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Un autre très bel entretien d'Emmanuel, cette fois-ci avec Claire Tourigny qui nous parle, entre autre, de son amour pour Savitri. 

À certains moments, mine de rien, comme à l'improviste, Claire nous sort une perle de sagesse à nous faire sursauter d'émerveillement. Petit florilège :

Ma prière à Mère d’arranger toutes les circonstances de ma vie pour aller le plus droit possible vers la Lumière. (...)

Nous sommes en mission dans la matière et la mission est de plus en plus exigeante. (...)

Je dois relever des défis qui ressemblent à ceux que Mère a dû affronter. (...)

On vient de très loin et on s’en va très loin. (...)

Plus l’être psychique est en avant, plus on est heureux. (...)

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Tout cela est vraiment très beau, très profond, mais tout est dit sans lourdeur, évoqué avec une gravité légère – et dans les rires de Claire, nous retrouvons sans doute un peu de la légendaire bonne humeur de nos amis du Québec, mais peut-être aussi de la présence de Mère qui elle aussi riait beaucoup.

C'est peut-être ce qui rend cet entretien si touchant que je l'ai écouté deux fois, ce mélange de gravité et de légèreté, ce parcours de vie de la détresse à la joie. Comment après avoir vécu nos épreuves est-il encore possible d'avoir encore un regard léger et riant sur la vie ? Cela reste pour moi encore un mystère... non vraiment résolu. 

🔥

Et l'entretien nous pose aussi d'autres questions intéressantes, qui ne sont pas nécessairement faciles.

Par exemple avec cette idée que Sri Aurobindo et Mère, avant même que nous les rencontrions, ont toujours été là, qu'ils nous attendaient, qu'ils nous guidaient, nous accompagnaient. C'est drôle, je n'ai jamais ressenti cela... et dans les moments les plus douloureux de notre existence, c'est plutôt l'Absence divine que nous ressentons, que la Présence divine, le sentiment d'abandon.

Très certainement, il y eut à de maintes reprises quelque chose qui m'empêcha de faire de plus grosses bêtises encore, mais de là à dire qu'il s'agissait de Sri Aurobindo ou Mère, ce serait aller bien vite en besogne, c'était peut-être mon âme, mon être psychique, mon Moi supérieur, mon ange gardien ou je ne sais quelle entité bienveillante... 

Comment est-ce possible que des disciples ressentent spontanément qu'ils ont toujours été là alors que je ne me suis même jamais posé la question ??? C'est intéressant. Peut-être nous faudrait-il retrouver la mémoire, et qui sait, ce sera peut-être ce souvenir qui ouvrira les portes de l'avenir... 

🔥

Autre sujet intéressant avec notre rapport au savoir. Claire raconte son émerveillement à la découverte de Savitri, des Upanishads et de son apprentissage du Sanskrit et que, rien que pour avoir la grâce de lire Sri Aurobindo dans le texte, cela vaut le coup d'apprendre l'anglais.  

Certaines personnalités sont assez naturellement curieuses de tout, elles aiment lire, apprendre, étudier... et nous sommes sans doute nombreux à reconnaître et apprécier et nous émerveiller de l'extraordinaire richesse des œuvres de Sri Aurobindo, Mère et Satprem et des textes sacrés de l'Inde, les Védas, la Guîtâ, les Upanishads. 

Mais, en ce qui me concerne, cet enthousiasme est aussi balancé avec quelque chose en moi qui se dit, pour résumer : quelle corvée ! Encore tant de livres à lire, tant d'autres à relire, tant d'émissions à regarder, tant de méditations et de pratiques à faire, découvrir, approfondir, et voilà que par-dessus le marché, il faudrait apprendre l'anglais, et le sanskrit...

Chaque ouverture sur une connaissance nouvelle  aussi petite soit-elle – est un émerveillement, une lumière qui s'allume, un tressaillement de joie. Et c'est aussi une douleur de découvrir à quel point tant et tant de connaissances restent encore dans l'ombre. Cette découverte que plus on apprend, moins on sait... est finalement assez douloureuse. 

