Extraits Vie Divine (L2. C10)
Page 587-588
Dans notre être extérieur, nous sommes des enfants de l’Inconscience ; notre être intérieur fait de nous les héritiers des plus hauts sommets du mental, de la vie et de l’esprit : plus nous nous ouvrons vers le dedans, allons au-dedans, vivons au-dedans, recevons du dedans, plus nous échappons à la sujétion à notre origine inconsciente, et nous nous dirigeons vers tout ce qui est à présent supraconscient pour notre ignorance.
(…)
L’Inconscience est une reproduction inversée de la supraconscience suprême : elle a le même absolu d’être et d’action automatique, mais en une vaste transe involuée ; c’est l’être perdu en lui-même, plongé en son propre abîme d’infinité. Au lieu d’une lumineuse absorption dans l’existence-en-soi, c’est une ténébreuse involution — ces « ténèbres voilées par les ténèbres » dont parle le Rig-Véda, tama âsît tamasâ gûdham — qui lui donne l’apparence de la Non-Existence ; au lieu d’une perception de soi inhérente et lumineuse, il y a une conscienceplongée dans un abîme d’oubli de soi, inhérente en l’être mais non éveillée en l’être.
Cependant, cette conscience involuée est encore une secrète connaissance par identité ; elle porte en elle la perception de toutes les vérités de l’existence cachées en son obscur infini et, quand elle agit et crée — mais elle agit d’abord comme Énergie et non comme Conscience —, tout est arrangé avec la précision et la perfection d’une connaissance intrinssèque.
Dans toutes les choses matérielles réside
➡ une Idée-Réelle muette et involuée,
➡ une intuition substantielle efficace en soi,
➡ une perception exacte qui n’a point d’œil pour voir,
➡ une intelligence automatique élaborant ses conceptions non exprimées et non pensées,
➡ une sûreté de vision voyant aveuglément,
➡ une muette et infaillible sûreté de sentiment réprimé recouverte d’insensibilité qui effectue tout ce qui doit être effectué.
Tout cet état et toute cette action de l’Inconscient correspondent très évidemment au même état et à la même action de la pure Supraconscience, mais traduits en termes d’obscurité fondamentale au lieu de la lumière fondamentale originelle.
Inhérents à la forme matérielle, ces pouvoirs ne sont pas possédés par la forme, mais ils œuvrent néanmoins en sa muette subconscience.
Tout cela est fichtrement intéressant. Le moment venu je publierai un article sur cette notion d'Idée-Réelle. Ce n'est pas une notion, c'est une réalité, mais dans la mesure où nous n'en avons pas encore l'expérience, il est possible de dire que ce n'est encore qu'une notion.
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Fin du dernier paragraphe du chapitre – page 591
Quand le subliminal parvient à imposer aux sens et au mental de surface certaines de ses activités secrètes pures, non traduites dans les formes ordinaires de l’intelligence mentale, alors seulement une action rudimentaire des méthodes plus profondes s’élève à la surface.
Mais de telles émergences demeurent exceptionnelles ; traversant brusquement la normalité de notre connaissance acquise et apprise, elles ont la saveur de l’anormal et du supranormal.
Ce n’est qu’en nous ouvrant à notre être intérieur ou en y pénétrant, qu’une prise de conscience intime et directe peut s’ajouter à la prise de conscience extérieure indirecte.
Seul un éveil à notre âme la plus profonde ou à notre moi supraconscient peut amener un début de connaissance spirituelle, avec l’identité comme base, pouvoir constitutif et substance intrinsèque.
Je n'en suis pas à ces émergences exceptionnelles, loin s'en faut, pourtant, j'ai remarqué quelque chose, qui me semble accessible à tous. Dans les pratiques d'intériorisations pour partir à la découverte de son monde intérieur, et mieux se connaître, si consciemment, volontairement, délibérément, résolument... on se met en relation avec la dimension subliminale de son être, cela change quelque chose et les sensations deviennent plus claires, plus intenses et plus nombreuses.
Le subliminal semble nous ouvrir non seulement, à l'intérieur de notre enveloppe corporelle, mais aussi nous élargir autour : la séparation entre dedans et dehors, entre nos énergies intérieures et notre conscience environnante à tendance à s'effacer.