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Nous nous demandons parfois s'il est préférable de se concentrer vers l'intérieur, vers le psychique, ou vers le haut à partir du centre de la tête, du sommet de la tête, j'aurais sans doute répondu que Sri Aurobindo nous invitait à choisir ce qui nous semblait le plus facile. 

Dans un article précédent, j'ai partagé une conversation où j'ai demandé Grok de faire un résumé sur le processus d'identification, dans lequel il est question d'un exercice pratique proposé par Mère pour s'entraîner à s'identifier sur un objet. N'ayant aucun souvenir de cet exercice, j'ai demandé à Grok de m'en donner la source.

Grok m'a alors expliqué que l'exercice n'existait pas tel quel mais qu'il était inspiré du radja yoga de Vivékananda et de l'Entretien de Mère du 27 juillet 1955 qui est si intéressant, que je partage ici en intégralité toute la première partie qui correspond merveilleusement bien à notre sujet.

Lien pour le texte intégral et l'enregistrement audio

Quelques mois avant cet Entretien...

Quelques mois avant cet Entretien...

Cet Entretien est basé sur le chapitre III de Lumières sur le Yoga, «Soumission et ouverture».

Il a tout dit, je n’ai rien à ajouter.

Douce Mère, ici il est écrit :

«En fait, dans notre yoga, le cœur devrait être le centre principal de la concentration jusqu’à ce que la conscience s’élève plus haut.» 

(Ça, c'est quelque chose que j'avais complètement oublié.)

Mais la conscience de chacun est sur un plan différent !

Oui, très différent. Seulement on dit toujours : «Concentrez-vous ici, sur le plexus solaire, le centre, là, parce que c’est là qu’on peut le mieux rencontrer le psychique, entrer en contact avec le psychique.»

C’est pour ça. C’est ce que cela veut dire.

(Là, il peut y avoir une confusion car d'une part, il est question du cœur, et de l'autre, du plexus solaire. Or, sauf erreur de ma part, cela ne me paraît pas la même chose, le plexus solaire me semble se situer plus bas que le cœur.

Même sur la localisation du plexus solaire, les sources divergent.

Certaines le placent un travers de main au-dessus du nombril, la zone de l'estomac, ou pour le dire autrement, à mis distance entre le nombril et l'appendice xiphoïde.

D'autres sources le situent un travers de main plus haut, au niveau du petit creux en bas du sternum, juste au-dessus de l'appendice xiphoïde.

 

À noter que dans cette zone, se trouve aussi Anahata, le centre du cœur, de l'être émotif avec douze pétales et d'une couleur rosé-doré.)

Une fois que la conscience s’élève, alors où est-ce qu’on la rencontre ?

Au-dessus de la tête, au-dessus du mental. Ce que Sri Aurobindo veut dire, c’est : à moins qu’on n’ait dépassé le mental et qu’on ne soit sorti dans les régions tout à fait supérieures, tant qu’on reste dans la conscience humaine — la conscience mentale et vitale et physique —, il faut se concentrer pour rencontrer le psychique.

C’est seulement si vous avez jailli en dehors de la conscience humaine, et que vous êtes entré consciemment dans les régions supérieures, au-dessus du mental, très au-dessus du mental, qu’alors vous n’avez plus besoin de vous concentrer dans le psychique, parce que naturellement vous le rencontrerez.

Mais s’élever au-dessus de la conscience mentale (non pas dans un mental spéculatif supérieur), très au-delà de tous les mouvements du mental, ce n’est pas une chose facile. Pour commencer, il faut que le mental soit tout à fait silencieux et tranquille, autrement on ne peut pas. C’est seulement quand le mental entre dans un silence complet, une tranquillité parfaite, qu’il ne devient plus qu’un miroir pour réfléchir ce qui est au-dessus ; alors on peut s’élever au-dessus. Mais tant que «ça» marche, il n’y a pas d’espoir.

(Mince ! Je me suis concentré tant et tant de fois au-sommet de la tête, sans avoir atteint l'état parfaitement tranquille et silencieux que Mère décrit... et je m'étonnais que cela soit un peu difficile.

