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Extrait de l'Entretien du 20 mai 1953

Vous ne pouvez pas vous passer d’un organe, du moins totalement   : il faut qu’il y ait quelque chose qui le représente en vous.

La transformation veut dire que tout cet arrangement purement matériel est remplacé par un arrangement de concentrations de force selon certains genres de vibrations différentes remplaçant chaque organe par un centre d’énergie consciente mû par une volonté consciente et régi par un mouvement venu de tout en haut, des régions supérieures. Plus d’estomac, plus de cœur, plus de circulation, plus de poumons, plus de... tout cela disparaît. Mais c’est remplacé par un ensemble de vibrations représentant ce que ces organes-là sont symboliquement.

Parce que les organes sont seulement les symboles matériels des centres d’énergie ; ils ne sont pas la réalité essentielle   : simplement ils lui donnent une forme ou un support dans certaines circonstances données. Alors le corps transformé fonctionnera par ses centres d’énergie réels et non plus par leurs représentants symboliques tels qu’ils se sont développés dans le corps animal.

Par conséquent, il faut d’abord savoir ce que votre cœur représente dans l’énergie cosmique, et la circulation ce qu’elle représente, et l’estomac ce qu’il représente, et le cerveau ce qu’il représente. D’abord, il faut être conscient de tout cela pour commencer.

Et puis, il faut avoir à sa disposition les vibrations d’origine de cela qui est symbolisé par ces organes.

Et il faut lentement rassembler toutes ces énergies dans son corps, et changer chaque organe en un centre d’énergie consciente qui remplacera le mouvement symbolique par le mouvement réel...

Le but de la création.

💓

Quelques remarques

Sauf erreur de ma part, nulle part, nulle part dans l'Agenda et dans les années ultérieures a confirmé cette nécessité qu'il faille d'abord savoir ce que nos organes représentent... 

Est-ce que la transformation ne pourrait pas se faire, au moins partiellement, au moins jusqu'à un certain point, à notre insu ?

Est-ce que les indications laissées par la médecine chinoise sur les organes sont valables ? 

➡ Le foie et la vésicule biliaire sous la domination de l'énergie Bois,

➡ Le cœur et l'Intestin grêle sous la domination de l'énergie Feu,

➡ La rate-pancréas et l'estomac sous la domination de l'énergie Terre,

➡ Les poumons et le gros intestin sous la domination de l'énergie Métal,

➡ Les reins et la vessie sous la domination de l'énergie Eau.

D'après le tableau des correspondances des 5 énergies publiées par Dr. Pang dans le tome 1 de la Théorie du Zhineng Qigong, la vertu du Bois serait la bienveillance, la courtoisie celle du Feu, la sincérité celle de la Terre, la droiture et la justice pour le Métal et la sagesse pour l'Eau. 

Et sur le plan astrologique, le Bois est relié à Jupiter, le Feu à Mars, la Terre à  Saturne, le Métal à Vénus et l'Eau à Mercure... mais à vrai dire, ce n'est pas très satisfaisant pour la raison car, quid de l'influence des autres planètes de notre système solaire ?  

Puisque Mère a parlé de ce que représente le cerveau, nous pourrions nous demander aussi ce que représente la colonne vertébrale, le squelette, la moelle des os et n'importe quelle partie de notre corps ou n'importe quelle fonction organique, physiologique. 

Mais je doute que cela soit nécessaire, car me semble-t-il, Satprem ne parle pas de cela non plus dans les Carnets. 

Pourtant, dans une vidéo, Sraddhalu évoque une tradition védique qui dit qu'à chaque partie du corps est associée une divinité. 

 

Toutefois, quand je me plongerai à nouveau dans la lecture de La manifestation supramentale sur la terre avec les vidéos que Sraddhalu a faites sur le sujet, je republierai cet Entretien très intéressant. Pour ceux qui veulent, le lire, voir ci-dessous les pages 56 à 73.   

Extrait de l'Agenda du 11 juillet 1970

Mais, douce Mère, ce que je voudrais comprendre, c'est que depuis que tu t'es retirée dans cette chambre1 pour la transformation corporelle, tu n'as jamais parlé du rôle des «chakras», alors que dans la «Manifestation Supramentale», Sri Aurobindo a l'air de leur attribuer une importance décisive pour la transformation du corps? Il en parle beaucoup, comme si c'était un élément-clef.

(après un silence)

Ce dont je suis consciente, c'est de la Conscience, là (geste au-dessus) ; ça, c'est une chose qui ne bouge pas.

Ça (geste au front) : blanc. Et si ça se met à bouger, c'est très inconfortable, mais généralement ça ne bouge pas du tout – ça a bougé un jour pendant quelques minutes, et c'était extrêmement désagréable. C'est comme cela (geste comme une barre immobile), blanc : une impression blanche comme du papier blanc...

