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Notre être a soif de perfection. Non pas cette perfection humaine qui est une perfection de l’ego et barre le chemin à la perfection divine. Mais une perfection qui puisse manifester sur terre la Vérité Éternelle.

Message de Mère pour 1962

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Sri Aurobindo – Essai sur la Guîtâ
Livre 2 – chapitre 20

Quels que soient le rôle et le travail d’un homme dans la vie, s’ils sont déterminés de l’intérieur ou s’il lui est permis d’en faire une expression personnelle de sa nature, il peut les changer en un moyen de croissance et de plus grande perfection intérieure. Et quel que soit son rôle naturel, s’il le tient dans l’esprit juste, s’il l’éclaire au moyen du mental idéal, s’il en tourne l’action pour l’usage du Divin au-dedans, et sert avec lui l’Esprit manifesté dans l’univers, ou en fait une instrumentation consciente pour les desseins du Divin dans l’humanité, il peut le transmuer en un moyen de s’élever vers la plus haute perfection et la plus haute liberté spirituelles.

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Sri Aurobindo – Guerre et Liberté des Peuples
Le pouvoir caché

La seule sécurité pour l’homme consiste à apprendre à vivre du dedans vers le dehors, sans dépendre d’institutions et de mécanismes pour se perfectionner, mais en profitant de sa perfection intérieure grandissante pour élaborer une forme et un cadre de vie plus parfaits ; car, par cette intériorisation, nous pourrons mieux voir la vérité des choses élevées qui ne sont maintenant pour nous que paroles et constructions intellectuelles, et appliquer leur vérité sincèrement à toute notre existence extérieure.

Guerre et Liberté des peuples traite essentiellement d'histoire, de politique, du développement social des peuples et des nations,  et donc, a priori, la spiritualité n'est pas le sujet. Mais avec Sri Aurobindo, elle est toujours le sujet car elle est le fondement vrai de toute chose. Puissions-nous trouver notre Vérité intérieure, et apprendre à l'appliquer à toute notre existence extérieure. Rien que ça... mon dieu... c'est un programme formidable.

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Sri Aurobindo – Le Cycle humain
Chapitre 6 – Les conceptions objective et subjective de la vie

De même, la recherche subjective du moi, comme la recherche objective, peut vouloir s’identifier principalement à la vie physique consciente, parce que le corps est, ou semble être ici, le cadre et la cause déterminante des facultés et des activités mentales et vitales. Ou bien, elle peut s’identifier à l’être vital, l’âme-de-vie en nous, à ses émotions, ses désirs, ses impulsions, sa recherche du pouvoir, son expansion et son accomplissement égoïstes. Ou encore, elle peut s’élever plus haut et concevoir l’homme comme un être mental et moral ; elle peut exalter et mettre au premier rang sa croissance intérieure, sa puissance et sa perfection intérieures, individuelles et collectives, et vouloir en faire le vrai but de notre existence.

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Sri Aurobindo – Les fondements de la culture indienne
3e partie – L’Inde est-elle civilisée. 2

Mais la vérité de notre être n’est-elle pas plutôt celle d’une Âme qui s’est incarnée dans la Nature et aspire à se connaître et se découvrir elle-même, à élargir sa conscience, à vivre plus largement et progresser spirituellement pour atteindre à la pleine lumière de la connaissance de soi et à quelque perfection intérieure et divine ?

La religion, la philosophie, la science, la pensée, l’art, la société, la vie tout entière ne sont-ils pas uniquement des moyens de favoriser cette croissance, des instruments de l’esprit que nous devons mettre à son service, avec ce but spirituel comme préoccupation première, ou en tout cas ultime ?

Telle est la conception de la vie et de l’être – la connaissance même, affirme-t-elle –, que l’Inde a défendue jusqu’à ce jour, et qu’elle défend encore de toutes ses forces, par tout ce qu’il y a de plus enraciné, de plus puissant dans sa nature. C’est la formule d’une civilisation spirituelle qui aspire, par le perfectionnement mais en même temps par le dépassement du mental, de la vie et du corps, à une haute culture de l’âme.

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Sri Aurobindo – La Manifestation supramentale sur la Terre
Chapitre 2 – Le corps divin

Toujours, c’est l’élan vers la perfection qui doit animer la vie divine ; or, la perfection de la joie de la vie fait partie de la vie divine, même une partie essentielle, le bonheur du corps dans ce qu’il fait et sa joie de vivre ne sont pas exclus de la vie divine ; eux aussi doivent devenir parfaits.

