Shudra Work & Service
Sources principales des textes lus par Sraddhalu.
JOURNAL DU YOGA
SHUDRA SHAKTI
Kamah, premah, dasya lipsa, atman samarpanam
(iti Shudra shakti)
La joie divine, l'amour, l'aspiration à servir, le don de soi
(constituent le pouvoir d'âme du Shudra).
YOGA DE LA PERFECTION DE SOI
Chapitre 15
La Force d'âme et la quadruple personnalité
Page 235 à 248
En marge du sujet principal qui est passionnant de bout en bout, deux éléments "secondaires" ont particulièrement retenus mon attention :
1. Le Satya dans le Kali (32 mn 54)
Il est donc intéressant de constater que ces 4 caractéristiques ou facettes de notre tempérament correspond aussi aux thèmes des 4 âges. Et vous pouvez comprendre pourquoi, car l’âme utiliserait le thème de l’âge pour développer cette qualité. Et lorsque l’âge change, l’âme s’aligne sur les nouvelles circonstances pour développer l’autre qualité. Or ces 4 âges, comme vous le savez, ont des cycles gigantesques de milliers d’années. Certains, dit-on, en ont même des millions, mais disons pour le moment des milliers d’années, quelque soit le nombre de milliers.
Sri Aurobindo observe qu’il existe en fait un sous-cycle des 4 à l’intérieur de chacun d’eux. Et dans un commentaire très énigmatique qu’il fait lors d’une interview en 1909 ou quelque chose comme ça pour un journal de Madras (…) Il dit que 1907 marquait l’achèvement des 5000 premières années du Kali Yuga qui représente le premier Kali au sein du Kali. Et après le Kali yuga commence le Satya yuga, c’est donc le début du Satya yuga au sein du Kali plus vaste. C’est une idée fascinante.
Ce que vous voyez ici, ce sont les cycles géants. Les 5000 premières années sont le Kali au sein du Kali, et maintenant vient un certain nombre d’années du Satya au sein du Kali plus vaste.
Et le caractère dominant de ce Kali plus vaste est la matière. Et donc le Satya, le premier Satya dans le Kali représente la spiritualisation de la matière ou l’incarnation de la conscience divine dans les circonstances matérielles et la révélation de Dieu dans la Matière.
Et c’est l’âge dans lequel nous entrons maintenant. C’est la nature de l’ère spirituelle qui naît, dont nous vivons la phase de transition, en grande partie dans ce qu’il appelle l’ère subjective, que l’on nomme aujourd’hui, avec un vocabulaire moderne différent, le post-modernisme, là où la raison du modernisme a échoué. Désormais, il y a un tournant subjectif.
Et tout cela, Sri Aurobindo l’avait anticipé et décrit il y a 100 ans, et vous le voyez se déployer sous vos yeux. Mais dans ce subjectivisme, où s’arrête-ton ? Si vous allez jusqu’au bout de l’âme, eh bien, c’est là que vous découvrez la Présence spirituelle, ce qui déclenche le premier Satya dans le Kali, l’ère de vérité, où la connaissance spirituelle profonde devient alors l’esprit maître.
Et ainsi de suite…
N'est-ce pas fascinant et passionnant ?
Ainsi, l'incarnation de Sri Aurobindo et de Mère et leur mission de pionniers de l'espèce humaine dans cette évolution spirituelle et divine est arrivée au moment parfait.
Et puis, par rapport à cet âge subjectif, il faudrait lire ou relire Le Cycle humain.
Mais dans ce subjectivisme, où s’arrête-ton ? La question de Sraddhalu est d'une extraordinaire pertinence. J'ai toujours pensé que certains "délires identitaires woke" avaient pour véritable origine cet âge subjectif, si subjectif que certains osent le pousser jusqu'à l'extrême en s'identifiant à des animaux, à des objets où à je ne sais quoi. Mais personne, absolument personne dans les analyses que nous pouvons voir dans les médias alternatifs n'envisage cette hypothèse, ne prend en compte l'implication du changement de conscience spirituelle en cours sur terre. En tout cas, je n'en connais aucun.