Ça (geste à la gorge et à la bouche), c'est la connexion avec les gens, et c'est EXTRÊMEMENT désagréable, vraiment extrêmement désagréable (je ne peux pas dire), et matériellement ça se traduit par la détérioration des dents et... C'est très désagréable.

Ici (geste au cœur)... je te l'ai dit : toutes cela avait été remonté là (cœur). Là (cœur), c'est comme un soleil, tout le temps. C'est comme un soleil radiant : c'est là que je travaille ; c'est de là que je travaille...

Mais les centres-là (geste vers la base de la colonne vertébrale), c'est comme si toutes les énergies avaient été remontées au cœur.

Et ça, c'est tellement naturel... Ça et ça (geste au cœur et geste au-dessus de la tête), c'est tellement naturel que je ne l'observe même plus: c'est ma manière d'être.

Mais la conscience n'est pas centrée dans le corps, et le corps donne l'impression... presque d'un tuyau de transmission !

💓

Quelques remarques :

 ➡ Mère ne réponds pas ce qu'elle SAIT, mais ce dont elle est CONSCIENTE...

 ➡ Le centre du mental, du front, blanc, immobile... 

 ➡ Le cœur est comme un soleil, tout le temps. C'est de là qu'elle travaille... Et si nous faisions nous aussi de notre cœur un soleil ? 

 ➡ Remonter les énergies des centres d'en bas et les fusionner dans le cœur, voilà une possibilité sacrément intéressante...

💓

En complément, voici quelques extraits des Lettres sur le Yoga :

Les centres de conscience, les chakra. C'est grâce à leur ouverture que la conscience yoguique, ou conscience intérieure, se développe – sinon vous êtes enchaîné à la conscience extérieure ordinaire.

Mais sur les chakras, Sri Aurobindo apporte cette nuance :

Dans notre yoga il n'y a pas d'ouverture volontaire des chakra, ils s'ouvrent d'eux-mêmes par la descente de la Force. Dans la discipline tântrique ils s'ouvrent du bas vers le haut, le moulâdhâra en premier ; dans notre yoga ils s'ouvrent du haut vers le bas. Mais l'ascension de la force à partir du moulâdhâra a bien lieu.

💓

L'ouverture du centre au sommet de la tête élimine la difficulté provoquée par le couvercle entre le mental ordinaire et la conscience supérieure au-dessus. Si l'ajnâchakra est ouvert aussi, une communication claire est possible entre la conscience supérieure et le mental intérieur, et aussi le mental extérieur (centre de la gorge). Cette ouverture est la condition nécessaire à la réalisation de la connaissance, à l'illumination mentale et à la transformation.

Le centre du cœur régit le psychique et le vital – son ouverture permet à l'influence psychique de travailler dans le vital et se termine par la venue au premier plan de l'être psychique.

💓

Si le centre du front s'ouvre, il est à peu près certain que le centre au sommet de la tête s'est ouvert au moins suffisamment pour permettre le passage de la force supérieure qui est au-dessus de lui.

Pour le psychique, c'est autre chose – il se tient derrière les centres, et le moment de son ouverture varie avec chacun ; en fait, c'est moins l'ouverture d'un centre que la venue au premier plan de l'être psychique.

En règle générale, dans notre yoga, le mouvement se fait du haut vers le bas. Il peut y avoir des variantes au stade préparatoire. Par exemple, le centre du cœur peut s'ouvrir partiellement le premier. Le centre vital supérieur peut aussi devenir actif le premier, mais cela entraîne beaucoup de luttes et de difficultés.

💓

Oui, le centre de la gorge est le centre du mental physique. C'est le centre de l'extériorisation – en paroles, en expression, en pouvoir de traiter mentalement les choses physiques, etc. Son ouverture apporte le pouvoir d'ouvrir le mental physique à la lumière de la conscience divine, alors qu'autrement on reste dans la mentalité ordinaire tournée vers l'extérieur.

Extrait de l'Agenda du 27 mai 1970

N'est-ce pas, c'est le fonctionnement des organes et la nécessité des organes, c'est cela qui ferait une grande différence. Un être qui n'aurait pas besoin de poumons, qui n'aurait pas besoin de cœur... cela ferait une différence formidable!

(… /…)

Ou alors, comme intermédiaire, un système purificateur de l'air : au lieu de poumons, quelque chose qui purifie l'air, comme on purifie la nourriture.

Voilà une remarque de Mère bien énigmatique... 