Une large totalité, telle est la nature même de ce nouveau mode d’existence progressif   : une plénitude des possibilités du mental transmué en substance de lumière, une plénitude de la vie convertie en force de joie et de pouvoir spirituels, une plénitude du corps transformé en instrument de l’action divine et de la connaissance divine, de la félicité divine.

Tout ce qui est capable de se transformer peut faire partie de la vie divine, tout ce qui peut être un instrument, un canal, un moyen d’expression de la totalité de l’Esprit qui se manifeste.

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Sri Aurobindo – La Mère
Chapitre 2

À mesure que le don et la consécration de soi grandissent, le sâdhak prend conscience que la Shakti divine fait la sâdhanâ et pénètre en lui de plus en plus pour y établir la liberté et la perfection de la Nature divine.

Plus ce processus conscient remplace son propre effort, plus le progrès devient rapide et véritable. Mais il ne peut faire disparaître complètement la nécessité de l’effort personnel qu’au moment où la soumission et la consécration sont devenues pures et complètes de haut en bas.

Notez qu’une soumission tâmasique qui refuse de se soumettre aux conditions et demande au Divin de tout faire et de nous épargner toutes les difficultés et toutes les luttes, est une duperie et ne mène ni à la liberté, ni à la perfection.

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Sri Aurobindo – La Mère
Chapitre 5

L’étape finale de cette perfection viendra quand vous serez complètement identifié à la Mère Divine et que vous ne vous sentirez plus un être séparé et différent, un instrument, un serviteur ni un travailleur, mais vraiment un enfant et une pure parcelle éternelle de sa conscience et de sa force.

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Sri Aurobindo – La Poésie Future
Lettres sur la poésie – Le Mantra

Toute action de la Nature tend intuitivement, dans ses formations inconscientes, à ce suprême, cet absolu en soi, cette aspiration vers un infini, un point ultime, où ses possibilités atteignent leur apogée, et quand elle a touché ce point, son existence se trouve justifiée au regard de l’esprit qui l’a créée, de même que se trouve accomplie la volonté créatrice secrète qui est en elle.

Le langage, le Mot expressif, possède un tel sommet, un tel absolu, une perfection qui est le toucher de l’infini sur ses possibilités finies, le sceau du Créateur. À ce sommet du Mot expressif nous pouvons donner le nom découvert pour lui par les chantres inspirés du Véda   : le Mantra.

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Sri Aurobindo – Introduction à La Synthèse des Yogas
Chapitre 5 – La Synthèse des systèmes de yoga

La nature de l’existence divine n’est pas seulement la liberté, mais la pureté, la béatitude et la perfection. Une pureté intégrale qui, d’une part, permet la réflexion parfaite en nous de l’Être divin, et de l’autre, le rayonnement parfait de sa Vérité et de sa Loi en nous dans les conditions de la vie et par le fonctionnement juste de l’instrument complexe que nous sommes dans nos parties extérieures. Telle est la condition d’une liberté intégrale.

Il en résulte une béatitude intégrale en laquelle il devient possible de posséder simultanément l’Ânanda de tout ce qui est dans le monde, car tout est vu comme un symbole du Divin, et l’Ânanda de ce qui n’est pas le monde.

Cette pureté intégrale prépare la perfection intégrale de notre humanité en un type divin et dans les conditions de la manifestation humaine   : une perfection qui se fonde sur une universalité spontanée dans l’être, dans l’amour et dans la joie, sur un jeu universel de la connaissance, un jeu universel de la volonté dans le pouvoir et dans l’action sans égoïsme.

Cette intégralité aussi peut être atteinte par le yoga intégral.

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Sri Aurobindo – Le Yoga des œuvres divines
Chapitre 1 – Les quatre aides

C’est par l’action combinée de quatre grands auxiliaires que la siddhi du yoga — la perfection qui vient de la pratique du yoga — peut être le plus aisément atteinte.

En premier lieu, la connaissance des vérités, des principes, des pouvoirs et des procédés (shâstras) qui gouvernent la réalisation.

Ensuite, un travail patient et persévérant suivant les lignes tracées par la connaissance   : c’est la force de l’effort personnel (utsâha).

Troisièmement, pour que notre connaissance et notre effort puissent s’élever jusqu’au domaine de l’expérience spirituelle, il faut qu’interviennent la suggestion directe, l’exemple et l’influence de l’Instructeur (guru).

