9. Avant ou Après ?
Suite de la retranscription de Mémoires d'un Patagonien de Satprem
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Or, un jour, ma vieille Bien-aimée – c’était encore de ce temps-ci ou là sur notre Continent Noir amnésique, dans un pays bien connu et oublié – ma vieille aimée m’a apporté une feuille transcrite d’un ancien texte sumérien préhistorique :
Gilgamesh, je vais te dévoiler
une chose cachée,
Oui je vais te dévoiler
un secret des Dieux :
Il existe une PLANTE comme l’épine
Elle pousse au fond des eaux
Son épine te piquera les mains
Comme fait la rose
Si tes mains arrachent cette plante
Tu trouveras LA VIE nouvelle
*
Maintenant, après tant de courses folles et d’épines blessantes sur tant de continents fracturés et divisés dans la grande dérive des mondes, devenu amoureux de la vie, revenu en quelque Patagonie, avec ma jeune Douce de toujours, sous le signe du Hibou, je me dis :
En vérité chacun suit
ou plutôt cède à
son Cap
d’espérance ou de désespérance.
*
Maintenant j’ai choisi l’espoir et je veux
plonger jusqu’au fond des eaux
pour arracher la Vie Nouvelle
du ventre de ma Grande Déesse d’écume
*
Et le petit ressac d’amour m’a ressaisi
au creux de sa vague.
Et heureusement, car quelque fois je me demande si je ne me suis pas réveillé 7700 ans après ma naissance.
C’était une Patagonie d’après.
D’après le naufrage du Continent Noir et de tous ces petits d’hommes déments sous leur énorme Artifice savant. Un souffle et ça passait.
Mais le petit ressac restait avec une vieille Bien-aimée toute neuve.