Vers la fin des livres ?
Dans un article précédent sur l'entretien d'Emmanuel avec Claire j'évoquais l'étendue de notre ignorance et que nous pouvions trouver une joie profonde à étudier les merveilleux textes de Sri Aurobindo, Mère et Satprem et nous sentir aussi accablés par l'étendu des choses encore à apprendre pour combler notre ignorance.
Je me demandais même si les connaissances que nous accumulions n'étaient pas aussi comme un mur nous coupant de l'expérience vraie, et je concluais par ce ce verset du chapitre 20 du Dao de Jing abandonnez l'étude, et par là-même le souci et en disant que si l'étude des livres peut nous amener à la sagesse, il y a aussi une sagesse à renoncer aux livres.
Combien de fois... combien de fois Sri Aurobindo (et moi aussi), nous avons dit : «Quand une chose est vraie, vous pouvez être sûrs que son contraire est vrai aussi. Et quand vous aurez compris ça, alors vous commencerez à comprendre.»
Agenda de Mère du 22 mars 1967
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Alors un ami m'a envoyé un très beau témoignage sur son rapport avec les livres et m'a autorisé à partager ces deux beaux passages :
1. Le Miel
"Rien ne remplace l'expérience directe....mais en attendant, lire les recettes de cuisine peut nous faire plaisir.… Ça rappelle ce que disent les adeptes de Krishna en le comparant au miel.… : " Vous pouvez lire toutes les descriptions livresques vous détaillant la saveur délicieuse du miel, vous ne connaîtrez vraiment le miel qu'en le dégustant réellement".
2. RAM
Un voyageur en Inde tombe un jour sur une scène surprenante :
Il voit un vieil homme qui lit un livre en tournant les pages, les yeux brillants, avec un plaisir manifeste.....
Ce livre a vraiment l'air passionnant....
Le voyageur intrigué se rapproche du vieil homme, curieux de connaître le contenu de ce livre qui semble donner tant de bonheur à son lecteur....
Il découvre alors médusé qu'à chaque page, figure uniquement et simplement le nom divin de RAM.....
RAM..RAM...RAM. ..RAM...RAM... RAM...RAM. ..RAM. ..
Et ça n'empêche pas l'homme de tourner les pages avec enthousiasme pour découvrir à chaque page toujours et encore le nom divin....
Tout est LUI.....car il n'y a rien en dehors de LUI.....
C'est pour ça que les querelles et les disputes sont tellement dérisoires.....
Et puis il évoquait aussi avoir été très surpris par un passage où Sri Aurobindo parlait de "la fin des livres", sans se souvenir où il l'avait lu.
Si l'intelligence artificielle est dangereuse lorsqu'elle nous lui permettons de penser à notre place, elle reste très pratique pour une recherche bibliographique de ce genre. J'ai donc posé la question à Grok et sa réponse fut plutôt intéressante :
Je n'ai pas retrouvé de passage précis où Sri Aurobindo emploie l'expression « fin des livres » (ou une formule équivalente en anglais comme « end of books », « no more books » ou « fin des livres » dans les traductions françaises). Après des recherches approfondies dans ses œuvres principales (Collected Works, Letters on Yoga, The Life Divine, The Synthesis of Yoga, On Himself, etc.), dans les entretiens et l'Agenda de la Mère, ainsi que dans les récits de disciples (Purani, Nirodbaran, Satprem), aucun texte ne contient cette phrase exacte ni une déclaration directe de Sri Aurobindo sur une « fin des livres » à venir.
Cependant, l'idée sous-jacente – un avenir où la connaissance mentale (et donc le recours aux livres comme moyen principal d'acquisition du savoir) sera dépassée au profit d'une connaissance directe, immédiate et supramentale – est tout à fait présente dans son enseignement.
Voici les éléments les plus proches qui pourraient expliquer le souvenir de votre ami :
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La connaissance supramentale est directe et par identité
Dans La Vie Divine (The Life Divine), Sri Aurobindo décrit longuement la différence entre la connaissance mentale (indirecte, fragmentaire, dépendante de l'intellect, des sens et des livres) et la connaissance supramentale (directe, globale, par identification avec l'objet connu). Par exemple, il écrit que le supramental connaît « par une vision directe et totale, sans intermédiaire ni construction mentale » (voir le chapitre sur la connaissance supramentale vs. mentale). Dans ce contexte, le mental et ses outils (y compris les livres) deviennent secondaires ou inutiles une fois le supramental manifesté dans la conscience.
