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Lorsque nous parlons de l'origine des choses, nous parlons de leur naissance, de leur début, de leur commencement... mais se pourrait-il, lorsque nous parlons de l'Origine divine, que cela soit une Origine sans commencement ? 

Voilà un sujet de réflexion très intellectuel, très métaphysique, qui parait très éloigné de notre réalité, et pourtant, il m'est venu à l'instant, suite à une expérience vécue comme très concrète.

J'ai commencé par 30/40 minutes de pratique du 1er japa en marchant des prières de la conscience des cellules, et il y a eu, à différents moments quelques micros expériences intéressantes autour de l'identification entre les mots que je prononçais à haute voix et... je ne sais pas précisément... disons des parties de mon être. Bien que ces micros expériences n'aient duré que quelques secondes à chaque fois, et qu'elles étaient très douces et plutôt agréables, elles ont dû à l'arrière plan être assez fortes car j'ai ressenti le besoin de m'allonger.    

Je me suis donc allongé au sol sur le dos, à même le carrelage – bien frais – avec seulement une serviette pliée et repliée sous l'occiput, et une première phase a commencé, assez désordonnée, avec la sensation de toutes sortes de mouvements intérieurs, de choses qui bougent, qui se déplacent, quelques images qui arrivent et disparaissent...

À un moment donné, c'est comme si je scannais l'intérieur de la tête aux pieds et à chaque endroits il semblait y avoir un certain type d'actions, de mouvements... cela m'a rappelé cette célèbre représentation de l'alchimie taoïste... 

... même si ce n'était pas cela du tout que je ressentais et observais. Mais l'image montre bien que selon les endroits, il se passe des choses différentes. Et dans tout le corps, la tête, les épaules, les mains, les jambes, les pieds... il y avait la perception de mouvements internes, d'actions...  

Je pense que tous ces mouvements étaient la conséquence du japa précédent, comme une intégration de ce que j'avais vécu pendant les prières de la conscience des cellules. Je n'en ai pas la preuve mais cela me parait possible et probable. 

À noter que si cela bougeait beaucoup intérieurement, le corps était parfaitement immobile, vraiment déposé sur le sol en mode relaxation, intériorisation. Et alors, au bout d'un moment tous ces mouvements intérieurs ont commencé à ralentir, à se poser et c'est là que l'expérience est venue.

Dans l'Agenda, Satprem nous dit un très grand nombre de fois que pour illustrer son propos Mère fait un geste pour exprimer une immensité paisible et immuable. C'est quelque chose qui revient très souvent, et pourtant, je n'ai aucun souvenir d'y avoir jamais prêté beaucoup d'attention.

Lorsque l'expérience est arrivée, j'ai aussitôt repensé à ce mot "immuable" qui revient si souvent dans les gestes que décrit Satprem. J'avais l'impression d'être en contact avec une immensité paisible immuable sans commencement ni fin. Ce sont les mots qui me sont venus pour décrire ce que je ressentais. 

Au-dessus de mon corps allongé, 30/50 cm plus haut, il y avait cette conscience que je ressentais comme une immensité paisible immuable sans commencement ni fin.

Et en dessous, il y avait une autre conscience, la mienne, bien plus compliquée, avec des tensions ici, des mouvements intérieurs là, etc. Et surtout ressentie comme toute petite et limitée, alors que cette conscience au-dessus me donnait vraiment une impression d'une immensité sans limite.

Il est vrai qu'à un moment donné au début de l'intériorisation j'avais lancé l'intention de sortir de la conscience de l'espace-temps. Sans y prêter plus d'attention que cela. D'ailleurs, aussitôt l'intention lancée, je l'ai oubliée.

Alors, une autre phase est venue et c'était à l'évidence une tentative pour que les deux consciences fusionnent. Les deux plans – au début perçu comme deux surfaces horizontales souples, comme deux tapis volants l'un au-dessus de l'autre – commençait à se mélanger.

Cette image de tapis volant ne paraît pas très sérieuse, et pourtant, c'est curieux, elle était assez prégnante. Qu'est-ce que ça veut dire ? À suivre ? 

 

Agenda du 28 juin 1964

Je n'ai le souvenir d'aucune sensation d'être monté vers ce plan immuable ni que ce soit cette immensité qui soit descendue. J'ai eu plutôt l'impression de quelque chose d'instantané. Pendant un moment, je les ai perçu l'un au-dessus de l'autre à une certaine distance, et tout à coup, "les deux tapis" étaient à la même hauteur en train de se mélanger. C'est ma conscience, sans doute y compris ma conscience corporelle qui essayait de s'imprégner de cette immensité immuable.

Je me demande même, si ce n'est pas surtout, ma conscience corporelle qui essayait, parce qu'apparemment, c'était dans le corps, ou dans le physique subtil, qu'il se passait des choses. Je ne saurais dire ce qu'il se passait dans ma conscience mentale ou émotionnelle, si ce n'est qu'elle était tranquille, et plutôt contente 😊. 

C'est le don que nous fait le Divin quand nous nous unissons à Lui.

