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Puisque dans cette série d'articles sur la perfection, il est inévitable d'en arriver à Mahâsaraswatî. Voici ce qu'écrit Sri Aurobindo dans La Mère :

Quatre grands Aspects de la Mère, quatre de ses Personnalités et Pouvoirs principaux ont pris la tête pour guider cet univers et conduire le jeu terrestre.

L’un est sa personnalité de calme étendue, de sagesse compréhensive, de bienveillance tranquille, de com- passion inépuisable, de majesté souveraine et sans égale, et de grandeur qui gouverne tout.

L’autre personnifie son pouvoir de splendide énergie et d’irrésistible passion, son humeur guerrière, sa volonté écrasante, sa rapidité impétueuse et sa force qui secoue le monde.

Le troisième est ardent et doux et merveilleux dans le profond secret de sa beauté et de son harmonie et de son rythme délicat, dans son opulence complexe et subtile, son attrait irrésistible et sa grâce captivante.

Le quatrième est doué de sa minutieuse et pénétrante capacité de connaissance intime, de travail soigneux et sans défaut, de perfection tranquille et exacte en toutes choses.

Sagesse, Énergie, Harmonie, Perfection, sont leurs divers attributs, et ce sont ces pouvoirs qu’ils apportent avec eux dans le monde, qu’ils manifestent sous un déguisement humain en leurs vibhûtis, et qu’ils établiront, suivant le degré divin de leur ascension, en ceux qui peuvent ouvrir leur nature terrestre à l’influence directe et vivante de la Mère. À ces quatre, nous donnons les quatre grands noms de Maheshwarî, Mahâkâlî, Mahâlakshmî, Mahâsaraswatî.

Ne se satisfait pas d'un à-peu-près.

Mahâsaraswatî incarne particulièrement l'esprit de perfection, allons voir directement ce que nous en dit Sri Aurobindo : 

MAHÂSARASWATÎ est la Puissance de travail de la Mère et son esprit de perfection et d’ordre. La plus jeune des quatre, elle est la plus experte en pouvoir d’exécution et la plus proche de la Nature physique. 

Maheshwarî fixe les grandes lignes des forces mondiales, Mahâkâlî conduit leur énergie et leur impulsion, Mahâlakshmî révèle leurs rythmes et leurs mesures, mais Mahâsaraswatî préside au détail de leur organisation et de leur exécution, à la relation des parties entre elles, à la combinaison efficace des forces et à l’exactitude infaillible du résultat et de l’accomplissement.

La science, l’art et la technique sont du ressort de Mahâsaraswatî.

Toujours, elle porte en sa nature, et peut donner à ceux qu’elle a choisis, la connaissance intime et précise, la subtilité, la patience, l’exactitude de la pensée intuitive et de la main consciente, et le sûr regard du travailleur parfait. Cette Puissance est la constructrice vigoureuse, infatigable, soigneuse et efficace, l’organisatrice, l’administratrice, la technicienne, l’artisane et la classificatrice des mondes.

Quand elle entreprend la transformation et le remodelage de la nature, son action est laborieuse et minutieuse, et bien souvent, à notre impatience, elle semble lente et interminable ; mais elle est persistante, intégrale et sans défaut. Car sa volonté dans le travail est scrupuleuse, toujours en éveil et infatigable ; se penchant sur nous, elle remarque et touche chaque petit détail, découvre chaque infime défaut, chaque lacune, perversion ou imperfection, et considère et pèse exactement tout ce qui a été fait et tout ce qui reste encore à faire.

Rien n’est trop petit ni apparemment trop insignifiant pour son attention ; rien ne peut lui échapper, si impalpable, si déguisé ou enfoui que ce soit. Façonnant et refaçonnant, elle travaille chaque élément jusqu’à ce qu’il soit parvenu à sa forme vraie, mis à sa place exacte dans l’ensemble et qu’il accomplisse son but précis.

