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Dans l'une de ses vidéos Sraddhalu a évoqué un passage dans lequel Mère que l'on peut penser avec des mots, avec des idées et avec des expériences. Comme il ne donnait pas la source du texte, et que cela ne me rappelait aucun souvenir, j'ai demandé à Grok qui a mis 10 secondes à retrouver le passage. C'est dans Éducation, page 171/172.

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Le vrai progrès est dans l’élargissement de l’esprit et l’abolition des limites.

22 octobre 1971

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À propos des questions qui vont être posées aux élèves, je voudrais demander aux professeurs de penser avec des idées au lieu de penser avec des mots.

Et, un peu plus tard, quand normalement ils penseront toujours avec des idées, je leur demanderai un progrès de plus qui sera le progrès décisif, c’est, au lieu de penser avec des idées, de penser avec des expériences. Quand on peut le faire, on commence à vraiment comprendre.

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Vous avez demandé aux professeurs «   de penser avec des idées au lieu de penser avec des mots   ». Vous avez aussi dit que vous leur demanderez plus tard de penser avec des expériences. Voudriez-vous donner un éclaircissement sur ces trois façons de penser ?

Notre maison a une tour très haute ; tout en haut de la tour il y a une chambre claire et nue, la dernière avant de surgir à l’air libre, en pleine lumière.

Parfois, lorsque nous en avons le loisir, nous montons jusqu’à cette chambre claire ; et là, si nous y restons bien tranquilles, nous recevons la visite d’une ou de plusieurs visiteuses ; les unes sont grandes, les autres petites, certaines sont seules, certaines en groupes ; toutes sont claires et gracieuses.

Généralement, dans la joie que donne leur arrivée et dans notre hâte de les bien accueillir, nous perdons notre tranquillité et nous descendons au galop pour nous précipiter dans la grande salle qui forme la base de la tour et qui est le magasin des mots. Là, dans une excitation plus ou moins grande, nous choisissons, nous rejetons, nous assemblons, nous combinons, nous dérangeons, nous réarrangeons tous les mots qui sont à notre portée, pour tâcher de reproduire telle ou telle visiteuse qui est venue à nous. Mais, le plus souvent, l’image que nous réussissons à faire d’elle ressemble plus à une caricature qu’à un portrait.

Pourtant, si nous étions plus sages, nous resterions là-haut, au sommet de la tour, bien tranquilles, dans une contemplation joyeuse. Alors nous nous apercevrions qu’au bout d’un certain temps, plus ou moins long, les visiteuses elles-mêmes descendent lentement, gracieusement, calmement, sans rien perdre de leur élégance ou de leur beauté ; et en traversant le magasin des mots, sans effort, automatiquement elles se revêtent des mots nécessaires pour être perceptibles dans la maison matérielle elle-même. C’est cela que j’appelle penser avec des idées.

Quand ce procédé n’aura plus pour vous de mystère, alors je vous expliquerai ce que c’est que de penser avec des expériences.

31 mai 1960

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La seule manière d’être vraiment convaincant dans sa parole, c’est de penser, non pas avec des idées mais avec des expériences.

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Finalement, j'ignore si Mère a expliqué ce que signifiait penser avec des expériences. J'ai tout de même souri parce que cela m'a rappelé une réflexion que j'ai partagé dans je ne sais quel article où je me disais que si nous ne parlions QUE de de ce dont nous avons réellement l'expérience, nous ne dirions plus grand chose. Et rien que cette idée, m'amuse beaucoup : le monde serait comme tout à coup, réduit au silence ! Comme ce serait reposant ! 

Mais plus probablement, c'est d'autre chose qu'il s'agit. D'après ce que j'ai pu remarquer, la plupart du temps, quand une expérience arrive, il n'y a aucune explication, tout se fait en silence. Et nous ne pouvons qu'analyser, supposer, interpréter et parfois sans doute, cela tombe juste. Mais il arrive parfois, si nous restons bien tranquille, que l'expérience elle-même révèle à nous sa signification, ou en tout cas en partie. Je me dit que, peut-être, penser par expérience, c'est quelque chose comme ça...

