Extraits Lettres à Dilip (janvier 1936)
Après m'être bien... cassé la tête 😊 avec deux chapitres de La Vie Divine, ce fut une joie profonde, délectable, de me plonger dans le Tome 3 des Lettres de Sri Aurobindo à Dilip que j'ai reçu il y a quelques semaines déjà.
Comme pour les tomes précédents, j'en partagerai quelques extraits puisés ici et là selon l'inspiration.
Cette première publication concerne quelques extraits des lettres de janvier 1936, mais pas tous, car j'ai trouvé deux passages très intéressants sur la pratique du japa que je publierai à part le moment venu, et sans doute avec quelques autres issus de l'Agenda.
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Les thèmes abordés dans le volume 3 de cette correspondance reflètent les différents aspects de la vie. Quand Sri Aurobindo s'était retiré, tout le monde avait pensé qu'i létait perdu dans ...
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Éditorial de Sujata Nahar (mars 2007)
Son effort consistait à faire descendre la Vérité qu’il envisageait. Et il le fixa dans l’atmosphère de la terre pour que fleurisse l’évolution.
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4 janvier 1936
Les Gopis5 ne sont pas des personnes ordinaires à proprement parler – elles sortent de l’ordinaire par le caractère extrême de leur amour, leur dévotion passionnée, leur don de soi sans réserve. Quiconque possède cela, aussi humble que soit sa position à d’autres égards (savoir, représentation de pouvoir, érudition, sainteté extérieure, etc., etc.) peut aisément suivre Krishna et l’atteindre ; tel me semble être le sens des Gopis. Il existe de nombreuses autres significations, bien sûr – ce n’en est qu’une parmi toutes les autres.
5. Jeunes bouvières dévouées à Krishna
Bouvier, bouvière : personne qui garde et conduit les bœufs.
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C'est l'occasion d'une aparté avec deux aphorismes de Sri Aurobindo et le commentaire de Mère.
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482 — Le chercheur de la connaissance divine découvre en la description de Krishna qui vole les robes des gôpîs l’une des paraboles les plus profondes des voies de Dieu envers les âmes : celui qui a de la dévotion y trouve la transcription parfaite, en acte divin, des expériences mystiques de son cœur ; le lascif et le puritain – deux visages d’un même tempérament – n’y voient qu’une histoire sensuelle. Les hommes apportent ce qu’ils ont en eux-mêmes et le voient réfléchi dans les Écritures.
483 — Mon amant m’a enlevé ma robe de péché, et je l’ai laissée tomber avec joie, alors il s’est emparé de ma robe de vertu, mais je me suis senti honteux et alarmé et j’essayai de l’en empêcher. C’est seulement quand il me l’eut arrachée de force que je vis combien mon âme m’avait été cachée.
(Mère remarque oralement)
Laissons tomber notre robe de vertu afin d’être prêts pour la Vérité.
22 avril 1970
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20 janvier 1936
Ce n'était pas d'auto-analyse ni de dissection que parlait la Mère. L'analyse et la dissection sont des procédés mentaux, qui peuvent s'appliquer à ce qui est inanimé ou faire mourir ce qui est vivant ; ce ne sont pas des méthodes spirituelles.
La Mère ne parlait pas d'analyse, mais d'une vision de soi-même ainsi que de tous les mouvements vivants de l'être et de la nature, une intense observation des personnalités et des forces qui se meuvent sur la scène de notre être, de leurs motifs, leurs impulsions, leurs potentialités – une observation tout aussi intéressante que de voir et de comprendre un drame ou un roman, une vision et une perception vivantes de la façon dont les choses se font en nous, ce qui apporte aussi une maîtrise vivante de cet univers intérieur.
Ces choses-là ne deviennent arides que si on les traite avec le mental analytique et ratiocineur et non quand on les approche avec la vision et l'intuition, comme un mouvement de la vie.
Si vous aviez cette faculté d'observation (du point de vue spirituel intérieur et non éthique et intellectuel extérieur), il vous serait alors relativement facile de sortir de vos difficultés ; par exemple, vous verriez aussitôt d'où venait cette impulsion irrationnelle de vous enfuir, et elle n'aurait plus aucune emprise sur vous. Bien sûr, tout cela ne peut se faire pour le mieux que lorsque vous prenez du recul par rapport au jeu de votre nature et deveniez le Contrôleur-Témoin ou le Spectateur-Acteur-Directeur. Mais c'est ce qui arrive lorsque vous prenez ce genre de position d'auto-observation.
Cependant, puisque vous craignez que cela soit aride ou pénible (une idée de l'intellect qui ne comprends pas, telle votre vieille confusion à propos du Supramental perçu comme semblable à la froideur distante de Brahman l’illusionniste au lieu d'une sublimation de lumière, de dynamisme – joie, amour et Ananda), nous n'en dirons pas plus.