Enfin, le temps (kâla) nous apporte son aide, car pour toute chose il est un cycle d’action et une période dans le mouvement divin.

Une perfection psychologique aspirant à être divinisée.

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Sri Aurobindo – Le Yoga de la Perfection de soi
Chapitre 1 – Le principe du yoga intégral

En d’autres termes, nous cherchons une perfection qui consiste à élever la nature mentale pour la transformer en une nature entièrement spirituelle et supramentale.

Par conséquent, le yoga intégral de la connaissance, de l’amour et des œuvres doit déboucher sur un yoga de la perfection de soi spirituelle et gnostique.

Et puisque la connaissance, la volonté et l’ânanda gnostiques sont les instruments immédiats de l’esprit et qu’ils ne peuvent s’acquérir que par une croissance en l’esprit, en l’être divin, cette croissance doit être le premier but de notre yoga.

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Sri Aurobindo – Le Yoga de la Perfection de soi
Chapitre 11 – La perfection de l’égalité

L’individu en quête de perfection qui veut unir sa volonté à celle du Divin et faire de sa nature un instrument des fins divines, doit s’élargir, sortir des conceptions partielles et des motifs égoïstes de l’ignorance humaine, et se modeler à l’image de cette suprême égalité.

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Sri Aurobindo – La vie divine
Livre 2, chapitre 24 – L’évolution de l’homme spirituel

En Occident, où l’esprit syncrétique fit place à l’esprit analytique et discriminant, l’aspiration spirituelle et la raison intellectuelle se séparèrent presque aussitôt ; la philosophie s’orienta d’emblée vers une explication purement intellectuelle et rationnelle des choses. Cependant, des philosophies telles que le pythagorisme, le stoïcisme et l’épicurisme, eurent une influence dynamique, non seulement sur la pensée, mais sur la conduite de la vie ; elles élaborèrent une discipline et firent un effort vers la perfection intérieure de l’être.

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Sri Aurobindo – La vie divine
Livre 2, chapitre 28 – La vie divine

Ici, j'ai trouvé nécessaire de laisser les paragraphes entiers car Sri Aurobindo explique des choses qui me semblent être de la plus haute importance. 

L'expression de Sri Aurobindo est si dense que je ressens souvent ce besoin de séparer chaque phrase, et de les lire lentement. 

Mais dans tous les cas, la vie gnostique, par sa nature même, doit avoir un fondement intérieur et non extérieur. Dans la vie de l’esprit, c’est l’esprit, la Réalité intérieure, qui a construit l’être mental et vital et le corps, et qui les utilise comme instruments. La pensée, le sentiment et l’action n’existent pas pour eux-mêmes ; ils ne sont pas une fin, mais des moyens ; ils servent à exprimer la Réalité divine qui se manifeste en nous. Sans cette intériorité, sans cette origine spirituelle, il serait impossible, dans une conscience trop extériorisée ou seulement par des moyens extérieurs, de réaliser une vie plus grande ou une vie divine.

Dans notre vie actuelle qui appartient à la Nature, dans notre existence extériorisée, superficielle, c’est le monde qui semble nous créer ; mais à partir du moment où nous nous tournons vers la vie spirituelle, c’est nous qui devons nous créer nous-mêmes et créer notre monde. Avec cette nouvelle formule de création, la vie intérieure assume une importance primordiale et le reste ne peut être que son expression et sa conséquence.

En fait, c’est cela qu’indiquent nos propres efforts vers la perfection, la perfection de notre âme, de notre mental et de notre vie, et la perfection de la vie de l’espèce.

Car le monde qui s’offre à nous est obscur, ignorant, matériel, imparfait, et notre être conscient extérieur est lui-même créé, façonné par les énergies de cette vaste obscurité muette, par leur pression, par la naissance physique, le milieu, l’apprentissage que nous donnent les chocs et les heurts de la vie ; et cependant, nous sommes vaguement conscients de quelque chose qui est là en nous, ou qui s’efforce d’être, quelque chose d’autre que ce qui a été ainsi façonné, un esprit qui existe en soi et se détermine lui-même, qui pousse notre nature à créer une image de sa propre perfection cachée ou de l’Idée de perfection.

