Extraits Carnets 17 (décembre 1997)
17 décembre 1997
Impression d'être dans un étrange monde, un peu perdu.... comme en attente de quelque chose.
J'ai dit cela à Sujata – cela lui a rappelé sa vision de ces éléphants* à l'horizon, rangés en ordre de bataille, avec cheval blanc qui devait donner le signal...
* Voir Carnets d'une Apocalypse, tome 16, 26 novembre 1996. [N.D.É.]
*
Au bout du compte, je n'ai rien d'autre à dire : je Vous AIME.
et c'est la Réalité de l'univers.
26 décembre 1997
Moi aussi, cette nuit j'ai fait un très long rêve, très long. Comme si nous étions ici, chez nous, mais toutes les pièces étaient un peu différentes, vous comprenez. Et sur mon lit, se trouvait un garçon, peau claire, très jeune, peut-être douze-quatorze ans, pas plus que ça. Peau claire, mais pas un occidental, je dirais. Je pensais que c'était quelqu'un de bas niveau socialement. mais il se trouvait assis sur mon lit et je le nourrissais, un peu. Et puis il ne voulait plus en prendre. Il est resté silencieux un moment comme s'il essayait de se reprendre, et puis il m'a fait signe qu'il avait envie de tout rejeter. Alors j'ai dit : "Allez voir devant mon lit." (Rires) Et puis j'ai trouvé un petit pot, j'ai mis comme ça (geste).
Sous sa bouche.
Oui, sous sa bouche, sous le menton pour que... Mais ça n'a pas suffi, il n'a pas cessé de vomir et vomir et vomir et vomir.
Oui.
C'était non seulement... J'ai pris un deuxième un peu plus grand, tout ça, c'était plein, mais tout débordait, mon lit en était plein, mon... c'était tout trempé ! Mes vêtements étaient tout trempés, tellement... Mais c'était du liquide.
Oui.
Je ne sais pas, ce n'étaient pas des choses comme ça, c'était... je ne sais pas ce que ça veut dire, ce que c'est.
Oh ! moi je comprends ! Mais j'aimerais bien comprendre qui ça pouvait être.
Je ne saurais pas vous dire.
C'est sûrement... je ne sais pas, c'est un Indien, n'est-ce pas ?
J'ai pensé que c'était un Indien, mais il avait la peau bien claire !
Oh, il y a des Indiens qui ont la peau bien claire !
oui, je ne saurais pas dire. Et alors tout était trempé de ces vomissures.
Je comprends bien mais... n'est-ce pas, c'est quelqu'un que tu as dû nourrir, c'est-à-dire à qui tu as donné une nourriture divine.
Oh !
Et automatiquement, quand il en a pris une bouchée toutes les saletés de son être sont sorties.
Oooh !
Ça a automatiquement poussé dehors toutes les saletés de son être.
Oooh !
Ils ne peuvent pas supporter une nourriture divine, ma Douce, purement divine, sans que ça fasse tout sortir.
Oui, oui, en fait c'était comme le bol de soupe que vous avez, seulement c'était plus rose, avec des fleurs roses autour, voyez et je crois que c'était quelque chose de bon que j'offrais.
Mais oui, bien entendu.
Il a pris deux-trois et puis...
Il ne pouvait plus.
Non
Bien entendu. C'est très symbolique, ma Douce, de ce qui se passe en général.
Qui ça pouvait être, je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Ce n'était pas quelqu'un avec un gros visage, non, plutôt mince.
Mais c'est une image très exacte de ce qui se passe, ma Douce. Les êtres ne peuvent pas supporter quelque chose qui soit purement divin, sans que ça... ça les rend malades !
Je n'ai rien compris, je dis seulement le fait que j'ai...
C'est très clair pour moi, c'est clair pour moi. Est-ce que c'est symbolique ? Est-ce que c'est ? Tu sais tout est symbolique, ma Douce, aussi. Mais c'est une image exacte, la vraie chose divine, eh bien, il fait la donner à microscopiques doses.
[...] Oui mais enfin, tu as fait du travail, tu as fait du travail, ma Douce, et puis... c'est ce qui se passait pour Mère, elle nous donnait les nourritures divines et puis elle recevait nos vomissements.
Oui.
(Pleurant) Ah oui ! Oh ! La loi divine sur la terre, c'est poignant !
Oui, oh oui !
Ils ont TOUT pris sur Eux.
🌸
28 décembre 1997
Conversation avec Sujata
L'ouvrier
Le mortier et la poudre
[...]
En fait on incarne chacun...
Un côté du Divin.
Un côté du Divin ou un côté de l'expérience divine sur la terre, parce que c'est Lui qui.
Mais oui c'est Lui.
C'est Lui qui PORTE.
Mais oui, et c'est Lui qui fait l'expérience.
On s'imagine que le Divin c'est quelque chose au-dessus.
Oh, Il est tellement dans la Matière.
Oui.
Il vit chaque instant, chaque fraction d'instant dans la Matière.
Oui Mon Dieu.
Alors racontez-moi ce que vous avez vu.
Oui, tout d'un coup, j'étais replongé dans tout ça.
Oui
C'est ça, en fait toute cette humanité, elle en a assez. Elle en a assez, elle-même elle se détruit parce qu''elle en a assez. Et elle ne voit pas le sens.
Oui, oui.
