Douter et nier de la réalité du psychique
Dans une recherche, nécessairement, parfois nous suivons une mauvaise piste... Pourtant, il est dit que, ça aussi, fait partie du chemin.
Si j'avais à parler de ma vie, de mes goûts, de préférences, de mon histoire, de ma vison des choses, mes compréhensions... je pourrais en écrire des kilomètres : même très imparfaitement, je me connais. Ou disons, si je ne connais pas la vérité de mon être, je connais des tas de choses sur moi.
Mais si j'avais à parler de ce que je connais vraiment de mon être psychique, je serais un peu embarrassé et probablement que j'aurais fait le tour en un paragraphe ou en quelques pages tout au plus. Et encore !
Et je me suis dit que je pourrais apprendre par cœur tout ce que Sri Aurobindo, Mère et Satprem on pu dire et écrire sur l'être psychique, si cela reste sur le plan de l'érudition intellectuelle et spirituelle, je n'aurai pas progressé d'un pas dans la connaissance vraie de mon être psychique, de ce qu'il est, de ce qu'il pense, de sa vision des choses, de sa façon d'être, d'agir, de ce qu'il veut...
Et pourtant, "souvent" il m'est arrivé de ressentir tout à coup que cette aspiration-là, cette pensée-là, cette émotion-là, cette sensation-là... venait sûrement du psychique. Par la qualité, c'est quelque chose qui se ressent et ne laisse pas beaucoup de place au doute.
Tout le monde, dans les moments les plus ordinaires de l'existence, fait l'expérience de ces mouvements d'ouverture vers... un autre regard sur les choses, un émerveillement : le sourire d'un enfant, un beau paysage, un morceau de musique, un rayon de soleil, un moment de rêverie, une fleur... suffisent parfois à ce que, quelque chose émerge.
Mais pour les gens athées, qui ne s'intéressent pas à la spiritualité, ni même à la quête de soi, à la vie intérieure, et qui n'ont pas le vocabulaire, ces choses-là n'ont pas de nom, et si nous leur parlons de l'âme, de l'être psychique, de la présence divine dans le cœur, le plus naturel est qu'ils doutent et qu'ils nient car nous ne pouvons accepter que ce dont nous avons l'expérience, et en ce sens, ils ont raison de douter. En tout cas, cela se comprend très bien.
Sri Aurobindo et la Mère ont beau avoir assuré la réalité de l'existence du psychique, qu'est-ce que cela peut faire, si nous n'en avons pas l'expérience ? Si tout ce que nous pouvons en dire tient en une page ou en quelques lignes ? Ce n'est pas ce que j'appelle connaître.
Ces ouvertures, ces influences du psychiques dont on peut avoir de temps en temps un aperçu sont tout à fait satisfaisantes car elles ne souffrent aucune ambiguïté – et elles sont tout à fait insatisfaisantes car ce ne sont que des souffles qui passent.
Alors je me suis demandé si douter et nier de l'existence du psychique pouvait avoir une quelconque utilité dans la sadhana. Un peu comme certaines expériences de Mère dans l'Agenda. Ah ! Tu veux des résultats : eh bien en voilà des résultats !
Il ne sert à rien de croire au psychique, il nous faut trouver le moyen d'en faire l'expérience d'une façon claire et directe. Et ensuite, de maintenir le contact d'une façon aussi constante que possible, le réaliser.
Depuis, quelques jours, j'étais entre autre avec ce questionnement, et ce matin, j'ai été traversé par la drôle d'impression que ces interrogations ne venaient pas de moi.
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Il y a un autre aspect que Satprem a puissamment résumé en disant : dès qu'il y a un "je", ça souffre.
Il y a ce que j'appelle moi, ma personnalité, ma façon de voir, de ressentir... et j'ai beau savoir que ce n'est pas mon vrai moi, cela ne me donne pas la clef pour accéder à mon vrai moi.
Et je me demande souvent comment peut s'opérer le remplacement. Comment passer de notre personnalité actuelle à la personnalité psychique ? Sans doute par immersion, en s'oubliant... facile à dire ! Ou par une lente transformation de notre personnalité actuelle. Le processus semble passer par ce chemin, mais alors autant s'armer de patience parce que cela paraît... interminable.
Et souvent, je voudrais passer de l'autre côté. Nous essayons, avec notre conscience extérieure, de plonger, de nous immerger dans la conscience psychique, mais c'est le contraire qu'il faudrait : être dans les bras du psychique et regarder la conscience extérieure. À supposé que cela soit possible : quelque chose me dit que c'est possible. Mais comment faire ? Comment faire ?
En tout cas, Mère dit que le contact avec le psychique peut devenir constant, permanent. Alors ça sera bien. Jusque là, c'est nécessairement chaotique... et insatisfaisant.
Peut-être faudrait-il avoir le courage d'envoyer bouler tout le reste, considérer que plus rien n'a d'importance... que cela ! Peut-être que tout tient dans cette résolution-là. Et si nous n'avons pas ce courage-là, et bien tant pis, c'est que nous ne sommes pas prêts. Alors on s'occupe avec des tas de choses...
Sraddhalu suggère quelque part, qu'il faut être amoureux. Quand on est amoureux, on ne pense qu'à l'objet de notre amour et le reste n'a aucune importance. Peut-être que le psychique, nous ne l'aimons pas encore assez...
Mais comment aimer quelque chose que nous ne connaissons pas ? Si tout ce que nous en "savons" repose sur ce que Sri Aurobindo et Mère en ont dit, ce n'est pas intéressant...
Souffler sur les braises de ce besoin de le connaître...
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Il semble y avoir deux lignes d'évolution possible. La première, une croissance de l'être vers une plénitude toujours plus grande de lumière, de connaissance, de force, de volonté, d'amour, de conscience, de perfection... et la seconde, où, paraît-il, le sens du moi disparaît. Être ou ne pas être !
Mais ces deux lignes ne sont pas deux lignes de démarcations, intangibles et immuables. Si cela se trouve, elles se développent simultanément, et peut-être même qu'à certains moments, elles se croisent ou se superposent.
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Période de transition un peu troublante : des éléments de notre vieux moi disparaissent, se désagrègent, alors parfois, on ne se reconnaît plus – et c'est bon signe – et s'il y a de nouvelles choses qui arrivent, on ne les reconnaît pas encore très bien...
Encore que, certaines choses s'accrochent fichtrement... en on ne sait pas quoi faire pour les décoller.
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L'une des concentrations les plus constantes du moment : aller chercher en soi tous les petits points d'insincérité, tous ces petits points qui ne veulent pas changer. Ce n'est pas facile de débusquer les points noirs qui se cachent dans les recoins obscurs...
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Avec sa naissance, le mental comprendra qu'il n'est qu'un intermédiaire et pas un but en lui-même.