C’est quelque chose qui grandit en nous pour répondre à cette exigence, qui s’efforce de devenir l’image d’un divin Quelque Chose et se trouve contraint aussi d’œuvrer sur le monde extérieur qui lui a été donné et de le refaire lui aussi à une plus haute image, l’image de sa propre croissance spirituelle, mentale et vitale, afin de le recréer selon notre mental et la conception propre de notre esprit, pour en faire quelque chose de nouveau, d’harmonieux, de parfait.

*

Mais notre mental est obscur, ses notions sont partielles ; il est trompé par les apparences superficielles contradictoires, partagé entre des possibilités multiples. Il est entraîné dans trois directions différentes et peut donner sa préférence exclusive à l’une ou l’autre d’entre elles.

Dans sa quête de ce qui doit être, notre mental choisit, en effet, de se concentrer,

➡ soit sur notre être individuel et sa vie intérieure,

➡ soit sur le développement individuel de notre nature de surface, sur la perfection de la pensée et de l’action extérieure dynamique ou pratique dans le monde, sur quelque idéal dans nos relations personnelles avec le monde qui nous entoure ;

➡ soit, enfin, sur le monde extérieur lui-même, pour le rendre meilleur, mieux adapté à nos idées et à notre tempérament, ou à notre conception de ce qui devrait être.

D’un côté, il y a l’appel de notre être spirituel qui est notre vrai moi, réalité transcendante, être de l’Être Divin, non créé par le monde, capable de vivre en lui même, de s’élever au-dessus du monde jusqu’à la transcendance ; de l’autre, il y a l’exigence du monde qui nous entoure et qui est une forme cosmique, une formulation de l’Être Divin, un pouvoir masqué de la Réalité.

Il y a aussi l’exigence divisée — la double exigence de notre être —, qui appartient à la Nature et qui, en équilibre entre ces deux termes, dépend d’eux et les relie ; car s’il est apparemment façonné par le monde, il est en réalité une forme, une manifestation déguisée d’un être spirituel plus grand au-dedans, parce que son créateur véritable est en nous et que les instruments cosmiques qui semblent le façonner ne sont que le premier moyen dont il dispose.

C’est cette exigence qui fait le lien entre notre souci de perfection intérieure ou de libération spirituelle, et notre souci du monde extérieur et de sa formation ; c’est elle qui insiste pour établir une relation plus heureuse entre ces deux termes, et qui crée l’idéal d’un individu meilleur dans un monde meilleur.

Mais c’est en nous que la Réalité, source et fondement d’une vie parfaite, doit être trouvée, et aucune formation extérieure ne peut la remplacer.

Le vrai moi doit être réalisé au-dedans, pour que la vraie vie puisse être réalisée dans le monde et dans la Nature.

(…)

L’individu est en vérité la clef du mouvement évolutif ; car c’est en se découvrant lui-même qu’il devient conscient de la Réalité. Le mouvement de la collectivité est un mouvement de masse surtout subconscient, et pour devenir conscient, il doit se formuler et s’exprimer dans les individus ; la conscience générale de la masse est toujours moins évoluée que celle de ses individus les plus développés, et elle progresse dans la mesure où elle accepte leur influence et développe ce qu’ils ont déjà développé.

En dernier ressort, l’individu ne doit obéissance et fidélité ni à l’État, qui est une machine, ni à la communauté, qui est une parcelle de la vie et non la totalité de la vie ; il doit obéissance à la Vérité, au Moi, à l’Esprit, au Divin qui est en lui et en toutes choses.

Le but réel de son existence n’est pas de se subordonner à la masse ou de se perdre en elle, mais de trouver et d’exprimer cette vérité de son être intérieur, et d’aider la communauté et l’humanité dans la recherche de leur propre vérité et de leur plénitude d’être.

Or le pouvoir de la vie individuelle ou de la Réalité spirituelle qui est en elle, ne devient agissant que dans la mesure où l’individu s’est lui-même développé ; aussi longtemps qu’il ne l’est pas, il doit à bien des égards subordonner son moi rudimentaire à ce qui est plus grand que lui.

À mesure qu’il se développe, il progresse vers la liberté spirituelle ; mais cette liberté n’est pas entièrement indépendante de l’existence totale — elle en est solidaire, parce que celle-ci aussi est le moi, le même esprit.

À mesure que l’individu progresse vers la liberté spirituelle, il progresse aussi vers l’unité spirituelle.

