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Agenda du 27 juillet 1968

L'Imprimerie demande quelques textes pour remplir des blancs dans le prochain Bulletin.

Prends Sri Aurobindo, pas de moi ! Tout Sri Aurobindo.

(le disciple propose le texte suivant)

«Le Surmental est obligé de respecter la liberté de l’individu...

Oh ! ça, c'est une révélation! je ne savais pas cela.

«...y compris sa liberté d'être pervers, stupide, récalcitrant et épais.

Le Supramental n'est pas simplement un degré plus haut que le Surmental : il est de l’autre côté de la ligne, c'est une conscience et un pouvoir différents, au-delà de la limite mentale.»

(puis vient une question :)

«Voulez-vous dire que le Supramental n'aura aucun respect pour les personnes ?»

(Sri Aurobindo répond : )

«Mais bien sûr ! c'est ce que je veux dire. Il respectera seulement la Vérité du Divin et la Vérité des choses.»

(18.9.1935)

Oh ! c'est très intéressant. C'est admirable, mets cela !

Puis il y a un autre texte, mais je ne sais pas...:

«La civilisation scientifique, rationaliste, industrielle, pseudo-démocratique d'Occident est maintenant en voie de dissolution, et ce serait une folle absurdité pour nous, en ce moment, de construire aveuglément sur ces fondations croulantes. Quand les esprits les plus avancés d'Occident commencent, en ce crépuscule rouge de l’Ouest, à se tourner vers le génie de l’Asie dans l’espoir d'une civilisation nouvelle plus spirituelle, il serait étrange que nous ne trouvions rien de mieux que de rejeter notre propre individualité et ses potentialités pour mettre notre confiance en le passé moribond et déliquescent de l’Europe.»

Novembre 1920

SABCL, volume, 17, pp. 194-196

🌸

Dans les milieux spirituels, il est parfois question de la conscience christique ou de la conscience bouddhique et ce sont évidemment de très hauts niveaux de conscience – mais que ce soit au temps du Bouddha ou au temps du Christ, le mensonge a continué à exister.

Ce que nous explique Sri Aurobindo ici, c'est que Supramental est une toute autre conscience qui ne respectera QUE la vérité du divin ET la vérité des choses. Si nous méditions cela, nous découvrirons par nous-mêmes que cela implique certaines conséquences.

Voilà pour les adeptes de la pensée facile pour qui tout est pareil : non ! tous les enseignements spirituels ne disent pas tous la même chose. Non ! le corps glorieux dans les mondes subtils, la réalisation divine... n'est pas la transformation. Non ! le Supramental n'est pas la conscience spirituelle... 

La Mère a confirmé la chose à plusieurs reprises, par exemple le 27 janvier 1971 en rappelant cette citation...

Le pouvoir qui est à l’œuvre dans ce yoga est d’un caractère complet et minutieux et ne tolère finalement rien, grand ou petit, qui fasse obstacle à la Vérité et à sa réalisation.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

Agenda du 12 novembre 1964

Qu'est-ce qu'il y a de nouveau ?

C'est toi qui devais trouver quelque chose. Tu avais dit que tu chercherais la cause de ces sortes d'évanouissements ?

Il y a quelque chose d'intéressant (pas les évanouissements !). Tu sais que Z a commencé un yoga dans le corps (je ne lui ai rien demandé, elle l'a fait spontanément), et elle m'a écrit ses premières expériences, et il y avait des constatations tout à fait similaires à celles que j'avais faites et d'une exactitude qui m'a intéressée – je l'ai encouragée. Elle continue. Je n'ai pas le temps de lire ses lettres : elles sont là et s'accumulent. Mais ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est que hier, on m'a lu une lettre écrite par un écrivain anglais (une femme) : elle a un petit groupe là-bas, ils méditent ensemble, et ils avaient une espèce de gourou indien (je ne sais qui), qui leur apprenait à méditer.

Puis ils ont rencontré les écrits de Sri Aurobindo et ils ont commencé à étudier et à suivre ses indications en tâchant de comprendre, et voilà que (il y a de cela à peu près un an), dans leur méditation, au lieu de faire l'effort d'ascension pour éveiller la Koundalini et s'élever vers les hauteurs, tout d'un coup la Force – le Pouvoir, la Shakti – a commencé à descendre de haut en bas.