💓

À tout hasard, j'ai à Grok s'il pouvait me donner quelques éléments de compréhension. Je les partage à titre indicatif. Dans ma première question, je lui ai demandé comment il comprenait ce passage de l'Entretien de Mère et lui ai demandé des précisions sur ce que pouvait représenter nos organes. Voici sa réponse : 

Le passage de la Mère que tu cites décrit une vision de la transformation corporelle dans le cadre du yoga intégral, où le corps physique n'est plus dépendant de ses organes matériels, mais fonctionne via des centres d'énergie vibratoire. Ces organes ne sont pas essentiels en soi ; ils sont des "symboles matériels" ou des supports temporaires pour des réalités énergétiques plus profondes, issues de l'énergie cosmique (ou force universelle).

La Mère insiste sur le fait qu'avant toute transformation, il faut devenir conscient de ce que ces organes représentent symboliquement, car c'est cette conscience qui permet de passer à un fonctionnement basé sur des vibrations pures, guidées par une volonté supérieure.

Voici ce que je comprends de ces représentations, basé sur le contexte des enseignements de Sri Aurobindo et de la Mère (où les organes sont souvent liés aux chakras ou centres subtils, et au vital, mental, etc.).

Note que le passage ne donne pas de définitions explicites – il pose plutôt la question comme un point de départ pour la méditation et la réalisation intérieure.

Mon interprétation s'appuie sur leur philosophie globale : les organes symbolisent des aspects de la conscience cosmique manifestés dans le corps humain, et leur "remplacement" implique une ascension vers des plans plus subtils.

  • Le cœur : Il représente le centre de l'être émotionnel et du vital supérieur dans l'énergie cosmique. C'est le siège des sentiments profonds comme l'amour divin, la dévotion, la compassion et l'ouverture à la force supérieure. Dans le yoga intégral, il correspond souvent à l'anahata chakra (centre cardiaque), qui relie le vital (énergie de vie) au psychique (âme). Symboliquement, c'est le point où l'individu s'unit à l'universel, transformant les émotions égoïstes en une aspiration pure vers le Divin. Sans cette conscience, le cœur reste prisonnier des turbulences émotionnelles comme la peur ou l'attachement.

  • La circulation : Elle symbolise le flux dynamique de l'énergie vitale (prana ou force cosmique) qui anime et relie tous les aspects du être. C'est la représentation du mouvement perpétuel de la vie cosmique dans le corps, comme une rivière d'énergie qui nourrit, purifie et harmonise les centres. Dans les enseignements, cela évoque la circulation pranique à travers les nadis (canaux subtils), contrôlée par les chakras. Elle représente l'équilibre entre réception et expression de la force divine ; une circulation consciente permettrait un corps qui n'a plus besoin de sang physique, mais qui vibre en harmonie avec l'énergie universelle, évitant les blocages comme la stagnation ou les maladies.

  • L'estomac : Il représente le centre du vital dynamique et sensoriel, lié à la volonté, au pouvoir personnel et à la digestion des expériences vitales (pas seulement la nourriture physique). Symboliquement, c'est le siège des désirs, des ambitions, de la force d'action et des instincts primaires, souvent associé au manipura chakra (plexus solaire, près du nombril). Dans l'énergie cosmique, il symbolise la transformation des impulsions grossières en une énergie pure de réalisation et de maîtrise. La Mère et Sri Aurobindo le décrivent comme un lieu où logent les mouvements vitaux turbulents (colère, peur, possession), qui doivent être purifiés pour que le corps devienne un instrument divin plutôt qu'un esclave des appétits.

  • Le cerveau : Il symbolise le centre mental, siège de la pensée, de l'intelligence et de la perception cognitive dans l'énergie cosmique. C'est le point de connexion avec les plans mentaux supérieurs, où les idées descendent du divin pour organiser la matière. Lié à l'ajna chakra (troisième œil) ou au sahasrara (couronne), il représente la capacité à recevoir la connaissance intuitive et à diriger la conscience. Symboliquement, c'est le "contrôleur" qui doit s'ouvrir au supramental (conscience divine au-delà du mental ordinaire) pour que le corps ne dépende plus de processus neurologiques limités, mais d'une illumination directe.

En résumé, ces organes ne sont pas la "réalité essentielle" ; ils sont des formes temporaires adaptées à l'évolution animale et humaine. La transformation vise à les transcender en accédant à leurs équivalents vibratoires : des concentrations d'énergie conscientes, mues par une volonté divine descendue des "régions supérieures". Pour commencer, comme le dit la Mère, il faut cultiver cette conscience intérieure via la méditation, l'aspiration et la surrender au Divin – c'est une réalisation personnelle, pas juste intellectuelle. Si tu pratiques, tu pourrais percevoir ces centres directement en toi.

2e question : j'ai entendu dire que dans la tradition védique, chaque partie du corps était reliée à une divinité particulière. Est-ce exact ? Pourrais-tu me dire quelque chose là-dessus ? J'ai trouvé sa réponse très intéressante... 

