Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par Pascal

Calme et silence mental

Écrire un livre n'est pas si simple et même pour un seul article nous sommes parfois face à de grandes difficultés. Or, il se dit que Sri Aurobindo en écrivit sept en même temps. Ces sept livres étaient peut-être La vie divine, La Synthèse des Yogas, Essai sur la Guîtâ, Le Secret du Véda, Pensées et Aphorismes, Savitri, et son essai sur le développement social qui comprend en français L'Idéal de l'unité humaine, le Cycle humai, et War and self-dermination qui n'a pas encore été traduit.

Des livres d'une si stupéfiante intelligence que cela nous invite à penser que lorsque Sri Aurobindo nous dit que des flots de connaissance descendait en lui, cela devait être parfaitement vrai. Je me souviens aussi avoir lu qu'il écrivait parfois directement à la machine, sans aucune rature.

D'autres que moi corrigerons peut-être ces imprécisions.

Le point qui m'a toujours stupéfié est que Sri Aurobindo nous dit avoir écrit dans un état de silence immobile... alors que notre tendance naturelle est de nous triturer les méninges.

Il n'y a rien de ce que le mental peut faire qui ne puisse être mieux fait dans l'immobilité du mental et la tranquillité libre de toute pensée. Lorsque le mental est au repos, alors la Vérité a une chance de se faire entendre dans la pureté du silence. (Sri Aurobindo – l’Heure de Dieu)

L'école, prétendument le lieu du savoir, ne nous apprends pas (elle ne nous apprend pas grand chose d'ailleurs) que réfléchir consiste à... réfléchir, au sens de refléter la lumière qui est au-dessus, à être aussi transparent que possible pour laisser passer cette lumière, à se laisser traverser.

Mère a souvent utilisé l'image du miroir en précisant que toutes nos idées préconçues, toutes nos conceptions, toutes nos préférences personnelles, et tous nos attachements à telle ou telle idée... faisait de notre mental un miroir déformant, comme ces miroirs déformants qui déforment nos visages. C'est d'ailleurs follement amusant de se voir ainsi. C'est peut-être pour cela que Mère a laissé entendre, dans l'expérience du bateau supramental, que vu du monde de vérité, nous paraissions si ridicules.

J'ai observé depuis ce moment-là, pendant des années, qu'aucune vibration supramentale ne se transmet, excepté dans cette égalité parfaite.

[...]

Et tant qu'on peut garder cette immobilité absolue du mental, l'inspiration est absolument pure – elle vient pure. Quand on peut attraper ça et le garder en parlant, ce qui vient aussi n'est pas mélangé, ça reste pur.

C'est un fonctionnement extrêmement délicat, probablement parce qu'il n'est pas accoutumé – un tout petit mouvement, une toute petite vibration mentale dérange tout. Mais tant que ça dure, c'est parfaitement pur. Et c'est ça qui doit être l'état constant d'une vie supramentalisée. La volonté mentalisée ne doit plus intervenir – parce qu'on peut très bien avoir une volonté spirituelle, on peut vivre constamment en exprimant la volonté spirituelle (tous ceux qui sentent qu'ils sont dirigés par le Divin en eux, c'est ce qui leur arrive), mais ça passe par une transcription mentale. Eh bien, tant que c'est ça, ce n'est pas la vie supramentale. La vie supramentale ne passe PLUS par le mental. Le mental est une zone immobile de transmission. Un tout petit déclic suffit à déranger. (Agenda du 12 janvier 1962)

Et Sri Aurobindo vient nous dire comment faire cet autre être, cet être supramental – et non seulement nous le dire, mais le faire, ouvrir le chemin de l’avenir, précipiter sur la terre le rythme de l’évolution, la vibration nouvelle qui remplacera la vibration mentale, comme une pensée, un jour, est venue troubler la lente routine des bêtes, et nous donnera le pouvoir de briser les murs de notre prison humaine. (Satprem – Sri Aurobindo et l’avenir de la terre)

Si avant d'écrire, nous pouvions nous souvenir de ces passages et prendre quelques instants pour nous mettre dans un état de calme mental, d'ouverture réceptive à ce qui est en haut, ou à ce qui est tout au fond de notre cœur, notre expression s'en trouvera sans doute améliorée. Et si nous pouvons maintenir pendant l'écriture et pendant nos activités quotidiennes cet état de tranquillité mentale, ce serait évidemment un grand progrès pour nous.

Dakshina, selon moi, comme les plus célèbres Ila, Sarasvati et Sarama, serait une des quatre déesses symbolisant les quatre facultés de ritam, la conscience-de-Vérité, Ila représentant la vision du vrai ou révélation, Sarasvati l’écoute du vrai ou inspiration, le verbe divin, Sarama l’intuition, et Dakshina la discrimination intuitive séparatrice. Daksa désignerait alors cette discrimination, étant soit le jugement mental sur le plan de l’intellect, soit le discernement intuitif sur le plan de ritam. (Sri Aurobindo – Le secret du Véda)

Aspiration constante au progrès

Nous n'y arriverons sans doute pas complètement. Et alors ? Nous pouvons y aspirer, demander de l'aide, essayer, et persévérer encore et encore. N'oublions pas cette vérité fondamentale de toute existence, la croissance, envers et contre tout, et cette impérieuse nécessité que nous avons de toujours progresser.

