Mantra sanskrit pour l'apprentissage
oṃ saha nāvavatu
saha nau bhunaktu
saha vīryaṃ karavāvahai
tejasvi nāvadhītamastu
mā vidviṣāvahai
oṃ śāntiḥ śāntiḥ śāntiḥ…
Traduction et présentation par Grok
Traduction française la plus répandue en contexte yoga/spirituel :
Om, puissions-nous être protégés ensemble
Puissions-nous être nourris ensemble
Puissions-nous œuvrer ensemble avec énergie et vigueur
Que notre étude / notre connaissance soit lumineuse et brillante
Puissions-nous ne pas nous opposer / ne pas nous haïr / ne pas développer d’hostilité
Om paix, paix, paix…
Version un peu plus littérale et détaillée :
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oṃ saha nāvavatu → Om, que (le Divin) nous protège tous les deux ensemble
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saha nau bhunaktu → Qu’Il nous nourrisse tous les deux ensemble
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saha vīryaṃ karavāvahai → Puissions-nous déployer ensemble une grande énergie / vigueur / effort
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tejasvi nāvadhītam astu → Que ce que nous avons étudié soit plein d’éclat / lumineux / efficace / brillant pour nous deux
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mā vidviṣāvahai → Que nous ne nous haïssions pas / Que l’hostilité ne s’installe pas entre nous
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oṃ śāntiḥ śāntiḥ śāntiḥ → Om, paix (intérieure), paix (dans l’environnement), paix (cosmique / divine)
Variantes très courantes en français (selon les enseignants) :
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« Om, que nous soyons protégés ensemble, nourris ensemble, que nous agissions ensemble avec force, que notre apprentissage soit resplendissant, qu’il n’y ait pas de discorde entre nous. Om paix, paix, paix. »
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« Puissions-nous être protégés ensemble, puissions-nous être nourris ensemble, puissions-nous travailler ensemble avec une grande énergie, que notre étude soit éclairée, qu’il n’y ait pas d’inimitié entre nous. Om shanti shanti shanti. »
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« Om, que Dieu nous protège tous deux, qu’Il nous nourrisse tous deux, que nous accomplissions ensemble un travail vigoureux, que notre étude soit éclatante, que nous ne soyons pas en désaccord. Om paix, paix, paix. »
C’est un mantra d’union, d’harmonie et de bienveillance entre guru et disciple (ou enseignant et élève). Les trois « śāntiḥ » invoquent traditionnellement la paix à trois niveaux : en soi-même, dans son entourage / la nature, et au niveau cosmique / divin.
Ensuite, j'ai demandé à Grok pourquoi cette insistance à répéter à trois reprise le mot ensemble. Sa réponse s'est avéré très intéressante :
Le « pour nous deux » (ou « tous les deux », « both of us » en anglais) vient directement de la grammaire sanskrite et du contexte traditionnel dans lequel ce shloka est né.
Pourquoi le duel (« nau » = nous deux) partout ?
En sanskrit védique, il existe trois nombres grammaticaux :
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singulier (eka-vacana) → je, toi
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duel (dvi-vacana) → nous deux, vous deux
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pluriel (bahu-vacana) → nous tous, vous tous
Ici, le pronom nau est au duel (forme accusative/dative de « nous deux »). Il est répété intentionnellement dans presque chaque ligne : nāvavatu, nau bhunaktu, nāvadhītam, vidviṣāvahai…
Ce duel désigne spécifiquement et exclusivement deux personnes :
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le guru (l’enseignant, le maître spirituel)
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le shishya (l’élève, le disciple)
C’est un mantra gurukula par excellence, récité traditionnellement ensemble par le maître et l’élève au début d’un enseignement (Upanishad, étude védique, cours de yoga traditionnel, etc.). Il n’est pas fait pour « tout le monde » ou un grand groupe — il est intime, bilatéral.
