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Notre être a soif de perfection. Non pas cette perfection
humaine qui est une perfection de l’ego et barre le chemin à
la perfection divine. Mais une perfection qui puisse manifester
sur terre la Vérité Éternelle.
Message de Mère pour 1962

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Sans date 1957

La perfection de cette variété sans fin des relations de l’homme à Dieu à travers l’histoire du monde est une merveille ineffable. Et tout cela ensemble, c’est une seconde de la manifestation totale du Divin.

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Agenda du 18 janvier 1957

Chacun a en soi quelque chose de divin, quelque chose qui est à lui, une chance de perfection et de pouvoir dans un domaine, si petit soit-il, que Dieu lui donne à prendre ou à refuser.

Sri Aurobindo cité par Satprem

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Sans date – juin 1958

Cette tension est si totale et si généralisée que quelque chose doit évidemment se briser. Cela ne peut pas continuer ainsi. On peut prendre cela comme un signe certain de l’infusion dans la matière d’un principe nouveau de force, de conscience, de pouvoir, qui, par sa pression même, produit cet état aigu. Extérieurement, on pourrait s’attendre aux vieux moyens employés par la Nature quand elle veut produire un bouleversement ; mais il y a un caractère nouveau, qui n’est visible évidemment que dans une élite, mais même cette élite est suffisamment généralisée – ce n’est pas localisé en un point, un endroit du monde, on en trouve des signes dans tous les pays, sur toute la terre : la volonté de trouver une solution ascendante, nouvelle, plus haute, un effort pour surgir vers une perfection plus vaste, plus compréhensive.

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Agenda du 10 octobre 1958

Si l’on pouvait connaître tous les détails, vraiment, parfaitement, de la cérémonie de la vie, du culte du Seigneur dans la vie physique, ce serait admirable – savoir, et ne plus faire de fautes, ne plus jamais faire de fautes. On fait la cérémonie avec la perfection d’une initiation.

(…)

Il y a la position dans la hiérarchie universelle, qui est une chose inéluctable – c’est la loi éternelle –, et il y a le développement dans la manifestation, qui est une éducation et qui est progressive, qui se fait du dedans de l’être.

Et alors ce qui est intéressant, c’est que pour être un être parfait, il faut que cette position, quelle qu’elle soit, décrétée de toute éternité, qui fait partie de la Vérité éternelle, soit manifestée avec la plus grande perfection possible résultant du développement évolutif.

C’est la jonction et l’union des deux, de la position éternelle et de la réalisation évolutive, qui fera l’être total et parfait, la manifestation telle que le Seigneur l’a voulue depuis le commencement, de toute éternité (c’est-à-dire pas de commencement du tout !)

Et pour que le cercle soit complet, on ne peut pas s’arrêter en route à n’importe quel plan, même au plan spirituel le plus élevé, ou même au plan le plus proche de la matière (comme le plan occulte, par exemple, dans le vital). Il faut descendre jusque dans la matière et que cette perfection dans la manifestation soit une perfection matérielle, autrement le cercle n’est pas complet.

Et c’est cela qui explique l’erreur de ceux qui veulent s’enfuir pour réaliser la Volonté divine. C’est tout le contraire qu’il faut faire ! Il faut mettre les deux ensemble d’une façon parfaite. C’est pour cela que toutes les sciences honnêtes, les sciences qui sont faites sincèrement, honnêtement, avec exclusivement la volonté de savoir, sont des chemins difficiles – mais des chemins si sûrs pour la réalisation totale.

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Sans date 1959 (?)

Om, Seigneur Suprême, Dieu de Vérité et de Perfection. 
Seigneur, Dieu de Pureté et de Perfection 
Dieu de Justice et de Paix 
Dieu d’Amour et de Félicité

(1er japa des prières de la conscience des cellules)

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Agenda du 24 avril 1959

(Note manuscrite de Mère à Satprem)

La perfection divine est toujours là, au-dessus de nous ; mais que l’homme devienne divin dans sa conscience et son action et qu’il vive, au-dedans et au-dehors, la vie divine, c’est cela que veut dire le mot spiritualité ; toutes les significations moindres données à ce mot sont des maladresses inadéquates ou des impostures.1

1. Ce texte est de Sri Aurobindo, traduit par Mère (The Human Cycle, Cent. Ed. XV. 247).

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Agenda du 17 novembre 1960

Et c’est une sorte d’oscillation, vraiment très intéressante, entre deux extrêmes dont l’un est la toute-puissance et l’importance capitale, primordiale, du Physique – et sa parfaite irréalité. Et c’est tout le temps entre les deux, comme ça (geste de va-et-vient). Et les deux sont également faux, également vrais. C’est tout le temps entre les deux et c’est une espèce de courbe comme des éclairs électriques entre les deux : ça monte, ça descend, ça tombe, ça remonte.

