Devenir conscient de son être psychique
Quelques réponses de la Mère – Volume 1
Douce Mère,
Tu m’avais écrit que pour « entrer en rapport conscient avec son être psychique, il faut aspirer à le connaître et à le sentir, s’ouvrir pour recevoir son influence, et prendre grand soin de le suivre très scrupuleusement et très sincèrement. » Mais, Douce Mère, je ne sais pas comment le faire. Je trouve plus facile quand je pense à toi, et que j’essaye d’entrer en rapport avec toi, et de m’ouvrir à toi.
Ceci aussi est un moyen qui est certainement aussi bon que l’autre.
Il y a de nombreux chemins pour atteindre à la réalisation de soi, et chacun choisit celui qui lui vient le plus naturellement.
Mais chaque moyen a ses exigences pour être vraiment efficace.
En pensant à moi, ce n’est pas seulement à la personne extérieure que tu dois penser, mais à ce qu’elle représente, à ce qui se tient derrière elle. Car il ne faut jamais oublier que la personne extérieure n’est que la forme et le symbole d’une Réalité éternelle, et à travers l’apparence physique c’est à cette Réalité supérieure qu’il faut s’adresser.
L’être physique ne pourra devenir vraiment expressif de la Réalité éternelle que lorsqu’il sera complètement transformé par la manifestation supramentale.
Et jusque-là, c’est à travers lui qu’il faut trouver la Vérité.
Le 22 septembre 1959
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Douce Mère,
Tu m’avais écrit que d’entrer en contact avec l’être psychique, n’est pas une chose facile. Pourquoi crois-Tu que ce soit difficile ? Comment dois-je commencer ?
Je dis « pas facile » parce que le contact n’est pas spontané et il est involontaire. L’être psychique a toujours une influence sur les pensées et les actions, mais on en est rarement conscient.
Pour devenir conscient de l’être psychique, il faut le vouloir, faire taire son mental autant que possible, et entrer profondément au cœur de son être au-delà des sensations et des pensées. Il faut prendre l’habitude de la concentration silencieuse et de la descente dans les profondeurs de l’être.
La découverte de l’être psychique est un fait précis et très concret, comme le savent tous ceux qui en ont eu l’expérience.
Bénédictions.
Le 6 octobre 1969
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La première étape de la transformation.
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Nous donnons le nom de psychique au centre psychologique de notre être, le siège en nous de la plus haute vérité de notre existence, ce qui a le pouvoir de connaître et de mettre en mouvement cette vérité. Il est donc d’une importance capitale de devenir conscient de sa présence en nous, de nous concentrer sur cette présence jusqu’à ce qu’elle soit un fait vivant pour nous et que nous puissions nous identifier à elle.
À travers le temps et l’espace, beaucoup de méthodes ont été préconisées pour obtenir cette perception et finalement pour accomplir cette identification. Certaines méthodes sont psychologiques, certaines religieuses, certaines même, mécaniques. À vrai dire, chacun doit trouver celle qui lui convient le mieux ; et si son aspiration est ardente et tenace, si sa volonté est persistante et dynamique, il est sûr de rencontrer d’une façon ou d’une autre, extérieurement par la lecture ou l’enseignement, intérieurement par la concentration, la méditation, la révélation et l’expérience, l’aide dont il a besoin pour atteindre son but.
Une seule chose est tout à fait indispensable : la volonté de trouver et de réaliser. Il faut que cette découverte et cette réalisation soient la préoccupation primordiale de l’être, la perle de grand prix que l’on acquiert coûte que coûte. Quoi que ce soit que vous fassiez, quelles que soient vos occupations et vos activités, la volonté de trouver la vérité de votre être et de s’unir à elle, doit être toujours vivante et présente derrière tout ce que vous faites, tout ce que vous éprouvez, tout ce que vous pensez.
La Mère – Éducation – La Science de vivre
Texte intégral page 5 à 11
Paroles de la Mère – Volume 3
L'être psychique et la vérité (Extrait)
Quelle est la différence entre les méthodes mécaniques, religieuses et psychologiques ? Les méthodes religieuses sont les méthodes adoptées par les différentes religions. Il n’y a pas beaucoup de religions qui parlent de la Vérité intérieure, c’est plutôt pour elles une question de se mettre en rapport avec leur Dieu. Paradis et Enfer, c’est une façon détournée de dire [...]1
1. Mots manquant dans la transcription.
Les méthodes psychologiques sont celles qui s’occupent des états de conscience, qui essayent de réaliser le moi intérieur en se retirant de toutes les activités et en tâchant de créer les conditions intérieures conscientes de détachement, d’abstraction, de concentration, de réalité supérieure, d’abandon de tous les mouvements extérieurs, etc. Ça, c’est une méthode psychologique, n’est-ce pas, qui agit sur les pensées, les sentiments et les actions.