Ils ont prévenu leur gourou, qui leur a dit : «Très mauvais ! Très dangereux, arrêtez ça, il va vous arriver des choses épouvantables !» Il y a de cela à peu près un an. Ils n'étaient pas très sûrs que le Monsieur avait raison et ils ont continué, et ils ont eu de très bons résultats. Et alors, hier, cette femme a écrit en notant en détail leurs expériences – presque les mêmes mots que Z ! Ça commence à être intéressant. Parce que cela représente une impersonnalisation de l'Action, c'est-à-dire qu'elle ne se traduit pas subjectivement suivant chaque individu : elle a une façon d'agir.

J'ai été très contente, je lui ai écrit un mot pour la féliciter.

Et je m'aperçois par des lettres que je reçois, par des réflexions que l'on me fait, que vraiment l'Action se généralise sur toute la terre, et avec des effets analogues (une petite coloration suivant les individus, mais ce n'est rien), des effets analogues. Et c'est toute une discipline, une sâdhanâ du corps – pas mentale : du corps. Alors c'est concret.

(silence)

Il y a ce phénomène : dès que l'organisme physique, avec sa cristallisation et ses habitudes, est mis en présence d'une expérience nouvelle sans être prévenu soigneusement à l'avance : «Maintenant, fais attention, c'est une expérience nouvelle»! – il a peur. Il a peur, s'affole, s'inquiète. Ça dépend des gens, mais, au minimum, chez les plus courageux et ceux qui ont le plus confiance, ça crée un malaise – ça commence par une petite douleur ou par un petit malaise. Il y en a qui, immédiatement, ont peur ; alors tout est fini : l'expérience s'arrête, c'est à recommencer ; il y en a (comme ces Anglais dont je parlais ou comme Z) qui tiennent le coup et observent, attendent, et alors lentement les effets «déplaisants», pourrait-on dire, s'atténuent, s'arrêtent et se transforment en quelque chose d'autre, et l'expérience commence à prendre sa valeur ou sa couleur propre.

Ces sortes de vertiges dont je t'avais parlé l'autre jour, j'ai observé (ça a continué toute la journée), et j'ai vu (vu avec la vision interne) : c'est comme le parcours – quelquefois aussi rapide qu'un éclair, quelquefois lent et très pondéré – d'une force qui part d'un point pour atteindre un autre. Cette force suit un itinéraire précis, qui n'est pas toujours le même et qui semble inclure certaines cellules sur son chemin : point de départ et point d'arrivée (Mère dessine une courbe). Si l'on n'est pas sur ses gardes, que l'on est pris par surprise, durant le trajet (plus ou moins long) on a la même sensation («on», c'est le corps), la même sensation qu'avant l'évanouissement : c'est le phénomène qui précède l'évanouissement. Mais si l'on est attentif, que l'on reste tranquille et que l'on regarde, on voit que ça part d'un point, ça arrive à un autre point, et puis c'est fini – ce que cette force devait faire a été fait, et il n'y a aucune conséquence apparente dans le reste du corps.

J'ai mentionné (pas avec autant de détails) le fait au docteur, et pas dans l'espoir qu'il saurait mais parce que (c'est amusant), quand je lui parle, il essaye de comprendre, n'est-ce pas, alors il y a le miroir de sa connaissance mentale, et dans ce miroir, je trouve quelquefois la clef ! (riant) tu comprends, la clef scientifique de ce qui se passe.

En effet, c'est après lui avoir parlé (j'en avais parlé comme d'une espèce d'étourdissement) que j'ai pu percevoir d'une façon précise ces «itinéraires». Je me suis demandé si ce n'était pas la projection, sur un écran grossissant, de phénomènes qui se passent entre différentes cellules du cerveau ? parce que ces sortes d'étourdissements suivent toujours (aujourd'hui il n'y a rien du tout), ils suivent toujours un moment ou une journée d'intense aspiration à la transformation du cerveau. C'est peut-être cela...

[Curieusement, un ami m'a envoyé il y a quelques jours cette illustration des différentes zones du cerveau en fonction des différents avatars de la pensée indienne. Mais c'est un autre sujet... sur lequel nous reviendront quand le moment sera venu. Reprenons la suite de cet Agenda :]

Tu sais, il y a des accrochages là-dedans, entre toutes ces cellules du cerveau, et si ces «accrochages» sont dérangés, généralement les gens deviennent loufoques ; et cela m'a fait l'effet d'une projection grossissante afin que je puisse suivre les connexions établies entre certaines cellules du cerveau, pour que le fonctionnement ne soit plus le fonctionnement automatique semi-conscient de l'ancien état et que le cerveau devienne vraiment l'instrument de la Force supérieure. Parce que la formule de mon aspiration est toujours : «Seigneur, prends possession de ce cerveau», et c'est toujours après cette intense aspiration que ces sortes de phénomènes se produisent. Alors c'est pour que le cerveau se prépare à être l'expression directe de la Force supérieure.