Tout d’un coup on a la claire vision que la réalisation universelle se fera avec la perfection du monde matériel TERRESTRE (je dis terrestre parce que, encore, il est exceptionnel : ce n’est pas la même chose dans le reste de l’univers – cette espèce de petit grain de poussière, là, qui se gonfle et devient d’une importance capitale !).

Et puis un autre moment, alors c’est l’éternité, n’est-ce pas, pour laquelle les univers sont simplement… l’expression d’une seconde, et où tout cela est une sorte de – même pas de jeu auquel on s’intéresse, mais quelque chose... une respiration qui va et qui vient, qui va et qui vient... Et alors toute l’importance que nous donnons aux choses matérielles paraît tellement fantastiquement imbécile !

Et ça va, et ça vient...

Et quand cet état est là, c’est évident, indiscutable. Quand l’autre est là, c’est évident, indiscutable. Et entre les deux il y a TOUTES les combinaisons et toutes les possibilités !

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Agenda du 7 juillet 1961

Mais tout le langage – tout le langage ! – est un langage d’Ignorance. Toute la façon de s’exprimer, tout ce que l’on dit et la façon dont on le dit est nécessairement de l’ignorance. Et c’est pour cela qu’il est si difficile d’exprimer quelque chose qui soit concrètement vrai ; cela demanderait des explications qui, elles-mêmes, seraient pleines de fausseté (naturellement) mais enfin qui seraient extrêmement longues. C’est pour cela, quelquefois, que les phrases de Sri Aurobindo sont très longues, c’est justement quand il veut essayer de sortir de ce langage ignorant.

C’est la façon de penser qui est fausse !

Tous les croyants, tous les fidèles (ceux d’Occident en particulier), quand ils parlent de Dieu, pensent que c’est «autre chose» ; ils pensent qu’il ne peut pas être faible, laid, imparfait, que c’est quelque chose d’immaculé – ils pensent faux : ils divisent. Ils séparent.

La «perfection», pour la pensée subconsciente (ce que j’appelle la pensée subconsciente c’est une pensée qui ne se réfléchit pas : on a l’habitude de penser comme cela instinctivement et on ne se regarde pas penser), et quand on dit «perfection» d’une façon générale, justement on voit ou on sent ou on postule l’ensemble de tout ce que l’on considère comme vertueux, divin, beau, admirable – mais ce n’est pas ça du tout !

La perfection, cela veut dire quelque chose dans quoi il ne manque rien. La perfection divine, c’est une totalité. La perfection divine, c’est le Divin tout entier dans lequel il ne manque rien.

La perfection divine, c’est l’ensemble du Divin, duquel on n’a soustrait aucune chose – alors c’est juste l’opposé ! pour les moralistes, la perfection divine, ce sont toutes les vertus qu’ils représentent !

Au point de vue véritable, la perfection divine c’est le tout (Mère fait un geste global), et justement ce qui fait la perfection, c’est le fait que rien ne peut manquer dans ce tout.4

4. Plus tard, Mère a précisé :

«Il est impossible que quelque chose manque, parce qu’il est impossible qu’il y ait quoi que ce soit qui ne fasse pas partie de ce tout, rien ne peut être qui ne soit dans ce tout. Mais je le prends à son extrême limite de sens (pas en bas : tout en haut, à l’extrême limite du sens).

Je m’explique : dans un univers donné, il se peut qu’il n’y ait pas tout, parce qu’un univers est un mode de manifestation ; mais il y a tous les univers possibles. Et alors je reviens toujours à la même chose : il ne peut rien y avoir qui ne fasse partie de ce tout. Si nous donnons au Tout le nom de «Dieu», par exemple, il ne peut rien y avoir qui ne fasse pas partie de Lui. N’est-ce pas, les mots sont très en bas.» (Mère fait un geste par terre)

Et par conséquent, on peut dire que chaque chose est à sa place, exactement ce qu’elle doit être, et que les rapports entre les choses sont exactement ce qu’ils doivent être aussi.

Mais la Perfection, c’est un côté pour aborder le Divin. L’Unité, on aborde d’un autre côté, et la Perfection, on aborde globalement : tout y est et tout est comme ce doit être – «doit être», c’est-à dire expression parfaite du Divin (on ne peut même pas dire de Sa Volonté parce que si on dit «Sa Volonté», c’est encore quelque chose qui sort de Lui !) On peut dire les choses comme cela (mais c’est très-très en dessous) : Il est ce qu’il est et exactement comme Il veut être (avec le «exactement comme Il veut être», on est descendu d’un nombre considérable de marches !) Mais c’est pour donner cet angle de «perfection».

