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Entretien de Mère du 12 mars 1951

Le fait est que l’une des deux principales occupations de l’homme est d’essayer d’oublier ce qui lui est pénible, et l’autre, d’essayer de se distraire pour échapper à l’ennui. Ce sont les deux principales occupations de l’humanité, c’est-à-dire que l’humanité passe la moitié de son temps à ne rien faire de vrai.

Et quand les gens s’ennuient (certains ne sont pas dans la nécessité absolue de s’occuper, ou ils ont le malheur d’être riches), ils font des bêtises ! L’origine de tous les débordements, de toutes les stupidités humaines est l’ennui, ce que l’on appelle en anglais «   dullness   », cet état où l’on est comme un chiffon mouillé   : on ne réagit plus à rien et on est obligé de se fouetter (au figuré) pour se faire bouger et marcher.

Dans l’économie de la Nature, des moments de répit sont donnés pour que les hommes se retrouvent eux-mêmes, mais ils ne savent pas s’en servir.

🌸

En revoyant la fin de cet Entretien, Mère a fait la réflexion suivante (le 10 mars 1965)   :

Je dirais beaucoup de choses maintenant...

Ainsi, lorsque le Seigneur s’approche le plus près des hommes pour établir un rapport conscient avec eux, dans leur folie, c’est à ce moment-là qu’ils font les plus grosses bêtises.

C’est vrai, c’est tout à fait vrai, c’est au moment où tout se tait pour que l’homme devienne conscient de son Origine, que, dans sa folie, pour se distraire, l’homme conçoit ou exécute les pires stupidités.

Pour se distraire, parce qu’il ne peut pas supporter la force de la Lumière ?

Oui.

La pression est trop forte.

Oui, il y en a qui ont peur, ils s’affolent. Ils ne peuvent pas le supporter, alors ils font n’importe quoi pour se sortir de là.

🌸

[L'un des intérêts des œuvres de Sri Aurobindo et de Mère est aussi de pointer ce qui ne tourne par rond dans la nature humaine, et ainsi, de pouvoir essayer de nous corriger.

Ce que nous dit Mère ici m'a rappelé ces autres passages.]

🌸

Agenda du 8 août 1958

C’est drôle que ce que l’on a compris dans sa conscience... le problème se repose dans les cellules du corps.

Dans les cellules, il y a les deux choses. Le corps est convaincu de la Présence divine, partout, que tout est le Divin – il vit là-dedans – , et en même temps il se rétracte à certains contacts ! J’ai vu cela ce matin, les deux en même temps, et j’ai dit : «Seigneur, je ne sais rien du tout !»

Ici (geste au-dessus de la tête), tout est résolu, je pourrais vous écrire des livres comment on résout ceci ou cela, comment on fait la synthèse, etc., mais là (corps)... Cette synthèse, je la vis cahin-caha, les deux coexistent, mais ce n’est pas ça, n’est-ce pas (geste, mains unies vers le haut).

(silence)

Les problèmes qui se posent ! Est-ce que, par exemple, la Force supramentale dans les cellules, la réalisation supramentale, quand il y a la peste ou le choléra, est-ce que cela pourrait remettre en ordre le désordre qui permet l’épidémie? Je ne veux pas parler d’un individu – individuellement on peut, si on est dans une certaine conscience, n’être pas touché – , je ne parle pas de cela, je parle impersonnellement, pourrait-on dire.

On ne sait rien. On croit savoir, mais dès qu’il s’agit de ça (corps) on ne sait rien. Dès que l’on est dans le physique subtil, alors on sait tout, on vit dans la béatitude, mais là, on ne sait rien, rien, absolument rien.

Il n'est pas possible de dire avec précision ce que sera la résistance dans les parties supérieures du vital, quelle forme elle prendra, car ces formes peuvent être différentes selon les caractères. Il est tout à fait normal qu'une résistance à la descente de la conscience supérieure se manifeste presque à chaque point ; car chacune des différentes parties de la nature actuelle est plus ou moins attachée à sa manière particulière et établie de voir, d'agir, de sentir, de réagir aux choses, aux mouvements habituels et aux formations coutumières de son propre domaine, que chaque individu s'est fabriquée dans le passé ou dans sa vie actuelle.