Puisque je suis en train de lire Commentaires sur le Dhammapada, voici quelques citations pour illustrer ce point, mais nous en aurions trouvé d'autres dans les Entretiens, dans l'Agenda ou dans les œuvres de Sri Aurobindo. 

C’est la sincérité dans l’aspiration au progrès, dans la volonté de vérité, dans le besoin d’être vraiment pur — pur comme on l’entend dans la vie spirituelle —, c’est cette sincérité-là qui est la clef de tous les progrès. Avec elle, on sait — et on peut. (page 11)

Et puis, dans le chapitre assez enthousiasmant sur la vigilance, Mère en vient à dire ceci :

C’est un fait que lorsqu’on s’est appliqué à ne pas perdre de temps en chemin, tout temps perdu devient une souffrance et on ne peut y trouver aucun plaisir d’aucune sorte. Et une fois que l’on est dans cet état-là, une fois que cet effort de progrès et de transformation est la chose la plus importante de la vie, celle à laquelle on pense constamment, alors vraiment on est en route vers l’existence éternelle, la vérité de l’être. (page 29)

Vous savez qu’une chose ne doit pas être, et du moment où vous le savez, vous êtes le maître qu’elle ne soit pas, car connaissance et pouvoir sont essentiellement la même chose — c’est-à-dire que l’on ne doit pas accepter qu’il y ait quelque part dans l’être cette ombre de mauvaise volonté qui est en contradiction avec la volonté centrale de progrès, et qui vous rend impuissant, sans courage et sans force en face d’un mal que vous devez détruire. (page 43)

Il faut aller plus loin, il faut avancer, monter vers des hauteurs plus grandes et dépasser la recherche avide du plaisir et du bien personnel, non par peur du châtiment, même d’un châtiment extra-terrestre, mais par le développement d’un sens nouveau de la beauté et d’une soif de vérité et de lumière, par la compréhension que c’est seulement en s’élargissant, en s’illuminant, en s’embrasant d’une ardeur de progrès que l’on peut trouver à la fois la paix intégrale et le bonheur durable. Il faut monter et s’élargir — monter... et s’élargir. (page 59)

 

Boileau  Mère

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. Nicolas Boileau

Avec la qualité intellectuelle de la France, la qualité de son esprit, le jour où elle sera vraiment touchée spirituellement (elle n'a jamais été touchée spirituellement), le jour où elle sera touchée spirituellement, ce sera quelque chose d'exceptionnel.

Sri Aurobindo aimait beaucoup la France. Je suis née là-bas – il y a certainement une raison. Pour moi, je sais très bien : c'était la nécessité de la culture, de l'esprit clair, précis ; du raffinement de la pensée, du goût, et de la clarté d'esprit – il n'y a pas de pays au monde comme cela. Il n'y en a pas. Et Sri Aurobindo aimait la France à cause de cela aussi, beaucoup-beaucoup. (Agenda du 3 juillet 1963)

Antirrhinum majus – Grand muflier – Nombreuses couleurs

Pouvoir d'expression

C'est le pouvoir de rendre manifeste ce qui est latent.

Le pouvoir d'expression vient par le contact avec la source intérieure d'où proviennent ces choses. (Mère – source inconnue)

Pour un certain état de conscience, il n'y a pas un mot, pas un geste, pas une action qui ne soit expressive d'une réalité plus profonde ou plus haute, plus durable, plus essentielle, plus vraie ; et une fois que l'on a vu et que l'on a senti cela, toute chose prend une signification, et on voit plus clairement comment les choses devraient être organisées, arrangées pour qu'une vérité plus profonde puisse s'exprimer encore mieux qu'elle ne s'exprime. Entretien du 30 mai 1956

L'expression la plus vraie vient d'un absolu silence intérieur. Sri Aurobindo – La Mère

🌸

En attendant d'avoir ces capacités nouvelles, nous pouvons au moins retrouver et consolider celles fort connues du passé. Soyons au moins dignes des qualités que Sri Aurobindo aimait, cette clarté de l'esprit, ce raffinement de la pensée, cette précision de l'expression...

Aujourd'hui nous avons le GPS et nous ne savons plus lire un plan ou une carte, nous utilisons des machines à calculer et nous ne savons plus compter, nous avons les correcteurs d’orthographe, mais nous ne savons plus écrire correctement, nous ne comprenons plus l'importance de la ponctuation, le langage SMS pulvérise les conventions et nous oublions que la qualité du langage est lié à la qualité de la conscience.

De la même façon qu'une ancienne sagesse nous invitait à tourner 7 fois notre langue dans notre bouche avant de parler, puissions-nous vérifier et revérifier la qualité de ce que nous écrivons.

Avons-nous lu et relu et corrigé autant de fautes que possible quitte à nous faire aider ? Avant d'exprimer quelque chose, est-ce que cette chose est claire pour nous ? Est-ce que la façon de le dire est correcte ? Ce que nous exprimons est-il en accord avec notre vérité intérieure ou supérieure ? Comment pouvons-nous arriver à la meilleure expression possible et continuer de progresser ? Ces questions ou d'autres peuvent sans doute nous aider à progresser.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article