Dans sa constante et diligente organisation et réorganisation des choses, son regard voit à la fois tous les besoins et la manière d’y faire face ; son intuition sait ce qui doit être choisi et ce qui doit être rejeté, et détermine avec succès l’instrument juste, le temps juste, les conditions justes et l’opération juste.

Elle abhorre l’indifférence, la négligence et la paresse ; tout travail bâclé, irréfléchi et confus, toute maladresse, tout à-peu-près et tout raté, toute adaptation fausse et tout mauvais usage des instruments et des facultés, et le travail non fait ou à moitié fait, est choquant et étranger à sa nature. Quand son travail est achevé, rien n’a été oublié, mal placé, omis ni laissé dans un état défectueux ; tout est solide, précis, complet, admirable. Rien de moins qu’une parfaite perfection ne peut la satisfaire, et elle est prête à affronter une éternité de labeur si c’est nécessaire à la plénitude de sa création. C’est pourquoi, de tous les pouvoirs de la Mère, elle est la plus patiente pour l’homme et ses milliers d’imperfections.

Douce, souriante, proche et secourable, ne se détournant et ne se décourageant pas aisément, persistant même après l’insuccès répété, sa main soutient chacun de nos pas, à condition que nous soyons droits, sincères et que nous n’ayons qu’une unique volonté ; car elle ne tolère aucune duplicité et son ironie révélatrice est impitoyable pour le drame, le cabotinage, la tromperie de soi-même et la prétention.

Une mère pour nos besoins, une amie dans nos difficultés, une conseillère et un mentor persistant et tranquille, dissipant par son radieux sourire les nuages de tristesse, de mauvaise humeur et de dépression, nous rappelant sans cesse l’aide toujours présente, montrant du doigt l’éternelle clarté du soleil, elle reste ferme, calme et persévérante dans cette impulsion profonde et sans relâche qui nous pousse vers l’intégralité de la nature supérieure.

Tout le travail des autres Puissances dépend d’elle pour être parfait, car elle assure la base matérielle, élabore les détails, érige et rivette l’armature de l’édifice.

Sri Aurobindo – La Mère

🔥 💓 🌞

Entretien de Mère du 18 août 1954

« Maheshwarî trace les grandes lignes des forces mondiales... » 
Qu’est-ce que cela veut dire, « les grandes lignes des forces mondiales » ?

Cela veut dire qu’elle fait le plan de ce que le monde doit être. Alors on trace les grandes lignes du plan, de ce que le monde doit être, de l’univers. Elle a une vision d’ensemble, une création d’ensemble ; au lieu de voir les détails, elle voit l’ensemble des choses, elle trace les grandes lignes du plan, et comment la création doit être, vers quoi elle doit s’avancer, et puis quels seront les résultats. Elle a une vision universelle, elle s’attache moins aux détails qu’à l’ensemble.

«   Tout le travail des autres pouvoirs dépend d’elle pour sa perfection...   »

Mahâsaraswatî. Oui. Parce qu’elle est (silence) justement la déesse de la perfection. Pour elle, tout doit être fait dans les moindres détails, et fait d’une façon absolument parfaite. Et elle veut, elle insiste que ce soit fait physiquement, totalement, matériellement ; non pas que cela reste dans l’air, n’est-ce pas, comme une action mentale ou vitale, mais que cela soit une réalisation physique dans tous les détails, et que tous les détails soient parfaits, que rien ne soit négligé. Alors tout ce que les autres entreprennent dans les autres domaines, c’est elle qui le concrétise, et qui l’amène à sa perfection matérielle.

🔥 💓 🌞

Le Yoga de la Perfection de soi
Chapitre 18 – Foi et Shakti

La foi en la Shakti divine doit être toujours l’appui secret de notre force, et quand Elle se manifeste, cette foi doit être sans réserve et devenir complète. Rien ne lui est impossible, car Elle est le Pouvoir conscient, la Divinité universelle qui crée toute chose de toute éternité   : Elle est armée de l’omnipotence de l’Esprit.

