Vers l'immortalité (textes)
Je publie à nouveau la vidéo de Diksha sur l'immortalité...
Après l'avoir vue une première fois, j'ai été complètement KO, au point d'aller me coucher, sans savoir si cela venait de la vidéo, ou d'une pratique faite plus tôt dans la journée ou d'autre chose encore. Et au réveil, je me suis dit que les textes choisis par Diksha, c'était de la bombe...
Du coup, j'ai écouté à nouveau la vidéo pour rechercher un par un tous les passages cités par Diksha pour vous les présenter afin de pouvoir les lire et les relire à volonté. N'en retrouvant pas certains, Diksha m'a expliqué qu'il lisait parfois à partir d'autres traductions.
Aphorisme 11 de Sri Aurobindo
L’immortalité n’est pas la survie de la personnalité mentale après la mort, bien que ce soit vrai aussi, mais la possession éveillée du Moi qui est sans mort et sans naissance, et dont le corps n’est qu’un instrument et une ombre.
Extrait du commentaire de la Mère du 28 novembre 1958
Mais ce n’est pas cela que Sri Aurobindo appelle immortalité. L’immortalité est une vie qui n’a ni commencement ni fin, qui ne naît pas et ne meurt pas, qui est tout à fait indépendante du corps — c’est la vie du Moi, l’être essentiel de chaque individualité, et elle n’est pas séparée du Moi universel. Et cet être essentiel a le sens de l’unité avec le Moi universel ; en fait, il est une expression personnifiée, individualisée du Moi universel et cela n’a ni commencement ni fin, ni vie ni mort, cela existe éternellement et c’est cela qui est immortel. Quand nous sommes pleinement conscients de ce Moi, nous participons à sa vie éternelle et, par conséquent, nous sommes immortels. Mais on fait une petite confusion sur ce mot immortalité — ce n’est pas nouveau, c’est une confusion qui s’est produite très souvent. Quand on parle d’immortalité, la plupart des gens comprennent qu’il s’agit d’une durée indéfinie du corps.
Le corps ne peut durer indéfiniment que si, tout d’abord, il devient pleinement conscient de ce Moi immortel et s’il s’unit à lui, s’identifie à lui, au point d’avoir la même capacité, la même faculté de transformation constante qui permet de suivre le mouvement universel, ce qui est une condition absolument indispensable pour la durée. C’est parce que le corps est fixe, parce qu’il ne suit pas le mouvement, parce qu’il ne peut pas se transformer avec une rapidité suffisante pour s’identifier constamment à l’évolution universelle qu’il se décompose et qu’il meurt. C’est sa fixité, sa dureté, son incapacité de se transformer qui le mettent dans l’obligation d’être détruit afin que sa substance retourne au domaine général de la substance physique et qu’il se reforme dans des formes nouvelles pour être apte à progresser encore. Mais généralement, quand on parle d’immortalité, les gens pensent qu’il s’agit de l’immortalité physique — il est bien entendu que jusqu’à présent elle n’a pas encore été réalisée.
Sri Aurobindo dit que c’est possible, et même que cela arrivera, mais il y met une condition : c’est que le corps soit supramentalisé et qu’il participe aux qualités de l’être supramental qui sont des qualités de plasticité et de transformation constante. Et quand Sri Aurobindo écrit que « le corps n’est qu’un instrument et une ombre », il parle du corps tel qu’il est maintenant, et sera encore pendant fort longtemps probablement. Il n’est que l’instrument du Moi, l’expression très inadéquate de ce Moi, et une ombre — une ombre, quelque chose d’imprécis et d’obscur en comparaison de la lumière et de la précision du Moi éternel.
Comment cette ombre, cet instrument peut-il servir au développement de l’âme, et comment en cultivant l’instrument on peut être utile aux vies postérieures, est une question qui ne manque pas d’intérêt.
Chaque fois que l’âme s’incarne dans un corps nouveau, elle vient avec l’intention de faire une expérience nouvelle qui l’aidera dans son développement et rendra sa personnalité plus parfaite ; c’est ainsi que, de vie en vie, l’être psychique se forme pour devenir une personnalité tout à fait consciente et indépendante qui, lorsqu’elle est arrivée au maximum de son développement, peut choisir non seulement le temps de son incarnation, mais le lieu, le but et l’œuvre à accomplir.
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Je n'ai pas retrouvé la source des deux prochaines citations. Les références viennent de la réponse de Diksha :
La vie, la mort sont en fait une seule et même chose. Et l’on peut dire en se plaçant à différents point de vue, que toute mort n’est qu’un processus et une transformation de la vie, ou bien que toute vie n’est qu’une activité de la mort. Toutes deux sont en réalité une même énergie dont l’activité se présente à nous sous deux aspects complémentaires.
La Vie sans Mort", page 132 – Sri Aurobindo – extraits traduits du texte original en anglais figurant dans le volume 16 " The Supramental Manifestation Upon Earth and Other Writings" de l'ancienne collection "Sri Aurobindo Birth Centenary Library".
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La vie est sous la domination de sa majesté la Mort. Toute vie et toute existence ici-bas ont été crées à l’origine par la Mort comme une nourriture. Non seulement la mort est une apparence mais la vie elle-même est une apparence. Et au-delà de la vie et de la mort, il y a une condition qui est plus vraie, plus permanente que l’une et l’autre, c’est l’existence véritable, la vie dont procède notre vie, c’est l’immortalité, alors que la vie à laquelle nous nous accrochons n’est qu’une faim qui est la mort.
"La Vie sans Mort", page 149 - Sri Aurobindo – extrait traduit du texte original en anglais figurant dans le volume 12 " The Upanishads" de l'ancienne collection "Sri Aurobindo Birth Centenary Library".