Cette immensité paisible immuable sans commencement ni fin m'a fait penser à la conscience d'éternité. Pour moi, c'était une évidence. Et c'est dans ce contexte que s'est posé ce questionnement : serait-il possible que l'Origine divine n'ait pas de commencement ? Je me suis dit que l'Origine et l'Éternité sans commencement ni fin devaient être les deux faces d'une même conscience. Mais ça, je n'en sais rien, je n'en ai aucune l'expérience. 

En tout cas, être en contact avec cette conscience sans commencement ni fin est très agréable. Il y a beaucoup de soucis qui fondent comme neige au soleil. C'est ça que j'essayais de faire : me fondre dans cette conscience. Et les sensations les plus fortes étaient tout ce qui résistait, "les morceaux", les parties de l'être, les parties du corps qui n'arrivaient pas à s'ouvrir, à se donner, à lâcher, à se fondre... 

Et puis, j'ai commencé mon japa à 18 h et j'en suis approximativement sorti vers 18 h 30 / 18 h 40 et je me suis aussitôt allongé pour ne sortir de l'intériorisation à 19 h 40. Autant dire que l'heure allongé sur le sol est passée comme 20/30 minutes. Allongé sur le carrelage, d'habitude je ne reste pas une heure. C'est-à-dire qu'il s'est passé quelque chose au niveau de la perception du temps.

À noter enfin que depuis une semaine, les pratiques diverses et variées, et même les lectures étaient quasiment passées à la trappe. Je n'y arrivais plus, aucun courage, aucune volonté... alors j'ai regardé quelques films, deux séries, sans parler des petits jeux à la con sur l'ordinateur. Bref ! Au niveau de la sadhana, c'était plus que moyen et voilà que d'une façon tout à fait inattendue, cette expérience arrive. 

Je m'étais déjà dit que les expériences nous étaient données, mais maintenant je dirais un peu autrement. Je dirais que les expériences qui arrivent comme ça, sans qu'on s'y attendent ont meilleur goût que les expériences qui arrivent après telle ou telle pratique. Elles ont une simplicité, une légèreté, une facilité... alors nous entrons dans la gratitude.

💐   🙏  💓

Le lendemain de la publication

Je m'attendais à être fatigué, et j'ai fait le tour du cadran. Et je suis encore fatigué. Le sommeil n'a pas été très réparateur car cela a continuer de travailler pendant la nuit.

Je me suis réveillé une première fois et j'ai senti ce plan de conscience immuable  descendre pendant quelques minutes au niveau de la gorge et j'ai toussé, toussé... une bonne dizaine de fois. 

Ensuite, cela a travaillé au niveau des jambes – le domaine du subconscient – et cela faisait assez intensément mal. Cela n'a duré que quelques minutes.  

Je me souviens aussi que cela a exercé une forte pression sur un côté de la cage thoracique... et cela m'a fait comprendre que je m'étais probablement trompé dans mon article en disant que cela avait travaillé sur le plan physique. La sensation sur la cage thoracique était très différente des sensations de la veille, elles étaient bien plus physiques et bien plus difficiles : elles étaient ressenties comme si cette partie du corps physique lui-même devait devenir invisible et disparaître. C'est évidemment très compliqué à réaliser.

Les sensations de la veille devaient donc plutôt se dérouler sur le corps énergétique.

J'en ai déjà parlé plusieurs fois : il m'est encore difficile de savoir exactement sur quel plan se passe les expériences.  

Par contre, je ne me souviens plus si ces expériences au niveau de la gorge, des jambes et de la poitrine ont eu lieu à la suite ou si elles ont été espacées. Il me semble bien m'être rendormi entre chaque et que cela a aussi travaillé sur d'autres parties du corps. Par contre il y avait cette impression que cela touchait le corps physique d'une façon beaucoup plus directe. Je pense que c'est pour cela que même les sensations de résistance étaient plus fortes et que... je suis fatigué.

C'est curieux : je n'ai jamais été roué de coups, je ne suis jamais passé sous un rouleau compresseur, etc... et pourtant... cela ressemble un peu à ça.   

Ce matin, c'est le marché, mais non, c'est impossible de prendre un bain de foule, d'être en contact avec tant de gens dans un état pareil, je vais rester tranquille à la maison... 

À suivre...

🔥

4 septembre, quelques jours après la publication

Je me suis donc allongé au sol sur le dos, à même le carrelage – bien frais – avec seulement une serviette pliée et repliée sous l'occiput...

J'ai simplement "omis" de mentionner que j'étais nu, par pudeur ou prudence, avec une vague appréhension que l'on me trouve complètement zinzin... et voilà que je tombe à l'instant que ce passage de Satprem :

« Prends-moi par la main, dis-moi où je dois aller. » Et alors à ce moment-là j'ai eu cette vision : c'était comme dans un village très isolé, une maison – ce qui n 'était pas une maison, qui était une hutte peut-être, un endroit très pauvre, qui devait être habité par de très pauvres gens. Mais en fait c'était moi, et je suis rentré dans cette maisonnette ou cette hutte et j'ai vu mon corps par terre, nu, allongé sur du ciment, allongé sans rien sur du ciment, qui avait peut-être une couleur un peu jaune, mais je ne sais pas, avec une poutre ou une bûche sous la tête. Et puis c'est tout, J’étais nu.

Carnets d’une Apocalypse – Tome 16 – 29 septembre 1996

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