C'est ce que je disais dans une article précédent : il ne faut pas aller plus vite que la musique et il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs !

Pourtant, j'ai lu tous les Entretiens...et j'ai zappé cette info si importante, je n'en avais aucun souvenir.)

Mais il ne faut pas confondre le psychique avec les sentiments, vous savez ! Ce sont deux choses tout à fait différentes. Les gens croient toujours que quand ils ont des émotions, des sentiments, ils entrent dans le psychique. Cela n’a rien à faire avec le psychique, c’est purement vital. C’est la partie la plus subtile du vital, si vous voulez, mais c’est le vital. Ce n’est pas par les sentiments qu’on va au psychique, c’est par une aspiration très intense et un détachement de soi.

(Aspiration très intense... décidément, dans les textes que je redécouvre ces temps-ci, le mot intensité revient tout le temps.

Et détachement de soi. Ah ! Je me suis souvent exercé au détachement des choses, mais le détachement de soi, ça aussi... je l'avais oublié dans la pratique).

Douce Mère, qu’est-ce que c’est, «dessécher le cœur»?

Dessécher le cœur ! Les gens disent que vous avez le cœur desséché quand vous n’avez plus de sentimentalité vitale. C’est ce qu’ils appellent avoir un cœur desséché, c’est quand on n’a plus de sentimentalité vitale. Un vrai cœur desséché, c’est un être qui... qui serait incapable d’aucune bonté, d’aucune générosité, d’aucune bonne volonté; mais heureusement, c’est très rare.

Il y a quelques rares individus qui sont nés sans être psychique et qui sont méchants ; mais ils sont très rares. Pour tout le monde, il y a toujours un espoir ; même ceux qui s’imaginent qu’ils sont très forts en étant méchants, même pour eux il y a un espoir ; ça peut s’éveiller tout d’un coup.

Mais ça, ce n’est pas ce que les gens pensent. Ce que les gens pensent, c’est ce que je te dis ; c’est quand on n’a pas de faiblesse sentimentale et d’émotion vitale, alors les gens vous disent : «Vous avez un cœur desséché.» Mais c’est leur opinion, ce n’est pas une vérité. Un cœur desséché, ce serait quelqu’un qui serait incapable d’avoir de la compassion ; c’est très rare. Même les gens qui avaient la réputation d’être les plus méchants, il y avait toujours un petit coin de leur être qui était ouvert à la compassion. C’était quelquefois ridiculement petit, mais c’était là.

Douce Mère, quand tu dis : «Concentrez-vous dans le cœur», est-ce que ça veut dire : «Concentrez-vous avec le mental»?

La conscience, pas le mental, la conscience !

Je ne dis pas de penser dans le cœur, je dis de concentrer, concentrer l’énergie, concentrer la conscience, concentrer l’aspiration, concentrer la volonté. Concentrer. On peut avoir une concentration extrêmement intense, sans une seule pensée, et en fait elles sont généralement beaucoup plus intenses quand on ne pense pas.

Ainsi, nous avons là si nous le souhaitons 4 exercices pratiques pour nous entraîner à tout ramener et rassembler vers le psychique. C'est une phrase importante.

(silence)

Ça, c’est une des choses les plus indispensables à faire, si on veut arriver à avoir un contrôle sur soi, et une connaissance même limitée de soi-même : c’est de pouvoir localiser sa conscience, et la promener dans les différentes parties de son être, de façon à distinguer sa conscience de sa pensée, de ses sentiments, de ses impulsions, se rendre compte de ce que c’est que la conscience en elle-même. Et ainsi on peut apprendre à la déplacer : on peut mettre la conscience dans le corps, on peut mettre la conscience dans le vital, on peut mettre la conscience dans le psychique (c’est la meilleure place pour la mettre), on peut mettre la conscience dans le mental, on peut élever sa conscience au-dessus du mental, et avec sa conscience on peut aller dans toutes les régions de l’univers.