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Dans le yoga intégral et supramental, le recours excessif aux livres est déconseillé.
Dans Lettres sur le Yoga (Letters on Yoga), Sri Aurobindo répète souvent que la lecture excessive peut encombrer l'esprit et qu'il faut privilégier l'ouverture intérieure et la guidance divine plutôt que l'accumulation intellectuelle. Il dit par exemple que le vrai progrès vient de l'expérience directe et non de l'étude livresque (voir les sections sur la lecture, l'intellect et le yoga). Il conseille même parfois de limiter la lecture pour laisser place à la conscience plus haute.
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La Mère sur les livres et le Supramental
La Mère (qui rapporte souvent les vues de Sri Aurobindo) est plus explicite sur le rôle limité des livres. Dans ses Entretiens de 1956 (13 juin 1956), elle dit : « Il y a même beaucoup plus de livres qu'il n'est nécessaire. Vous pouvez épuiser tous les livres du monde que vous n'aurez pas avancé d'un pas. » Elle insiste sur le fait que le Supramental (manifesté depuis 1956 selon elle) rend la connaissance plus directe, et que les livres sont utiles au début mais deviennent superflus quand la conscience s'ouvre. Dans l'Agenda de Mère (divers passages des années 1960-1970), elle évoque la transformation de la conscience où le mental est dépassé, et où la perception et la connaissance deviennent spontanées et directes, sans intermédiaires mentaux comme les livres.
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Satprem et les disciples
Dans Sri Aurobindo ou l'Aventure de la Conscience de Satprem, il décrit la conscience supramentale comme une vision globale et directe, où l'intellect (et ses supports comme les livres) est transcendé. Il n'y a pas de « fin des livres » littérale, mais l'idée que le futur supramental rendra obsolètes les modes mentaux d'apprentissage.
En résumé, votre ami a probablement en tête cette vision d'un temps futur (l'établissement du supramental dans la conscience individuelle et collective) où la connaissance ne passera plus par le mental et ses outils traditionnels (livres, études intellectuelles), mais par une illumination directe. Ce n'est pas formulé comme une « fin des livres » prophétique, mais comme une conséquence naturelle de la transformation de la conscience. Si c'est dans un contexte plus précis (un entretien, une lettre à un disciple, ou un livre de la Mère/Satprem), donnez-moi plus de détails pour affiner !
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Alors mon ami a trouvé le résumé de Grok tout à fait intéressant et il m'a alors partagé un extrait formidable de L'Aventure de la conscience, tirés du chapitre trois intitulé La fin de l'intellect :
Au reste, Sri Aurobindo n’en a pas fini avec les livres, il est encore sur sa lancée occidentale ; c’est par caisses qu’il dévore les bouquins commandés à Bombay et à Calcutta :
« Aurobindo s’asseyait à sa table de travail, raconte encore son professeur de bengali, et il lisait à la lumière d’une lampe à huile jusqu’à une heure du matin, sans se soucier des intolérables piqûres de moustique. Je le voyais rester assis là, dans la même position, les yeux fixés sur son livre pendant des heures d’affilée, comme un yogi plongé dans la contemplation du Divin, absent à tout ce qui se passait au-dehors. Même l’incendie de la maison n’aurait pas rompu cette concentration. »
Les romans anglais, russes, allemands, français, défilaient ainsi, et aussi, de plus en plus, les textes sacrés de l’Inde, Upanishads, Râmâyana, Gîtâ, sans qu’il mît jamais les pieds dans un temple, sauf en curieux.