Voilà ce que j'ai appris ces jours-ci.

J'ai aussi noté quelque chose, une expérience de ce matin. Ça a duré une demi-heure, et pendant cette demi-heure... (Mère cherche ses notes parmi une série de petits bouts de papier)...

Tu sais que les gens qui ont une révélation, tout d'un coup leur état de conscience change, et à ce moment-là, ils ont l'impression que tout est changé ; puis, le moment d'après, ou plus ou moins longtemps après, ils s'aperçoivent que tout le travail... (comment dire ?) d'élaboration est à faire ; que c'était seulement comme un éclair de plus ou moins longue durée et qu'il faut le work it out, il faut que ça s'élabore par un processus de transformation. C'est l'idée habituelle.

Et tout d'un coup, j'ai vu : ce n'est pas cela du tout !

Quand ils ont l'expérience, au moment de l'expérience, c'est la chose elle-même, la perfection elle-même qui est atteinte, et ils sont dans un état de perfection, et c'est parce qu'ils en sortent qu'ils ont l'impression qu'il faut lentement se préparer pour arriver au résultat...

Je ne sais pas si je m'exprime bien, mais ma notation était ainsi : la perfection est là, toujours, coexistante avec l'imperfection – perfection et imperfection sont coexistantes, toujours, et non seulement simultanées mais au même endroit (Mère colle ses deux mains l'une contre l'autre), je ne sais pas comment dire – coexistantes.

Ce qui veut dire qu'à n'importe quelle seconde et dans n'importe quelles conditions, vous pouvez atteindre à la perfection : ce n'est pas quelque chose qu'il faut acquérir petit à petit par des progrès successifs ; la perfection est là, et c'est vous qui changez d'état, de l'état d'imperfection à l'état de perfection ; et c'est la capacité de rester dans cet état de perfection qui croît pour une raison quelconque et qui vous donne l'impression que vous devez vous «préparer» ou vous «transformer».

C'était très réel et très concret.

(Mère donne le texte de sa note :)

«La perfection est là, coexistante avec l'imperfection, et peut être atteinte à tout moment.»

Oui, ce n'est pas quelque chose qui devient : la perfection est un état absolu que l'on peut atteindre à n'importe quel moment. En anglais, j'ai mis comme cela :

The perfection is there coexistent with the imperfection and attainable at each and any moment

Et alors, la conclusion est très intéressante

(Mère cherche un autre petit bout de papier)...

N'est-ce pas, je t'ai dit que pour la conscience du corps, le problème qui reste difficile à résoudre, c'est cette notion (pour moi, c'est devenu seulement une notion, ce n'est pas une vérité) de la préexistence de toute chose : de l'état dans lequel tout EST, même dans son déroulement... Tu comprends, ce serait comme si tous les POINTS du déroulement étaient préexistants.

J'ai été sur le seuil d'une compréhension (d'une «compréhension» : je ne parle pas d'une compréhension mentale, je parle de l'expérience du fait). L'expérience du fait, c'est l'expérience de la coexistence de l'état statique et de l'état de développement – de l'état statique éternel et de l'état de déroulement éternel (indéfini plutôt, pour ne pas employer le même mot). Et alors, à ce moment-là, il y a eu la vision

(Mère tend une note):

«Quand la vérité se manifeste, la vibration mensongère disparaît...

Disparaît, elle est ANNULÉE (c'est «annulé», le mot).

«... comme si elle n'avait jamais existé, devant la vibration de vérité qui la remplace. C'est la base réelle de la théorie de l'Illusion.»

Oui, j'ai tout d'un coup compris ce qu'ils voulaient vraiment dire quand ils ont dit que le monde physique tel qu'il est, est illusoire.

On ne peut dire que c'est illusoire que si ça n'a pas d'existence durable, n'est-ce pas. Et cette expérience-là – que j'ai vue, sentie, vécue –, c'est que la vibration de vérité littéralement ANNULE la vibration de mensonge, qui n'existe pas – elle n'existait qu'illusoirement pour la conscience mensongère que nous avons.

Je ne sais pas si je me fais comprendre, mais c'est très intéressant.

Ce n'est pas le monde qui est illusoire, c'est la perception...