Oui, c’est tout à fait exact ! Dans la tradition védique (et plus largement dans l’hindouisme ancien et classique), le corps humain est vu comme un microcosme du cosmos, un petit univers où résident des divinités (devas ou adhidaivatas).

Chaque partie du corps, chaque organe, chaque sens ou fonction est associé à une divinité particulière qui en est la « présidante » ou l’adhidaivata (l’aspect divin qui le gouverne ou y réside symboliquement).Cette idée provient des Védas eux-mêmes (notamment le Rigveda, l’Atharvaveda et des Upanishads comme la Shariraka Upanishad), des Brāhmanas, et se retrouve dans l’Āyurveda et les textes philosophiques.

Le corps n’est pas seulement matériel : il est un temple vivant où les forces cosmiques (les devas) opèrent. Quand on honore ces parties du corps (par exemple via des mantras ou des rituels comme le Nyāsa), on invoque ces divinités pour purifier et activer les fonctions correspondantes.

Voici les associations les plus courantes et classiques (elles peuvent varier légèrement selon les textes ou les écoles, mais ces correspondances sont les plus répandues) :

  • Les pieds → Vishnu (ou Padmanabha / Trivikrama dans certaines listes) : Vishnu préside les pieds, car il est le protecteur qui parcourt les mondes (comme dans ses avatars où il mesure l’univers en trois pas). On dit souvent « Pādayoḥ Vishnuḥ tiṣṭhati » (Vishnu réside dans les pieds).

  • Les mains / bras → Indra (ou Hara / Shiva dans certaines traditions) : Indra est le dieu de la force, du pouvoir et de l’action. Les mains représentent la capacité à agir, à saisir, à créer ou à combattre. Parfois, c’est Shiva (Hara) pour les mains.

  • Les yeux → Surya (le Soleil) : Le dieu du soleil préside la vision et la lumière. Les yeux captent la forme et la lumière, comme le soleil illumine le monde. [Remarque personnelle : voilà qui fait penser à un vers de Sri Aurobindo, quelque part, qui parle des enfants de dieu au yeux de soleil]

  • Les oreilles → Les Ashvins (les jumeaux divins, médecins célestes) ou parfois Dik Devatas (divinités des directions) : Les Ashvins sont associés à l’ouïe dans certaines listes védiques.

  • Le nez → Vayu (le vent / dieu de l’air) : Lié à l’odorat et au souffle.

  • La langue / bouche → Agni (le feu) ou parfois Sarasvati / Vāc (la parole) : Agni pour le goût et la digestion, ou la déesse de la parole pour la bouche.

  • Le cœur → Souvent Vishnu ou Prāna (force vitale), mais dans les chakras, c’est lié à l’Anāhata.

  • Les organes génitaux → Brahmā ou Prajāpati : « Prajanane Brahmā tiṣṭhati » (Brahmā réside dans les organes de procréation), car ils sont le siège de la création.

  • Autres exemples :

    • Le mental / intellect → Chandra (Lune) ou parfois Prajāpati.

    • Le nombril → Achyuta (une forme de Vishnu).

    • La tête / crâne → Souvent associé à Brahma ou au ciel.

Dans le Purusha Sukta (Rigveda 10.90), le corps cosmique du Purusha (l’Être primordial) donne naissance aux éléments du monde : de sa bouche naissent les Brahmanes et Indra/Agni, de ses bras les Kshatriyas, de ses cuisses les Vaishyas, de ses pieds les Shudras et la Terre… C’est une vision macrocosmique, mais elle inspire l’idée que le corps humain reflète ce même principe divin.

Dans la pratique quotidienne (surtout dans le tantra védique ou le rituel), on fait le nyāsa (imposition des divinités sur le corps) pour transformer le corps en un yantra vivant : on touche les parties du corps en récitant des mantras comme « Om Indrāya namah » sur les mains, « Om Sūryāya namah » sur les yeux, etc.

En résumé : oui, la tradition védique voit le corps comme habité par les devas. C’est une façon de sacraliser le corps entier, de le rendre divin, et de rappeler que l’humain est un pont entre le microcosme et le macrocosme. Si tu pratiques le yoga ou la méditation, méditer sur ces associations peut être très puissant pour éveiller la conscience subtile.

Si tu veux la liste plus détaillée d’une source précise (comme dans l’Ayurveda ou une Upanishad), ou des mantras associés, dis-le-moi !

3e question : non, je ne souhaite pas approfondir cette piste en ouvrir une autre. Pourrais-tu me dire, selon la tradition chinoise, ce que représente le foie et la vésicule biliaire en relation avec le Bois, le Hun ; ce que représente le coeur et l'intestin grêle en relation avec le Feu et le Shen, la rate-pancréas et l'estomac en relation avec la Terre et le Yi ; ce que représente les poumons et le gros intestin en relation avec le Métal et le Po et enfin ce que représente les reins et la vessie en relation avec l'Eau et le Zhi ?