L’homme qui s’est réalisé spirituellement, l’homme libéré, se préoccupe du bien de tous les êtres, dit la Gîtâ ;

➡ le Bouddha, après avoir découvert la voie du Nirvâna, doit s’en retourner pour ouvrir le chemin à ceux qui sont encore sous l’illusion de leur être artificiel — au lieu de connaître leur être réel — ou non-être ;

➡ Vivékânanda, attiré par l’Absolu, entend aussi l’appel de la Divinité qui s’est déguisée dans l’humanité, et surtout l’appel de ceux qui sont tombés et qui souffrent — l’appel du moi au moi dans le corps obscur de l’univers.

Pour l’individu éveillé, la réalisation de la vérité de son être, la libération, la perfection intérieures, doivent être la recherche essentielle —, d’abord, parce que tel est l’appel de l’Esprit au-dedans de lui, mais aussi parce que c’est seulement par la libération, la perfection et la réalisation de la vérité de l’être que l’homme peut découvrir la vraie manière de vivre.

De même, une communauté parfaite ne peut exister que par la perfection de ses individus, et la perfection ne peut être atteinte que lorsque chacun découvre et affirme dans la vie son être spirituel, et quand tous découvrent leur unité spirituelle et l’unité de la vie qui en résulte.

Selon nous, il ne peut y avoir de réelle perfection à moins que notre moi intérieur et la vérité de l’existence spirituelle n’assument toute la vérité des moyens d’expression de l’existence, et les unissent, les intègrent, les harmonisent.

De même que notre seule liberté réelle est de découvrir et de dégager la Réalité spirituelle qui est en nous, de même notre seul moyen d’atteindre une vraie perfection est d’établir la souveraineté de la Réalité spirituelle pour que celle-ci s’accomplisse dans tous les éléments de notre nature.

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Lettres sur le yoga

Ce qui est inhérent en la force de l'être, se manifeste comme devenir ; mais ce que sera cette manifestation, ses conditions, l'équilibre de ses énergies et l'organisation des ses principes, dépend de la conscience qui agit dans la force créatrice, du pouvoir de conscience que l'être libère de lui-même pour la manifestation.

Il est de la nature de l'Être de graduer et de varier ses pouvoirs de conscience, et suivant la gradation et les variations de déterminer son mode et le degré ou l'étendue de sa révélation.

La création manifestée est limitée par le pouvoir auquel elle appartient : elle voit et vit suivant ce pouvoir, et ne peut voir davantage et vivre plus puissamment ; elle ne peut changer son monde qu'en s'ouvrant à un pouvoir de conscience plus grand au-dessus d'elle, ou en s'élevant à lui ou en le faisant descendre.

C'est ce qui se produit dans l'évolution de la conscience en notre monde — un monde de matière inanimée qui sous la pression de la nécessité, produit un pouvoir de vie, puis un pouvoir mental apportant de nouvelles formes de création, et qui peine encore pour produire ou pour faire descendre quelque pouvoir supramental.

Nous avons là, dans cette dernière phrase, un extraordinaire résumé de toute l'histoire de l'évolution.

C'est aussi une opération de la force créatrice se mouvant entre deux pôles de conscience : d'un côté, une conscience secrète au-dedans et au-dessus, qui contient en elle-même toutes les potentialités de lumière, de paix, de pouvoir et de béatitude — là, éternellement manifestées, ici attendant leur réalisation ; et de l'autre côté, une conscience extérieure, à la surface et au-dessous, qui part du contraire apparent d'inconscience, d'inertie, d'effort aveugle, de capacité de souffrir, et qui grandit en recevant en elle-même des pouvoirs de plus en plus hauts l'obligeant à toujours recréer sa manifestation en des conditions plus larges, chacune des créations nouvelles mettant au jour quelque potentialité interne et rendant de plus en plus possible la descente de la Perfection qui attend au-dessus.

Tant que la personnalité extérieure que nous appelons nous-même, est centrée dans les pouvoirs inférieurs de la conscience, l'énigme de notre existence, son but et sa nécessité, sont pour nous un problème insoluble ; si par hasard quelque lueur de vérité est transmise à cet homme mental extérieur, il la saisit imparfaitement et, peut-être, l'interprète mal, s'en sert mal et la vit mal.

"problème insoluble" tant que nous sommes tournés vers le bas... 
voilà qui a le mérite d'être clair !

Le vrai soutien de sa marche, est plus dans le feu de la foi que dans les connaissances vérifiées et indubitables. C'est seulement en s'élevant à une conscience plus haute, au-delà de la ligne mentale, et donc supraconsciente pour lui maintenant, qu'il peut émerger de son incapacité et de son ignorance.