« Un jour, au retour du Collège, raconte l’un de ses compagnons, Sri Aurobindo s’assit, prit un livre au hasard et commença à lire tandis que Z et quelques amis se mettaient à une bruyante partie d’échecs. Au bout d’une demi-heure, il posa son livre et prit une tasse de thé. Nous l’avions déjà vu faire bien des fois et attendions impatiemment l’occasion de vérifier s’il lisait ses livres d’un bout à l’autre ou si seulement il parcourait quelques pages çà et là. L’épreuve commença aussitôt. Z ouvrit le livre au hasard, lut une ligne à haute voix et demanda à Sri Aurobindo de réciter la suite. Sri Aurobindo se concentra un moment et répéta toute la page sans la moindre faute. S’il était capable de lire une centaine de pages en une demi-heure, comment s’étonner qu’il lût une caisse de livres en un temps si incroyablement court ? »
Mais Sri Aurobindo ne s’en tenait pas aux traductions des textes sacrés, il se met à l’étude du sanskrit, qu’il apprend tout seul ; détail bien typique, car il suffisait qu’une chose fût réputée difficile ou impossible pour qu’il refuse de s’en laisser conter par quiconque, grammairien, pandit ou clergyman, et qu’il veuille lui-même faire l’expérience, directement. Il faut croire que la méthode avait du bon puisque, non seulement il apprit le sanskrit, mais il découvrit, quelques années plus tard, le sens perdu des Védas.
Un jour vint, pourtant, où Sri Aurobindo en eut assez de cette gymnastique intellectuelle. Sans doute s’était-il aperçu que l’on peut continuer indéfiniment à amasser des connaissances et à lire, et à lire, et à apprendre des langues, même toutes les langues du monde et tous les livres du monde, et qu’on n’a pas avancé d’un pouce.
Parce que le mental ne cherche pas à connaître vraiment, bien qu’il y paraisse — il cherche à moudre. Son besoin de connaissance est, d’abord, un besoin d’avoir quelque chose à moudre. Et si, d’aventure, la machine s’arrêtait parce que la connaissance est trouvée, il s’insurgerait vite et trouverait quelque mouture nouvelle, pour avoir le plaisir de moudre et de moudre. C’est sa fonction.
Ce qui cherche à connaître et à progresser en nous, ce n’est pas le mental, mais quelque chose par-derrière qui se sert de lui :
« La période décisive de mon développement intellectuel survint, confiera Sri Aurobindo à un disciple, lorsque je pus voir clairement que ce que l’intellect disait, pouvait être à la fois exact et pas exact, que ce que l’intellect justifiait, était vrai et que le contraire était vrai aussi. Je n’admettais jamais une vérité dans le mental, sans admettre simultanément son contraire... Résultat, le prestige de l’intellect était parti4. »
Sri Aurobindo est arrivé à un tournant ; les temples ne l’intéressent pas et les livres sont vides…
4. La Synthèse des Yogas, 20.439
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Comme tout cela est magnifiquement dit...
Pour en revenir au résumé de Grok, il fait sans doute référence au chapitre 10 du livre 2 de La Vie Divine intitulé : "La connaissance par identité et la connaissance séparatrice" (page 562 à 590 dans le PDF ci-dessous.
Ensuite, je recommande vivement de lire ou relire l'Entretien de Mère du 13 juin 1956 évoqué aussi par Grok, ou d'écouter l'enregistrement audio : il et formidablement intéressant.
Mère commence par expliquer des choses sur le fonctionnement de la conscience supramentale et sur l'importance de notre réceptivité.
Ensuite il est question de l'éducation et certains passages nous feront sursauter car Mère évoque des idées complètement à contre-pieds des pensées habituelles. Ensuite, il y a une formidable passage sur le fonctionnement de notre mental.
Mère. Entretiens (1955-58): Tape recordings
Mère Entretiens Le 13 juin 1956 "Déjà, au cours du processus de spiritualisation, le mental spiritualisé aura commencé à sortir de la brillante pauvreté de l'intellect humain; il s'élèvera...
https://aurobindoru.auromaa.org/workings/ma/playground_audio/56-06-13.htm
Et le hasard a voulu qu'en relisant cet Entretien, j'ai aussi lu celui d'avant du 6 juillet 1956 et qui dit des choses très intéressantes sur... les livres en général et les livres de Sri Aurobindo : nous sommes en plein dans le sujet. Extrait :
Par jeu, une ou deux fois, tu as pris un de tes livres ou un des livres de Sri Aurobindo et tu as ouvert une page au hasard, puis tu as lu une phrase. Est-ce que ces phrases peuvent donner un signe ou une indication pour un individu? Comment faire pour avoir une vraie réponse ?