Ce que ça exprime vraiment : les deux se placent sur un pied d’égalité devant le Divin (représenté par Om ou Īśvara) et demandent :
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Protège-nous tous les deux
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Nourris-nous tous les deux (de connaissance, de prāna, de compréhension)
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Puissions-nous déployer ensemble une grande énergie / vigueur
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Que notre étude commune soit tejasvi (brillante, éclairée, efficace) pour nous deux
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Qu’il n’y ait aucune hostilité ni mésentente entre nous deux
C’est une prière d’harmonie mutuelle, de respect réciproque et d’absence d’ego dans la relation guru-śiṣya. Le guru dit implicitement : « Moi aussi j’ai besoin de protection et de clarté », et l’élève entend : « Mon maître n’est pas infaillible, nous avançons ensemble. »
Pourquoi on le chante encore aujourd’hui en groupe ?
Dans les cours de yoga modernes, les satsang, etc., on le récite souvent à plusieurs. Du coup, beaucoup le traduisent « puissions-nous tous être protégés », « que notre étude soit lumineuse », etc. (pluriel inclusif). C’est une adaptation contemporaine très belle, mais grammaticalement le texte original reste au duel.
En résumé : le « pour nous deux » est hyper précis et très touchant — c’est le cœur de la pédagogie védique : une relation à deux, sacrée, où les deux apprennent et grandissent ensemble.
Si tu le chantes seul ou en groupe, tu peux garder le « nous deux » dans ta tête pour honorer l’esprit originel, ou le laisser devenir « nous tous » selon le contexte. Les deux fonctionnent spirituellement.
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Nous ne pouvons pas parler d'alphabet pour le sanskrit puisque leurs lettres ne sont pas classées dans un ordre alpha, bêta... qui, soit dit en passant, est tout à fait arbitraire. Par contre, il y a une logique dans l'organisation des lettres sanskrites.
Le terme le plus correct et le plus couramment utilisé en sanskrit (et par les indianistes) est : varṇamālā (वर्णमाला)
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littéralement « guirlande (mālā) de couleurs/sons » ou « guirlande de lettres/phonèmes »
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varṇa = lettre, son, phonème, couleur (au sens de qualité distinctive du son)
On emploie aussi très souvent :
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akṣaramālā (अक्षरमाला) → « guirlande des akṣara » (akṣara = syllabe indestructible, lettre/syllabe de base)
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akṣarasamāmnāya (अक्षरसमाम्नाय) → l’arrangement traditionnel des akṣara (terme plus technique, utilisé par Pāṇini)
Dans la pratique quotidienne (cours, livres, vidéos), on voit majoritairement :
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varṇamālā (le plus fréquent et le plus naturel en contexte indien moderne)
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ou simplement l’alphabet devanagari quand on parle de l’écriture (mais c’est l’écriture, pas le système phonologique lui-même)
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En sanskrit, les termes traditionnels pour voyelles et consonnes sont les suivants :
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Voyelles → स्वर (svara) ou स्वराः (svarāḥ) au pluriel
Littéralement : « ce qui brille/sonne par soi-même » (स्वयं राजन्ते इति स्वराः)
→ Les svara se prononcent indépendamment, sans besoin d’un autre son pour les soutenir.
On les appelle aussi techniquement अच् (ac) dans la grammaire pāṇinéenne (de la pratyāhāra अइउण् etc.). -
Consonnes → व्यञ्जन (vyañjana) ou व्यञ्जनानि (vyañjanāni) au pluriel
Littéralement : « ce qui embellit / ce qui est manifesté / ce qui est coloré » (par les voyelles).
→ Les vyañjana ne se prononcent pas seuls ; ils ont besoin d’un svara pour être pleinement exprimés (d’où l’a inhérent क् → ka).
Les 5 catégories de lettres correspondent à différentes positions de la langue.
Mādhuryamakṣaravyaktiḥ padacchedastu susvaraḥ.
Dhairyaṃ layasāmarthyaṃ ca ṣaḍete pāṭthakāḥ guṇāḥ..
La douceur, la clarté des phonèmes, la séparation des mots, la belle voix, la
fermeté, le temps égal, telles sont les six qualités (nécessaires) à la récitation.
(Source : Tapovan – Module sanskrit 1)
Le lien ci-dessous ouvre sur un enregistrement pour chanter les lettres sanskrites ainsi que des dessins des différents chakras, chaque pétale ayant une lettre lui correspondant.
