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Une lettre remarquable, que je retranscrit en intégralité : elle nous ramène directement à l'essentiel de notre être. Puissions-nous trouver, ressentir cette aspiration vers le Divin, et lorsque nous l'aurons perçue, puissions-nous rassembler tout notre être divisé, fragmenté...  autour de cette aspiration centrale.

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Je répète ce que j’ai écrit ce matin, c’est-à-dire que la seule chose à savoir, c’est qu’il existe une véritable aspiration vers le Divin ou, pour dire les choses avec plus de force, si c’est la seule chose qui a vraiment de l’importance pour l’être. S’il y a cela, toutes les autres considérations deviennent mineures ou hors de propos : ce qui se passe dans le monde, comment les autres réagissent à la recherche du Divin ou combien de temps cette quête durera. On doit être prêt à y consacrer toute sa vie et tout son être, et estimer que c’est à bon escient, pour le seul et suprême but.

Lorsque le Divin est une nécessité de l’être, à quoi sert-il que le mental se demande s’Il existe ou à quoi Il ressemble, s’Il est aimable ou cruel, si sa réponse est lente ou rapide, s’Il est facile à atteindre ou difficile à découvrir ? Il apparaît sous toutes ou n’importe laquelle de ces formes aux différents chercheurs, mais pour tous, Il représente l’unique nécessité de leur existence. Si on Le trouve rapidement, tant mieux ; si cela prend du temps, on doit quand même continuer à chercher jusqu’à ce qu’on trouve. On peut connaître des moments difficiles d’angoisse ou de désespoir, car le vital humain est faible, mais on continue tout de même parce que l’âme insiste.

Mais il n’y a aucune logique dans la position qui consiste à dire que puisque mon besoin du Divin est total et que je ne l’ai pas obtenu en six ans, la chose à faire est de désespérer et de renoncer. L’attitude logique est : mon besoin pour le Divin est total, je dois donc continuer jusqu’à que je Le trouve, peu importe le temps que cela prendra, que ce soit six ou douze ans ; car si mon besoin est absolu et toujours persistant, je ne peux pas échouer. Voilà la position qu’adopte le chercheur spirituel, et c’est celle-là qui est vrai et naturelle. Il ne sert à rien de dire que vous êtes inapte et que vous ne pouvez pas ; vous devez finir par y arriver, si votre aspiration est vraie et absolue.

 

La misère du monde ou l’activité des Asouras sont tout aussi hors de propos. Personne n’a jamais soutenu que le monde était heureux et parfait, personne en Inde du moins, ni que c’était le meilleur monde possible, personne n’a mis cela en avant comme une preuve de l’existence Divine. Chacun sait que c’est un monde de mort, d’ignorance et de souffrance, et que ses plaisirs ne durent pas. Le chercheur spirituel prend cela non comme la réfutation de l’Existence du Divin, mais comme un plus grand stimulant pour le chercher et le découvrir.

Il peut le chercher comme un moyen de fuir la vie et d’entrer dans le Nirvana, la moksha, Goloka, Brahaloka ou Vaikuntha172 ; il peut chercher le Moi Divin, sa paix ou son Ananda derrière l’existence et, s’il l’atteint et en est satisfait, peut se mouvoir dans le monde sans être touché par ses vicissitudes et ses problèmes ; ou il peut le chercher, comme je l’ai fait, pour en faire la base d’une vie plus vaste et plus heureuse, qui doit être amenée dans l’existence du monde maintenant ou plus tard.

172. Goloka est le paradis vishnouite de Beauté et de Béatitude éternelles, littéralement le monde de Lumière. Brahmaloka est le monde de Brahman : l’état le plus élevé d’existence et de conscience pures que peut atteindre l’âme sans une disparition totale dans l’indéfinissable. Vaikuntha est le monde de Vishnou.