Par curiosité, j'ai posé la question à Grok et voici sa réponse :
Le passage évoque fortement le Katha Upanishad (l'un des principaux Upanishads, attaché au Krishna Yajur-Veda, environ 800-600 av. J.-C.), où Yama (le Roi de la Mort, "Sa Majesté la Mort") dialogue avec le jeune Nachiketa.
"Yama dit : 'Le Soi est non-né, éternel, perpétuel, sans commencement ni fin. [...] Mais les hommes, égarés, ne le voient pas. [...] La Mort est la souveraine de toute cette vie ; elle est le principe de toute existence créée pour être sa nourriture. C'est par la faim et la soif que les êtres sont liés à la roue de la vie et de la mort.'" (Variante : "Toute vie ici-bas est faite pour être la nourriture de la Mort, qui la dévore sans cesse.")
"Ce qui est ici est là-bas, ce qui est là-bas est ici. [...] La porte du Salut est cachée, mais celui qui connaît le Soi voit l'Immortalité. Les apparences du monde – vie, plaisir, douleur – ne sont que des ombres ; la vraie Existence est l'Âme immortelle, source de toute vie."
"Le Soi est plus subtil que le subtil, plus grand que le grand. [...] La vie des hommes est comme un feu qui consume tout, une faim qui ne s'éteint pas, et cette faim est la Mort elle-même. [...] Par la Connaissance, on atteint l'Immortalité ; sans elle, on reste enchaîné à la faim de la vie, qui est mortelle."
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Agenda du 4 septembre 1971
"Mais il doit y avoir des corps qui doivent pouvoir durer à volonté. Il avait dit (Sri Aurobindo) : «Le stade intermédiaire sera la durée de la vie à volonté.» Et ça, j’ai l’impression que c’est possible. Mais à condition que... il faut que le corps lui-même n’ait qu’une idée : la transformation."
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Ensuite, Diksha cite ce passage de Savitri (Livre 1. Chant 4) :
Survivants dans un univers mort qui tournoie,
Nous ne tourbillonnons pas ici sur un globe accidentel
Abandonnés à une tâche qui dépasse nos forces ;
Même à travers l’anarchie enchevêtrée nommée Destin,
Même à travers l’amère mort et les chutes
Une Main sauveuse se fait sentir sur nos vies.
Elle est proche de nous en d’innombrables corps, en d’innombrables naissances ;
Dans sa poigne qui ne vacille pas, elle garde sauf pour nous
Le seul, l’unique suprême résultat inévitable
Qu’aucune volonté ne peut soustraire et aucun sort changer :
La couronne d’immortalité consciente,
La divinité promise à nos âmes combattantes
Depuis le premier jour où le cœur de l’homme a osé la mort et souffert la vie.
Ensuite il y a eu une confusion parce que Diksha a cité deux passages venant d'une autre version de Savitri (Livre 10, Chant 3)
Version Luc Venet lue par Diksha
Bien que dieu ait fait le monde pour sa félicité,
Un pouvoir ignorant a pris la direction et l’apparence de sa volonté,
Et la profonde fausseté de la mort a maîtriser la vie.
Version Satprem
Quoique Dieu ait fait ce monde pour son délice,
Une Force ignorante l’a pris entre ses mains avec la semblance de Sa Volonté
Et la profonde fausseté de la Mort a possédé la Vie.
L'extrait suivant vient du Livre 2, Chant 7.
Version Luc Venet lue par Diksha
Une mort représentant la graine obscure de la vie
Semblait engendrer et mettre à mort le monde.
Version Satprem
Une Mort qui était comme la semence noire de la vie
Semblait engendrer le monde et le tuer.
À l'occasion de mes recherches, j'ai trouvé celle-ci dans le livre 10, chant 1 qui est en plein dans notre sujet :
Bien que la Mort marche à nos côtés sur la route de la Vie,
Vague spectateur au début du corps
Et dernier jugement sur les œuvres futiles de l’homme,
Autre est l’énigme de sa face ambiguë :
La Mort est une marche, une porte, un grand pas trébuchant
Que l’âme doit prendre pour passer de naissance en naissance,
Une grise défaite fertile en victoire,
Un fouet pour nous cingler vers notre état immortel.
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Ensuite Diksha cite quelques Agendas.
Agenda du 4 juillet 1962
On pourrait dire des choses assez jolies, mais qui n'expliquent rien, comme par exemple ceci, cette impression qu'il est nécessaire de mourir à la mort pour naître à l'immortalité.
Ça ne veut rien dire, mais ça correspond à quelque chose.
Mourir à la mort, c'est-à-dire devenir incapable de mourir parce que la mort n'a plus de réalité.
Ça, c'est quelque chose qui commence à – je ne peux pas dire «cristalliser» c'est beaucoup trop dur... c'est comme un souffle léger qui se concrétise
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Agenda du 11 juillet 1962
Tu ne peux pas t'imaginer, quand j'ai dit ça, je venais de voir ça quelque part – quelque part dans une lumière éblouissante –, ça avait un sens merveilleux, (…) C'était absolument merveilleux, ça expliquait... Ce n'est pas que ça expliquait tout mais c'était une révélation. J'ai regardé et je me suis dit : «Pourquoi ai-je dit que c'était si merveilleux !» Et j'ai compris, c'était quand je l'ai vu: c'était vu. J'ai vu ces mots, c'était plus éblouissant que les plus éblouissants diamants, et c'était plein d'un pouvoir de connaissance merveilleux, comme si ça contenait la clef des choses. (…) Mais ce que j'ai dit n'est rien. C'était le POUVOIR de la chose.