Et alors la perfection divine implique l’infini et l’éternité, c’est-à-dire que tout coexiste hors du temps et de l’espace.

(silence)

Quand je «marche» là-haut [pour le japa], il y a une série d’invocations ou de prières qui me sont venues5 (je ne les ai pas choisies : cela m’a été dicté), dans lesquelles j’implore le Seigneur de manifester sa Perfection (et je conçois très bien l’imbécillité de mon expression, mais cela correspond à une aspiration6).

5.Voir Prières de la Conscience des Cellules, Agenda, tome I, p. 358.

6. Mère avait dit avant que «tout est comme ce doit être... le Divin est ce qu’il est et exactement comme Il veut être», on ne devrait donc pas avoir besoin d’«implorer» qu’il manifeste sa Perfection.

Quand je parle de «manifester», je veux dire manifester dans ce qui, pour nous, est ce monde matériel, physique, c’est-à-dire sa transformation. Et à chacune de ces invocations, au moment où je la prononce, il y a le sens de l’approche, et c’est pour cela que, maintenant, je peux faire tous ces discours sur la Perfection, parce que la Perfection est l’une de ces approches. N’est-ce pas, je Lui dis : «Manifeste ceci, manifeste cela, manifeste Ta Perfection...» (il y en a long, il y en a beaucoup- beaucoup, cela me prend un bon moment), eh bien, chaque fois que je dis : «Manifeste Ta Perfection», j’ai une sorte de réalisation consciente [an awareness] de ce qu’est la Perfection : c’est quelque chose de global.

C’est comme le mot «pureté», on pourrait faire des discours interminables sur la différence entre la pureté divine et ce que les gens appellent pureté. La pureté divine, c’est (tout en bas) de n’admettre qu’une influence : l’Influence divine – tout en bas. (Mais ça, c’est déjà terriblement déformé.) La pureté divine c’est : il n’y a que le Divin, pas autre chose ; c’est parfaitement pur, il n’y a que le Divin, il n’y a rien d’autre que Lui.

Et ainsi de suite.

C’est la troisième année [de japa], alors ça commence à être très clair.

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(A propos de la dernière conversation où Mère parlait de la
Perfection divine et des séries d’invocations de son japa
lorsqu’Elle prie le Seigneur de manifester ses divers aspects :)

...Mais la Perfection, c’est seulement une façon spéciale, un côté par lequel on aborde le Divin, et il y a comme cela d’innombrables côtés, des angles, des aspects – d’innombrables modes d’approche du Divin.

Par exemple, quand je marche pour le japa, j’ai le sens de l’Unité (je t’ai parlé de toutes ces choses que je mentionne quand je marche là-haut : volonté, vérité, pureté, perfection, unité, immortalité, éternité, infinité, silence, paix, existence, conscience, etc., ça peut continuer comme cela).

Et alors, l’expérience, c’est qu’on aborde ou on approche ou on entre en contact avec le Divin par un bord, et quand on le fait vraiment, on s’aperçoit que c’est seulement dans la forme la plus extérieure que cela diffère, mais le contact est identique. C’est comme si on tournait autour d’un centre, d’un globe, et qu’on le voie sous des aspects, comme un kaléidoscope; mais dès que le contact est établi, c’est pareil.

Et c’est presque indéfini, le nombre d’approches. Chacun sent suivant son tempérament.

N’est-ce pas, ce japa, c’est une chose que j’ai reçue toute faite, ce n’est pas venu d’ici du tout (Mère désigne la tête), au point que je ne pouvais même pas changer la place d’une de ces approches, c’était comme s’il y avait une volonté qui s’y opposait ; et il y a une longue série comme cela, qui se suit selon une loi, qui correspond probablement aux besoins du développement de cette conscience et de son travail (je suppose, je n’en sais rien – je n’ai pas cherché à le savoir), mais c’est une sorte de loi qui fait que l’on ne peut pas déplacer un mot, parce que ce ne sont pas des mots : ce sont des états de conscience tout faits. Et ça se termine par :

«Manifeste ton Amour.»

Et c’était l’extrême sommet de la possibilité de manifestation. C’est cela que je voulais dire.

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Om, Seigneur Suprême, Dieu de bonté et de miséricorde 
Om, Seigneur Suprême, Dieu d’amour et de félicité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Volonté 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Vérité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Pureté 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Perfection 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Unité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Éternité
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Infinité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Immortalité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Silence 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Paix 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Existence 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Conscience 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Toute-Puissance 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Félicité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Connaissance 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Omniscience 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Sagesse 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Égalité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Intensité 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Lumière 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Harmonie 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Compassion 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ta Beauté 
Om, Seigneur Suprême, manifeste Ton Amour 
Om, Seigneur Suprême, remporte Ta Victoire.