C'est la perception du monde qui est illusoire – la perception du monde, la perception que nous en avons qui est illusoire. Le monde a une existence concrète, réelle, dans ce que l'on peut appeler la Conscience de l'Éternel. Mais nous, la conscience humaine a une perception illusoire de ce monde.

Et au moment où la Vibration de Vérité triomphe, on voit, on a le sens de la réalité vraie du monde ; et justement, immédiatement cette perception illusoire disparaît : elle est annulée.

Ce qui fait que leur façon de dire ou de penser ou de comprendre que «tout ce qui est existe de toute éternité» n'est pas... ce n'est pas «tout ce qui est» tel qu'ils le voient et le conçoivent, ce n'est même pas le principe de tout ce qui est, c'est... c'est la Vérité UNE qui est éternelle, et le déroulement... C'est difficile à dire... Le déroulement suit une loi et un processus qui sont tout différents de ce que nous concevons ou de ce que nous percevons.

C'est encore la même chose : la Vérité est là, le Mensonge est là (Mère colle ses deux mains l'une contre l'autre); la perfection est là, l'imperfection est là (même geste); c'est tout à fait coexistant, au même endroit – de la minute où vous percevez la perfection, l'imperfection disparaît, l'Illusion disparaît.

Seulement, je ne parle pas ici d'une conception mentale de quelque chose qui est un état vague et général : il s'agit de cet état de vibration infinitésimale (qu'ils ont découvert quand ils ont cherché la constitution de la Matière : c'est à cela qu'ils essayent de réduire la Matière), c'est cet état de vibration, c'est LÀ, c'est dans cet état de vibration que, pour le monde concret, l'imperfection doit être remplacée par la perfection. Tu comprends ce que je dis ? Ou ça n'a pas de sens ?

Je ne vois pas. Tu veux dire que c'est à ce stade-là, à ce niveau-là que...

Oui, c'est à ce niveau-là qu'il faut que ça change. Au niveau mental ou même vital, c'est une question psychologique et ce n'est rien, ce n'est pas vraiment LA CHOSE (c'est la chose traduite dans une conscience HUMAINE). Parce que l'autre jour...

L'autre jour, tout d'un coup, je suis sortie de l'humanité. Ma conscience est tout à fait sortie de la conscience humaine. Et alors je me suis dit : «Mais... tout ce que l'on dit, tout ce que l'on sait, tout ce que l'on a essayé, toute cette soi-disant connaissance qui s'est accumulée sur la terre, ce n'est rien ! c'est quelque chose qui appartient seulement à l'HOMME – vous supprimez l'homme... et puis tout existe ! et toutes les explications que l'homme en a donné, c'est comme zéro.» C'est cela : ça existe.

J'ai eu l'expérience de l'univers en dehors de la perception humaine de cette expérience ; et alors la vanité de cette expérience humaine était tellement évidente, n'est-ce pas ! que c'est là qu'une porte a commencé à s'ouvrir sur quelque chose d'autre.

Tout cela, c'est peut-être le Seigneur qui prend possession du cerveau ?

C'est difficile à expliquer, mais c'était extraordinaire comme expérience. N'est-ce pas, on existe dans une formation1, qui était la formation humaine – humaine –, tout le savoir humain... Parce que je commençais à chercher ce que nous savons de la vie humaine et de la vie terrestre : c'est pour ainsi dire rien du tout, c'est une toute petite chose (Sri Aurobindo a écrit quelque part qu'il y avait des milliards d'années avant2).

1. «Formation» au sens de «bocal», c'est-à-dire «milieu» dans lequel on vit.

2. Peut-être s'agit-il du passage suivant de The Hour of God [«L'Heure de Dieu»]: «L'expérience de la vie humaine sur une terre ne se joue pas pour la première fois maintenant. Elle a eu lieu des millions de fois avant, et le long drame se répétera des millions de fois encore. Dans tout ce que nous faisons maintenant, tous nos rêves, toutes nos découvertes, nos accomplissements rapides ou difficiles, nous profitons subconsciemment de l'expérience d'innombrables précurseurs, et notre labeur fécondera des planètes inconnues de nous et des mondes pas encore nés...» (p. 105)

Donc, ce que nous savons est pratiquement zéro. Bon. Alors sortir de ça ; et cela m'a amenée tout naturellement à sortir de l'humanité : sortir de la terre, de l'univers ; de la terre qui a été le produit de tout ce que nous savons (en tout cas nous l'expliquons, ce qui s'est passé, ce qui était là). Et alors tout d'un coup, oui, la futilité, la vanité de cette connaissance est apparue très clairement, et il y a eu comme un éclair de quelque chose d’autre.