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Agenda du 14 juillet 1962
C'est quelque chose... oui, je crois, on pourrait dire : c'est Sa Présence... c'est Son Pouvoir créateur, c'est... C'est une vibration spéciale (…) quelque chose qui serait peut-être une super-électricité pure (…) Quand on touche Ça, on voit que c'est partout, mais on ne s'en aperçoit pas. (…) Ce doit être le Pouvoir du Seigneur dans les vibrations matérielles.
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Agenda du 16 octobre 1962
Mais chaque fois que je demande à mon corps ce que lui voudrait, toutes les cellules disent: « Non-non ! nous sommes immortelles, nous voulons être immortelles. Nous ne sommes pas fatiguées, nous sommes prêtes à lutter pendant des siècles s'il le faut ; nous avons été créées pour l'immortalité et nous voulons l'immortalité. »
C'est très intéressant. Et justement, [les scientifiques] sont est en train d'étudier très sérieusement et d'une façon très approfondie les causes du vieillissement et de la déchéance, et qu'on est en train d'arriver à des découvertes tout à fait intéressantes: c'est que la cellule est immortelle. Et que c'est seulement un concours de circonstances qui fait qu'il y a ce vieillissement ; les recherches tendent à cette conclusion que c'est seulement une mauvaise habitude – ce qui paraît être vrai. C'est-à-dire que si on vit dans la Conscience-de-Vérité, cette Matière n'est pas contraire à cette Conscience.[Elle une création de la conscience de vérité].
(…)
Il me semble que je suis en train d'apprendre beaucoup de choses, justement sur cette transition qu'on appelle la mort. Ça commence à devenir de plus en plus mince et de plus en plus irréel.
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Agenda du 5 août 1964
Là où les gens font tous erreur, c'est qu'ils considèrent – ils croient – que le but, c'est l'immortalité. Tandis que l'immortalité n'est qu'UNE des conséquences. (…) ais l'immortalité n'est pas un but: c'est juste une conséquence naturelle – si l'on vit la vraie vie. Au fond, c'est une chose secondaire. C'est UNE des conséquences, c'est le signe (on peut le prendre comme un signe) que l'on est en train de vivre la Vérité, c'est tout. Mais ce n'est même pas sûr !
(Ça, cela me paraît d'une toute première importance ! L'immortalité n'est pas le but... Le but serait de trouver la Vraie Vie, comme les extraits suivants le montreront clairement.)
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Agenda du 1er février 1969
«Quant à l'immortalité, elle ne peut pas venir tant qu'il y a un attachement au corps – car c'est seulement en vivant dans la partie immortelle de notre être, qui n'est pas identifiée au corps, et en faisant descendre dans les cellules sa conscience et sa force, que l'immortalité peut s'obtenir. Bien entendu, je parle des moyens yoguiques. Les savants déclarent maintenant qu'il est possible (théoriquement du moins) de découvrir des moyens physiques de surmonter la mort, mais cela signifie seulement une prolongation de la conscience actuelle dans le corps actuel. À moins qu'il n'y ait un changement de conscience et un changement de fonctionnement, ce serait un bien piètre gain.»
Sri Aurobindo
(Lettres, XXIV. 1234)
Diksha passe alors à une autre citation, mais nous pouvons tout de même voir la suite de cet Agenda qui n'est pas très long :
(Puis Mère écoute une série de questions posées par les élèves de l'École sur la mort.)
La première question : «Que faut-il faire dans notre vie quotidienne pour arrêter le processus de la mort?»
Justement, Sri Aurobindo a dit que le procédé, c'est, au lieu de rester tout à fait attaché au corps, de s'attacher à l'Esprit, et de faire descendre l'Esprit dans les cellules du corps.
Le procédé est de détacher du corps sa conscience et de la concentrer sur la vie profonde de façon à amener cette conscience profonde dans le corps.
Deuxième question : «Si le sens de "moi" s'est identifié plutôt au mental dans la vie, est-ce que c'est le même sens de "moi" qui a toutes les expériences après la mort, c'est-à-dire qui garde en même temps les souvenirs de la vie – je demande pour le mental, car il reste formé un peu plus longtemps que les autres parties après la mort? »
Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai que le mental soit plus durable.
Relis-moi ça.
... Est-ce que c'est le même sens de "moi" qui a toutes les expériences après la mort ?
Non, pas du tout.
C'est la conscience psychique qui s'est identifiée à la petite portion de physique, qui sort de cette petite personne physique. Dans la mesure où cette conscience a façonné la vie, elle se souvient de ce qu'elle a façonné, et le souvenir est étroitement lié à la conscience psychique dans les événements: là où la conscience psychique n'a pas participé aux événements, il n'y a pas de souvenir. Et c'est seulement la conscience psychique qui peut continuer.
Ce n'est pas le mental qui garde les souvenirs, c'est tout à fait une erreur.
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Ensuite, puisque Diksha fait une allusion à l'aphorisme 376, le voici avec le commentaire de Mère :
376 — Il existe des moyens de parvenir à l’immortalité physique et la mort dépend de notre choix, ce n’est pas une obligation de la Nature. Mais qui accepterait de porter le même habit pendant cent ans ou d’être enfermé dans un étroit et invariable logement pendant une longue éternité ?
Si quelqu’un sent que son travail pour cette vie est fini et qu’il n’a rien de plus à offrir, ne vaut-il pas mieux mourir et reprendre naissance au lieu de traîner une vie sans but ?
C’est une question que se pose l’ego insatisfait quand il trouve que les choses ne vont pas comme il les désire. Mais celui qui appartient au Divin et veut vivre dans la vérité sait que le Divin le gardera sur terre tant qu’Il verra son utilité sur terre et lui fera quitter la terre quand il n’aura plus rien à y faire. Ainsi la question ne peut pas se poser, et il vivra tranquillement dans la certitude de la suprême sagesse du Divin.