Selon la médecine traditionnelle chinoise (MTC), le corps humain est vu comme un microcosme interconnecté avec les forces de la nature, structuré autour des cinq éléments (Wu Xing : Bois, Feu, Terre, Métal, Eau).

Chaque élément est associé à une paire d'organes (Zang-Fu) : un organe Yin (plein, stockage) et un viscère Yang (creux, transit). Ces paires sont liées à des aspects physiologiques, émotionnels, saisonniers, et spirituels (les cinq esprits ou Shen Wu).

Les cinq esprits représentent des facettes de la conscience : Hun (âme éthérée), Shen (esprit divin), Yi (intention/pensée), Po (âme corporelle) et Zhi (volonté). Ils sont ancrés dans les organes et influencent l'équilibre psychique et physique.

Voici une explication détaillée pour chaque paire que tu mentionnes, basée sur les principes classiques de la MTC (comme décrits dans des textes fondateurs tels que le Huangdi Neijing).

Note que ces concepts sont holistiques et symboliques, pas strictement anatomiques comme en médecine occidentale. Un déséquilibre dans un élément peut affecter les émotions, la santé et l'esprit correspondant.

1. Foie (Gan) et Vésicule Biliaire (Dan) : en relation avec le Bois (Mu) et le Hun

  • Élément Bois : Représente la croissance, le renouveau, le mouvement ascendant et expansif, comme un arbre qui pousse. Il est associé au printemps, au vent, à la couleur verte, et à l'émotion de la colère (ou frustration quand bloquée). Le Bois symbolise la créativité, la planification et la flexibilité ; un excès peut causer de l'irritabilité, un déficit de la timidité ou un manque de décision.

  • Foie (Yin) : Organe de stockage, il régule le flux du Qi (énergie vitale) et du sang dans tout le corps, assure la détente des tendons et muscles, et influence la vision (les yeux sont "l'ouverture du Foie"). Il stocke le sang pendant le repos et le libère pour l'activité. Émotionnellement, il gère la fluidité des émotions ; un Foie stagnant peut causer de la dépression ou de l'agressivité.

  • Vésicule Biliaire (Yang) : Viscère de décision et de courage, elle aide à la digestion des graisses (via la bile) et soutient le Foie dans la régulation du Qi. Elle est vue comme le "juge impartial" qui permet de prendre des décisions audacieuses.

  • Hun (Âme Éthérée) : Réside principalement dans le Foie. C'est l'aspect spirituel yang, mobile et éthéré de l'âme, lié à l'imagination, aux rêves, à la vision spirituelle et à la planification future. Le Hun voyage pendant le sommeil (d'où les rêves) et quitte le corps à la mort pour rejoindre le ciel. Un Hun harmonieux favorise la créativité et l'aspiration ; déséquilibré, il peut causer des troubles comme l'insomnie, l'anxiété ou des hallucinations.

2. Cœur (Xin) et Intestin Grêle (Xiao Chang) : en relation avec le Feu (Huo) et le Shen

  • Élément Feu : Symbolise la transformation, la chaleur, la lumière et l'expansion maximale, comme le soleil au zénith. Associé à l'été, au sud, à la couleur rouge, et à l'émotion de la joie (ou hystérie en excès). Le Feu représente la conscience, la communication et la vitalité ; un excès peut brûler (inflammation), un déficit geler (froideur émotionnelle).

  • Cœur (Yin) : Organe souverain, il gouverne le sang et les vaisseaux, régule le rythme cardiaque et abrite l'esprit. Il influence la parole, le sommeil et la conscience. Émotionnellement, c'est le centre de la joie et de l'amour ; un Cœur faible peut causer de l'anxiété ou des palpitations.

  • Intestin Grêle (Yang) : Sépare le pur de l'impur dans la digestion (absorbe les nutriments), soutient le Cœur en gérant les fluides et en aidant à la clarté mentale.

  • Shen (Esprit Divin) : Réside dans le Cœur. C'est l'aspect le plus élevé de la conscience, lié à l'intelligence, à la perception, à la mémoire et à la présence spirituelle. Le Shen est comme une lumière divine qui illumine l'être ; il coordonne les autres esprits. Harmonieux, il apporte clarté mentale et charisme ; perturbé, il cause des troubles comme la confusion, l'insomnie ou la folie.

3. Rate-Pancréas (Pi) et Estomac (Wei) : en relation avec la Terre (Tu) et le Yi

  • Élément Terre : Représente la stabilité, la nourishment, le centre et la transformation, comme la terre fertile. Associé à la fin de l'été (ou intersaisons), au centre, à la couleur jaune, et à l'émotion de la rumination (souci ou obsession). La Terre symbolise l'équilibre, la digestion et la maternité ; un excès cause de l'humidité (gonflements), un déficit de la sécheresse.