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Agenda du 18 juillet 1961

L’équilibre est la loi essentielle de cette création et c’est cela qui permet qu’une perfection puisse se réaliser dans la manifestation.

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Agenda du 28 juillet 1961

UNE VISION (de Mère)
(Extrait de la «Revue Cosmique» de 1906)

Partout où est la beauté, partout où est la radiance, partout où est la progression vers le perfectionnement, que ce soit dans le Ciel des hauteurs ou celui des profondeurs, partout assurément se trouve l’être dans la forme et à la similitude de l’homme, l’homme le suprême évoluteur terrestre.

Agenda du 6 février 1962

Automatiquement, tout ce qui est, est naturellement l’expression de la Joie divine, même les choses qui, pour la conscience humaine, sont les plus abominables – cela se comprend. Mais en même temps, il y a cette espèce d'aspiration si intense que c'en est presque une angoisse, d'une perfection de création qui doit venir.

Et il semble que, justement, cette intensité d'aspiration, cette angoisse, dans le monde matériel, soit nécessaire, soit une préparation nécessaire pour que cette perfection puisse venir.

Et en même temps, ce qui est, c'est la perfection de l’instant, puisque c'est entièrement le Divin. Il n'y a rien d'autre que le Divin.

Alors il y a cette plénitude de joie divine, de chaque seconde, dans ce qui est, et en même temps l’aspiration, l’angoisse – c'est la jonction des deux qui est difficile, voilà.

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Agenda du 21 juillet 1962

Le corps physique, la vie, le mental et l’entendement, le Supramental, l’Ananda, tels sont les cinq plans de l’Esprit. Plus l’homme s'élève sur cette voie ascendante, plus il s'approche de l’état de perfection suprême qui s'offre à son évolution spirituelle.

Le Supramental trouvé, il devient facile de s'élever jusqu'à l’Ananda. Alors on acquiert la base solide, l’état de l’Ananda indivisible et infini non seulement dans le Parabrahman [Absolu] hors du temps, mais dans le corps même, dans la vie, dans le monde, l’être intégral, la conscience intégrale, la Joie intégrale s'épanouissent et prennent forme dans la vie. Telle est la clef centrale de mon yoga, son principe fondamental.

Extrait d’une lettre de Sri Aurobindo a son frère Barin

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Agenda du 31 juillet 1962

A m'a écrit pour me dire : «Si vous savez comment entrer en relation avec Agni,1 faites-le moi savoir, parce que j'ai besoin de lui» (!)

1. Agni : le feu de l'aspiration intérieure. Dans les Védas, il est représenté par une divinité particulière.

Moi, je lui réponds la chose naturelle en lui disant qu'il faut avoir de l’aspiration au progrès, la volonté de perfection, et qu'on allume le feu en brûlant ses désirs. Je lui ai dit cela d'une façon que, moi, j'appelle très concrète. Alors il m'a répondu (riant) : «Oooh ! vous vivez dans les abstractions, ce n'est pas ça que je veux, je veux un dieu vivant» – un personnage, n'est-ce pas !

Ils sont comme cela. La psychologie, c'est de l’abstraction. Ce qu'ils veulent, c'est : à telle date, il est allé à tel endroit, il a vu tels gens, il a fait telle chose – enfin tout ce qu'il y a de plus extérieur et de plus banal. Et alors, même le yoga devient comme cela : il s'est assis, il est resté tant d'heures, il a eu cette vision, il a essayé cette méthode, il a fait des asanas et des exercices respiratoires... Ça, pour eux, c'est concret. Et c'est seulement ça qui est concret. La psychologie, c'est tout à fait abstrait, tout à fait, ça n'a pas de réalité pour eux.

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Agenda du 4 août 1962

La seule chose possible, c'est une telle perfection dans l’union avec la Vibration suprême qu'automatiquement tout soit mis sous Son influence ; et dans ce cas-là, il est plus facile de se sentir plus grand, plus haut, plus vaste que le monde (pour prendre la terre simplement : le monde terrestre) qu'un individu.

Parce qu'il est plus aisé de faire comme cela (geste qui embrasse), de prendre tout, de l’envelopper et de le changer en restant dehors qu'en restant dedans.

En ce moment, les deux choses sont simultanées, et le «rester dedans» était le résultat de toute l’expérience de ces années pour amener la Présence suprême dans le monde matériel le plus matériel – pour ça, il faut accepter (comment dire ?...) l’identité corporelle.