Essentielle à tout organisateur, de sa qualité dépend la qualité de l'organisation.

Voici l'une des prières du premier japa de la conscience des cellules que j'aime beaucoup. 

Invocation

Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde, 
Seigneur, Dieu d’unité souveraine, 
Seigneur, Dieu de beauté et d’harmonie,
(1)
Seigneur, Dieu de puissance et de réalisation, 
Seigneur, Dieu d’amour et de compassion, 
Seigneur, Dieu de silence et de contemplation, 
Seigneur, Dieu de lumière et de connaissance, 
Seigneur, Dieu de vie et d’immortalité. 
Seigneur, Dieu de jeunesse et de progrès, 
Seigneur, Dieu d’abondance et de plénitude, 
Seigneur, Dieu de force et de santé, 
Seigneur, Dieu de paix et d’immensité, 
Seigneur, Dieu de pouvoir et d’invincibilité, 
Seigneur, Dieu de la Vérité victorieuse.

Prends possession de ce corps, 
Manifeste-toi en lui.

1. Dans l'Agenda, Mère évoque souvent la vibration d'Ordre et d'Harmonie. (Voir les Agendas des 25 mars et 26 septembre 1964 ou ces mots ont des majuscules et l'Agenda du 21 juin 1967). Aussi, j'ai modifié cette phrase et opté pour la formulation suivante : Seigneur, Dieu de beauté, d'Ordre et d'Harmonie.

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Mère a beau avoir expliqué qu'il ne s'agissait pas de mots, mais d'états de conscience, pour nous et pendant longtemps, ce ne sont que des mots. 

Et puis, il y a quelques semaines, je me suis tout à coup dit que "ces mots" de bonté, miséricorde, unité souveraine etc. étaient peut-être ce que Sri Aurobindo a appelé des "Idées-Forces" ou des "Idées-Réelles", et instantanément, il y a eu la perception d'une connexion avec "quelque chose" tout là haut, tout droit, très au-dessus de la tête. Cela signifie peut-être que mon intuition était correcte. 

Que se passerait-il si nous pratiquions cette prière avec cette conscience-là ? 

Pas des millions de fois comme un moulin à parole, comme une performance, mais une fois, deux fois, quelques fois, tranquillement, lentement, chaque mot bien pesé, en toute conscience, dans une tranquillité souriante et confiante, avec un silence aussi profond que possible, avec le cœur, comme des mots d'amour pour le Divin...

Je considère impossible qu'il ne finisse pas par se passer quelque chose.

Et que se passerait-il si nous apprenions à quitter le magasin des pensées et des mots évoqué par Mère dans sa petite histoire pour nous relier aux IDÉES-FORCES là haut ? 

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E
Et si nous faisions l'expérience des mots de cette prière ? 🙂
Répondre
Ben... c'est tout de même un peu le but.<br /> Cependant, on peut penser que ce sont des "mots", ou peut penser que ce sont des "Idées", ou des "Forces", ou des "Idées-Forces", des "Idées-Réelles" pour reprendre les mots de Sri Aurobindo, ou des états de conscience pour reprendre une parole de Mère, ou des vibrations... et selon ce que nous pensons, notre expérience ne sera sans doute pas la même.<br /> Maintenant, attention de ne pas se monter le bourrichon... et de ne pas fabriquer une expérience avec ce que nous croyons comprendre de ces mots.<br /> Par exemple, nous avons une idée de ce que représente la bonté et la miséricorde. Et Mère explique que "Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde" est un mantra qu'elle a utilisé pendant 40 ans et que c'est un mantra pour l'ascension. C'est-à-dire que nos interprétations, nos "compréhensions" psychologiques pourraient bien s'avérer être, en définitive, une ignorance. Je crois qu'avec ces "mots", nous devons n'avoir aucune idée préconçue et être dans une parfaite neutralité, comme une feuille blanche... qui n'attend même pas un résultat personnel.