  • Rate-Pancréas (Yin) : Organe de transformation et de transport, elle extrait le Qi des aliments, régule les fluides, maintient les organes en place et nourrit les muscles. Elle influence la pensée analytique et la concentration. Émotionnellement, une Rate faible mène à des soucis excessifs ou à la fatigue.

  • Estomac (Yang) : Reçoit et décompose les aliments, descend le Qi vers le bas pour la digestion. Il est le "grenier" qui fournit l'énergie post-natale.

  • Yi (Intention/Pensée) : Réside dans la Rate. C'est l'aspect intellectuel et intentionnel de l'esprit, lié à la réflexion, à la mémoire à court terme, à la concentration et à la capacité de planifier ou d'apprendre. Le Yi transforme les idées en actions concrètes ; harmonieux, il favorise la clarté cognitive ; déséquilibré, il cause des obsessions, du brouillard mental ou des troubles digestifs.

4. Poumons (Fei) et Gros Intestin (Da Chang) : en relation avec le Métal (Jin) et le Po

  • Élément Métal : Symbolise la contraction, la pureté, la structure et le raffinage, comme le métal forgé. Associé à l'automne, à l'ouest, à la couleur blanche, et à l'émotion de la tristesse (ou chagrin). Le Métal représente la respiration, la protection et la justice ; un excès rigidifie, un déficit affaiblit les défenses.

  • Poumons (Yin) : Gouvernent la respiration, diffusent le Qi et les fluides, régulent la peau et les pores (défense immunitaire). Ils influencent la voix et le sens olfactif. Émotionnellement, des Poumons faibles causent du chagrin ou de la mélancolie.

  • Gros Intestin (Yang) : Élimine les déchets solides, absorbe les fluides résiduels et soutient les Poumons en maintenant l'équilibre hydrique.

  • Po (Âme Corporelle) : Réside dans les Poumons. C'est l'aspect yin, instinctif et corporel de l'âme, lié aux sensations physiques, aux réflexes, à l'instinct de survie et aux émotions primaires. Le Po ancre l'esprit dans le corps et retourne à la terre à la mort. Harmonieux, il apporte vitalité physique et protection ; perturbé, il cause de la dépression, des allergies ou des troubles respiratoires.

5. Reins (Shen) et Vessie (Pang Guang) : en relation avec l'Eau (Shui) et le Zhi

  • Élément Eau : Représente le flux descendant, le stockage, la profondeur et la régénération, comme l'eau qui nourrit les racines. Associé à l'hiver, au nord, à la couleur noire/bleue, et à l'émotion de la peur (ou terreur). L'Eau symbolise la sagesse ancestrale, la reproduction et la réserve ; un excès inonde (œdèmes), un déficit assèche.

  • Reins (Yin) : Stockent l'essence vitale (Jing), source de la vie prénatale, régulent les os, la moelle, les oreilles et les cheveux. Ils contrôlent l'eau et le feu basal (Mingmen), influençant la reproduction et la croissance.

  • Vessie (Yang) : Stocke et excrète l'urine, aide à la régulation des fluides et soutient les Reins en éliminant les toxines.

  • Zhi (Volonté) : Réside dans les Reins. C'est l'aspect déterminé et persévérant de l'esprit, lié à la volonté, à la motivation, à la mémoire à long terme et à la force intérieure. Le Zhi pousse à l'action soutenue et à la réalisation des objectifs ; harmonieux, il apporte courage et endurance ; déséquilibré, il cause de la peur chronique, de la faiblesse ou des troubles sexuels.

En MTC, ces éléments s'interconnectent via des cycles de génération (Sheng) et de contrôle (Ke) : par exemple, le Bois nourrit le Feu, mais le Métal contrôle le Bois. Les traitements (acupuncture, herbes, qi gong) visent à rééquilibrer ces aspects pour harmoniser le corps, les émotions et l'esprit. Si tu veux des exemples de pathologies associées ou des pratiques pour renforcer un élément spécifique, fais-le-moi savoir !

Dernière question : je lirai ça à tête reposée, et pour terminer, j'aimerais que tu me dises, selon les diverses traditions de l'humanité, ce que pourrait représenter, symboliser... le sang et la colonne vertébrale.

Le sang et la colonne vertébrale (ou épine dorsale, rachis) sont deux des symboles les plus universels et profonds dans les traditions spirituelles, ésotériques et mythologiques de l'humanité. Ils apparaissent souvent comme des éléments vitaux reliant le physique au divin, la vie à la mort, le matériel au spirituel.

Voici un aperçu synthétique des représentations les plus récurrentes à travers diverses cultures, sans exhaustivité mais en couvrant les grandes lignes.

