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Dans la foulée des articles précédents sur le Hymnes au Feu mystique, un ami m'a fait parvenir ce texte tiré du livre "L'interprétation psychologique du Véda selon Shri Aurobindo" de Jean Herbert dont la majorité des extraits du livre sont pris "Du secret du Véda" de Sri Aurobindo. Un grand merci à lui. 🙂 🙏

Agni

Les autres Dieux s’éveillent avec l’aurore, mais Agni est aussi éveillé dans la nuit. Il conserve sa vision divine même dans les ténèbres où ne brille ni lune ni étoile. La flamme de la volonté et de la connaissance divines reste visible même dans l’obscurité la plus dense des choses inconscientes ou semiconscientes. L’ouvrier infaillible s’y trouve même lorsque nous ne percevons nulle part la lumière consciente du guide mental.

Les rishis chantent également Agni comme l’enfant des sept Mères, car sa naissance complète résulte de la manifestation des sept principes qui constituent notre existence consciente : trois spirituels de l’infini, trois temporels du fini et un intermédiaire, qui sont respectivement les fondations des sept mondes. Il est dit parfois que ces sept Bien-aimées l’ont fait naître pour le Seigneur, et là le symbole semble ramener sa source à cet autre principe de pure Béatitude qui est la cause originelle de la Création.

Ces sept Mères sont les puissantes du Ciel, les eaux qui ont la connaissance, les eaux de Svar, les sept rivières du monde lumineux qui descend du Ciel lorsqu’Indra, le Mental-Dieu, a tué le Python qui nous enserre ; ces rivières descendent pleines de la lumière et de l’abondance célestes, informées de la clarté et de la douceur, le lait sucré et le beurre et le miel. Là Agni est né de ces vaches nourricières, de ces Mères d’Abondance ; c’est la plus grande de ses naissances terrestres. Nourri par elles, les rapides Juments de la Vie, il croît immédiatement en sa divine grandeur, remplit tous les plans de ses membres vastes et brillants et dans l’âme de l’homme forme leurs royaumes en l’image d’une divine Vérité.

Comme fils des eaux, Agni donne sa pleine forme, extension et pureté au monde intermédiaire, le plan vital ou dynamique. Il est Varuna lorsqu’il prend naissance. Il est la force divine dans les eaux de l’existence.

Les dix sœurs sont aussi ses mères, les dix doigts selon le scolaste, mais le Véda les décrit comme les dix pensées ou puissances de pensée (dasha dhiya).

Dans le monde physique, Agni est sans aucun doute le feu, mais au sens plus large, il est la lumière du soleil et de l’éclair, la flamme sacrificielle, le feu caché dans les aranis, les plantes, les eaux, le principe de la chaleur et de la lumière. Il est par excellence celui qui dévore et jouit. Il est aussi le purificateur ; lorsqu’il dévore et jouit, il purifie aussi. Il est le feu qui prépare et rend parfait ; il est aussi le feu qui assimile et la chaleur d’énergie qui forme. Il est la chaleur de la vie, il crée la sève, le rasa dans les choses, l’essence de leur être substantiel et l’essence de leur délectation.

Il est aussi la Volonté dans le prâna, la dynamique énergie de vie, et en cette énergie il remplit le même rôle. Dévorant et jouissant, purifiant, préparant, assimilant, formant, toujours il s’élève et transfigure ses pouvoirs en les Marouts, les énergies du Mental.

Il s’éveille d’abord sur la terre, caché ou obscurci par la fumée des passions et de la volonté égocentrique des hommes. La flamme divine d’Agni, Volonté-de-Voyant, brille à travers l’obscurité dense, éclairant celui qui est loin dans son ombre ; bien qu’il ne soit pas encore allumé, comme il le sera à l’Aurore, sur un autel sacrificiel, il n’en accomplit pas moins sur notre terre, comme à la fois le plus bas et le plus grand des Dieux, la volonté et les œuvres de la Lumière cachée en dépit de toute cette fumée de passion et de désir qui l’enveloppe.

Il commence par la chaleur matérielle et la puissance, se manifeste ensuite comme le Cheval, et après cela seulement devient le feu céleste.

Si nous faisions un micro trottoir pour demander aux gens s'ils connaissent Agni, je suppose que bien peu en aurait entendu parler. Et pour ceux qui ont lu Le secret du Véda et quelques textes védiques, nous n'en avons sans doute pas une expérience très claire ou très consciente. Pourtant, c'est une divinité importante, dont la Mère à parlé à quelques reprises dans l'Agenda. Voici deux passages intéressants qui montrent la force, la puissance qu'Agni représente. 

Pour résumer, si nous pouvions au moins, par notre aspiration, allumer la Flamme dans notre cœur, ce serait déjà un bon début...

Agenda du 12 janvier 1961

Il n’est pas un seul péché qui ne soit notre péché...

On a cette expérience quand, pour une raison quelconque (cela dépend des cas), on se met en rapport avec l’état de conscience universel (non dans son essence illimitée mais sur n’importe quel plan de la Matière).