Toute connaissance, toute force, tous les triomphes et les victoires, toutes les habiletés et les œuvres sont entre ses mains, et ses mains sont pleines des trésors de l’Esprit, emplies de toutes les perfections, toutes les siddhis.

Elle est Maheshwarî, la déesse de la connaissance suprême, et Elle nous donne sa vision de la multiplicité et de l’immensité de la vérité, la rectitude de sa volonté spirituelle, le calme et la passion de son ampleur supramentale, la félicité de son illumination ;

Elle est Mahâkâlî, la déesse de la force suprême   : avec Elle se trouvent toutes les puissances, toutes les énergies spirituelles, les austérités des plus sévères tapas et la rapidité dans la bataille, la victoire et le rire, attahâsya, qui se joue de la défaite, de la mort et des pouvoirs de l’ignorance ;

Elle est Mahâlakshmî, la déesse de l’amour et de la félicité suprêmes   : ses dons sont la grâce de l’esprit, le charme et la beauté de l’Ânanda, la protection et toutes les bénédictions divines et humaines ;

Elle est Mahâsarasvatî, la déesse de l’habileté divine et des œuvres de l’Esprit   : avec Elle est le yoga qui devient l’habileté dans les œuvres, yogah karmasu kaushalam, les utilités de la connaissance divine, l’application de l’esprit à la vie et le bonheur des harmonies spirituelles.

Et en chacun de ses pouvoirs, chacune de ses formes, Elle recèle le sens suprême des maîtrises de l’Îshvarî éternelle, l’aptitude rapide et divine aux activités de toutes sortes que l’instrument peut être appelé à entreprendre, l’unité, la sympathie qui partage, la libre identité avec toutes les énergies en tous les êtres et, par suite, l’harmonie spontanée, fructueuse, avec la volonté divine dans l’univers. Le sentiment intime de sa présence et de ses pouvoirs, l’heureux acquiescement de tout l’être à ses œuvres en nous et autour de nous, telle est l’ultime perfection de la foi en la Shakti.

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Pour info si nous voulons approfondir notre connaissance de Mahâsaraswatî, Sri Aurobindo lui consacre le chapitre 9 du Secret du Véda.

Sarasvati et ses compagnes (page 113 à122)

Extraits du chapitre 9:

C’est dans la figure emblématique de la déesse Sarasvati que le symbolisme du Véda transparaît le plus clairement. Chez beaucoup d’autres dieux, l’équilibre entre le sens secret et l’image présentée est soigneusement préservé. Il arrive que le voile se déchire ou que ses coins se soulèvent, même pour l’être ordinaire qui écoute la Parole ; mais il n’est jamais complètement levé. (…) Mais Sarasvati refusera de se soumettre à un tel traitement. Elle est manifestement et incontestablement la déesse du Verbe, la déesse d’une Inspiration divine.

(…)

Mais Sarasvati n’est pas simplement la déesse de l’Inspiration, elle est en même temps l’un des sept fleuves du monde aryen de jadis. Une question se pose alors aussitôt   : d’où vient ce rapprochement extraordinaire ? Et comment s’établit, dans les hymnes védiques, le lien entre les deux idées ? Et ce n’est pas tout ; car ce qui compte chez Sarasvati, ce n’est pas seulement la déesse elle-même mais les relations qu’elle entretient avec son entourage. Avant de pour- suivre, examinons-les donc de façon rapide et sommaire pour voir ce que nous pouvons en apprendre.

Associer fleuve et inspiration poétique se retrouve aussi dans la mythologie grecque ; mais là, les Muses ne sont pas perçues comme fleuves ; elles sont juste reliées, de manière peu explicite, à un cours d’eau terrestre particulier.

(…)

Sarasvati veut dire «   celle ayant un courant, celle dont le mouvement coule   », c’est donc une appellation toute indiquée pour un fleuve comme pour la déesse de l’inspiration.

Mais par quel processus de pensée ou quel processus associatif le concept général du fleuve de l’inspiration a-t-il fini par se rattacher à un cours d’eau terrestre particulier ?