(Mère entre dans cet éclair et reste en contemplation.)

🌸

La pensée ordinaire nous dit... la perfection n'est pas de ce monde. Mais Sri Aurobindo et Mère ne se contente jamais ne notre imperfection, et toujours ils ont cherché les vrais remèdes aux nombreux maux dont l'humanité est affligée.  Mère nous explique ici, et ailleurs, qu'une perfection est possible, accessible. À nous de trouver le chemin... si nous le souhaitons, ce qui n'est pas si sûr. 

Tout changerait si seulement l’homme consentait à être spiritualisé. Mais sa nature mentale, vitale et physique se révolte contre la loi supérieure. Il aime son imperfection.

L’Esprit est la vérité de notre être. Dans leur imperfection, le mental, la vie et le corps sont ses masques ; mais dans leur perfection, ils seraient ses formes. Être spirituel ne suffit pas ; cela prépare un certain nombre d’âmes au ciel, mais laisse la terre exactement où elle est. Un compromis n’est pas non plus le chemin du salut.

Sri Aurobindo – Aperçus et Pensées

Si le Supramental est une conscience qui dépasse tous les plans de conscience spirituelle traditionnels, s'il est un principe de vérité qui ne respecte que la vérité, nous comprenons mieux la période de révélations que nous traversons :

  • tous les mensonges et toutes les vérités : ça tout sort de tous les côtés…

  • tout ce qui est irrévocablement lié au Forces de Mensonge, ce qui refuse de changer de conscience, d'évoluer… sera irrémédiablement détruit. La Mère a évoqué le fait, mais bien avant elle, les prophètes aussi en ont parlé sous la forme d’un Jugement dernier…

  • nous sommes tous tellement et intimement liés avec le Mensonge, que si la Conscience supramentale, la Conscience de Vérité intervenait trop vite et trop fort, il ne resterait rien sur terre. C’est la raison pour laquelle, la Mère a expliqué que l’infiltration de la conscience terrestre par la conscience supramentale se faisait de façon progressive, constante mais au niveau infinitésimal. Par ailleurs, Sri Aurobindo et Mère ont parlé d’un processus de transformation qui s’étendrait sur plusieurs siècles, avec des étapes intermédiaires. En ce sens nous pouvons être déterminés dans notre volonté de changer, mais sereins, sans nous mettre de pression inutile.

  • nous comprenons enfin que nous n'avons pas vraiment le choix : il nous faut nous transformer ; il nous faut trouver le moyen de passer de notre conscience humaine actuelle, ignorante et mensongère, à une conscience spirituelle, plus évoluée et plus vraie. Tout notre travail est là.

Terminons notre article avec un autres extrait des œuvres de Mère qui me semble avoir un certain lien avec notre actualité  disons qu'il peut donner du sens à l'Épreuve que nous traversons actuellement.

Entretien de Mère du 23 avril 1951

Sri Aurobindo écrit ici   : «   Rares sont les Êtres de Lumière qui consentent ou qui sont autorisés à intervenir.   » Pourquoi ?

Il faut aller le leur demander ! Mais il y a une conclusion, les dernières phrases donnent une explication très claire. Il est dit   : «   En vérité, l’immortalité est-elle un jouet que l’on donne légèrement à un enfant, la vie divine, un prix reçu sans effort, une couronne pour l’homme débile ?   »...

Cela revient à demander pourquoi les forces adverses ont le droit d’intervenir, de vous harceler ? Mais c’est justement l’épreuve nécessaire à votre sincérité.

Si le chemin était très facile, tout le monde s’embarquerait sur le chemin, et si l’on arrivait au bout sans obstacle et sans effort, tout le monde arriverait au bout, et quand on serait arrivé au bout, la situation serait la même que quand on est parti, il n’y aurait pas de changement. C’est-à-dire que le nouveau monde serait exactement ce qu’a été l’ancien. Ce n’est vraiment pas la peine !

Il faut évidemment un procédé d’élimination pour qu’il reste seulement ce qui est capable de manifester la vie nouvelle.

C’est pour cela, il n’y a pas d’autre raison, c’est la meilleure des raisons.

Et, n’est-ce pas, c’est une trempe, c’est l’épreuve du feu, il n’y a que ce qui peut résister qui reste absolument pur ; quand tout est flambé, il n’y a que le petit lingot d’or pur qui reste. Et c’est comme cela.