Il y a une conscience atomique, n’est-ce-pas, il y a une conscience purement matérielle, et il y a, beaucoup plus encore, une conscience psychologique générale. Quand, par une intériorisation, une sorte d’abstraction de l’ego, on entre en contact avec cette zone de conscience, disons psychologique terrestre, ou humaine collective (il y a une différence: «humaine collective» est une diminution, tandis que «terrestre» inclut beaucoup de mouvements des animaux et même des plantes ; mais dans le cas présent, comme la notion morale de faute, de péché, de mal, appartient exclusivement à la conscience humaine, nous dirons simplement la conscience psychologique collective humaine), quand on entre en contact avec cela, naturellement par cette identification, on se sent ou on se voit, ou on se sait capable de n’importe quel mouvement humain, n’importe où.

Ça, c’est dans une certaine mesure une Conscience-de-Vérité : ce sens égoïste de ce qui vous appartient et ne vous appartient pas, de ce que vous pouvez faire et ne pouvez pas faire disparaît à ce moment-là ; on se rend compte que la construction fondamentale de la conscience humaine rend n’importe quel être humain capable de faire n’importe quoi. Et comme on est dans une conscience-de-vérité, on a en même temps la notion que les jugements ou les dégoûts, ou le rejet, sont des absurdités : tout est potentiellement là. Et si certains courants de force (que d’habitude on ne peut pas suivre: on les voit arriver et partir, mais leur origine et leur direction, généralement on ne les connaît pas), si n’importe lequel de ces courants vous pénètre, il peut vous faire faire n’importe quoi.

Si l’on restait toujours dans cet état de conscience, au bout d’un certain temps, si on garde en soi la flamme d’Agni, la flamme de purification et de progrès, on serait capable non seulement d’empêcher ces mouvements de prendre une forme active en soi et de s’exprimer matériellement, mais on serait capable d’agir sur la nature même du mouvement et de le transformer.

Mais bien entendu, à moins d’être arrivé à un très grand degré de réalisation, il est pratiquement impossible de garder cet état de conscience pendant longtemps. Presque tout de suite on retombe dans la conscience égoïste du moi séparé, et alors toutes les difficultés reviennent : le dégoût, la révolte contre certaines choses, l’horreur qu’elles vous causent, etc.

Agenda du 18 juillet 1962

On voit bien que si cette flamme d'aspiration, cette flamme d'Agni, était laissée à elle-même dans son plein pouvoir, justement de transformation et de progrès, il y aurait très peu de considération pour le résultat du processus – le résultat du processus, c'est que le feu brûle. Et qu'il peut y avoir des accidents dans le fonctionnement des organes. Ils doivent tous subir une transformation, mais si la transformation était trop rapide et trop subite, eh bien, tout se détraquerait. Ça ferait éclater la machine, c'est tout ce qu'on arriverait à faire.

Et cette Sagesse n'est pas une sagesse de la conscience universelle (je crois qu'elle n'est pas très sage !), c'est quelque chose d'infiniment plus haut qu'elle : c'est la Sagesse suprême. Ça, c'est tellement merveilleux ! des choses que les forces universelles négligeraient à cause de leur jeu universel, Lui, Il les prévoit – c'est une merveille.

(silence)

Il ne faut pas être pressé.

Et dans la foulée, Le Véda est la destinée humaine de Satprem. Ce petit texte de quelques pages dont voici la une première phrase en introduction  :

En 1961 Saptrem écrivait ce texte jamais publié qui était censé faire partie du premier livre écrit par Satprem sur Sri Aurobindo ou la Transformation du Monde, avant « l'Aventure de la Conscience ». Les premières pages de ce livre s'ouvraient sur le Véda et dénotent déjà quel était l'intérêt premier de Satprem : le Véda comme clef de la destinée humaine.

Et les premiers mots de Saptrem, qui, 64 ans plus tard, résonnent encore singulièrement avec notre actualité. Le Véda parle souvent des Voleurs du Pouvoir, de la Lumière, des richesses solaires... il semble qu'aujourd'hui, nous en avons un certain nombre sous les yeux, les Voleurs, les usurpateurs...

Nous avons choisi, semble-t-il, depuis Adam, de manger le fruit de l'arbre de la Connaissance, mais, sur cette voie, il n'est pas de demi-mesures ni de repentirs, car si nous restons prostrés, le nez dans la poussière, sous l'effet d'une fausse humilité, les titans ou les djinns qui sont parmi nous sauront fort bien s'emparer du Pouvoir dont nous n'avons pas voulu, et, d'ailleurs, c'est ce qu'ils font, et ils écraseront le dieu qui est en nous. Il s'agit de savoir si, oui ou non, nous voulons laisser cette terre entre les mains de l'Ombre pour nous évader, une fois de plus, dans nos divers paradis, ou si nous voulons prendre le Pouvoir — et d'abord le trouver — pour refaire cette terre à une image plus divine et, selon la parole des Rishis, « que la terre et le ciel soient égaux et un seul. »

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