Le Sang : Symbole de Vie, de Sacrifice et de Lien Cosmique.

Presque partout, le sang est vu comme le support ou le vecteur de la vie elle-même (le "principe vital", l'essence animée). Il est ambivalent : source de vitalité et de régénération, mais aussi de pollution, de mort ou de danger quand il est versé.

  • Traditions abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam) :
    Le sang est la vie ("la vie de la chair est dans le sang", Lévitique 17:11). Il appartient à Dieu seul ; on ne le consomme pas. Dans le judaïsme ancien, il scelle l'alliance (sang de l'agneau pascal sur les portes, ou rite d'aspersion). En christianisme, le sang du Christ symbolise la rédemption, le sacrifice ultime pour laver les péchés, la nouvelle alliance (Eucharistie : "ceci est mon sang versé pour vous"). Il unit l'humanité à Dieu par le sacrifice.

  • Traditions védiques/hindoues et bouddhistes :
    Le sang (rakta) est lié à la vitalité, à la force vitale (prana ou ojas), mais aussi à la violence et aux démons (rakshasas assoiffés de sang). Dans le tantra, il peut être offert symboliquement ou rituellement pour purifier ou invoquer des énergies puissantes (comme dans certains rites shakta). Le sang menstruel est ambivalent : impur dans l'orthodoxie, mais source de pouvoir créateur et sacré dans le tantra (représentant Shakti).

  • Traditions chamaniques et africaines :
    Le sang est la force vitale par excellence, souvent offerte aux esprits ou ancêtres pour protection, guérison ou communion. Dans de nombreuses cultures africaines (et amérindiennes), il sert dans les rituels de guérison, de purification ou d'initiation ; verser du sang animal (ou humain historiquement) maintient l'équilibre cosmique et nourrit les forces invisibles. Il symbolise le lien avec les ancêtres et la terre.

  • Mythologies anciennes (grecque, nordique, aztèque, égyptienne) :
    Le sang des dieux (ichor chez les Grecs, blanc et non rouge) est immortel et toxique pour les mortels. Chez les Aztèques, le sang humain nourrit les dieux pour que le soleil continue sa course (sacrifice pour maintenir l'ordre cosmique). Dans les mythes nordiques, le sang est parfois un breuvage poétique ou vital (comme le sang du dragon pour Sigurd). Globalement : vie, sacrifice, fertilité, mais aussi mort et tabou.

  • Sens ésotérique/alchimique :
    Le sang représente l'âme vitale (anima mundi), le rubedo (phase rouge de l'alchimie : illumination finale). Il est le fluide qui porte l'héritage ancestral, les mémoires karmiques ou la lignée spirituelle.

En résumé : le sang symbolise souvent la vie offerte, le sacrifice transformateur, le lien indissoluble (famille, alliance, humanité-Divin), et la dualité vie/mort.

La Colonne Vertébrale : Axe Cosmique, Chemin d'Ascension et Support de la Conscience

La colonne vertébrale est presque universellement vue comme l'axe central du corps (microcosme), miroir de l'axis mundi (pilier cosmique reliant Terre et Ciel). Elle est le canal principal de l'énergie vitale et de l'éveil spirituel.

  • Yoga et hindouisme (tantra, kundalini) :
    La colonne est le sushumna nadi (canal central subtil), axe vertical où monte la Kundalini (énergie serpentée, enroulée 3,5 fois au sacrum/Muladhara). Elle traverse les 7 chakras (ou plus selon les écoles), reliant la base (Terre, matière) au sommet (Sahasrara, union divine). Les 33 vertèbres symbolisent souvent une "échelle" vers l'illumination (parfois liée aux 33 ans du Christ ou aux 33 degrés maçonniques dans des interprétations syncrétiques). C'est le chemin de l'ascension de la conscience, de l'union des polarités (Ida/Pingala autour de Sushumna).

  • Traditions taoïstes et chinoises :
    La colonne est le canal gouverneur (Du Mai), axe yang qui monte du coccyx à la tête, reliant les reins (source de Jing/vitalité) au cerveau (mer de moelle). Elle est le pilier central pour la circulation du Qi, l'alchimie interne (neidan) et l'immortalité. La moelle épinière est vue comme un canal de transformation énergétique.

  • Kabbalah et traditions ésotériques occidentales :
    La colonne vertébrale correspond souvent à la colonne centrale de l'Arbre de Vie (pilier de l'Équilibre, reliant Kether à Malkuth via Tiphareth). Elle est l'axe de l'ascension mystique, le "pilier du milieu" où monte la lumière divine. Dans certaines interprétations alchimiques ou théosophiques, elle est Jacob's Ladder (échelle de Jacob), reliant le ciel et la terre.