(Notre prochaine pratique pourrait être de vérifier si nous sommes à l'aise avec les indications laissées par Mère.)

Mais d’abord il faut savoir ce que c’est que sa conscience, c’est-à-dire devenir conscient de sa conscience, la localiser. Et il y a beaucoup d’exercices pour ça.

(Ah bon ? J'ignorais que la conscience pouvait se localiser. Il me semblait qu'elle était partout ?)

Mais il y en a un qui est très connu, c’est de s’observer et de se regarder vivre, et alors de voir si c’est vraiment le corps qui est la conscience de l’être, ce que l’on appelle «moi» ; et puis quand on s’est aperçu que ce n’est pas du tout le corps, que le corps traduit quelque chose d’autre, alors on cherche dans ses impulsions, ses émotions, pour voir si c’est ça, et puis on s’aperçoit aussi que ce n’est pas ça ; et puis alors, on cherche dans ses pensées, si la pensée, c’est vraiment soi, ce que l’on appelle «moi», et au bout de très peu de temps on s’aperçoit : «Non, je pense, par conséquent “moi”, c’est différent de mes pensées.»

Et alors, ainsi, par éliminations progressives, on arrive à entrer en contact avec quelque chose, quelque chose qui vous donne l’impression d’être : «Oui, ça c’est “moi”.

Et ce quelque chose, je peux le promener, je peux le promener de mon corps à mon vital, à mon mental, je peux même, si je suis très... comment dire... très habitué à le promener, je peux le promener dans d’autres gens, et c’est comme ça que je peux m’identifier aux choses et aux gens. Je peux, à l’aide de mon aspiration, le faire sortir de ma forme humaine, s’élever au-dessus, vers des régions qui ne sont plus du tout ce petit corps et ce qu’il contient.»

(Voilà de belles expérimentations en perspectives !)

Et alors, on commence à comprendre ce que c’est que sa conscience ; et c’est après cela qu’on peut dire : «Bon, j’unirai ma conscience à mon être psychique, et je la laisserai là, afin qu’elle soit en harmonie avec le Divin, et qu’elle puisse se soumettre entièrement au Divin.»

Ou alors : «Si par cet exercice de s’élever au-dessus de mes facultés de penser et de mon intellect, je peux entrer dans une région de lumière pure, de connaissance pure...», alors on peut mettre sa conscience là, et vivre comme ça, dans une splendeur lumineuse qui est au-dessus de la forme physique.

Mais d’abord il faut que cette conscience soit mobile, et qu’on sache la distinguer des autres parties de l’être qui sont, en fait, ses instruments, ses modes d’expression. Il faut que la conscience se serve de ces choses, mais non pas que vous confondiez la conscience avec ces choses. Vous mettez la conscience dans ces choses, alors vous devenez conscient de votre corps, vous devenez conscient de votre vital, vous devenez conscient de votre mental, vous devenez conscient de toutes vos activités par votre volonté d’identification ; mais pour cela il faut que d’abord votre conscience ne soit pas complètement embrouillée, mélangée, combinée pour ainsi dire avec toutes ces choses, qu’elle ne les prenne pas pour elle, qu’elle ne se trompe pas.

Quand on pense à soi (évidemment, sur des millions d’hommes il n’y en a peut-être pas dix qui sont autrement), on pense : «Moi, c’est mon corps, c’est ça que j’appelle “moi”, ce qui est comme ça. Et alors, je suis comme ça ; et puis mon voisin, c’est aussi le corps. Quand je parle d’une autre personne, je parle de son corps.» Et alors, tant qu’on est dans cet état-là, on est le jouet de tous les mouvements possibles, et on n’a aucun contrôle sur soi-même.

Le corps, c’est le dernier instrument, et c’est pourtant ça que l’on appelle «moi», la plupart du temps, à moins qu’on n’ait commencé à réfléchir.

🔥

En conclusion

Il me semble que nous avons là un texte tout à fait important pour recadrer et réorienter si nécessaire notre pratique. 

 

 

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