6 mars 1970
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Agenda du 18 octobre 1969
D'une certaine manière, à certains moments, [le corps] est dans la conscience d'Immortalité, et puis, par influence (et encore par vieille habitude de temps en temps), il retombe dans la conscience de mortalité, et ça c'est vraiment... Pour lui maintenant, dès qu'il retombe dans la conscience de mortalité, c'est une angoisse épouvantable ; et c'est seulement quand il sort de là, quand il rentre dans la vraie conscience, que ça passe. Et je comprends pourquoi il y avait des gens, des yogis, qui parlaient de l'irréalité du monde, parce que, pour la conscience d'Immortalité, la conscience de mortalité est une absurdité irréelle.
Et c'est comme cela (Mère passe les doigts d'une main entre les doigts de l'autre main, indiquant un va-et-vient entre les deux consciences).
Alors, tantôt c'est comme cela, tantôt c'est comme cela. Et l'autre état, l'état d'Immortalité, est immuablement paisible, tranquille, avec... comme des ondes d'une rapidité foudroyante, tellement rapides qu'elles semblent immobiles. Et c'est comme cela: rien ne bouge (en apparence) dans un Mouvement formidable. Et alors, dès que l'autre état vient, ce sont toutes les notions ordinaires qui reviennent, c'est-à-dire... vraiment, maintenant, dans l'état où il est, ça lui donne l'angoisse et la souffrance d'un mensonge. Mais c'est encore comme cela (même geste de va-et-vient)…
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Note de Satprem publiée dans l’Agenda du 14 juillet 1962
Lorsqu'on sort de son corps (et, nous le supposons, lorsqu'on meurt), l'impression est toujours d'un «déplacement au-dessus», ou d'un «déplacement au-dedans », c'est-à-dire dans une profondeur (ce qui revient au même, c'est simplement la traduction d'un changement de dimension), mais ce qui est frappant dans l'expérience de Mère, c'est ce déplacement en plan, c'est-à-dire qu'Elle n'a pas quitté le monde physique. Alors on est devant un étrange point d'interrogation: un monde physique dans le monde physique – un autre, ou le même, vécu différemment ? Un monde physique où la mort n'existe plus : on est mort à la mort. Le prochain monde ?
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Agenda du 11 juillet 1970
Il paraît qu'un yogi tamoul [Swami Ramalingam] de cette région, qui vivait aux environs de 1850, a eu des expériences (qu'il a décrites dans un poème) et qui semblent assez voisines... Des expériences de la transformation du squelette, des os, etc. C'est d'ailleurs un Tamoul qui m'a envoyé cette lettre en me demandant de te poser la question.
«Mère pourrait-elle apporter quelque lumière sur la nature et la mesure de la transformation que le Swami a subie dans les dernières années de sa vie? Souvent, le Swami a déclaré et affirmé la transformation et l'immortalité de son propre corps par le pouvoir de "Srut Perun Joti", la vaste Lumière-de-Grâce infinie du Divin. Il a aussi prédit et promis que vers l'année 1871, le suprême Divin viendrait bientôt sur la terre pour établir le règne direct de la Lumière-de-Grâce (que le Swami appelait aussi la Lumière-de-Vérité) et qu'alors une nouvelle race d'êtres surgirait, qui défierait la maladie, la vieillesse et la mort...»
Diksha : « 1871, c’est presque exactement l’année de naissance de Sri Aurobindo en 1872. »
Mère : C'est intéressant.
Satprem : Alors, voici le texte original, traduit du tamoul, de ce sage : Extract de «Joti Agaval» [Poème de Swami Ramalingam, couplets 725 à 740.]
"O mon unique Amour qui a jailli de mon cœur et l'a rempli tant qu'il a fait fleurir ma vie. O mon unique Seigneur d'Amour qui s'est donné à moi totalement, qui par la Lumière-de-Grâce m'a transmué. Cet Amour est entré en moi et s'est uni à mon cœur, transformant mon corps en un corps doré.
La peau est devenue souple ; l'influx du courant nerveux vibre à travers tout mon corps, avec une pause entre chaque vibration ; les os sont devenus pliables et de nature plastique ; les muscles sont lâches et se sont vraiment déliés ; le sang s'est condensé dedans ; la semence s'est concentrée en une seule goutte et confinée dans la poitrine ; les pétales (1) du cerveau se sont ouverts et répandus ; l'amrita [le nectar d'immortalité] jaillit en cascades à travers le corps et le remplit ; le front est lumineux et transpire ; le visage est lumineux et irradie ; le souffle est plein de paix et il devient frais et rafraîchissant ; le sourire intérieur rayonne ; les cheveux se dressent sur la tête ; des larmes de joie coulent vers les pieds ; la bouche vibre d'un appel passionné [vers le Divin] ; les oreilles vibrent d'un son musical en sourdine ; le corps est devenu frais ; la poitrine est lisse et se dilate ; les mains se joignent [comme en prière] ; les jambes pivotent ou font le tour complet ; le mental fond doucement ; l'intelligence s'emplit de lumière ; la volonté est pleine de joie et d'harmonie ; l'individualité s'est élargie partout ; le cœur s'est épanoui dans un sentiment d'universalité et peut sentir physiquement le monde ; le corps de connaissance est devenu tout béatifique ; même l'égoïsme spirituel des sens a disparu : les sens (tatvas) ont été entièrement remplacés par la Vérité (satva) ; le principe de vérité ou la substance de vérité maintenant dominent uniquement ; l'attachement aux objets des sens et aux choses du monde s'est dissous ; seules, l'aspiration et la volonté de se fondre dans la Grâce sans limite grandissent et s'intensifient." (2)
1. Dans l'expérience classique de l'Inde, les centres de conscience, ou chakras, sont assimilés à des «lotus» dont les pétales s'ouvrent ou se ferment.