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Agenda du 11 août 1962

(Mère avait parlé de l’inter-êchange constant des vibrations, si bien que l’idée de solitude pour faciliter le Yoga est «un enfantillage», et Elle avait ajouté : «La seule chose possible, c'est une telle perfection dans l’union avec la Vibration suprême, qu'automatiquement tout est mis sous Son influence.»)

J'ai eu cette expérience ce matin pendant plusieurs heures. Ça a commencé au milieu de la nuit, et ça a duré pendant des heures ce matin, jusqu'au moment où... j'ai été envahie par les gens. Et quand ça a commencé la nuit, c'était d'une façon assez colossale, pourrait-on dire, dans le corps (tout ça, c'est dans le corps), avec un sentiment de puissance formidable (même, pendant que j'avais l’expérience, tout d'un coup je me suis dit : «Tiens, il faut que je dise ça demain à Satprem – en pleine expérience !).

Et alors cette impression que LA Vibration était si complètement présente («présente», j'ai l’impression qu'elle est toujours là, mais perçue ; perçue, ce qui lui donne un genre d'efficacité – un genre qui nous est accessible).

Toute la matinée jusqu'à huit heures, huit heures et demie, c'était comme cela ; après huit heures, l’expérience s'est lentement estompée. Ça a commencé vers onze heures de la nuit et ça a duré jusque là. Et alors... Oui, c'est exactement ce que je dis là: automatiquement ça met chaque chose à sa place.

Une des conditions indispensables à la transformation.

Agenda du 5 septembre 1962

La vérité, c'est qu'on n'est jamais content de ce que l’on a...

Mais il ne se passe rien !

... et qu'on veut toujours ce qu'on n'a pas. Parce que nous sommes construits pour une perfection intégrale et qu'à moins qu'elle ne soit intégrale, nous ne sommes pas satisfaits. Ce qui peut te consoler, c'est que ça te viendra, en temps voulu.

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Agenda du 6 octobre 1962

Je pense (c'est tout simplement une question d'expérience, n'est-ce pas), je pense que si cet état se perfectionne, on doit pouvoir tout faire par L’AUTRE moyen, le moyen qui ne dépend pas des sens extérieurs ; et alors là, évidemment, ce sera le commencement d'une expression supramentale.

Parce que c'est une sorte de Connaissance innée qui FAIT les choses. Quand Ça, ça vient, on sait, on peut.

Mais il ne faut pas penser – de la minute où on pense, où on veut se servir de ses organes, ça s'en va tout à fait.

Et dans ce domaine de l’expression, la première chose qui vient sur vous, c'est... ce n'est pas une impossibilité : on ne VEUT PAS dire.

Il faudrait autre chose, tout autre chose.

Il faut attendre. Attends que ça vienne.

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Agenda du 6 mars 1963

Un univers éternellement parfait, manifestant éternellement l’éternelle perfection, manquerait de la joie du progrès. C'est une chose que je sens très intensément. Très intensément. Parce que nous ne voyons pas plus loin que le bout de notre nez, même pas une seconde de l’Infini, et que cette seconde ne contient pas tout ce que nous voulons sentir et savoir, nous nous plaignons et disons : «Ah ! non ! ce monde n'est pas bien.»

Mais si nous sortons de notre seconde et que nous entrions dans le Tout, tout de suite on sent d'une façon si intense tout ce que ce besoin de progrès a apporté à la Manifestation.

Et encore... c'est encore limité à l’instrument qui reçoit. Il y a un moment où même la Force créatrice de cet univers-ci se sent tout d'un coup toute petite si Elle ne se fond pas, ne s'unit pas à la Force créatrice de tous les autres univers.

Il y a, là aussi, une ascension ou une progression constante dans l’identification.

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Agenda du 27 mars 1963

Les rishis védiques avaient soif d'Immortalité,
le Bouddha voulait la Permanence...

Et alors j'ai regardé, je me suis dit : «Quel était donc le chemin du Christ ?»... Au fond, c'était toujours : «Aimez-vous les uns les autres», c'est-à-dire la fraternité (mais c'est une traduction moderne). Pour lui, c'était l’idée de compassion, de charité (les chrétiens disent que c'est la «loi de l’Amour», mais ça, ce n'est pas touché encore – ça viendra beaucoup plus tard). Alors j'ai écrit :

Jésus prêchait la Compassion...

Puis j'ai pensé : maintenant, Sri Aurobindo, c'est très clair ; pour lui, c'était la Perfection. La Perfection, non pas dans le sens d'un maximum mais d'une totalité où tout est représenté, et tout est représenté à sa place.

 Et cette Perfection, j'ai vu qu'elle devrait aller – elle doit aller par étapes. Il a annoncé quelque chose qui s'étend sur des milliers d'années pour se réaliser. Et ça doit aller par étapes.  