Ce qui dérange beaucoup dans tout cela, ce sont les idées religieuses de faute, de péché, de rachat. Mais il n’y a aucune décision arbitraire ! C’est au contraire, pour chacun, les conditions les meilleures et les plus favorables qui sont données.

Nous disions l’autre jour que ce sont seulement ses amis que Dieu traite avec sévérité ; vous avez cru à une plaisanterie, mais c’est la vérité.

Ce sont seulement ceux qui sont pleins d’espoir, ceux qui passeront à travers cette flamme purificatrice, à qui les conditions sont données pour arriver au maximum de résultat.

Et le mental humain est construit de telle manière que vous pouvez en faire la preuve ; quand quelque chose d’extrêmement désagréable vous arrive, vous pouvez vous dire   : «   Tiens, c’est la preuve que je vaux la peine de recevoir cette difficulté, c’est la preuve qu’il y a quelque chose en moi qui peut résister à la difficulté   », et vous vous apercevrez qu’au lieu de vous tourmenter, vous vous réjouissez — vous serez tellement content et tellement fort que même les choses les plus désagréables vous paraîtront tout à fait charmantes !

C’est une expérience très facile à faire. N’importe quelle circonstance, si votre mental est habitué à la regarder comme une chose favorable, ne vous sera plus désagréable. C’est très connu, tant que la pensée se refuse à accepter une chose, qu’elle lutte contre elle, qu’elle essaye de l’empêcher, il y a des tourments, des difficultés, de l’orage, des luttes intérieures et toutes les souffrances. Mais de la minute où la pensée dit   : «   Bon, c’est ce qui doit arriver, c’est comme cela que ça doit arriver   », quoi qu’il arrive, vous êtes satisfait.

Il y a des êtres qui sont arrivés à un tel contrôle de leur mental sur leur corps qu’ils ne sentent rien ; je l’ai dit l’autre jour à propos de certains mystiques   : s’ils pensent que la souffrance qu’on leur impose va leur faire franchir les étapes en un moment et leur donner une sorte de marche-pied pour atteindre la Réalisation, le but qu’ils se sont donné, l’union avec le Divin, ils ne sentent plus la souffrance, du tout. Leur corps est comme galvanisé par la conception mentale. C’est arrivé très souvent, c’est une expérience très courante parmi ceux qui ont vraiment de l’enthousiasme.

Et après tout, s’il est nécessaire pour une raison quelconque de quitter son corps et d’en avoir d’autres, ne vaut-il pas mieux faire de sa mort une chose magnifique, joyeuse, enthousiaste, que d’en faire une défaite dégoûtante ?

Ces gens qui s’accrochent, qui essayent par tous les moyens possibles de retarder la fin d’une minute ou deux, qui vous donnent l’exemple d’une angoisse épouvantable, c’est qu’ils n’ont pas conscience de leur âme...

Après tout, c’est peut-être un moyen, n’est-ce pas ? On peut changer cet accident en un moyen ; si l’on est conscient, on peut en faire une belle chose, une très belle chose, comme de tout. Et notez, les gens qui n’en ont pas peur, qui ne la craignent pas, qui peuvent mourir sans sordidité, ce sont ceux qui n’y pensent jamais, qui ne sont pas tout le temps hantés par cette «   horreur   » qui est en face d’eux et à laquelle il faut échapper et qu’ils essayent de repousser aussi loin d’eux qu’ils peuvent. Ceux-là, quand l’occasion se présente, peuvent lever la tête, sourire et dire   : «   Me voilà.   »

Ce sont ceux qui ont la volonté de faire de leur vie le maximum de ce que l’on peut en faire, ce sont ceux qui disent   : «   Je resterai ici tant qu’il faudra, jusqu’à la dernière seconde, et je ne perdrai pas une minute pour réaliser mon but   », ceux-là, quand la nécessité vient, font la plus belle figure. Pourquoi ? C’est très simple   : parce qu’ils vivent dans leur idéal, dans la vérité de leur idéal, que c’est la chose réelle pour eux, c’est leur raison d’être, et en toutes choses ils peuvent voir cet idéal, cette raison d’être, et jamais ils ne descendent en bas dans la sordidité de la vie matérielle.

Alors, conclusion   :

Il ne faut jamais souhaiter la mort.

Il ne faut jamais vouloir mourir.

Il ne faut jamais avoir peur de mourir.

Et il faut en toute circonstance vouloir se surpasser soi-même.

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