2. Le texte original tamoul a été traduit en mauvais anglais et ne donne probablement qu'un aperçu très approximatif de l'expérience.
Et il a vécu comme cela combien de temps ?
Il paraît que ça lui est arrivé à la fin de sa vie et ça a dû durer quelques années, je pense... Mais il a dit qu'il reviendrait. (…) «Le Swami a dématérialisé son corps en janvier ou février 1874 en laissant la promesse qu'il reviendrait quand arrivera le règne du Dieu de la vaste Lumière-de-Grâce.»
(…)
Douce Mère, une dernière chose, celui qui a écrit la lettre, a posé une question : il demande si cette vaste «Grace-Light» [Lumière-de-Grâce] ou «Truth-Light» [Lumière-de-Vérité] dont parle le Swami, est la lumière supramentale ?
Grace-Light... Ça m'a beaucoup plu. C'est tout à fait cela.
N'est-ce pas, c'est une lumière qui a plusieurs degrés, et dans le plus matériel, c'est légèrement... ce doit être la force supramentale parce que c'est légèrement doré, légèrement rosé, mais très-très pâle. (…) c'est doré avec du rose dedans, mais ce n'est pas rose... (…) Oui, il a été en rapport avec ça, cet homme, sûrement. Je l'ai senti tout de suite quand tu m'as lu cette lettre.
Il est probable qu'à travers les âges, il a dû y avoir des expériences individuelles.
Sûrement. Et il doit y en avoir encore en ce moment, que nous ne savons pas.
Mais la différence maintenant, c'est que c'est une chose collective. C'est cela, la différence.
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Ce témoignage est tout à fait exceptionnel : voici le lien pour ceux qui voudrait lire cet Agenda dans son intégralité ou écouter l'enregistrement audio
l'Agenda de Mere. Volume 11. 11 juillet 1970
Attention! To view this cite properly, please, enable JavaScript! How to do it Mère l'Agenda Volume 11 11 juillet 1970 Quelqu'un m'a envoyé une lettre, si cela t'intéresse, sur la transformation du
https://aurobindoru.auromaa.org/workings/ma/agenda_11/1970-07-11-01_f.htm
Agenda du 12 juillet 1972
L’impression que la relation entre ce que nous appelons la «vie» et ce que nous appelons la «mort» devient de plus en plus différente – différente, complètement différente. Tu comprends, ce n’est pas la mort qui disparaît (la mort telle que nous la concevons, telle que nous la connaissons et par rapport à la vie telle que nous la connaissons) : ce n’est pas ça, ce n’est pas ça du tout. Les DEUX sont en train de changer... en quelque chose que l’on ne connaît pas encore, qui paraît à la fois extrêmement dangereux et tout à fait merveilleux. Dangereux : que la moindre faute a des conséquences terriblement graves. Et merveilleux.
C’est la conscience, la vraie conscience de l’immortalité – ce n’est pas «immortalité» telle que nous la concevons, c’est quelque chose d’autre. C’est quelque chose d’autre.
Nous avons tendance à vouloir que certaines choses soient vraies (ce qui nous paraît favorable) et que certaines disparaissent – ce n’est pas ça ! Ce n’est pas comme cela. C’est TOUT qui est différent.
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Satprem – Évolution 2
À la suite de Darwin, nous ne pouvons pas imaginer une autre espèce sinon comme une « amélioration » de la nôtre, en espérant qu’elle sera moins destructrice. Mais il n’y a pas d’espèce nouvelle ni d’avenir pour la Terre à moins que nous n’allions à la racine physique de ce qui fait la Destruction – de tout : hommes et bêtes, depuis des milliards d’années. Or, il n’y a qu’une manière possible d’aller à la recherche de cette première tombe terrestre, c’est de plonger dans son propre corps, ces cellules, ces atomes, et de traverser ce « quelque chose qui fait la mort », tout en vivant.
Alors on sait ce que c’est et on sait ce qu’il y a, sans microscope et sans anesthésie. Et on sait que cette grande Destructrice, cette « Mort qui se repaît de ses créatures » est traversable et destructible.
Au bout de cette fabuleuse exploration, cette périlleuse aventure, de l’autre côté de ce premier Mur de Mort, dans ces cellules mêmes et dans ce corps, on découvre une sorte de vie, une nouvelle sorte d’air, une autre respiration physique comme il n’y en a jamais eu depuis l’apparition du premier système pulmonaire et du premier amphibien il y a 400 millions d’années – le secret de notre vieille évolution mortelle et la porte d’une nouvelle création sur la Terre.
Carnets d’une Apocalypse – 27 juin 1983
C'est une Vie nouvelle dans le corps.
J'ai touché une vie nouvelle.
C'est un autre type de vie sur la Terre.
Vraiment, quelque chose d'inconnu parmi les hommes.
Comment décrire ?
C'est une VIE, un mode de vie, une vibration de vie, un état de vie, pas un état de « conscience » . Une façon différente.
Il y a un type de vie animal, il y a un type de vie végétal, il y a (je suppose) un type de vie minéral et atomique – eh bien, il y a un AUTRE type de VIE. Et c'est matériel, corporel, cellulaire, dans un être humain fabriqué comme tous les corps humains. Mais c'est AUTRE. Ce n'est plus la vieille vie qui coule avec du sang, des nerfs, des veines – tout une mécanique qui paraît « dure », sèche, brutale, surtout très primitive. C'est AUTRE. Et pourtant ça se passe dans un corps animal.
Mère en a parlé, l'a dit, mais... le sentir le vivre, c'est miraculeux.