J'ai demandé à Grok de retrouver cette interview. La voici traduite par ses soins :
L’interview en question est celle publiée le 18 septembre 1909 dans le hebdomadaire tamoul India (de Madras), sous le titre A Conversation with Sriman Aravinda Ghosh.
C’est bien celle à laquelle Sraddhalu fait allusion (1909, journal de Madras, commentaire énigmatique sur les cycles/yugas). Un correspondant du journal s’est rendu à Calcutta et a interrogé Sri Aurobindo (alors Aravinda Ghose) sur plusieurs sujets, dont ses expériences spirituelles en prison et la situation de l’Inde. Le texte a été republie (avec orthographes d’origine conservées) par l’Overman Foundation.
Voici les extraits principaux (traduits/adaptés à partir de la version anglaise disponible ; le journal original était en tamoul) :
Un correspondant a rencontré Aravinda-babu au 6, College Square Street, Calcutta (maison de Krishna Kumar Mitra). Description de sa présence, de ses yeux, de la paix sattwique, etc.
Sur le darshan de Narayana en prison :
Aravinda : « Oui, j’ai vu Narayana. J’ai eu tous mes darshans à l’état de veille ; ce n’étaient pas des rêves. »
Correspondant : « Y a-t-il un moyen d’atteindre l’état dont vous parlez ? »
Aravinda : « Oui. Le Yoga est la voie. »
Sur le yoga en prison :
Barindra le pratiquait aussi. C’était un Bhakti Yoga : laisser toute responsabilité au Divin, réaliser que ce que l’on pense, dit ou fait n’est pas à soi mais que c’est le Divin qui agit à travers soi. Écraser l’ego, être sans « je », pratiquer le renoncement de soi.
Sur les rumeurs de déportation :
Aravinda indique que le Vice-roi et son conseil n’ont pas accepté la suggestion de la police de Calcutta.
Le passage énigmatique sur le cycle / la nouvelle ère (celui auquel Sraddhalu se réfère probablement, en lien avec les sous-cycles des 4 yugas) :
« Il y aura un bouleversement. Il y a des signes qui indiquent sa venue. L’année 1906 complète 5000 ans du Kaliyuga, et un nouvel âge a commencé avec l’année 1907. Le bouleversement se sera suffisamment développé pour être visible à tous. Il sera complet dans une période supplémentaire de quatre à cinq ans. »
Correspondant : « De quel genre de bouleversement s’agit-il ? »
Aravinda : « Le bouleversement sera celui d’un changement révolutionnaire, un grand pas ; les bas seront élevés et les hauts abaissés. Il y aura du changement, du changement, partout — changement dans le Gouvernement, changement dans notre peuple ; de nouvelles résolutions, de nouvelles pensées, de nouvelles voies pour toutes les actions. »
Ce commentaire sur la fin des 5000 ans de Kaliyuga en 1906 et le début d’un nouvel âge en 1907 est le passage « très énigmatique » mentionné.
Sri Aurobindo a ailleurs évoqué l’idée de sous-cycles des quatre yugas à l’intérieur de chacun d’eux (dans des écrits plus tardifs ou des notes sur les cycles évolutifs), ce qui s’accorde avec la remarque de Sraddhalu.
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An Interview of Sri Aurobindo published on 18 September 1909 in the Tamil weekly, India.
Dear Friends, We are happy to publish an interview of Sri Aurobindo which was published on 18 September 1909 in the Tamil weekly, India, under the title of A Conversation with Sriman Aravinda Ghosh
Pour info, un autre texte évoque les différents âges, avec leurs cycles et sous cycles. En voici la traduction :
« Le Lila de Dieu dans l’homme se meut toujours en cercle, du Satyayuga au Kali et à travers le Kali jusqu’au Satya, de l’Âge d’Or à l’Âge de Fer et de nouveau à travers le Fer jusqu’à l’Or.
Dans le langage moderne, le Satyayuga est une période du monde dans laquelle une harmonie, stable et suffisante, est créée et où l’homme réalise pour un temps, sous certaines conditions et limitations, la perfection de son être.
