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Une lettre de Sri Aurobindo très importante en ce sens qu'elle clarifie des notions spirituelles qui pourraient être facilement confondues : la réalisation et la transformation, l'ascension et la descente. En outre, elle présente de façon précise les caractéristiques spécifiques du yoga tracé par Sri Aurobindo.

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Je ne sais pas trop ce que vous voulez dire au sujet de la transformation vishnouïte ou celle de Ramakrishna, je ne peux donc pas en parler. Tout ce que je peux dire, c’est que par transformation, je n’entends pas un changement de la nature, par exemple la sainteté, la perfection éthique ou les siddhis yoguiques (comme celles des tantriques).

J’utilise le mot dans un sens particulier : un changement radical et complet de conscience d’un genre spécifique, conçu pour entraîner un pas en avant solide et assuré dans l’évolution spirituelle de la conscience, comparable et supérieur à ce qui s’est produit quand un être mentalisé est apparu la première fois dans un monde animal vital et matériel. S’il advient quelque chose de moindre, ou si du moins un vrai début n’est pas amorcé sur cette base, un progrès fondamental vers cela, alors mon but ne sera pas atteint. Une réalisation partielle ne répond pas à l’exigence que j’ai vis-à-vis de la vie et du yoga.

La lumière de réalisation n’est pas la même chose que la Descente. Je ne pense pas que la réalisation en elle-même transforme nécessairement quoi que ce soit : elle peut amener seulement une ouverture, une élévation ou un élargissement de la conscience afin de réaliser quelque chose la partie Purusha, mais sans le moindre changement radical du côté de la Prakriti.

On peu obtenir une lumière de réalisation au sommet spirituel de la conscience, mais les parties situées en dessous restent inchangées. J’ai observé de nombreux exemples de ce fait. Une descente de la lumière doit se produire non seulement dans le mental ou dans une de ses parties, mais dans tout l’être jusqu’au physique et en dessous, avant qu’une réelle transformation puisse avoir lieu.

Une lumière dans le mental peut très bien spiritualiser ou encore changer le mental en entier ou en partie d’une façon ou d’une autre, mais ne pas changer la nature vitale ; une lumière dans le vital peut très bien purifier et élargir les mouvements vitaux ou encore faire taire et immobiliser l’être vital, mais le corps et la conscience physique intouchés, ou même les rendre inertes et bousculer leur équilibre.

Et la descente de la lumière n’est pas suffisante, ce doit être une descente de toute la conscience supérieure, de sa Paix, son Pouvoir, sa Connaissance, son Amour et son Ananda. En outre, la descente peut suffire à libérer mais pas à perfectionner, ou être suffisante pour effectuer un grand changement dans l’être intérieur, tandis que l’être extérieur reste un instrument imparfait, maladroit, malade ou inexpressif.

Enfin, la transformation apportée par la sadhana ne peut être complète à moins qu’elle ne soit une supramentalisation de l’être. La « psychisation » ne suffit pas, ce n’est qu’un début ; la spiritualisation et la descente de la conscience supérieure ne suffisent pas, c’est seulement un moyen terme ; l’accomplissement ultime a besoin de l’action de la Conscience et de la Force supramentales. Quelque chose de moins que cela peut très bien être considéré comme suffisant pour l’individu, mais ne suffit pas pour que la conscience terrestre fasse le grand pas en avant définitif qu’elle doit effectuer à un moment ou à un autre.

Je n’ai jamais affirmé que mon yoga était entièrement nouveau dans tous ses éléments. Je l’ai appelé yoga intégral : cela signifie qu’il reprend l’essence de nombreux procédés des anciens yogas ; sa nouveauté réside dans son but, son point de vue et la globalité de sa méthode.

Aux premiers stades, que je décris dans des ouvrages tels que L’énigme de ce monde, Lumière sur le Yoga, Les bases du Yoga, il ne comporte rien qui le distingue des anciens yogas, sauf le but qui sous-tend sa portée, l’esprit dans ses mouvements et la signification ultime qu’il garde devant lui – ainsi sa conception de la psychologie et de son fonctionnement, mais comme cela n’a pas été et pouvait pas être développé de façon systématique ou schématique dans ces lettres, ceux qui ne le connaissent pas encore par une familiarité mentale ou une certaine pratique ne l’ont pas saisi.

Quant aux stades ultérieurs du yoga, qui pénètrent dans des régions peu connues ou vierges, je ne les ai pas rendus publics et j’ai pas l’intention de le faire maintenant.