Cette quête de la connaissance n'en finira donc jamais ?

C'est pour cela que j'aime bien ces Upanishads qui disent que Quand Cela est connu, tout est connu. Cette laborieuse quête du savoir pourra alors prendre fin. Peut-être est-ce une paresse du mental qui se refuse à faire les efforts d'apprentissage nécessaires. Peut-être faudrait-il tout reprendre à la base et commencer par apprendre comment apprendre, retrouver cette joie d'apprendre. Ou bien vivre dans un univers stimulant. Je ne sais pas.

La transformation, c'est aussi un changement de regard...

Et c'est curieux, comme nous pouvons avoir, sur la même chose, des regards très différents. Par exemple, le même apprentissage, pour certain est un émerveillement d'apprendre une nouvelle chose et pour d'autres, ou à d'autres moments, un effort pénible... 

Et pour aborder la question sous un angle plus spirituel, savoir qu'il existe des océans de connaissance spontanée ne nous invite pas à faire des efforts pour apprendre ceci, cela... mais plutôt à aspirer à ce que la connaissance d'en haut descende en nous. Sauf que... dans les faits... ce n'est pas si facile et pour le moment, grosso-modo, ça ne marche pas. J'ai beau avoir quelques fois médité sur le lieux qui est à l'origine des langues dont parle Mère dans l'Agenda, aucune connaissance spontanée des langues ne m'est descendue. Il y a cette parole de Sri Aurobindo qui nous demande quelle serait la valeur d'une couronne obtenue sans effort ? 

pourtant, nous pouvons aussi important de se demander si toute la connaissance que nous accumulons avec les livres ne constituent pas un obstacle, par exemple et entre autre, à l'émergence du psychique. Et si nous ne devrions pas suivre ce conseil de Lao Tseu dans le chapitre 20 du Dao de jing 

Abandonnez l'étude et par là-même le soucis.

Si l'étude des livres peut nous amener à la sagesse, il y a aussi une sagesse à renoncer aux livres. 

🔥

Un autre aspect de l'entretien m'a interpellé. Claire raconte qu'à partir du moment où elle a rencontré Sri Aurobindo, Mère et Savitri elle ne s'est plus jamais demandé ce qu'elle devait faire. J'ai trouvé cela très beau, cela m'a touché, et un peu secoué car je ne jamais su quoi faire, et je ne le sais toujours pas. 

Je lis des livres de Sri Aurobindo, Mère et Satprem, j'écris des trucs, je m'intériorise, je m'offre même au Divin au Divin autant que je peux... oui et alors ???... la belle affaire ! Je ne sais pas, il y a quelque chose en moi qui... décidément... ne comprends pas.  

D'ailleurs les dernières questions d'Emmanuel s'avèrent très intéressantes :

Après la découverte de Sri Aurobindo, Mère, Satprem, qu'est-ce que cela a changé dans ta vie ? Dans ta manière de voir, de vivre, d'être ? Comment cela t'a transformé ?... 

Ce n'est pas si facile à répondre... et pourtant, il y a cette drôle d'impression de n'être plus la même personne.

🔥

Puisque Claire a évoqué sa traduction de Savitri et La merveilleuse histoire de Savitri, vous trouverez tout ci-dessous :

Et puisqu'il a été question des poèmes de Claire publiés dans La Gazette, en voici les liens :

Gazette n°3 

La barre du jour – page 41

Gazette n°4

La barre du jour – page 24
la pluie d’or – page 30

Gazette n°5

Le soleil volé – page 21

Gazette n°6

Les ruches du cœur – page 28

Gazette n°7

La nappe soulevée – page 34

Gazette n°8

Marcher sur l'eau – page 26

Gazette n°9

Marcher sur l'eau – page 36

Gazette n°10

Descente – page 26

Quelle fleur extraordinaire... 