C'est MIRACULEUX.
Personne ne peut imaginer – c'est à VIVRE, à BOIRE, à ÊTRE, à goûter... Que dirait la pêche si elle devait dire sa succulence de pêche ?
Et c'est curieux, cela s'apparente plus à la vie ou à la sensation végétales qu'à la vie et à la sensation animales – la vie animale est très brutale, excitée, nerveuse, palpitante et turbulente. Ça, c'est... Je ne sais pas, une invasion de soleil succulent : ça se goûte innombrablement, dans un milliard de cellules à la fois, comme si chaque cellule goûtait son délice particulier.
Ça a commencé instantanément ce matin quand je me suis assis tranquille, et c'est venu très-très doucement : un gonflement dans tout le corps, une sorte d'épanouissement, comme si tout ça qui était un peu dur et refermé sur soi, se gonflait partout, innombrablement, sous l'effet d'un soleil magique. Une douceur délicieuse et « gonflante », comme un innombrable groseillier, si j'ose dire, dont chaque baie s'emplirait de son propre jus solaire. Puis c'était comme une invasion, mais très douce, délicieuse, charmante, chaude, par tous les pores du corps, comme si ça rentrait de partout à la fois et que c'était senti, goûté, vécu innombrablement dans le corps : un suc, un nectar vraiment, le corps et chaque cellule se sentait gorgé de soleil, mais un soleil qui serait fait à la fois de nourriture, de sourire et de joie ! C'était nourrissant, comme du miel peut être nourrissant, mais il y avait en même temps comme plein de sourire et de joie et d'amour dans cette coulée de soleil. C'est MIRACULEUX. Et c'est de la VIE – pas une vie nerveuse, sanguine et battante, mais un autre type. Ça coule, ça remplit, ça respire et chauffe dans tout le corps, c'est une super-vie – c'est DIVIN. C'est le DIVIN qui coule. On est gorgé comme un fruit. Oh ! c'est un délice inimaginable.
Puis cette invasion innombrable – comme si chaque cellule, chacune de ces milliards de cellules s'emplissait de délice – cette éclosion dedans, cet épanouissement d'aise, ce gonflement de soleil et de sourire, lentement est devenu plus fort, plus dense. C'était une sorte de solidité pleine, je ne sais pas, un rayon dense, du soleil solide. On était saisi là-dedans. Il n'y avait qu'à adorer ça. Adorer-adorer. Une adoration du corps. Ça, c'est la vie Divine. C'est Dieu vivant.
C'est ÇA.
C'est la Vie qui vient.
C'est nourrissant et miraculeux.
[Une heure trois-quarts a passé comme quelques minutes – j'étais ébahi quand j'ai entendu sonner la sirène à midi. Et pas une seconde je n'étais «ailleurs» dans un « autre monde » – j'étais ICI, parfaitement dans mon corps.
C'est une qualité de vie aussi différente que la vie d'un singe peut être différente de la vie d'une pêche.
C'est vraiment une vie nouvelle sur la Terre.
Reste à savoir comment tout cela va s'harmoniser avec le vieux système ou se greffer sur le vieux système et le transformer.] On comprend bien que la mort et la maladie tout
simplement n'existent pas dans ce type de vie. Cela ne peut pas.
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Carnets d'une Apocalypse 1982-1983 - Book by Satprem : Read
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Ce témoignage extraordinaire de Satprem n'est pas sans rappeler cette parole de Sri Aurobindo dans Aperçus et Pensées :
Et quelle sera la fin de toute l’histoire ? Si le miel pouvait se goûter lui-même et goûter toutes ses gouttes à la fois, et si toutes ses gouttes pouvaient se goûter l’une l’autre, et chacune goûter le rayon tout entier comme elle-même, telle serait la fin pour Dieu, pour l’âme de l’homme et l’univers.
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Satprem – Évolution 2
On est donc de plus en plus « happé » dans une nouvelle sorte de vie invivable, ou pas encore très vivable, tandis que l’on s’enfonce dans une mort de plus en plus solide et agressive. Les deux ensemble. Au point que l’on ne sait plus très bien si l’on vit à chaque seconde nouvelle ou si l’on meurt à chaque seconde ancienne – ce sont comme deux existences superposées, l’une qui vit malgré tout et l’autre qui n’en meurt pas tout de même. Deux existences ou deux respirations superposées, co-existantes. Et on ne sait jamais très bien laquelle survivra.
Et le marteau-pilon continue et continue, jour après jour, année après année : une vie de plus en plus dense mais évidente, une mort de plus en plus coagulée mais dé-couverte.
Le processus est très long et exigeant car il est bien évident que l’on ne peut pas entrer d’un seul coup dans cette densité solaire sans éclater, et il est non moins évident que cette même densité ne tolérera pas un atome de mort – alors on meurt peu à peu, à petite dose, et on VIT peu à peu, comme au-delà de la mort, avec un étonnement de chaque jour de se retrouver sur deux pattes d’homme.
Mais finalement, arrivera-t-on à ce dernier atome de mort ? Cet ultime point où il ne restera plus que l’autre « air » et l’autre vie ?
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Satprem et Luc Venet – La vie sans mort
Quand cette Puissance descend ... c'est un grouillement effroyable – mortel.
Et alors, le jour où j'ai commencé à découvrir que c'était la MORT qui avait peur de mourir, cela a été pour moi une révélation, une aide formidable. Mais il faut que ça se passe dans le corps (…) Tout le travail, c'est de DÉRACINER la mort. On pourrait dire cette IMPOSTURE de la mort. Mais ce n 'est pas une imposture mentale : elle va dans les racines de la vie – on pourrait dire aux premières GRIFFES de la vie dans la matière, à la RACINE, ce qu'on appelle la racine de la vie. Eh bien, on s'aperçoit que la racine de la vie, c'est la racine de la mort…
(...)