Et je vois : ce qui me paraît essentiel, indispensable (tout est là et tout prend sa place, mais il y a une chose qui est comme une angoisse – pas une angoisse personnelle : une angoisse terrestre), c'est la Sécurité. C'est ce besoin de Sécurité – quoi que l’on fasse, quoi que l’on veuille, même l’Amour, même la Perfection, ça a besoin de Sécurité. Rien ne peut se faire si on a cette impression que toutes les forces contraires peuvent venir et balayer. Il faut trouver le point où ça ne peut pas être touché ni détruit ni arrêté. Par conséquent, c'est la Sécurité, c'est l’essence même de la Sécurité.

Alors j'ai écrit :

Sri Aurobindo a promis la Perfection
et pour y arriver, le premier point nécessaire,
ce qu'il faut aux hommes maintenant,
c'est la Sécurité.

Toutes les tendances mondiales qui se traduisent par «vouloir établir la paix» d'une façon ou d'une autre, c'est cela, c'est la Sécurité.

Et ce dont j'ai l’expérience, c'est d'une super-sécurité, qui ne peut vraiment se trouver que dans l’union avec le Suprême – il n'y a rien-rien-rien au monde qui puisse vous donner la sécurité, excepté ça : l’union, l’identification avec le Suprême.

Et c'est ce que je t'avais dit : tant que Sri Aurobindo était là, dans son corps, j'avais l’impression d'une Sécurité parfaite – extraordinaire, extraordinaire ! que rien-rien-rien ne pouvait abîmer – rien. Et alors ce départ a été comme... comme un écrasement de cette expérience.

Et au fond, au point de vue suprême, c'était peut-être cela, la cause de son départ... Seulement, ça me paraît être une toute petite chose pour un très grand événement... Mais comme dans l’expérience, cette Sécurité s'établissait de plus en plus, de plus en plus, et qu'elle se répandait...

Il est probable que ce n'était pas le moment. Je ne sais pas. Comme je l’ai dit, ça me paraît être, au point de vue universel et everlasting (on ne peut pas dire éternel), everlasting [durable], c'est une petite cause pour un grand effet... Nous pouvons dire que c'était probablement UNE des causes qui ont nécessité son départ.

Par conséquent, d'après l’expérience de ces jours-ci, cette recherche de la Sécurité est seulement un premier pas vers la Perfection.

Il est venu pour annoncer (j'ai écrit «promettre» volontairement), il est venu PROMETTRE la Perfection, mais entre cette promesse et la réalisation, il y a beaucoup de pas ; et pour mon expérience, le premier pas, c'est cela : la recherche de la Sécurité. Et ça correspond assez bien à l’état d'esprit terrestre.

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Agenda du 3 mai 1963

«Le Seigneur est la résignation paisible, mais le Seigneur est aussi la lutte et la Victoire.

«Il est l’acceptation joyeuse de tout ce qui est ; mais aussi l’effort constant vers une harmonie plus totale et parfaite.

«Le mouvement perpétuel dans l’immobilité absolue.»

Ce n'est pas une réflexion intellectuelle : c'est la notation de l’expérience. N'est-ce pas, ce double mouvement constant, d'acceptation totale de tout ce qui est comme une condition absolue pour pouvoir participer à tout ce qui sera, et en même temps, l’effort perpétuel vers une perfection plus grande.

Et c'était l’expérience de toutes les cellules. L’expérience a duré plus d'une heure : les deux conditions.

Et ça, c'est ce qui a divisé beaucoup toute la pensée spirituelle de l’humanité ou la volonté spirituelle de l’humanité. Ça paraît ne pas avoir été compris. Les uns ont déclaré, comme le Bouddha et tous ceux-là, que ce monde est incorrigible, qu'il n'y a qu'une chose à faire, c'est d'en sortir, que ça ne peut pas être autrement que c'est – ça change, mais ça change pour être la même chose. Et cela détermine une certaine attitude d'acceptation parfaite. Alors, pour eux, c'est pour en sortir – n'est-ce pas, échapper : laisser tel que c'est, échapper.

Et puis les autres, qui pressentent qu'il y a une perfection vers laquelle on tend indéfiniment et qui se réalise progressivement.

Et je vois de plus en plus que ce sont deux mouvements qui se complètent, et non seulement qui se complètent mais qui sont comme indispensables l’un à l’autre.

C'est-à-dire que le changement qui proviendrait d'un refus d'accepter le monde tel qu'il est n'a pas de force, n'a pas de pouvoir : il faut l’acceptation non seulement totale mais compréhensive, joyeuse – connaître la joie suprême dans ce qui est pour avoir (je ne parle pas de droit ni de pouvoir), mais pour qu'il soit possible que ça change.