Tout le monde peut le faire. Cela consiste en ceci : vous vous concentrez. Alors cela dépend de ce que vous voulez. Si vous avez un problème intérieur et que vous voulez la solution, vous vous concentrez sur ce problème ; si vous voulez savoir votre condition, que vous ne connaissez pas, et que vous voulez avoir une lumière sur l’état dans lequel vous vous trouvez, vous vous présentez comme cela, avec simplicité, et vous demandez la lumière. Ou bien, tout simplement, si vous avez la curiosité de savoir ce que la connaissance invisible a à vous dire, vous restez un moment tranquille et silencieux et vous ouvrez. Je disais toujours de prendre un coupe-papier, parce que c’est plus fin ; pendant que vous êtes concentré, vous le piquez dedans, et avec la pointe vous indiquez quelque chose. Alors si vous savez vous concentrer, c’est-à-dire si vraiment vous le faites avec une aspiration, pour avoir une réponse, cela répond toujours.
Parce que dans des livres comme cela (Mère désigne «La Synthèse des Yogas»), des livres de révélation, il y a toujours une accumulation de forces — au moins de forces mentales supérieures, et le plus souvent de forces spirituelles de la connaissance la plus haute. Chaque livre, à cause des mots qui y sont contenus, est comme un petit accumulateur de ces forces. Les gens ne le savent pas, parce qu’ils ne savent pas s’en servir, mais c’est comme cela. De même, dans chaque image (une photographie), il y a une accumulation, une petite accumulation représentative de la force de celui dont c’est l’image, de sa nature et, s’il a des pouvoirs, de ses pouvoirs. Mais alors, vous, quand vous êtes sincère et que vous avez une aspiration, vous émanez une certaine vibration, la vibration de votre aspiration, qui va rencontrer la force correspondante dans le livre, et c’est une conscience supérieure qui vous donnera la réponse.
Tout est contenu potentiellement. Chaque élément d’un tout contient potentiellement ce qui est dans le tout. C’est un peu difficile à expliquer, mais vous allez comprendre par un exemple : quand les gens veulent faire de la magie, s’ils ont un morceau d’ongle ou de cheveu, cela leur suffit, parce qu’il y a là-dedans, potentiellement, tout ce qui est dans l’être lui-même. Et dans un livre, il y a potentiellement (pas exprimé, pas manifesté) la connaissance qui est dans celui qui a écrit le livre.
Ainsi, Sri Aurobindo représentait une totalité de compréhension et de connaissance et de puissance, et chacun de ses livres est à la fois un symbole et une représentation. Chacun de ses livres contient symboliquement, potentiellement, ce qui est en lui. Par conséquent, si vous vous concentrez sur le livre, vous pouvez, à travers le livre, remonter jusqu’à l’origine. Et même, en passant par le livre, vous pourrez recevoir beaucoup plus que ce qui est simplement dans le livre.
Il y a toujours une façon de lire et de comprendre ce qu’on lit, qui donne une réponse à ce que vous voulez. Ce n’est pas un hasard ni un amusement, ni une sorte de distraction. On peut le faire «comme ça», et alors il ne vous arrive rien du tout, vous n’avez aucune réponse et ce n’est pas intéressant.
Mais si vous le faites sérieusement, si, sérieusement, votre aspiration essaye de se concentrer sur cet instrument (c’est comme une batterie, n’est-ce pas, qui contient des énergies), essaye d’entrer en rapport avec l’énergie qui est là et insiste pour obtenir la réponse à ce qu’elle veut savoir, eh bien, naturellement, l’énergie qui est là — l’union des deux forces, la force émanée de vous et celle qui est accumulée dans le livre — guidera votre main et votre coupe-papier, ou n’importe, ce que vous avez; elle guidera juste sur la chose qui exprimera ce que vous devez savoir... Évidemment, si on le fait sans sincérité et sans conviction, il n’arrive rien du tout. Si on le fait sincèrement, on a une réponse.
Certains livres sont comme cela, plus puissamment chargés que d’autres ; il y en a d’autres où naturellement le résultat est moins clair. Mais généralement, les livres qui contiennent des aphorismes ou de courtes phrases (pas de très longues explications philosophiques, plutôt des choses qui sont sous une forme condensée et précise), ce sont ceux-là avec lesquels on réussit le mieux.