Cette imposture, c'est la même chose.
(…)
Il faut beaucoup d'opérations pour déraciner ce mensonge, cette IMPOSTURE, cette DOMINATION CRUELLE.
(…)
Pour Moi, [c’est] la découverte la plus FORMIDABLE que (…) « CE N’EST PAS LA VIE QUI MEURT, C'EST LA MORT QUI VIT ».
On est donc de plus en plus « happé » dans une nouvelle sorte de vie invivable, ou pas encore très vivable, tandis que l’on s’enfonce dans une mort de plus en plus solide et agressive. Les deux ensemble. Au point que l’on ne sait plus très bien si l’on vit à chaque seconde nouvelle ou si l’on meurt à chaque seconde ancienne – ce sont comme deux existences superposées, l’une qui vit malgré tout et l’autre qui n’en meurt pas tout de même. Deux existences ou deux respirations superposées, co-existantes. Et on ne sait jamais très bien laquelle survivra.
Carnets d'une Apocalypse du 4 novembre 1987
Toutes nos lois sont seulement les lois de notre prison. Il y a une connaissance du corps qui voit à travers les murs et qui lui permet de saisir la prochaine loi en dépit des impossibilités et des représailles de la loi présente.
Je crois qu'arrivé à ce stade, il nous faudrait faire un pause et essayer de prendre la mesure de ce que nous venons de lire, d'entendre, et qui résonne si fortement avec de nombreux passages de l'Agenda où Mère insiste pour nous faire comprendre qu'une Nouvelle vie est née, une Nouvelle création... alors, très concrètement si j'ose dire, notre travail n'est plus tant de prolonger cette fausse vie, cette vie qui est la mort nous dit Satprem, mais de dé-couvrir cette vie nouvelle en nous – apparemment si radicalement nouvelle.
Les citations choisies par Diksha renvoient aussi à tous ces Agendas où Mère parle de la vraie matière et de la fausse matière, du vrai corps et du faux corps...
Un autre aspect est selon moi assez frappant. Il me semble que la lecture de Sri Aurobindo nous élargit à l'universel et nous élève au transcendant. Avec Lui, on touche l'Infini, c'est toujours plus vaste et plus haut – comme s'Il représentait l’ascension vers le Supramental. Avec Mère et Satprem, l'impression est que toujours ça nous ramène au corps et que cela descend dans les profondeurs, vers les racines.
Quoiqu'il en soit, on peut tourner les choses dans tous les sens : nous avons une vie nouvelle à trouver dans le corps... et maintenant, débrouillons-nous avec ça et voyons les derniers extraits de Diksha.
En fait, avec tous ces extraits, c'est comme s'il avait bombardé nos murs de mort pour reprendre l'expression de Satprem : ce n'est peut-être pas si étonnant qu'après, j'ai été complètement KO !
Quand il y a focus comme cela focus sur un sujet et que nous rassemblons différents extraits possibles, je trouve que cela devient très puissant...
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17 décembre 2006 – Les derniers jours de Satprem
Extrait de "Sujata Nahar - Loving homage" Édité par Nirmal Nahar & Anurag Banerjee (Traduit par Diksha)
Le matin du 17 Décembre 2006, Satprem dit à Sujata : "C'est la victoire, une victoire, la victoire de notre Mère, la victoire de Mère pour la terre. Il n'y aura plus de mort." Il en fit la preuve par lui-même lorsqu'au début Avril 2007 il mourût en descendant dans la mort mais finalement ressuscita. (Il répétait ainsi une prouesse que Mère avait accomplie en Avril 1962).
(…)
Ainsi, lorsqu'il quitta son corps physique le 9 Avril 2007, ce ne fut pas la "mort" au sens ordinaire. Il avait probablement préparé pour lui-même le nouveau corps et passa juste dedans sans aucune interruption de conscience et en maintenant la continuité de sa personnalité. Ainsi, il n'était pas question de faire revivre le vieux corps matériel. Et quand une telle chose est faite, le vieux corps périt. Il avait déjà fixé la conscience Supramentale dans son corps physique, mais il nous faut comprendre qu'il n'a pas supramentalisé son corps. C'est pourquoi, comme Sri Aurobindo et Mère, il a dû quitter son corps physique. Un homme-humain ne peut devenir un homme-divin directement. L'être supramental viendrait à travers êtres intermédiaires que Mère a nommé Surhomme.
Pour lire ce document dans son intégralité, je vous renvoie au site de Diksha :
Les derniers jours de Satprem & Sujata
AUTRE CHOSE, AUTREMENT, VERS UN AUTRE ÉTAT D'ÊTRE
Diksha nous rappelle alors combien Mère a aimé sa Genèse du surhomme de Satprem. Voici sans doute le passage le plus fort et le plus émouvant à ce propos...
Agenda du 18 novembre 1970
(Le disciple lit le chapitre intitulé «Le Moi plus grand.»)
Qu'est-ce qui t'est arrivé !... Mon petit, c'est... (Mère a l'air tout émue). Ça, c'est vraiment le livre de demain. C'est fini?
Oui, j'ai fini le livre.
J'aimerais voir la dernière page !
(Mère reste longtemps les deux mains appuyées sur son visage)
C'est quelque chose comme un miracle.
C'est comme si demain avait été appelé d'avance !
(Mère secoue la tête et prend les mains du disciple)
Mon petit, c'est magnifique, magnifique ! (Mère a des larmes aux yeux).
Oh ! douce Mère, je n'y suis pour rien, tu sais, je n'y suis pour rien du tout.