Pour finir cet article, c'est un entretien très intéressant – je le recommande – et conclurai avec ces extraits en relation avec deux choses évoquées par Claire. 

Les trois victoires

La première victoire est de créer une individualité. Et puis après, la seconde victoire, c'est de donner cette individualité au Divin. Et la troisième victoire, c'est que le Divin change votre individualité en un être divin.

Il y a trois étapes : la première c'est de devenir un individu ; la seconde c'est de consacrer l'individu et qu'il se soumette entièrement au Divin pour s'identifier à Lui ; et la troisième c'est que le Divin s'empare de cet individu et le change en un être à Sa propre image, c'est-à-dire qu'il devienne divin lui aussi.

Généralement, tous les yogas s'arrêtaient à la seconde. Quand on était arrivé à soumettre l'individu et à le donner sans réserve au Divin pour s'identifier à Lui, on considérait que son travail était fini, que tout était accompli. Mais nous, nous commençons là, et nous disons : "Non, c'est seulement un commencement. Nous voulons que ce Divin auquel nous nous sommes identifiés, entre dans notre individualité et en fasse une personnalité divine agissant dans un monde divin. Et ça, c'est ce que nous appelons la transformation. Mais l'autre la précède, doit précéder. Si ce n'est pas fait, il n'y a pas de possibilité de faire la troisième. On ne peut pas passer de la première à la troisième ; il faut passer à travers la seconde.

La Mère – Entretien du 14 décembre 1955

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Agenda du 11 mai 1963

Le 21, Saraswati poudjâ, je descends. On a préparé un dépliant avec une grande citation de Savitri et cinq photos de la tête dans cinq positions différentes.

(Saraswati représente l’aspect de Connaissance et de créativité artistique de la Mère universelle. À cette occasion, Mère descend dans le «hall de méditation» et les disciples passent silencieusement devant Elle tandis qu’Elle leur distribue un message. Cette année, ce sera un «dépliant» avec cinq photos de Mère.)

Le titre du dépliant : le vers de Savitri qui m’a donné la plus formidable expérience de tout le livre (parce que je t’ai dit, n’est-ce pas, que je vivais à mesure que je lisais : je vivais tout de suite les expériences). Mais quand je suis arrivée à ça... juste ce vers-là, c’était... tout d’un coup, comme si j’étais saisie et entièrement engloutie dans une... («la» est mauvais, «une» est mauvais : ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est quelque chose d’autre) Vérité éternelle. C’était... Tout était aboli, excepté ça :

For ever love, O beautiful slave of God

À jamais l’amour, ô splendide esclave de Dieu

(Savitri, vol. 29, XI.I.702)

Ça seul existait.

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Agenda du 11 mai 1963

N'est-ce pas, Mahâlakshmi, c'est l'aspect d'amour de la Mère divine; la perfection de l'amour manifesté qui doit avoir lieu avant que cet Amour suprême, qui est au-delà de la Manifestation et de la Non-manifestation, puisse s'exprimer – celui dont il est question dans Savitri quand le Suprême envoie Savitri sur la terre :

For ever love, O beautiful slave of God !

C'est pour pouvoir préparer la terre à recevoir la manifestation du Suprême, qui est la manifestation de Sa Victoire. Comme ça, cela devient clair – compréhensible et même compréhensif : ça contient des choses.

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A
merci Pascal, le message de Mado dans sa dernière newsletter m'a renvoyée à ton article que je trouve très nourrissant. Quand à Claire, j'ai eu comme Emmanuel la Joie de la rencontrer avec Mado et Alice en 2023. 🩵🦋
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Alors cela a dû être une belle rencontre... <br /> <br /> Que les bénédictions de la Mère descendent sur toutes ces belles âmes...
E
Claire est vraiment une magnifique personne. J'ai énormément aimé la rencontrer et partager avec elle au Québec.<br /> Merci beaucoup pour ce belle article Pascal 🙏
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Je veux bien te croire Emmanuel... et merci pour ton commentaire. Bonne continuation à toi...