L’harmonie existe dans sa nature, par la force d’une pureté établie ; mais ensuite elle commence à se briser et l’homme la soutient, dans le Treta, par la force de la volonté, individuelle et collective ; elle se brise davantage et il tente de la soutenir dans le Dwapara par une régulation intellectuelle et un consentement et une règle communs ; puis dans le Kali elle s’effondre finalement et est détruite. Mais le Kali n’est pas purement mauvais ; en lui les conditions nécessaires sont progressivement édifiées pour un nouveau Satya, une autre harmonie, une perfection plus avancée.
[…]
Si chaque Satya a son Kali, également chaque Kali prépare son Satya. Cette destruction était nécessaire pour cette création, et la nouvelle harmonie, une fois perfectionnée, sera meilleure que l’ancienne. […] Ces signes ne sont-ils pas là, et ne nous disent-ils pas que le grand Avatar de tous arrive pour établir le premier Satya Yuga du Kali ?
Car dans le Kali aussi, disent les traditions secrètes et anciennes des Yogins, il y a une perpétuelle répétition mineure de sous-cycles Satya-Treta-Dwapara-Kali, le subSatya une harmonie temporaire et imparfaite qui dans le subTreta et le subDwapara se brise et disparaît dans le subKali.
Le processus recommence alors […] car chaque nouvelle harmonie temporaire est plus belle et plus parfaite que l’harmonie précédente, chaque nouvel effondrement temporaire plus retentissant et terrible que sa dissolution antérieure.
Déjà terminées sont les cinq mille premières années du Kali qui étaient nécessaires pour préparer la destruction finale des reliques de l’ancien Satya. La faiblesse et la violence, l’erreur, l’ignorance et l’oubli se précipitant avec une vitesse et un rythme croissants sur toute la terre ont accompli pour nous cette œuvre. Le matin du premier Kali-Satya est prêt à poindre, les premières lueurs faiblement visibles. Telle est la tradition, qui n’est pas incroyable. »
Et pour le passage connexe :
« Lorsque dans Son mouvement cosmique circulaire Il établit quelque harmonie mondiale stable, c’est le Satya Yuga de l’homme.
Lorsque l’harmonie chancelle, est maintenue avec difficulté, non dans la nature des hommes, mais par une force acceptée ou un instrument politique, c’est son Treta.
Lorsque le chancellement devient trébuchement et que l’harmonie doit être maintenue à chaque pas par une régulation soigneuse et laborieuse, c’est son Dwapara.
Lorsqu’il y a désintégration, et que tout s’abîme dans l’effondrement et la ruine, rien ne peut plus arrêter le cataclysme, c’est son Kali. […]
Si chaque Satya a son Kali, également chaque Kali prépare son Satya. Cette destruction était nécessaire pour cette création, et la nouvelle harmonie, une fois perfectionnée, sera meilleure que l’ancienne. »
2. Le gaspillage de la Force spirituelle (45 mn 04)
Il y avait une déclaration très intéressante affichée dans la salle à manger pendant des décennies. Puis je crois qu’ils l’ont remplacée par une impression plus récente. Et c’était une déclaration de la Mère qui disait que la nourriture donnée dans la salle à manger est imprégnée d’une force spirituelle et qu’elle ne doit pas être donnée aux mendiants.
Et à cette époque, dans les années 80, on voyait souvent des mendiants venir aux portes de la salle à manger, et il y avait des gens qui avaient pris de la nourriture dans la salle. Ils avaient un morceau de pain ou une banane. Ils sortaient et le donnait aux mendiants, par une sorte de générosité, une générosité mal placée je dirais. Bien sûr, il s’agit de donner ; vous l’avez pris, vous avez décidé que vous n’en vouliez pas, vous l’avez donné à quelqu’un qui pourrait en vouloir. Très bien.
Cela aurait été acceptable si vous sortiez d’un restaurant ordinaire. Mais ici, une force y avait été placée et la Mère a explicitement dit que cela ne devait pas être donné. Pourquoi ? Réfléchissez-y ! Cela m’emmène un peu vers une digression, mais je pense que ça en vaut la peine.