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Chanting the Sanskrit Alphabet - Karin Eisen Yoga - New Hope, PA
Chanting the Sanskrit Alphabet This month we will be learning the Sanskrit alphabet. Chanting the Sanskrit Alphabet is much more than learning the letters and the sounds. Each letter represents a ...
https://www.karineisen.com/blog/chanting-the-sanskrit-alphabet
La varṇamālā (ou akṣara-samāmnāya, la « récitation des phonèmes ») est parfois traitée comme un mantra complet en soi, car chaque akṣara (lettre/syllabe) est considéré comme une vibration primordiale (nāda), une manifestation de la Shakti (énergie divine), et l’ensemble forme le « corps sonore » de la déesse (souvent Matrikā ou Sarasvatī).Dans plusieurs lignées (notamment Shakta, Kashmir Shaivism, et certaines pratiques de mantra-sādhana), on chante effectivement la varṇamālā :
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Anuloma (dans le sens normal / direct / « avec le poil ») : de अ à ह (a à ha), c’est-à-dire l’ordre classique de la varṇamālā : a ā i ī u ū ṛ ṝ ḷ e ai o au aṃ aḥ puis ka kha ga gha ṅa … jusqu’à ha.
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Pratiloma (ou viloma, dans le sens inverse / rétrograde / « à rebrousse-poil ») : de ह à अ (ha à a), en remontant l’ordre exact des lettres.
Cette récitation bidirectionnelle (souvent appelée anuloma-pratiloma ou viloma-anuloma) est utilisée pour plusieurs raisons :
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Équilibrer les énergies (prāṇa et apāna, ida et pingala).
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Purifier les nāḍī (canaux subtils) et activer la kuṇḍalinī.
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Développer une conscience très fine des points d’articulation (sthāna) et des vibrations internes.
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Atteindre une siddhi (pouvoir/mantra-siddhi) plus rapide, car le « retour » inverse est vu comme une absorption ou une dissolution (laya) de l’énergie projetée.
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Dans certaines pratiques, c’est une forme de nyāsa (imposition des lettres sur le corps) ou de mātṛkā-nyāsa avancé.
Exemples concrets où on le trouve
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Dans le Mantra Purusha (comme nommé par David Frawley) : l’alphabet sanskrit chanté comme un mantra vivant.
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Dans le Mātṛkā-nyāsa ou Akṣara-nyāsa de certaines traditions tantriques : on place les lettres sur le corps dans l’ordre normal, puis on les « retire » ou on les récite en inverse.
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Dans des sādhana de la Mātṛkā (les 51 lettres, incluant parfois les formes plus longues) : recitation aller-retour pour invoquer la déesse sous forme de sons.
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Certains enseignants (comme dans des vidéos de Gaiea Sanskrit ou d’autres chaînes de chant védique) proposent des versions chantées de la varṇamālā, et il arrive qu’on entende des versions inverses pour l’expérience vibratoire.
En pratique
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On commence souvent par l’anuloma pour « projeter » ou activer.
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Puis le pratiloma pour « ramener » ou intégrer.
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Parfois on répète plusieurs cycles, ou on le combine avec le prāṇāyāma (ex. : anuloma sur inspiration, pratiloma sur expiration).
C’est une pratique puissante, mais elle demande une prononciation précise (vak-śuddhi) et idéalement une guidance (guru ou enseignant expérimenté), car manipuler les akṣara à rebours peut être intense énergétiquement.
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Une belle petite vidéo, toute simple, avec une joie si légère, si tranquille...
Ce qui me paraît incroyable... c'est d'être allé trois fois trois mois à Auroville sans même avoir jamais entendu parler de Sraddhalu ni de cet institut de recherche sur le sanskrit dont je viens de découvrir l'existence ! ! !
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En conclusion
Pourquoi tout ça ? Je ne me souviens pas des citations exactes mais Sri Aurobindo a expliqué que chaque lettre sanskrit était reliée aux sons racines à l'origine du langage et contenait une force particulière. Rien que pour ces deux raisons, cela mérite sans doute que l'on y regarde d'un peu plus près.