Conduis-moi, douce Lumière
Lettres de Sri Aurobindo à Dilip (Extraits)
2 mars 1936
Le poème anglais de Nishitanta sur la vision de la Flamme-Lion et de la Flamme-Cerf, la beauté et le pouvoir, était en même temps symbolique et mystique. C’est lorsque la chose vue est vécue et atteint en elle-même une sorte de vive réalité indépendante qui dépasse toute signification symbolique qu’elle devient mystique.
Dans le poème symbolique le mental est plus actif, et le lecteur veut savoir quelle est la signification pour le mental, ainsi que vous le faites pour ce texte, mais comme le mental diffère d’une personne à une autre, le poète peut attacher au texte une signification et le lecteur en trouver une autre, du moins si l’image utilisée est issue de l’imagination et non mentalement claire et précise.
Dans la poésie mystique, le mental est submergé par le caractère vivant de la réalité, et toute explication mentale est bien en dessous de ce qui est ressenti et vécu dans le vital plus profond ou la réponse psychique au poème.
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J'ai demandé à Grok s'il pouvais retrouver ce poème, et me proposer une traduction... et il n'y a pas réussi. Je suis donc passé à un autre extrait.
13 mars 1936
J'ignore tout des chants français ou allemands – quand aux Anglais, si l'on en excepte quelques-uns, tel l'hymne du cardinal Newman48 Conduis-nous, douce Lumière, ils n'existent pas, pour autant que je sache – je veux dire, bien sûr, en ce qui concerne leur contenu, leur manière, leur style.
Je crois que dans la musique européenne les mots revêtent une importance très mineure, ils ne comptent que parce qu'ils accompagnent la musique. Mais je suis pas expert en la matière, aussi, ne puis-je m'étendre davantage sur le sujet. À l'époque où on écrivait des chants religieux en latin médiéval, ils étaient très beaux, mais avec l'utilisation des langues modernes, cet art s'est perdu – les hymnes européens sont des choses horribles.
48. John Henry Newman (1801-1890) : théologien et auteur anglais
Cette fois, Grok a réussi à retrouver cet hymne, très célèbre dans les milieux chrétiens :
Voici le texte intégral de l’hymne du cardinal John Henry Newman (écrit en 1833 lors de son voyage de retour d’Italie, et publié sous le titre The Pillar of the Cloud – « La Colonne de Nuée »).
Lead, Kindly Light
Lead, kindly Light, amid th’encircling gloom, lead Thou me on !
The night is dark, and I am far from home ; lead Thou me on!
Keep Thou my feet ; I do not ask to see
The distant scene ; one step enough for me.
I was not ever thus, nor prayed that Thou shouldst lead me on ;
I loved to choose and see my path ; but now lead Thou me on !
I loved the garish day, and, spite of fears,
Pride ruled my will. Remember not past years !
So long Thy power hath blest me, sure it still will lead me on.
O’er moor and fen, o’er crag and torrent, till the night is gone,
And with the morn those angel faces smile, which I
Have loved long since, and lost awhile !
Traduction
Conduis-moi, douce lumière
Conduis-moi, douce lumière, parmi l'obscurité qui m'environne, conduis-moi !
La nuit est sombre, et je suis loin du foyer, conduis-moi !
Garde mes pas ; je ne demande pas à voir
Les scènes éloignées : un seul pas est assez pour moi
Je n'ai pas toujours été ainsi : je n'ai pas toujours prié que tu me conduises ;
J'aimais choisir et voir mon chemin, mais maintenant conduis-moi.
J'aimais le jour éclatant, et, malgré mes craintes,
L'orgueil dominait mon vouloir : ne te souviens pas des années passées.
Aussi longtemps que Ta puissance m'a béni, aussi longtemps elle me conduira encore,
À travers landes et marécages, rochers et torrents, jusqu'à ce que la nuit s'achève
Et qu'avec ce matin sourient ces visages angéliques
Que j'ai longtemps aimés et perdus pour une heure.
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Les thèmes abordés dans le volume 3 de cette correspondance reflètent les différents aspects de la vie. Quand Sri Aurobindo s'était retiré, tout le monde avait pensé qu'i létait perdu dans ...
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