Mais quel que soit l’objectif, l’état actuel du monde ne constitue pas du tout un argument contre la recherche du Divin ou la vérité du yoga. Les accidents survenus dans cette quête – A. est décédé et ne se réalisera que dans un nouveau corps, B. est malade ou C. se conduit mal – sont des questions secondaires. Ils ne changent rien à notre besoin entier du Divin ni à la nécessité de persévérer dans notre recherche jusqu’à ce que nous trouvions et atteignions notre but.

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Ce que j’ai dit à propos du grand secret de la sadhana montrait simplement que si on pouvait laisser le Pouvoir à l’arrière-plan faire les choses, c’était la manière la plus efficace, et que tant qu’on ne pouvait pas y arriver, l’effort mental n’était pas exclu. Ramakrishna exprimait la même chose avec l’image du bébé singe et du petit chat ; j’ai seulement énoncé cela avec d’autres mots ; les deux méthodes sont permises mais l’une est plus rapidement efficace que l’autre. Toute méthode suivie avec sincérité et persévérance peut finir par amener l’ouverture.

Vous avez vous-même choisi celle de la prière et du japa parce que vous y croyiez, et j’ai approuvé, car elle prépare vraiment quelque chose dans la conscience, et si elle est pratiquée avec une foi et une bhakti assidues, elle peut ouvrir toutes les portes. Une autre méthode est la concentration et l’aspiration dans le cœur, qui ouvre l’être émotionnel. Une autre, dont j’ai parlé, est la concentration dans la tête, qui ouvre le mental intérieur ou le passage à travers le brahmarandhra173 vers la conscience supérieure.

173. L’ouverture au sommet du crâne.

Ces choses ne sont pas de fantastiques inventions de ma part, qu’on peut écarter d’emblée comme des absurdités nouvelles et non vérifiées ; ce sont des méthodes reconnues, qui ont réussi dans des centaines de cas, et nombreux ici aussi sont ceux qui ont découvert leurs effets. Mais quelle que soit la méthode utilisée, elle n’amènera pas de résultats sur-le-champ ; elle doit être suivie avec persévérance, simplicité et exactitude, jusqu’à ce qu’elle arrive au but.

Si elle est pratiquée avec un mental qui doute et l’observe comme une expérience pour voir si elle réussit, ou si un esprit de prompt découragement la traverse continuellement et répète : « Tu vois, c’est inutile », alors il devrait être évident qu’il sera très difficile d’obtenir l’ouverture, parce qu’elle sera obstruée par cela chaque fois que viendront une pression ou une poussée pour l’ouvrir.

C’est pour cette raison que je voulais que vous débarrassiez de ces deux choses et que j’ai tant insisté là-dessus, parce que je sais, de part ma propre expérience et celle des autres, à quel point elles peuvent bloquer le passage vers ce que vous cherchez. Car vous n’êtes pas le seul à avoir été perturbé par ces deux obstacles ; la plupart ont dû lutter contre eux. Si on peut s’en débarrasser dans leur action centrale, l’élimination de leur activité périphérique n’a guère d’importance ; car alors l’ouverture devient possible, à la fois pour faire et pour garder, et le reste peut suivre.

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Vous avez passé les six années dont vous parlez à lutter principalement contre le sexe, le doute et les difficultés vitales – pour de nombreux sadhaks, cela prend plus de temps.

Ce que je voudrais maintenant, c’est que vous adoptiez l’attitude intérieure et positive au centre, libre de ces choses. La base de cette attitude doit être ce que j’ai dit : « Je veux le Divin et le Divin seul ; puisque je le veux et que j’en ai besoin, j’y arriverai sûrement, quel que soit le temps que cela prendra, et jusqu’à ce que j’y arrive, je persévérerai et résisterai avec patience et courage. »

Je n’entends pas par là que vous ne devriez avoir aucune activité autre que la prière et la concentration ; seuls quelques-uns peuvent accomplir cela ; mais quoi que vous fassiez, ce soit être dans cet esprit.

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PS. À propos, je n’ai pas écrit que vous devriez « poursuivre » votre chemin – j’ai dit que vous devriez continuer à faire pression sur l’obstacle jusqu’à qu’il se brise.

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