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Suite de la retranscription de Mémoires d'un Patagonien de Satprem

Elle était là, sa Douce voile de toujours, séparée et retrouvée, naufragée et reconnue dans cet immense Inconnu de la vie, ce Mystère qui jaillissait sous ses pieds, s’ouvrait comme une tombe de toutes les tombes du fond de la terre, terrifiant et sublime, infernal et miraculeux, comme un jaillissement de feu et de ténèbres délivrées qui se jetaient vers leur Lumière, leur ciel sur la terre, comme une cataracte à l’envers ou un volcan.

C’était la vieille Mort à l’envers qui jetait son cri enseveli depuis tant de déserts dans les sables, tant de continents disparus sous les eaux et les décombres, et revenus pour vivre encore une fois leur Secret jamais trouvé : Ça qui était là dans un premier commencement de tout et qui faisait battre un simple cœur et courir nos pattes sur tant de pistes et muettement portait notre course insensée à travers tout et en dépit de nous-mêmes, appelait et appelait notre dernier cri au bout de tout, dans ce désespoir qui voulait son Espoir quand même sur cette terre et dans un corps.

Sa Douce l’a regardé comme pour la première fois de toutes les fois perdues. Elle a souri.

– Tu es là.

C’était simple et c’était plein.

Comme une goutte de tous les soleils et toutes les mers.

*

Lentement il s’est redressé.

Lentement il est sorti de son trou.

Il a failli basculer et vacillé sur ses jambes comme un homme ivre, comme si la terre n’était plus solide sous ses pieds.

Il a regardé sa Douce d’un air égaré et un peu hagard comme s’il retrouvait son port à travers les brumes, son point de soleil, son Nord de tous les compas perdus. Il a entendu le petit ressac argenté comme un premier bonjour, mais ce n’était plus le même Jour, c’était le Jour comme après la mort et toutes les morts, comme une éternité vivante, présente dans toutes les secondes. ÇA VIVAIT comme une adoration qui adore sans savoir, c’était, C’EST, de toujours et depuis toujours, comme un infini de Soleil qui embrassait tout, battait dans tout, comme un point de tous les points du monde, comme un seul battement d’être sur la terre qui était de l’Amour, fait d’Amour, qui portait tous ces milliards d’atomes et de cellules vers le Cap immortel et impérieux, vers leur grand Air d’une autre respiration, vers leur grande Note d’une autre Musique qui chantait partout comme une seule, immense symphonie des mondes, une seule embrasse qui comprenait tout, sentait tout en même temps dans un même battement de cœur, une seule seconde de tous les temps, sans passé ni présent mais un éternel Avenir déjà là qui tâtonnait à la rencontre de Lui-même, comme le petit Vicki vers sa Douce de toujours.

– Quoi ? a-t-elle dit avec son sourire de loin-loin là-bas qui était tout ici, comme si elle écoutait encore la petite note de son ektara qui lui apportait le son des mondes et lui disait tout sans mots.

Il a vacillé sur ses pieds comme un Dionysos tombé d’ailleurs, comme un oiseau tremblant sorti d’un tremblement de terre. C’était écrasant et pourtant c’était léger comme s’il pouvait s’envoler à travers toutes les stratosphères et danser éperdument avec toutes les petites feuilles dans le vent.

C’était un autre monde
Et pourtant c’était là.
C’était une autre vie jamais vécue
Et pourtant ça battait
Ça voulait battre encore et encore
et pour toujours…

– Douce, écoute… je ne sais plus les langues d’ici, mais tu entendras mon ektara nouvelle.

Et le ressac a roulé :

La mort est morte
Les hommes ont fini leur vieille histoire mortelle
Un Chant Nouveau est né sur la terre
Un autre Battement qui ne finit pas sur la veille peine
Une Vie nouvelle marchera sous nos pas.
Il faut apprendre la vie nouvelle.
Ils ont tant cherché et couru
Pour trouver la guérison de tout
Mais tant qu’il y aura la mort, rien ne sera guéri !
Il faut guérir de la vieille habitude mortelle des bêtes
Il faut trouver la nouvelle manière de vivre.

Il a encore vacillé sur ses pattes de vieille bête.

Sa Douce regardait son Dionysos d’Ailleurs avec l’émerveillement d’une vieille Bien-aimée qui regarde pour la première fois son amant sauvage comme si elle ne l’avait jamais vu.

C’était la première fois au monde dans une vieille Patagonie inconnue qui voulait se connaître elle-même, se chanter elle-même, dans un merveilleux Inconnu à explorer sans fin.

Elle a souri, le ressac a roulé son écume légère, et tout était délivré, exorcisé à jamais.

La première note était close.

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