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Fin de la retranscription de Mémoires d'un Patagonien de Saptrem

L’avenir met longtemps à entrer dans notre présent, et pourtant, il court avec nous, comme ce petit Patagonien de 7700 ans qui courait avec moi sous ce Boulevard de mes dix-sept ans et soulevait une Révolte incompréhensible et si profonde contre cet « avenir dans un fauteuil », comme s’il se souvenait d’un Temps plus vrai et verdoyant, et peut-être comme s’il se souvenait d’un Avenir déjà là et qui m’appelait – comme si les cellules du corps savaient, comprenaient quelque chose que le Mental ne comprends pas, et poussaient-poussaient vers leur propre Mystère inaccompli, vers leur « déjà-là », à découvrir.

La vie est une grande Énigme.

Et ces cellules poussent parfois vers le pire ou l’infernal pour en faire jaillir un sublime cri qui ouvre des portes inattendues : l’Avenir enfin fleuri sous un vieux Néant ou ce qui semblait être une tombe encore, comme dans celle cellule de condamné à mort et ce Silence stupéfiant, cette seconde nulle et mortelle qui m’a fait courir à travers des déserts encore pour étancher mon incompréhensible Soif, et creuser à travers des tombes et des tombes encore et des bûchers odieux pour allumer ce Feu au fond, cet ultime cri et ce Défi à la vieille Mort triomphante qui voulait mourir pour naître encore à sa sinistre histoire et faire semblant de vivre entre nos quatre murs présents. Mais ces vieilles cellules savaient leur Fontaine sans fond sur laquelle on avait posé une pierre, elles savaient leur coulée chantante qui voulait enfin crier leur cri, chanter leur Vie d’un vieux Pays de toujours-toujours qui n’était pas au Paradis mais sous nos pieds, sous cette vieille Roche, cette Matière murée qui veut, ou voudrait nous emprisonner encore dans ses millions de Présents pareils et ses futiles boulevards.

Mais ces cellules savent leur Large et un grand vent d’ailleurs et une autre respiration et une géographie sans frontières où tout communique par sa seule conscience. Elles attendent leur heure et poussent et poussent par tous les moyens vers leur Avenir inéluctable sur la terre et dans un corps.

Sans nous en rendre compte nous vivons sous un scaphandre humain habituel, qui nous emprisonne, certes, mais nous protège aussi contre une infinité de perceptions que nous ne pourrions pas comprendre et surtout une multitude de forces que nous ne pourrions pas supporter, comme cet autre air extra-terrestre, cette autre respiration qui nous écraserait sans notre scaphandre, cette Merveille au fond de la Matière des cellules qui dérangerait nos aimables circonvolutions si elle dé-couvrait trop vite et faisait sauter toutes nos petites frontières géographiques et défonçait notre microscopique Présent pour nous envoyer promener dans un Temps ou le Passé et l’Avenir coexistent, cohabitent dans une même peau. Quand on vit les trois temps physiquement en même temps, on ne sait pas la profondeur d’intensité poignante qui est là. Il faut longtemps pour apprendre à supporter la Vie Nouvelle dans un corps. C’est une immense trouée dans nos murs. Comme ce jour-là où je me suis réveillé 7700 ans avant ma naissance.

Mais c’était toujours là et de toujours comme une connaissance sans savoir que notre mental ne peut pas comprendre, comme un Amour immense qui court après Lui-même pour s’aimer Lui-même dans un million de souffles, comme Vicki après tant de Bien-aimées disparues et revenues. Et que de détours pour retrouver ce qui commençait là dans une seule petite cellule, dans une petite seconde nue, une seule note d’ektara enchantée.

Elle regardait son Dionysos sauvage comme une première fois au monde. Il vacillait sur ses pieds, il ne savait plus très bien comment marcher comme s’il pouvait voler tout aussi bien, c’était un autre monde et une autre Loi qui ne savait plus sa vieille gravitation vers les veilles tombes. Le poids du monde était tombé d’un coup.

C’était le temps de la Vie Nouvelle.

Le temps d’une seule petite note juste qui ferait éclore la Beauté de la terre et de nos cœurs.

8-9 mars 2001

Ainsi, mis à part les Carnets d'une Apocalypse, voici les ouvrages de Satprem disponibles en PDF

Je viens ce matin de recevoir de l'Institut de Recherches Évolutives, L'Orpailleur que je n'ai pas encore lu et tant d'autres que je n'ai pas lu depuis tellement d'années que j'ai décidé de me plonger dans la lecture intégrale de ses œuvres... 

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