  • Autres traditions :

    • En Égypte ancienne : Osiris monte au ciel via la colonne de sa mère Nut (ciel), les vertèbres comme marches d'une échelle.

    • Chez certains peuples amérindiens ou chamaniques : la colonne est un arbre sacré ou un totem vertical reliant les mondes (inférieur, moyen, supérieur).

    • Dans l'alchimie et la théosophie : elle est le "caducée intérieur" (serpents Ida/Pingala autour de la colonne), ou l'axe mundi personnel.

En résumé : la colonne vertébrale symbolise l'axe du monde intérieur, le chemin d'ascension spirituelle, le pont entre Terre et Ciel, le support de l'éveil (Kundalini, illumination), et l'intégrité structurelle de l'être (physique et spirituelle).

Une colonne "droite" (posture, alignement) reflète souvent l'alignement intérieur.

Ces deux symboles se croisent parfois : le sang circule le long de la colonne (artères vertébrales, moelle), reliant vie vitale et conscience ascendante.

Dans la transformation (comme chez la Mère ou en MTC), ils évoluent vers des formes plus subtiles (énergie consciente remplaçant le sang matériel, vibrations ascendantes le long de l'axe).

Prends le temps de méditer là-dessus – ces symboles sont puissants quand on les ressent intérieurement. Si tu veux creuser une tradition précise ou un lien avec ce qu'on a vu avant (Mère, MTC, védique), dis-le-moi !

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En conclusion et en pratique ?

D'une façon générale, je ne suis pas propriétaire des pensées qui me traversent et que je partage, elles appartiennent à la conscience universelle. Donc si quelque chose là-dedans est utile, tant mieux, et ce qui ne convient pas, laissez-le de côté... 

Puisque Mère nous dit que nous devons commencer par devenir conscient de ce que représente nos organes, après la théorie, une pratique s'impose. Une intériorisation-observation-aspiration... sur les organes serait donc peut-être utile pour débroussailler la question.

Rien de compliqué : pratique en trois étapes

1. Cinq minutes de concentration-relaxation au niveau du plexus solaire, centre énergétique des organes,

2. Cinq minutes de concentration par organe (Coeur, Reins, Rate-Pancréas, Foie, Poumons) pour écouter, observer, ressentir ce qui s'y passe, comment ça vibre, comment ça respire, comment ça vit... et y amener autant de conscience, de sourire, de calme, de détente, de silence, de paix, d'ouverture réceptive que possible au psychique et/ou à la Conscience universelle infinie tout autour et/ou à la Force d'en haut selon les préférences.

3. Cinq minutes de concentration-relaxation au niveau du plexus solaire car c'est à cet endroit que les énergies des cinq organes peuvent s'harmoniser et fusionner. 

Nous pourrons très facilement faire deux découvertes :

1. Que nous ne sommes pas capables de nous concentrer 5 minutes sans une seule pensée distrayante. Nous pourrons réduire à trois minutes, si c'est plus facile pour nous. 

2. Que les impressions sont très différentes selon les organes. C'est très intéressant.

Quand nous nous serons un peu familiarisés avec cette pratique, nous pourrons explorer d'autres pistes.

Ceux qui sont sensibles au son peuvent, très doucement, très tranquillement, lancer quelques fois le mantra dans nos organes et observer. Je me demande même s'il ne serait pas possible d'essayer d'écouter le son de l'organe.  

Et ceux qui sont plutôt visuels, puisque l'imagination a un pouvoir, peuvent imaginer les couleurs correspondant aux organes :  le rouge pour le cœur, le noir, comme le noir du fond des océans, pour les reins, le jaune pour la Rate-Pancréas, le vert (ou bleu-vert) pour le foie et le blanc pour le poumon. 

Le Zhineng Qigong propose une autre piste intéressante en expliquant qu'il y a trois niveaux :

1. l'organe physique (Matière)

2. l'énergie de l'organe (Énergie)

3. l'esprit de l'organe, la conscience de l'organe (Information)

Je n'ai aucun doute que cette pratique nous fera faire des découvertes – indépendamment même de toute prétention de transformation –  car les organes sont intimement liés à nos émotions et à notre psychologie. La médecine chinoise l'explique depuis fort longtemps et la théorie du Zhineng Qigong va jusqu'à prétendre qu'il est impossible d'atteindre à un haut niveau de santé sans une régulation correcte de nos émotions et une harmonisation de nos organes.

La Mère a confirmé ce lien entre organes et émotions :

Les organes des sens sont directement sous l’influence de l’état psychologique de l’individu qui les utilise, et ainsi les perceptions sensorielles sont altérées, faussées, déformées, dans un sens ou dans l’autre, par les sentiments qu’éprouve celui qui perçoit à l’égard de la chose perçue.

Éducation – Un jugement correct – page 227

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