On a dû, à travers des vies, essayer de s'évader de toutes sortes de façons, n'est-ce pas, de vouloir sortir de tout ça, j'ai dû essayer de beaucoup de façons de sortir de tout ça, des bonnes et des mauvaises. Plus souvent des mauvaises que des bonnes. Mais moi, j'ai toujours senti une espèce de... quelque chose de mon enfance, une espèce d'incompréhension de tout ça. J'étais réconcilié avec la terre quand j'étais en mer.
(Riant) Oui, oui.
Oui, alors écoute c'est une drôle de vision, c'est curieux, c'est tout à fait physique, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. J'tais comme du côté du garage, par là, je ne sais pas exactement et j'étais vraiment un ouvrier, et alors je broyais avec un mortier, je broyais de la poudre, oui, une poudre qui avait une couleur orange, un peu rose, un peu rose-orange. Ce n'était pas orange guéroua mais...
C'était plus rose que...
Oui, et alors il y avait mon patron, celui qui me conduisait. Il était là très concrètement et il surveillait ce que je faisais, n'est-ce pas, il regardait et il voulait bien voir que dans cette poudre il ne restait pas le moindre grain de... un peu...
Solide ?
Un peu solide un peu...
Ah oui, je comprends : qu'il n'y avait pas de grumeaux dedans.
oui, c'est ça. Je broyais ça, il regardait, il était là, n'est-ce pas, physiquement, à me diriger. C'était comme mon patron, si tu veux. Et j'avais la sensation d'être un ouvrier.
[...]
Eh bien il était là, comme sur mes épaules (rires) et il regardait qu'il n'y ait pas de... oui, comme tu dis, de grumeaux ou de grains, de grains. C'était si extraordinairement physique, n'est-ce pas, matériel. Alors je me suis demandé : qu'est-ce que c'est que cette poudre que j'écrase ?
[...]
Mère parlait de poudroiement, vous vous souvenez ?
Ah oui, mais c'était...
Oui, mais alors, dans la matière, ce n'est plus doré, c'est orange, vous comprenez ? C'est la matière de ce monde que Sri Aurobindo appelle Supramental, monde de Vérité-Conscience, n'est-ce pas. Dans ce monde la couleur c'est plutôt rose-orange.
[...]
Et Mère m'a [raconté] une histoire gujaratie : il y avait un guru avec un disciple, et le guru devait aller dans un autre village, pour conduire certaines fonctions, j'imagine. Et il a laissé son disciple s'asseoir sous un arbre et puis broyer quelque chose. Il devait le faire : broyer, broyer. Le guru est parti, le disciple, avec une grande fidélité a continué à faire ça. il n'a pas bougé. le guru pendait que dans un ou deux jours il serait de retour, mais une semaine s'était écoulée quand le guru est revenu : le disciple n'avais jamais arrêté de faire ce que le guru avait dit. Et quand le guru est arrivé, il a vu qu'en faisant constamment – il y avait un peu de poudre qui se répandait, n'est-ce pas, parce que la poudre, ce n'est pas une pâte qui reste sur place, ça se répand dans l'air. Alors le disciple était tout changé, tout transformé avec cette poudre, vous voyez.
Votre histoire, votre vision plutôt m'a rappelé [cette histoire]. Alors je pense que c'est la même chose que vous faisiez. Mais ça, pour le disciple, c'était le disciple. Tandis que votre boulot, c'est terrestre.
[...]
Cette poudre, n'est-ce pas, le disciple qui... dans un mortier, il continuait à écraser. Ce que je voulais dire – c'était dans ma tête, mais je ne l'ai pas énoncé clairement, c'était que dans votre cas, le mortier, c'est votre corps même.
Oui.
Vous comprenez, c'est ça, ce n'est pas quelque chose d'extérieur à vous. Ce n'est pas de la poudre qui est dans l'air, qui se répand dans l'air, que le corps absorbe, non. C'est plutôt le contraire, c'est dans votre corps même, ce travail d'écrasement, ce poudroiement se fait et puis ça se répand dans l'air. En tout cas, c'est comme ça que je conçois les choses.
On le souhaite, ma Douce.
(silence)
On le souhaite.
C'est dans la matière même que ça doit se répandre.
Mais oui, c'est ça.
Pas seulement dans l'air, mais dans la matière même.
mai oui, puisque ça se passe dans votre corps – le corps, c'est de la matière.
[...]
Oh, mais la continuité avec la matière, ça, c'était quand j'ai commencé en 82, c'était une des premières expériences.
80... ? 82.
Oui, 82. C'est vraiment, comme si mon corps, la montagne à côté et tout ça c'était une même matière. et que c'était... j'étais dedans, quoi, et pas comme un individu, mais comme un morceau de matière au milieu d'une immense matière. Ça je suis convaincu... c'est comme ça, c'est tout.
Comme un corps humain a des bras, des jambes, comme ça il y avait la montagne, la terre...
Oui, tout ça c'était de la même substance de... de la même, de la même chose, et en continuité, tu comprends.
Bah ! on ne sait pas, ma Douce, on verra, on verra ça. je veux voir dans les faits.
Avril 2025 Ce n'est pas sans une certaine émotion que nous revenons vers vous après cette longue absence qui mérite quelques explications. En effet, pour les personnes qui n'en auraient pas ét...
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