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Agenda du 11 mai 1963

N'est-ce pas, Mahâlakshmi, c'est l’aspect d'amour de la Mère divine ; la perfection de l’amour manifesté qui doit avoir lieu avant que cet Amour suprême, qui est au-delà de la Manifestation et de la Non-manifestation, puisse s'exprimer – celui dont il est question dans Savitri quand le Suprême envoie Savitri sur la terre :

For ever love, O beautiful slave of God !
«À jamais l'amour, ô splendide esclave de Dieu ! » (XI.1.702)

C'est pour pouvoir préparer la terre à recevoir la manifestation du Suprême, qui est la manifestation de Sa Victoire.

Agenda du 20 juillet 1963

Mais c'est une vigilance constante – constante. C'est infiniment plus difficile que quand on travaillait même dans le vital ; dans le vital, ce n'est rien ! c'est un jeu d'enfant en comparaison ; mais ici, ouf !... Parce que, n'est-ce pas, dans le mental, dans le vital, ce sont des mouvements d'organisation, d'action, de choix, de décision – c'est très facile de décider, de gouverner ! Mais cette tension cellulaire, c'est à CHAQUE SECONDE : c'est l'activité inhérente à l'existence matérielle. C'est seulement quand on entre en samâdhi que ça s'arrête. C'est-à-dire quand, extérieurement, on est en transe. Alors ça s'arrête.

On me donne de temps en temps – deux, trois fois par jour – quelques minutes de ça. C'est un délassement merveilleux. Mais j'en sors toujours (c'est-à-dire que le CORPS en sort) avec une anxiété, en ce sens qu'il dit : «Oh! j'ai oublié de vivre !» C'est très curieux. C'est une seconde, mais une seconde d'anxiété : «Oh! j'ai oublié de vivre» – et toute la comédie recommence.

Non, ce n'est pas amusant. Et ce n'est intéressant que pour quelqu'un qui s'intéresse à TOUT, pour qui TOUT est intéressant, c'est-à-dire qui a cette espèce de volonté de perfection qui ne néglige aucun détail – autrement, ce n'est pas... Dès qu'on entre dans le mental, n'est-ce pas, le mental dit : «Ah non! Non, on perd son temps.» – Ce n'est pas vrai, mais il considère ça comme des balivernes.

(silence)

Je disais tout à l'heure que quand je sortais de ces moments de transe, le corps sentait : «Oh ! j'ai oublié de vivre...» Ce n'est pas «vivre», c'est l'impression : j'ai oublié, à la fois, d'agir ou de concentrer, ou de faire la chose voulue ; l'impression d'un serviteur qui, pendant une minute, aurait arrêté de travailler – c'est cela. C'est juste un éclair, et puis tout de suite vient le sens de la Présence divine, et c'est fini.

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Agenda du 18 septembre 1963

Oui, l’autre jour cette expérience : quand tout était le Seigneur, tout, avec toutes les choses telles qu'elles sont, telles que nous les voyons ; quand tout était Ça dans un ensemble SI parfait parce qu'il était si complet, si harmonieux parce qu'il était si conscient, et dans un Mouvement perpétuel de progression vers une perfection plus grande (c'est une chose curieuse, ça ne peut pas rester tranquille le quart d'une seconde : c'est tout le temps, tout le temps, tout le temps progressant vers une Totalité plus parfaite) ; là, à ce moment-là, si le Pouvoir agit (probablement il agit), si le Pouvoir agit, il agit convenablement. Mais ce n'est pas toujours là – ce n'est pas toujours là, il y a encore le sentiment des choses qui doivent s'évanouir et des choses qui doivent venir – du passage ; une progression qui... qui ne contient pas tout.

(…)

Il est impossible qu'un changement quelconque, un changement vers la perfection (je ne parle pas d'une rétrogradation parce que c'est un autre phénomène), mais il est impossible qu'un changement quelconque, même dans un élément ou un point de la conscience terrestre, ne fasse pas participer toute la terre à ce changement. Forcément.

Tout se tient étroitement. Et une vibration quelque part a des conséquences TERRESTRES – je ne dis pas universelles, je dis terrestres –, forcément.

Ce qui fait qu'il n'y a pas une aspiration, pas un effort qui soit inutile, en se plaçant au point de vue terrestre (au point de vue individuel, c'est évident depuis très longtemps), mais en se plaçant au point de vue terrestre, il n'y a pas un effort – pas un effort vers le Mieux, pas une aspiration vers le Vrai, qui n'ait des répercussions terrestres, des conséquences terrestres.