Ce qui est nécessaire, c'est une plasticité générale de la conscience mentale, vitale, physique, une promptitude à abandonner tout attachement à ces choses, à accepter tout ce que la conscience supérieure fait descendre avec elle, si contraire que ce soit aux idées reçues, aux sentiments acquis, aux habitudes du caractère de chacun. Plus la plasticité sera grande dans une partie quelconque de la nature et moindre sera la résistance.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

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Pour être capable de recevoir le Pouvoir divin et de le laisser agir à travers vous sur la vie extérieure, trois conditions sont nécessaires :

1. Le calme, l'égalité : ne pas vous laisser troubler, quoi qu'il arrive, garder un mental immobile et ferme qui observe le jeu des forces, mais reste lui-même tranquille.

2. Une foi absolue : la foi que c'est le meilleur qui arrivera, mais aussi que si vous pouvez devenir un vrai instrument, le fruit sera celui que votre volonté, guidée par la Lumière divine, voit comme la chose qui doit être, kartavyam karma.

3. La réceptivité : la capacité de recevoir la Force divine et de sentir sa présence et la présence de la Mère en elle, et de la laisser faire son œuvre en guidant votre vision, votre volonté et votre action. Si ce pouvoir et cette présence peuvent être perçus et que cette plasticité devienne l'habitude de la conscience en action – mais une plasticité à la seule Force divine, sans admettre aucun élément étranger – le résultat final est sûr.*

* Sri Aurobindo – Les Bases du Yoga, chapitre I. Traduction de la Mère.

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Agenda du 21 juillet 1958

Les êtres humains ne savent pas garder l’énergie. Quand il arrive quelque chose, un accident ou une maladie, on demande de l’aide : on met double, triple dose d’énergie. Il se trouve qu’ils sont réceptifs, ils la reçoivent. Cette énergie est donnée pour deux raisons : rétablir le désordre causé par l’accident ou la maladie, et donner une puissance de transformation pour réparer, pour changer ce qui a été la cause véritable de la maladie ou de l’accident.

Au lieu d’utiliser l’énergie comme cela, immédiatement, immédiatement, ils jettent cela au-dehors. Ils se mettent à bouger, ils se mettent à agir, ils se mettent à travailler, ils se mettent à parler, ils se mettent... Ils se sentent pleins d’énergie et ils jettent tout dehors ! Ils ne peuvent rien garder.

Alors naturellement, comme l’énergie n’était pas faite pour être gaspillée comme cela mais pour un usage intérieur, ils tombent tout à fait à plat.

Et cela, c’est universel.

Ils ne savent pas, ils ne savent pas faire ce mouvement-là : rentrer à l’intérieur, utiliser l’énergie (non la garder, cela ne se garde pas), l’utiliser pour réparer le dommage fait au corps et pour aller profondément trouver la raison de cet accident ou de cette maladie, et là, changer cela dans une aspiration, une transformation intérieure.

Au lieu de cela, tout de suite : bavarder, bouger, agir, faire ceci, faire cela !

Au fond, l’immense majorité des êtres humains ne se sent vivre que quand elle gaspille l’énergie, autrement cela ne lui paraît pas être la vie.

Ne pas gaspiller l’énergie, c’est l’utiliser aux fins pour lesquelles elle a été donnée.

Si l’énergie est donnée pour la transformation, la sublimation de l’être, il faut l’utiliser pour cela ; si l’énergie est donnée pour rétablir quelque chose qui est désorganisé dans le corps, il faut l’utiliser pour cela.

Naturellement, si un travail spécial est donné à quelqu’un et si l’on donne l’énergie pour faire ce travail, c’est très bien, elle est utilisée à ses fins, mais c’est donné pour cela.

Tout de suite, dès que l’homme se sent énergique, il se précipite dans l’action. Ou alors, ceux qui n’ont pas le sens de quelque chose d’utile bavardent. Et pire encore, ceux qui n’ont aucun contrôle sur eux-mêmes deviennent intolérants et se mettent à se disputer ! Si quelqu’un contredit leur volonté, ils se sentent pleins d’énergie et ils prennent cela pour de la «sainte colère»!

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