(…)
La Mère, en fait, s’est plaint du gaspillage de la force spirituelle. Et pour elle c’était une chose sérieuse. Et donc, la conservation de cette force, sa concentration, son intensification et sa bonne direction pour le but dans lequel elle a été apportée. C’est quelque chose d’extrêmement précieux. Cette force est substantielle. C’est littéralement une substance d’énergie divine.
Et vous pouvez la sentir quand elle vous remplit, quand vous posez votre tête au samadhi ou quand vous recevez la descente. Elle vous remplit de substance. C’est extrêmement précieux. Vous ne devez pas la gaspiller. Et même si elle est présente dans la nourriture, vous pouvez la goûter, vous pouvez la sentir. Cela on ne le donne pas. Ou vous pouvez le partager avec quelqu’un qui y accorde autant de valeur. C’est une chose différente. Alors c’est un partage entre dévots qui l’apprécieront à sa juste valeur. Mais lorsque vous le donnez à quelqu’un pour qui cela n’a pas de valeur, ou si vous le jetez, cela s’apparente à un crime. Et il ne s’agit pas de gaspillage alimentaire, il s’agit du gaspillage de la force spirituelle.
🌹
Dans l'Évangile de Matthieu (7.6) Jésus met en garde contre le fait de "jeter ses perles aux pourceaux". C'est la même idée.
Cela m'a rappelé aussi ce texte :
Ne pas gaspiller l’énergie
Les êtres humains ne savent pas garder l’énergie. Quand il arrive quelque chose, un accident ou une maladie, on demande de l’aide ; on met double, triple dose d’énergie. Il se trouve qu’ils sont réceptifs, ils la reçoivent. Cette énergie est donnée pour deux raisons : rétablir le désordre causé par l’accident ou la maladie, et donner une puissance de transformation pour réparer, pour changer ce qui a été la cause véritable de la maladie ou de l’accident.
Au lieu d’utiliser l’énergie comme cela, immédiatement, immédiatement, ils jettent cela au-dehors. Ils se mettent à bouger, ils se mettent à agir, ils se mettent à travailler, ils se mettent à parler, ils se mettent... ils se sentent pleins d’énergie et ils jettent tout dehors ! Ils ne peuvent rien garder. Alors naturellement, comme l’énergie n’est pas faite pour être gaspillée comme cela, mais pour un usage intérieur, ils tombent tout à fait à plat.
Et cela, c’est universel. Ils ne savent pas, ils ne savent pas faire ce mouvement-là : rentrer à l’intérieur, utiliser l’énergie — non la garder, cela ne se garde pas —, l’utiliser pour réparer le dommage fait au corps et pour aller profondément trouver la raison de cet accident ou de cette maladie, et là, changer cela en une aspiration, une transformation intérieure. Au lieu de cela, tout de suite : bavarder, bouger, agir, faire ceci, faire cela !
Au fond, l’immense majorité des êtres humains ne se sent vivre que quand elle gaspille l’énergie, autrement cela ne lui paraît pas être la vie.
Ne pas gaspiller l’énergie, c’est l’utiliser pour les fins pour lesquelles elle a été donnée. Si l’énergie est donnée pour la transformation, la sublimation de l’être, il faut l’utiliser pour cela ; si l’énergie est donnée pour rétablir quelque chose qui est désorganisé dans le corps, il faut l’utiliser pour cela.
Naturellement, si un travail spécial est donné à quelqu’un et si l’on donne l’énergie pour faire ce travail, c’est très bien, elle est utilisée à ces fins, mais c’est donné pour cela.
Tout de suite, dès que l’homme se sent énergique, il se précipite dans l’action. Ou alors, ceux qui n’ont pas le sens de quelque chose d’utile, ils bavardent. Et pire encore, ceux qui n’ont aucun contrôle sur eux-mêmes deviennent intolérants et se mettent à se disputer ! Si quelqu’un contredit leur volonté, ils se sentent pleins d’énergie et ils prennent cela pour de la sainte colère !
Paroles de la Mère – Volume 3
21 juillet 1958
Sraddhalu évoque aussi quelques remarques savoureuses de Mère sur la philanthropie dans l'Agenda du 10 avril 1968.