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Agenda du 19 octobre 1963

Il y a une aspiration constante du corps vers tout ce qui peut le perfectionner – n'est-ce pas, perfectionner l’instrument –, et il y a très peu, très peu de demande de Pouvoir.

Quand Sri Aurobindo était là, il y avait la claire conscience de la nécessité du Pouvoir et j'avais dit plusieurs fois : «C'est le Pouvoir supramental qui se manifestera d'abord», parce que, sans Pouvoir, ce sera impossible : la masse d'opposition dans le monde est suffisante pour tout engloutir, comme la Lumière a été engloutie en 60 – la Lumière et la Conscience supramentales ont été englouties ; ce sera la même chose.

Mais après, quand il a fallu que je fasse toute la besogne, je n'ai plus insisté sur ce point-là (le Pouvoir), il n'y avait plus le sentiment de cette nécessité, mais plutôt l’impression d'un TOUT qui doit progresser ensemble et se manifester ensemble. Une sorte de perfection d'ensemble.

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Agenda du 14 décembre 1963

Tu sais, ce jouet que l’on tourne et qui fait des images ? C'est un kaléidoscope. Tous les petits bouts s'arrangent et font des dessins – il y a beaucoup de cela dans la façon dont les forces s'organisent et jouent.

Ce que je t'ai dit la dernière fois continue, ça s'intensifie ; mais quelquefois, à un moment donné, il y a un mouvement qui me vient, une sorte de réaction, par exemple, et alors quelque chose se plaint (tout cela, dans la conscience DU CORPS), le corps dit : «Ah! je suis encore comme cela, quelle misère !» Alors immédiatement, il y a une réponse, et une réponse…

C'est curieux, ça ne vient pas d'un endroit, ça vient de partout ; et la protestation du corps aussi ne vient pas d'un endroit : ce n'est pas UNE chose ou UN corps qui proteste, c'est une manière d'être ; une manière d'être terrestre qui s'exprime comme cela : «Ah ! encore comme cela.» Et la réponse immédiate : «Mais tu ne vois pas, tu ne vois pas l’utilité de cela ?»

Et alors on me montre tout un enchevêtrement de mouvements, de vibrations, de réactions, d'actions, tout cela ; et à un petit endroit, il y a besoin d'une petite force : il y a une petite chose un tout petit peu inerte qui sert de support à une autre chose – et alors tout s'explique, tout est à sa place !

On voit tellement que c'est l’égoïsme; l’égoïsme qui veut la perfection individuelle personnelle ; au lieu de vouloir le progrès global, qui veut le progrès personnel, et qui encore fait des coupures là où il n'y en a pas, des séparations là où ça n'existe pas ; et comme il faut accepter qu'un mouvement passe comme cela (à travers Mère) quand c'est sa place et que c'est le moment de son utilité, pour que LE TOUT suive sa route – c'est très-très intéressant.

Et comme cela, on jauge très bien combien il reste de la vieille habitude de réaction personnelle, surtout dans la partie émotive de l’être universel: c'est la partie émotive qui reste encore le plus personnel, même plus personnel que la partie purement physique, matérielle.

Dès que la partie émotive entre en action, elle «personnalise», parce qu'elle JOUIT des réactions individuelles ; c'est la partie qui AIME à sentir qu'elle aime, qui AIME à sentir ses émotions, et à cause de cela il reste la petite coloration personnelle.

Et quand il y a un mouvement un petit peu plus obscur ou retardataire qui est là, le corps est indigné et il ne comprend pas que ça fait partie du tout, et qu'il faut que le tout marche en même temps, qu'on ne peut pas séparer un morceau comme cela et le rendre parfait – ça ne se peut pas ! c'est impossible. Ce n'est pas que ça ne doit pas : ça ne PEUT PAS. Tout se tient.

(…)

Ce qui résiste le plus au point de vue terrestre (peut-être même au point de vue universel), c'est cette zone (elle est plus marquée dans l’atmosphère terrestre), cette zone émotive.

Il y a eu la perception claire qu'elle TIENT à ses émotions, elle JOUIT de ses émotions. Ça contrebalance l’effort vers la perfection, vers l’unité parfaite : le plaisir des émotions.

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Ne pas permettre à ses émotions d'être en contradiction avec la divinité intérieure.

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Il faut que l'élargissement ne soit pas le résultat d'une impulsion instinctive mais d'une organisation consciente.

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Délicate et raffinée, ne se permet aucune vulgarité.

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Les foules qui répondent à l'impulsion venant du Divin. Un événement qui marque les grandes étapes de la vie terrestre.

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Il s'ouvre et s'élargit pour mieux recevoir.

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Indispensable pour commencer la sâdhanâ.

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À la fois la condition et le résultat de l'abolition de l'ego.

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