Les méthodes mécaniques sont celles qui consistent à se baser sur les moyens purement matériels — on peut en tirer profit si on les utilise d’une certaine façon. Prenez, par exemple, la méthode respiratoire : elle agit plus ou moins mécaniquement, mais il a été préconisé d’y ajouter une concentration de la pensée, de répéter un mot, comme dans l’enseignement de Vivékânanda. Ça va jusqu’à un certain point, mais alors ça s’éteint ; ce sont des tentatives humaines à travers le temps et l’espace qui ont plus ou moins abouti d’une façon individuelle, mais qui n’ont jamais donné de résultats d’ensemble.
La méthode psychologique est beaucoup plus difficile, mais beaucoup plus efficace : à travers l’action que vous faites, être dans cet état de volonté intérieure de n’exprimer en vous que la vérité de votre être et de tout faire dépendre de cette vérité. Naturellement, si on ne fait rien, c’est plus facile, mais c’est aussi plus facile de se tromper. Quand on s’assoit dans un coin, dans un grand silence et très loin de tout le monde, à se regarder soi-même avec des yeux plus ou moins indulgents, on s’imagine être en train de réaliser quelque chose de merveilleux.
Mais quand on est mis à l’épreuve à chaque minute de son existence, quand on a cent fois par jour l’occasion de se rendre compte de ses imperfections, de ses infirmités, de ses petites mauvaises volontés, on perd vite cette illusion d’être [...]1 et les efforts sont pour cela plus sincères.
1. Mots manquant dans la transcription.
Texte intégral page 334 à 339
Paroles de la Mère – Éducation
L’éducation psychique et l’éducation spirituelle (Extrait)
(Texte intégral page 36 à 45)
C’est par l’intermédiaire de cette présence psychique que la vérité d’un être individuel entre en contact avec lui et les circonstances de son existence.
Dans la plupart des cas, cette présence agit de derrière un voile, pour ainsi dire, méconnue et ignorée ; mais pour certains elle est perceptible et son action est reconnaissable ; chez quelques-uns même, un très petit nombre, la présence devient tangible et son action tout à fait effective. Ceux-là avancent dans la vie avec une assurance et une certitude particulières, ils sont les maîtres de leur destinée. C’est dans le but d’obtenir cette maîtrise et de devenir conscient de la présence psychique que l’éducation psychique doit être pratiquée.
Mais pour cela un facteur spécial est requis, c’est la volonté personnelle. Car, jusqu’à présent, la découverte de l’être psychique et l’identification avec lui ne font pas partie des sujets d’éducation reconnus, et quoique dans des ouvrages spéciaux on puisse trouver des indications utiles pour la pratique et que dans des cas exceptionnels on puisse avoir la bonne fortune de rencontrer quelqu’un qui est capable de montrer le chemin et d’aider à le parcourir, le plus souvent la tentative est laissée à l’initiative privée ; la découverte est une affaire personnelle et une grande détermination, une forte volonté et une persévérance inlassable sont indispensables pour atteindre le but.
Chacun doit, pour ainsi dire, tracer sa propre route à travers ses propres difficultés.
Le but est en quelque sorte connu, car la plupart de ceux qui l’ont atteint, l’ont décrit plus ou moins clairement. Mais la plus grande valeur de la découverte vient de sa spontanéité, de son ingénuité et elle échappe aux lois mentales ordinaires. C’est pourquoi, le plus souvent, celui qui veut s’engager dans cette aventure va d’abord à la recherche de quelqu’un qui l’a entreprise avec succès et qui pourra le soutenir et l’éclairer sur la route. Pourtant il est des voyageurs solitaires et pour eux quelques indications générales peuvent être utiles.
Le point de départ est la recherche en soi de ce qui est indépendant du corps et des circonstances de la vie, de ce qui ne provient pas de la formation mentale que l’on a reçue, de la langue que l’on parle, des habitudes et des coutumes du milieu dans lequel on vit, du pays où l’on est né ou de l’époque à laquelle on appartient.
Il faut trouver, dans les profondeurs de son être, ce qui porte en soi un sens d’universalité, d’expansion sans limites, de durée sans interruption.
Alors on se décentralise, on se répand, on s’élargit, on commence à vivre en toute chose et en tous les êtres ; les barrières qui séparent les individus les uns des autres, tombent ; on pense dans leurs pensées, on vibre dans leurs sensations, on sent dans leurs sentiments, on vit dans la vie du tout ; ce qui paraissait inerte soudain s’anime, les pierres vibrent, les plantes sentent, veulent et souffrent, les animaux parlent un langage plus ou moins muet mais clair et expressif, tout s’anime d’une conscience merveilleuse qui n’a plus de temps ni de limites.
