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Dire d'une personne qu'elle est une coquille vide n'est pas très flatteur. Par acquis de conscience, voici la définition que j'ai trouvé sur internet : "Une coquille vide désigne au sens figuré une structure, une entreprise ou une personne qui a gardé les apparences extérieures mais qui est totalement dépourvue de contenu, d'activité ou de substance."

La semaine dernière, j'ai fais un drôle de rêve. À vrai dire, je ne me souviens de rien sauf d'une image un peu traumatisante qui m'a réveillé. Un peu plus bas que le milieu du tibia de la jambe gauche, j'avais un trou à peu près de la taille d'une balle de tennis... comme si on m'avait jeté un caillou à cet endroit et que, au lieu de rebondir et de faire un beau bleu... cela avait traversé la jambe et tout emporté. À cet endroit, il n'y avait plus rien, ni os, ni chair, ni tissus... rien, absolument rien, le vide.

Et d'ailleurs... l'endroit ressemblait au ciel nocturne. Franchement, en me réveillant, je n'étais pas emballé, et puis... un peu plus tard, il m'est venu cette expression de "coquille vide", comme si ma jambe avait été une prothèse de jambe, qu'il n'y avait rien dedans. En tout cas, à cet endroit, il n'y avait plus rien, que de l'air, de l'espace...

Fut un temps, il y a quelques années, quand j'observais l'intérieur du corps, il m'est plusieurs fois arrivé de ressentir, qu'à tel ou tel endroit, c'était vide... et c'était souvent accompagné de cette image de l'espace, du cosmos, du ciel nocturne. À l'époque, cela arrivait encore relativement souvent.

Et parfois, dans la pratique du qi gong, il y avait la sensation que dans la partie du corps que j'étais en train de travailler, qu'il y avait... un espace immense.

Et comme déjà à l'époque je méditais souvent allongé, il est venu quelques fois cette image des bouddhas couchés avec cette impression plutôt agréable d'avoir un corps immense, couché dans l'espace infini du ciel... tellement paisible. 

Curieusement, je n'ai même pas pris la peine de rechercher la signification symbolique de ces bouddhas couchés... peut-être que je suis bien trop paresseux... et ces sensations d'immensité dans le corps qui étaient relativement fréquentes sont devenues de plus en plus rares.   

Se pourrait-il que ces sensations d'immensité viennent du fait que je serais sorti de mon corps, sans m'en apercevoir ? J'en doute. D'une part parce que j'ai toujours eu l'impression que cela se passait dans le corps, et d'autre part, parce que je n'ai jamais perdu la connexion avec les sensations du corps habituelles, ça chatouille ici, ça picote là...

Et puis j'ai souvent ressenti le corps, le corps physique, comme une carapace, une écorce. C'est souvent le mot d'écorce qui me venait. Une écorce de quoi ? Je ne sais pas.

Avec cette expérience dans ce rêve, ce trou dans la jambe me donne l'impression que l'écorce est devenu fine comme une coquille... en tout cas, à cet endroit.

Je note que... le trou a eu lieu autour d'un endroit où pendant mes intériorisations il y a souvent la sensation de décharges électriques, très agréables au demeurant.

Et sur le plan psychologique, si nous disons : "je suis nul, je ne comprend rien, je veux disparaître, etc.", ce sont des expressions tout à fait caractéristiques de la dévalorisation et de la dépression. Mais ce sont aussi des expressions propres à certaines étapes de ce yoga de la transformation. Mère elle-même a employé ces expressions ou des expressions du même genre.

Il n'en reste pas moins que parmi les milliers de phrases de Sri Aurobindo, Mère, Satprem... nous n'en mémorisons pas tant que cela, et il est probable que celle que nous retenons soient celles qui nous parlent le plus. Pour ma part, je repense souvent à celle-ci de l'Agenda du 13 décembre 1969 : "se laisser aplatir jusqu'à disparition. Au fond, c'est ça le plus difficile : apprendre à disparaître".

Et puis il y a ce vers de Savitri (livre 7, chant 6) traduit par Mère dans l'Agenda du 13 octobre 1965.

"Annul thyself that only God may be."

Annule-toi pour que seul le Divin soit.

Et c'est un aspect qui revient avec une insistance presque constante dans l'Agenda 1971 que je suis en train de lire, que le corps n'existe QUE pour le Divin, QUE par le Divin, qu'il essaye de se montrer parfaitement LIMPIDE pour laisser passer la Conscience... 

Il y aussi cette question extraordinaire de Satprem : qu'est-ce qui reste, dans l'homme, quand il n'y a plus rien ? 

Bref.... cette expression de "coquille vide" – pour étrange qu'elle soit – m'a parlé et m'a semblé avoir quelque chose de vrai. Et depuis, quand je m'allonge en intériorisation, je m’imprègne de cette idée que le corps physique n'est qu'une coquille vide...

Cela me rappelle les stages de zhi neng qi gong où, si souvent, les professeurs nous invitaient à faire le vide... 

Et je repense à ce "rien" de Satprem, et à cette parole de Mère et à ce vers de Savitri...

Et je dois dire qu'avec tout ça, le travail intérieur qui se fait semble avoir changé de nature, ou de niveau. Ce n'est plus la même vibration, la même ambiance que dans les semaines passées. C'est comme si, petit à petit, le corps physique tombait en lambeaux... Là encore, l'expression n'est pas très encourageante, mais je ne sais pas comment dire. 

Le corps physique est composé de toutes sortes de morceaux, toutes sortes d'ingrédients, toutes sortes de matériaux : des os, des tendons, des muscles, des chairs, des vaisseaux sanguins, des liquides organiques... et tout ça, dans l'intériorisation, est perçu comme des morceaux agglomérés. 

Et il y a comme une Pression de la Force, de la Conscience pour que tous ces morceaux soient dissous... et alors, tout d'un coup, dans cette partie du corps, il revient cette sensation de ciel, de cosmos, d'espace immense, de vide... comme si, à cet endroit-là, il n'y avait plus rien, plus de corps... mais seulement, une étendue transparente, infinie, impersonnelle... 

Une partie du corps après l'autre, une partie du corps après l'autre...

Apparemment, cette "désintégration, dissolution des morceaux" est plus facile dans le corps que dans le cerveau. À un moment donné, bien que je n'ai eu aucune vision de lumière, je me suis dit : on dirait une invasion progressive de la lumière. Autre chose encore : c'est un travail apparemment fatigant : je suis surpris de dormir autant.  

Mais cela n'est peut-être pas être dans le corps physique, mais dans la conscience du corps... À moins que cela ne soit dans la conscience des cellules, honnêtement je ne sais pas. Ces morceaux qui sont dissous, un par un, un par un... et apparemment il y en a des milliers, ça n'arrête pas... peut-être qu'il s'agit de mémoires. C'est bien possible après tout. Peut-être qu'il s'agit de tout ce qui est "accroché" au corps, mais qui n'appartient pas au  vrai corps, je ne sais pas, j'ai toujours eu des difficultés à savoir exactement à quel niveau se situait le travail. 

En tout cas, cette impression de vide... est beaucoup plus présente depuis cette vision dans ce rêve. Et ce ne fut pas quelque chose qui est passé, comme cela arrive assez souvent. C'est-à-dire qu'une semaine plus tard, non seulement cela continue à chaque intériorisation mais que cela s'amplifie... 

Voilà, cela faisait un certain temps que je n'avais pas partagé sur ce qui se passe dans mon corps, c'est chose faite. Il y aurait quelques compléments à faire... mais l'essentiel de ce qui est vécu en ce moment est là...  

À suivre...

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