Naturellement, la valeur de la réponse dépendra de la valeur de la force spirituelle qui est contenue dans le livre. Si vous prenez un roman, il ne vous racontera rien du tout, que des bêtises. Mais si vous prenez un livre qui contient une condensation de forces — de connaissance ou de force spirituelle ou de puissance d’instruction —, vous recevrez votre réponse.
Alors maintenant, qu’est-ce que tu veux savoir ? Je t’ai dit le mécanisme ; tu veux qu’on le fasse? C’est cela que tu voulais, ou tu voulais seulement demander comment le faire ?
Non, Mère, avant la classe, puisque nous n’avions pas de questions, j’ai ouvert beaucoup de livres et essayé de voir si je trouverais quelque chose comme cela, mais je n’ai rien trouvé.
Tu n’as rien trouvé parce que probablement tu n’avais pas l’esprit curieux à ce moment-là !
Il y a beaucoup d’explications dans ce livre-là [La Synthèse des Yogas], alors si on tombe au milieu d’une explication... Ce serait plutôt un livre comme Aperçus et Pensées, ou bien les Prières et Méditations, ou Quelques Paroles, aussi dans les Entretiens.
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N'est-ce pas d'un intérêt formidable ? Comment ai-je pu lire cela... et passer à côté, et ne jamais le mettre en pratique ? ? ? Peut-être parce que ces Entretiens sont si riches, qu'il y a tellement d'informations, que nous ne pouvons pas tout intégrer. Rien que dans ce court extrait qui ne prend que quelques minutes à la lecture : combien d'informations sont données ? Si notre lecture est minutieuse, attentive aux détails, nous verrons que c'est d'une richesse incroyable.
Ceci dit, pour ma part, je ne choisirais ni Quelques paroles, ni les Entretiens car ils sont en plusieurs volumes... ce que je ne trouve pas très pratique pour utiliser cette technique.
Par contre, un petit livre qui contient des aphorismes, il y a aussi Commentaires sur le Dhammapada qui m'avait enthousiasmé quand je l'avais découvert. C'est un magnifique petit traité de vie spirituelle. Et puis, il y a aussi... Carnet de Laboratoire qui est un extraordinaire résumé des 13 tomes de l'Agenda. Avec Prières et Méditations et Pensées et Aphorismes, qui contient aussi Aperçus et Pensés, nous avons, je crois, les 5 meilleurs livres pour expérimenter ce que nous dit Mère. Avec en prime, Savitri pour les éditions en un volume.
Notre apprentissage sera non seulement d'apprendre à nous concentrer, mais aussi de bien choisir nos questions et la manière de les poser.
En conclusion ?
1. Certains aiment lire, d'autres non : que chacun de suivre son propre chemin, sa vérité intérieure, sa loi intérieure de développement, son dharma...
2. C'est sans doute aussi une question de discipline et d'équilibre dans la sadhana. Ne jamais rien lire et passer ses journées à lire sont sans doute deux erreurs à éviter. Il me semble que le compagnon naturel des livres et le silence... qui seul permet d'intégrer ce que nous venons de lire. J'ai été tenté de dire qu'à une heure de lecture, il faudrait une heure de silence, mais j'ai parfois remarqué qu'une simple parole de quelques lignes étaient d'une telle profondeur que nous pouvions la méditer pendant des heures et des jours.
3. Peut-être que nous ne pourrons abandonner les livres... que lorsque nous les aurons lus, et que nous ne pouvons mettre la charrue avant les bœufs.
4. Il est aussi une question de hiérarchie :
– les lectures insipides que nous pouvons abandonner sans hésitation et avec une certaine délectation...
– les monuments de la littérature mondiale, romanesque, intellectuelle, poétique sont à garder parce qu'elles font partie du patrimoine de l'humanité...
– les textes sacrés de l'humanité qui ont donné naissance aux différentes sagesses, religions...
– et tout en haut, les livres de Sri Aurobindo, Mère et Satprem qui sont si exceptionnels, si puissants pour nous guider vers la Nouvelle conscience, la Nouvelle humanité, le Nouveau monde... qu'ils sont les seuls dont je doute que nous puissions les abandonner un jour. Je ne sais pas, peut-être quand notre conscience sera installé de façon permanente dans le mental intuitif... et encore ! Ou bien, quand le Seigneur du Yoga aura allumé la Flamme de la Connaissance dans notre cœur...