Et dans le Véda, il ne s’agit pas d’un fleuve unique qui, du fait de son contexte naturel et légendaire, pourrait être jugé plus apte que tout autre à symboliser la notion d’inspiration sacrée. Car il est question ici non pas d’un seul mais de sept fleuves, toujours associés dans le mental des Rishis et relâchés tous ensemble grâce à l’intervention du dieu Indra, quand il frappa le Python qui, s’enroulant en travers de leurs sources, empêchait leur écoulement.

Il semble impossible de supposer qu’un seul fleuve dans tout ce septuple jaillissement ait acquis une signification psychologique, alors que le reste se contentait de faire allusion à la chute annuelle des pluies au Punjab. Le sens psychologique de Sarasvati implique un sens psychologique pour l’ensemble du symbole des eaux védiques2.

2. Les fleuves prendront plus tard un sens symbolique dans la pensée indienne ; par exemple le Gange, la Yamuna et la Sarasvati et leur confluent sont dans l’imagerie tantrique des symboles yoguiques, et ils sont utilisés, bien que d’une façon différente, dans le symbolisme yoguique en général.

(…)

Si Sarasvati représente l’écoute vraie, śruti, qui confère la Parole inspirée, Ila, pour sa part, représente dristi, la vision vraie.

Dans ce cas, puisque dristi et śruti sont les deux pouvoirs du Rishi, le Kavi, le Voyant de la Vérité, nous comprenons mieux pourquoi Ila et Sarasvati sont si étroitement liées.

Bharati ou Mahi figure l’immensité de la conscience-de-Vérité qui, se levant sur le mental limité de l’homme, amène avec elle les deux Puissances-sœurs.

Nous réalisons aussi comment ces distinctions subtiles et concrètes finirent par tomber en désuétude à mesure que déclinait la connaissance védique, tandis que Bharati, Sarasvati et Ila ne faisaient progressivement plus qu’une.

On dit de ces trois déesses, notons-le également, qu’elles enfantent pour l’homme la Béatitude, mayas.

J’ai déjà insisté sur la relation constante, dans la conception des voyants védiques, entre la Vérité et la Béatitude ou Ananda.

C’est quand chez l’homme émerge la conscience vraie ou infinie que celui-ci, quittant ce «   mauvais rêve   » de douleur et de souffrance, cette création fragmentée, entre dans la Béatitude, l’état bienheureux, décrit dans le Véda de façon diverse par des termes comme bhadram, mayas (amour et félicité), svasti (l’existence faste, la bonne façon d’être) et d’autres, à usage moins spécifique, tels que vāryyam, rayih, yah.

Pour le Rishi védique, la Vérité est le passage et le vestibule, la Béatitude de l’existence divine est le but, ou encore la Vérité est le fondement, la Béatitude le résultat suprême.

(…) le rôle de la rivière Sarasvati dans le concert des sept fleuves s’éclaire alors. Elle est ce courant qui descend du principe de Vérité, du Ritam ou Mahas ; et le Véda mentionne en effet ce principe, notamment dans le passage qui conclut notre troisième hymne, l’appelant la Grande Eau, maho arnah (I-3-12) — expression qui nous précise du même coup l’origine du futur terme Mahas —, ou quelquefois mahān arvanah. Ce troisième hymne nous montre la relation étroite qui existe entre Sarasvati et cette grande eau.

Quelle fleur extraordinaire... 

Apporte ses dons multiples à celui qui sait les recevoir.

En pratique ?

Nous connaissons à peu près notre façon d'être, d'agir et de vivre au quotidien. Il serait intéressant, par exemple pendant une semaine, de se placer délibérément, consciemment, volontairement, aussi constamment que possible et avec toute notre foi et tout notre amour, sous l'influence de Mahâsaraswatî... et de noter les changements que nous observons.

À dire vrai, pour être tout à fait honnête, si nous sommes sincères, je crois qu'il est IMPOSSIBLE qu'il ne se passe rien.

De la même façon, chaque semaine pourrait être une CONSÉCRATION à l'un des aspects de la Mère. 

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