques mots si simples, c'est comme si Mère nous donnait le secret de la vie et de la mort, ou l'un des secrets. 

Je crois que l'une des choses importantes est de développer notre "sensibilité", notre capacité à percevoir ces nuances apparemment entremêlement délicates entre ces différentes bascules. Et pour ça, la base indispensable, c'est évidemment tout ce qui tourne autour du calme, de la tranquillité. Dès qu'il y a une agitation, une excitation, c'est finit, on ne peut plus rien ressentir.

La fin de cet Agenda est tout aussi extraordinaire !

J'avais peut-être autre chose à te dire, je ne me souviens plus... (Mère regarde autour d'elle, trouve un papier) C'est peut-être ça.

Why do men want to worship…

(Mère rit) C'est encore cette Conscience !

It is much better to become than to worship!2

2. «Pourquoi les hommes veulent-ils adorer – 
il vaut beaucoup mieux devenir qu'adorer!»

(Mère répète énergiquement) Better to become! Why do men want to worship the Divine [Mieux vaut devenir! Pourquoi les hommes veulent-ils adorer le Divin?]; better to become! [mieux vaut devenir!]3

 

3. Plus tard, Mère a ajouté : 
«C'est la paresse de changer qui fait qu'on adore.»

C'est tout à fait cette Conscience ! C'est son genre.

Et elle a réponse à tout, tout le temps. Maintenant, elle est devenue tout à fait active...

Ça, le fait que cette Nouvelle Conscience soit EXTRAORDINAIREMENT ACTIVE est peut-être l'indication de Mère la plus fréquente. Alors, si nous ne nous en apercevons pas, c'est que nous ne sommes pas si éveillés que ça, ni très conscients.

J'ai reçu une lettre d'Y racontant ce que font tous ces jeunes qui sont arrivés pour Auroville (ils ont une place maintenant : c'est le bureau de =1, c'est quelque part derrière la bibliothèque ou devant la bibliothèque), ils ont un appartement et ils font toutes sortes de choses, y compris des «danses improvisées», et alors Y m'a écrit cela (avec beaucoup d'éloges, d'ailleurs, sur les choses), puis elle m'a dit : «Mais ce qui est important, c'est de savoir ce que Sri Aurobindo et puis vous, en pensez ?» (Mère sourit.avec ironie). Et alors (riant), cette Conscience m'a fait répondre en lui disant : «Vous n'avez qu'à voir que ça ne dégénère pas...»

Et elle a dit (je ne me souviens plus parce que ce n'est pas moi qui ai écrit) : «Voir que ça reste...», je ne sais plus les mots. Mais c'était d'une ironie, mon petit, impayable ! Et je le lui ai envoyé.

Et tout le temps, tout le temps, ça dit, ça répond. Ça m'oblige à écrire : «Réponds ça... Dis ça...» Elle a pris la place du mental, tu comprends.

C'est tout à fait intéressant.

Dans l'Agenda du 16 avril mentionné plus haut, Mère explique que l'abolition du mental est une chose dangereuse, mais là, elle explique que la Nouvelle Conscience prend la place du mental, c'est très différent et très intéressant.

Oh ! si ce mental si notre mental laborieux et tâtonnant pouvait être remplacé par cette Nouvelle Conscience, ne serait-ce qu'un peu, ce serait déjà FORMIDABLE

Ci-dessous, le document texte des 4 premiers mois sur cette Nouvelle Conscience.

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