Sa pleine libération, sa complète illumination, viendront quand il aura traversé la ligne et sera entré dans la lumière d'une existence supraconsciente nouvelle.

Telle est la transcendance qui était le but de l'aspiration des mystiques et des chercheurs spirituels.

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Vous avez fait des progrès, bien sûr, mais ce que Mère vous a dit et qu'elle dit à tout le monde est vrai : pour être un véritable artiste, il faut travailler dur pendant des années.

Votre erreur est cependant d'accorder trop d'importance à ces questions et de vous laisser décourager par le moindre échec, la moindre difficulté qu'elles soulèvent. La seule chose à faire est d'ouvrir votre conscience à ce qui descend, de laisser le changement s'opérer afin qu'elle devienne une conscience de paix, de lumière, de pouvoir et de joie pleine de la Présence divine.

Quand cet état sera venu, alors ce que le Divin veut voir exécuté par votre intermédiaire ou développé en vous sera fait ou développé avec une rapidité et une perfection qui sont à présent impossibles. Donnez priorité à la seule chose nécessaire, tout le reste n'est actuellement qu'un champ d'exercice pour le développement de cette seule chose nécessaire.

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Dans notre yoga, le sentiment d'unité avec les autres, l'amour, la joie universelle et l'Ânanda forment une partie essentielle de la libération et de la perfection qui sont le but de la sâdhanâ.

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Quant à tout orienter vers le Divin, c'est un conseil de perfection qui s'adresse à ceux qui veulent voyager sans bagage.

Autrement l'amitié entre hommes, entre un homme et une femme ou entre femmes n'est pas interdite, à condition qu'elle soit une véritable amitié et que le sexe n'intervienne pas ; à condition aussi qu'elle ne détourne pas du but.

Si la motivation centrale est forte, c'est suffisant [...].

En parlant de relations personnelles, je ne voulais certes pas parler d'indifférence pure, car l'indifférence ne crée pas une relation : elle tend au contraire à l'absence totale de relation. L'amitié émotive n'est pas forcément un obstacle.

➡ à condition qu'elle soit une véritable amitié (1)

➡ à condition que le sexe n'intervienne pas (2)

➡ à condition aussi qu'elle ne détourne pas du but. (3)

Voilà trois conditions pas si faciles à réaliser.

1. Qu'est-ce que c'est, une véritable amitié ?

2. Ne plus avoir de relations sexuelles est une chose, ne plus se masturber en est une autre, et ne plus avoir aucun désir sexuel, aucune pensée salace, aucun fantasme pour hanter notre imagination, aucun rêve érotique qui remonte du subconscient en est encore une autre.

Il y a quelques années, j'ai entendu que la moitié des consultations sur internet faites par les hommes concernait des sites érotiques. Je ne sais pas si c'est vrai mais savons tous que le chiffre d'affaire du commerce autour du sexe dans le monde se chiffre en centaines de milliards.

Ce que nous dit Sri Aurobindo ne concerne donc pas Monsieur et Madame Tout-le-monde mais les disciples, ou d'une façon plus générale, ceux qui ont une aspiration spirituelle à la purification intérieure, à la transformation intérieure.

Sur ce chemin, une première possibilité est de ne plus y penser, de s'occuper l'esprit avec autre chose afin de détourner notre attention. Nous pouvons aussi saisir l'occasion de chaque pensée sexuelle qui malgré tout se présente pour demander l'Aide de la Mère, du Divin, pour la purification du vital, du centre sexuel. L'insistance de notre demande induira l'insistance de la Réponse.

Une autre possibilité plus énergétique, plus méditative, est de tirer les énergies sexuelles vers le haut, vers le centre du cœur.

La solution la plus efficace peut-être est de s'immerger dans la conscience psychique, car pour le psychique, ces choses n'existent pas, elles disparaissent. Alors, tant que nous sommes en communion avec notre psychique, le problème n'existe pas.

Ce ne sont évidemment pas les seules solutions, chacun doit trouver la méthode efficace pour lui.

3. Voilà qui nous renvoie à notre but, à notrevrai dharma, à ce que nous voulons vraiment réaliser, encore faut-il le savoir, que cela soit parfaitement clair pour nous, et à la capacité de rester, focalisé, centré, ancré dans notre objectif sans plus nous laisser disperser par maintes distractions. Droit au but !

 

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