Une méthode du cœur plus aisée ? Vous croyez aux idées traditionnelles aussi, la méthode la plus facile est celle de la bhakti, de la confiance, du don de soi, bhakti, nirbhar, samarpan.
Ce qui vous arrive encore – car cela grandissait et grandit toujours en vous et dans cette direction – c'est une vieille confusion dans le mental et le vital. Le cœur dit : "Je veux la bhakti", le mental dit : "Non, non la raison", le vital dit : "Sottises, je ne peux pas me soumettre." Ce que vous devez faire, c'est calmer cette confusion crée par les samskaras11 passés du mental et vous fixer sur l'unique chose, ou harmoniser.
11. Tendances résiduelles subconscientes.
La Bhakti est la force de base ; la connaissance, la force et la joie dans le Divin en résultent – telle est l'harmonie que propose notre yoga. Mais d'une façon ou de l'autre, si l'une des deux est accomplie, alors la Paix devient aisément possible.
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21 janvier 1936
Le vairagya est sans aucun doute l'une des façons de progresser vers le but – la voie traditionnelle et drastique, bien que douloureuse. Perdre le désir des jouissances vitales humaines, perdre le désir ardent du succès littéraire ou autre, des louanges, de la renommée, perdre même l'exigence du succès spirituel, le bhoga [plaisir] intérieur du yoga, cela a toujours été reconnu comme des pas vers le but – pourvu que l'on conserve la seule exigence du Divin.
En ce qui me concerne, je préfère la voie plus paisible de l'égalité, celle qu'à indiqué Krishna, à la voie plus ardue du Vairagya [renoncement].
Mais si la pulsion dans la nature – ou la pulsion de l'être intérieur, qui par ce moyen force son chemin à travers les difficultés de la nature, va dans cette direction, elle doit être reconnue comme une direction valable.
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22 janvier 1936
Vous vous accrochez à votre version intellectuelle et éthique de l'auto-observation intérieure ? Aride ? Policier ? Criminel ? Grand Dieu ! Si c'était ainsi, cela cesserait d'être de l'auto-observation – car dans la vraie, on ne trouve pas trace de police ni de criminalité. Tout cela appartient au système éthico-intellectuel de la vertu et du péché, qui n'est qu'une construction mentale d'une valeur pratique pour la vie extérieure, mais pas une vérité des réelles valeurs intérieures.
En somme, si nous comprenons bien, il n'y a pas de place non plus pour une quelconque culpabilité. Ça peut servir de le savoir.
Dans la véritable auto-observation, nous voyons seulement des harmonies et des dysharmonies, corrigeons les fausses notes et les remplaçons par les notes justes. Mais je dis cela par souci de vérité et non pour vous persuader de commencer l'effort d'auto-observation ; car si vous le faisiez avec ces idées-là, vous débuteriez inévitablement sur la base du policier et auriez des problèmes.
Ainsi, cette pratique n'est pas pour tout le monde et elle implique une préparation.
En outre, vous préférez évidemment, dans le yoga, être le piano que le pianiste, ce qui est très bien, mais implique un total don de soi et l'intervention du musicien et harmoniste suprême. Puisse-t-il en être ainsi.
Oh ! Comme c'est beau... 💓 💓 💓
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30 janvier 1936
Tout ce qui est nouveau doit toujours lutter pour être reconnu – la première impulsion du mental humain, c'est de le rejeter.
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1936
Très heureux du flot d'aspiration. Il n'y a pas de mal à être intéressé ou absorbé – c'est un esprit général d'offrande qui doit grandir.
Le vieil Adam est toujours un gars obstiné, on ne peut le pousser dehors que lentement, même si de temps en temps on peut effectuer une grosse poussée qui l'envoie plus près de la porte. L'essentiel est de le rapprocher de plus en plus de la sortie.
Mais qu'est-ce que la condition du monde a à voir avec la Grâce ? La Grâce est une affaire individuelle. Les voyants ne disent pas que le monde est un monument de Compassion ou de Grâce divine, mais qu'à l'arrière, la Grâce attend celui qui se détourne de son ignorance ou se tourne pleinement vers le Divin.
Anityam asukham lokam imam prapya bhajasva mam [ce monde est éphémère et rempli de misère ; aussi tourne-toi vers moi pour m'adorer, Gîtâ, 9.33]
Bien sûr, nous espérons mettre en route ici un monde meilleur, mais c'est une autre histoire. D'abord, les individus, ou certains individus – ensuite, le monde pourra peut-être réclamer sa chance.
Sri Aurobindo a écrit cette dernière phrase il y a 70 ans ! Qu'en est-il maintenant : le monde peut-il désormais réclamer sa chance ?
À suivre avec d'autres extraits...
Un merci tout particulier à Marie et Maryse de nous offrir cette merveilleuse traduction
🙏 🌞 🌹