Et ceci n’est qu’un aspect de la réalisation psychique. Il y en a d’autres, beaucoup d’autres. Tous contribuent à vous faire sortir des barrières de votre égoïsme et des murs de votre personnalité extérieure, de l’impuissance de vos réactions et de l’incapacité de votre volonté.
Mais, ainsi que je l’ai déjà dit, pour en arriver là le chemin est long et difficile, semé d’embûches et de problèmes à résoudre, qui exigent une détermination à toute épreuve. Cela ressemble à la marche de l’explorateur à travers la forêt vierge, en quête d’une terre inconnue, d’une grande découverte. L’être psychique aussi est une grande découverte, demandant, pour être faite, au moins autant d’intrépidité et d’endurance que la découverte de continents nouveaux. Pour celui qui est résolu à l’entreprendre, un nombre de simples conseils pourront être utiles. En voici quelques-uns :
Le premier point, et peut-être le plus important, est que le mental est incapable de juger des choses spirituelles. Tous ceux qui ont écrit sur le sujet l’ont dit ; mais très peu nombreux sont ceux qui l’ont mis en pratique, et pourtant pour avancer sur le chemin il est absolument indispensable de s’abstenir de toute opinion et de toute réaction mentales.
Renonce à toute recherche personnelle de confort, de satisfaction, de jouissance ou de bonheur ; sois seulement un feu brûlant pour le progrès et prends tout ce qui vient à toi comme une aide pour progresser et accomplis immédiatement le progrès requis.
Tâche de prendre plaisir à tout ce que tu fais, mais le plaisir ne doit jamais être le mobile de ton action.
Ne deviens jamais excité, nerveux ni agité. Reste parfaitement calme en face de toutes circonstances. Et pourtant sois toujours en éveil pour trouver le progrès qu’il te reste à faire et pour le faire sans perdre de temps.
Ne prends jamais les événements physiques pour ce qu’ils semblent être. Ils sont toujours des essais maladroits pour exprimer quelque chose d’autre qui est la vraie chose et échappe à notre compréhension superficielle.
Ne te plains jamais de la conduite de quelqu’un à moins que tu n’aies le pouvoir de changer dans sa nature ce qui le fait agir ainsi ; et si tu as ce pouvoir, accomplis le changement au lieu de te plaindre.
Quoi que ce soit que tu fasses, n’oublie jamais le but que tu t’es proposé. Dans l’entreprise de cette grande découverte il n’y a pas de petites et de grandes choses ; toutes sont également importantes et peuvent contribuer à son succès, ou bien le retarder.
Ainsi, avant de manger, concentre-toi quelques secondes dans l’aspiration que cette nourriture que tu vas absorber, apporte à ton corps la substance nécessaire pour servir de base solide à ton effort vers la grande découverte, et lui confère l’énergie de la persistance et de la persévérance dans l’effort.
Avant de t’endormir, concentre-toi quelques secondes dans l’aspiration que le sommeil répare la fatigue de tes nerfs, apporte à ton cerveau le calme et la tranquillité, afin qu’après avoir dormi, tu puisses reprendre avec une ardeur renouvelée ta marche sur le chemin de la grande découverte.
Avant d’agir, concentre-toi dans la volonté que ton action aide et en tout cas n’entrave en rien ta marche en avant vers la grande découverte.
Quand tu parles, avant que les mots ne sortent de ta bouche, concentre-toi juste assez de temps pour contrôler tes paroles et ne laisser passer que celles qui sont absolument nécessaires, et seulement celles-là qui ne peuvent en rien nuire à ton progrès sur le chemin de la grande découverte.
En résumé, n’oublie jamais la raison et le but de ta vie. Laisse la volonté de la grande découverte planer constamment au-dessus de toi, de ce que tu fais et de ce que tu es, comme un immense oiseau de lumière dominant tous les mouvements de ton être.
Devant l’inlassable persistance de ton effort, une porte intérieure s’ouvrira soudain et tu surgiras dans une splendeur éblouissante qui t’apportera la certitude de l’immortalité, l’expérience concrète que tu as toujours vécu et que tu vivras toujours, que les formes extérieures seules sont périssables et que, par rapport à ce que tu es en réalité, ces formes sont semblables à des habits que l’on rejette quand ils sont usés.
Alors tu te dresseras libre de toutes chaînes, et au lieu d’avancer péniblement sous le poids des circonstances que la nature t’imposait et que tu devais subir et porter si tu ne voulais pas être écrasé par elles, tu pourras marcher droit et ferme, conscient de ton destin, maître de ta vie.
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Sans commentaire, que chacun savoure...
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