(Je n'ai pas trouvé le PDF des Bases du yoga. Par contre, j'ai trouvé celui du Guide du Yoga, qui inclut les Bases du yoga.)

Je sais très bien aussi que des idéaux et des anticipations apparemment connexes ont existé – la perfectibilité e l’espèce, certaines sadhanas tantriques, l’effort de certaines écoles de yoga vers une siddhi physique complète, etc. J’ai moi-même fait allusion à ces tendances et j’ai émis l’avis que le passé spirituel de la race a été une préparation de la Nature, non seulement pour parvenir au Divin au-delà du monde, mais précisément pour le pas en avant que doit maintenant effectuer l’évolution de la conscience terrestre.

Je me moque donc éperdument – même si ces idéaux étaient loin d’êtres identiques aux miens – que ce yoga, ses objectifs et ses méthodes soient acceptés comme étant nouveaux ou non, cela en soi est insignifiant. Ce qui est important, c’est qu’il soit reconnu comme vrai en soi et se rende vrai par son accomplissement : peu importe qu’on dise qu’il est nouveau ou que c’est un recommencement ou une remise en vigueur d’un vieux yoga oublié.

Dans une lettre à certains sadhaks, j’ai insisté sur sa nouveauté pour leur expliquer qu’à mes yeux une répétition des anciens yogas ne suffisait pas, que je proposais quelque chose à atteindre qui n’avait jamais été accompli ni visualisé clairement, même si c’est le résultat recherché naturel, mais encore secret, de toutes les tentatives spirituelles passées.

*

Il est nouveau par rapport aux anciens yogas :

Parce qu’il ne vise pas une sortie du monde et de la vie pour entrer dans un Paradis ou un Nirvana, mais un changement de la vie et de l’existence, non comme quelque chose de secondaire ou de fortuit, mais comme un but distinct et central.

Dans d’autres yogas, si une descente a lieu, ce n’est qu’un incident sur le chemin ou le résultat de l’ascension, celle-ci étant la chose réelle. Ici, l’ascension est le premier pas, mais c’est un moyen pour la descente. C’est la descente de la conscience nouvelle obtenue par l’ascension qui est le cachet et le seau de la sadhana. Même le Tantra et le Vishnouïsme finissent dans la libération de la vie ; ici, l’objectif est son épanouissement.

Parce que ce qui est recherché n’est pas un accomplissement personnel de réalisation divine pour l’individu, mais quelque chose qui doit être acquis pour la conscience terrestre ici-bas, une réalisation cosmique et non supracosmique. Ce qu’on doit aussi obtenir est l’introduction d’un Pouvoir de Conscience (le Supramental) non encore organisé ou directement actif dans la nature terrestre, ni même dans la vie spirituelle, mais qu’on doit organiser et rendre directement actif.

Parce que pour parvenir à ce but, j’ai recommandé une méthode aussi totale et intégrale que l’objectif en vue, à savoir le changement complet et absolu de la conscience et de la nature, en reprenant les vieilles méthodes mais seulement comme des actions partielles et des aides momentanées pour d’autres méthodes, bien distinctes.

Je n’ai pas trouvé cette méthode (prise dans son ensemble) ni quoi que ce soit qui lui ressemble dans les anciens yogas. Si cela avait été le cas, je n’aurais pas perdu mon temps à tailler un chemin ni consacré trente années à la quête et à la création intérieure, alors que j’aurais pu atteindre mon but rapidement, en toute sécurité et au petit galop tranquille, sur des chemins déjà balisés, établis, parfaitement cartographiés, goudronnés, rendus sûrs et publics.

La Lumière n'est pas la connaissance, mais l'illumination qui vient d'en haut et libère l'être des ténèbres et de l'obscurité. Sri Aurobindo – La Mère

La Lumière est essentiellement une manifestation spirituelle de la Réalité divine illuminatrice et créatrice, et la lumière matérielle est sa représentation ou sa conversion ultérieure dans la matière pour les besoins de l'énergie matérielle. Sri Aurobindo – La vie divine. Livre 2.

L'incapacité de nos sens a inventé l'obscurité. En vérité, il n'y a que la Lumière, mais c'est un pouvoir de la lumière qui se situe ou bien au-dessus ou bien au-dessous du domaine limité de notre pauvre vision humaine. Ne croyez pas, en effet, que la lumière soit créée par les Soleils. Les Soleils ne sont que des concentrations physiques de la Lumière, mais la splendeur qu'ils concentrent pour nous existe en soi et se trouve partout. Dieu est partout et, où que soit Dieu, il y a la Lumière. Sri Aurobindo – L’Heure de Dieu

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