Savoir ne pas mettre des obstacles sur le chemin, c'est déjà quelque chose.
(le disciple s'apprête à partir)
J'ai envie de te dire merci ! (Mère a des larmes aux yeux)
Oh ! douce Mère.
(le disciple pose sa tête sur les genoux de Mère)
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Pour que Mère dise de telles choses et soient si émue, c'est qu'il y a VRAIMENT quelque chose de TRÈS PARTICULIER dans ce livre.
Diksha termine par plusieurs citations de Savitri.
Livre 10 – Le Livre du double demi-jour
Chant 3 – Le Débat de l’Amour et de la Mort
La vie appelle l’Immortel à naître,
Le corps à incarner l’Illimitable. (…)
“Ô Mort, toi aussi est Dieu, et pourtant pas Lui,
Mais seulement sa propre ombre noire sur son chemin
Lorsque, quittant la Nuit, il prend le Chemin qui monte
Et traîne avec lui la Force collante de l’inconscient.
Tu es la tête noire de Dieu inconscient,
Tu es le signe impénitent de son Ignorance,
Tu es l’enfant naturel de ses vastes entrailles ténébreuses.
De son immortalité, la sinistre barrière.
Tous les contraires sont des aspects de la face de Dieu. (…)
Ô Mort, si tu pouvais toucher la Vérité suprême
Tu deviendrais soudainement sage et cesserais d’être.
Si nos âmes pouvaient voir et aimer et embrasser la Vérité de Dieu,
Son infinie radiance saisirait nos cœurs,
Notre être serait recréé à l’image de Dieu
Et la vie terrestre deviendrait la vie divine.”
(Diksha : Et la Mort répond :)
Ô prétendant humain à l’immortalité,
Révèle ton pouvoir, mets à nu la force de ton esprit,
Alors je te rendrai Satyavane.
Ou bien, si la Puissante Mère est avec toi,
Montre-moi sa face pour que je puisse l’adorer ;
Laisse les yeux immortels regarder dans les yeux de la Mort,
Une impérissable Force touchant les choses brutes
Transformer la mort de la terre en vie immortelle. (…)
Et Savitri a regardé la Mort et ne répondit pas. (…)
Une puissante transformation est venue sur Savitri. (…)
Dans un moment d’apocalypse de feu
L’Incarnation retirait son voile. (…)
Ainsi changée, Savitri attendait que le Mot parle.
L’Éternité regardait dans les yeux de la Mort,
Et les Ténèbres ont vu la Réalité vivante de Dieu.
Alors une Voix se fit entendre qui semblait le moi de l’immuable… (…)
“Je te salue toute-puissante et victorieuse Mort,
Toi, grandiose Ténèbre de l’Infini. (…)
Tu es mon ombre et mon instrument.
Je t’ai donné ta terrible forme d’épouvante
Et ton glaive tranchant de terreur et de chagrin et de douleur
Pour forcer l’âme de l’homme à lutter pour la lumière
Dans la brièveté de ses jours semi-conscients.
Tu es l’aiguillon de la grandeur de ses œuvres,
Le fouet de son aspiration à la félicité éternelle,
Son poignant besoin d’immortalité. (…)
La Voix a parlé, la mort sceptique résistait encore,
Elle savait mais refusait encore de savoir,
Elle voyait mais refusait encore de voir.
Inébranlable, elle restait à réclamer son droit.
Son esprit s’inclinait ; sa volonté obéissait à la loi
De sa propre nature, fatale même pour les Dieux. (…)
Finalement il savait l’inévitable défaite
Et il a laissé crouler la forme qu’il avait portée,
Abandonnant l’espoir de faire sa proie de l’âme de l’homme
Et de forcer l’esprit immortel à être mortel.
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Livre 11 – Le Livre du Jour éternel
Chant 1 – Le Jour Éternel: le Choix de l’Âme et l’Accomplissement Suprême
Celui-là même que l’âme de Savitri avait affronté comme la Mort et la Nuit
Toute la douceur s’était rassemblée dans ces membres
Et éblouissait son cœur par la beauté des soleils.
La formidable forme était transfigurée. (…)
Une secrète splendeur s’est levée et révélée aux yeux
Là où jadis le vaste Vide incarné se tenait, immense.
La Nuit, ce sombre masque était devenu une face merveilleuse....
(À cet endroit, Diksha explique que nous arrivons au cœur de Savitri avec la révélation finale de notre avenir divin annoncé par la voix du Suprême :)
L’éternel supramental touchera le Temps terrestre.
Le [surhomme] s’éveillera dans l’homme mortel (…)
Une espèce plus puissante habitera le monde des mortels.
Sur les sommets lumineux de la Nature, sur la base de l’Esprit,
Le [surhomme] régnera comme roi de la vie,
Fera de la terre presque la compagne et l’égale des cieux
Et conduira la terre ignorante de l’homme vers Dieu et la vérité
Et soulèvera sa mortalité vers la divinité. (…)
Les sommets de la vie flamberont des pensées de l’Immortel, (…)
Une Puissance qui voit gouvernera la vie et les actes,
Allumera dans les cœurs terrestres le feu de l’Immortel. (…)
L’Homme oubliera de consentir à la mortalité (…)
Il y aura même un haut couronnement de tout,
La fin de la Mort, la mort de l’Ignorance. (…)
Les esclaves enchaînés à la mortalité lâcheront leurs chaînes,
De simples hommes deviendront des êtres spirituels
Et verront tout éveillés la divinité muette. (…)
Ces sens deviendront capables d’un sens céleste,
La chair et les nerfs capables d’une étrange joie éthérée
Et les corps mortels capables de l’immortalité.
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À ce moment-là dans la vidéo, un silence solennel est tombé...