Derniers extraits Agenda 1970
Pour ces derniers extraits, 2 thèmes ont retenu mon attention : le corps et puis trois citations ayant une résonance avec l'actualité.
AU SUJET DU CORPS
Agenda du 2 décembre 1970
(Mère a une hémorragie à l'œil gauche et la joue gonflée.)
Ça va ?
Oui, douce Mère, et toi ?
Mal aux dents... Toujours quelque chose... Ça ne fait rien.
C'est intéressant simplement parce qu'il n'y a pas cette réaction spontanée que tout le monde a (Mère fait un geste sur soi), de voir et d'agir avec les choses par rapport à ça (Mère désigne le corps). Ça (le corps), c'est comme ça (geste d'abolition), ça n'existe pas. C'est très curieux : spontanément. Ce n'est pas l'effet d'une volonté ni même d'une pensée, d'une conscience : c'est un état naturel. C'est comme si ça n'existait pas. Et je suppose que c'est pour cela que chaque petit coin qui n'est pas encore tout à fait comme il faut, se met de travers, alors...
Alors il a à se remettre droit, voilà tout.
Au point de vue conscience, ça va très bien – très bien. Ça devient naturel, tout à fait spontané, sans effort.
Le centre n'est pas là, n'est-ce pas ! (Mère rit, désignant le corps), même-même physiquement.
Ça va.
N'est-ce pas des remarques TRÈS étonnantes ? En exagérant un peu, nous pourrions dire que d'une certaine façon, tout l'Agenda ne parle que du corps ; le corps dans ce yoga dans ce yoga des cellules, dans ce yoga de la surhumanité et de la transformation est d'une importance considérable... et voilà que Mère nous dit que, d'une certaine façon, il n'existe pas.
Il semblerait donc qu'il existe une sorte d'état d'inexistence... qui soit le secret d'un autre type d'existence. C'est très intéressant.
Un peu plus loin dans cet Agenda Mère traduit quelques fragments de «Savitri» :
Cette boue doit abriter l'orchidée et la rose,
De sa substance aveugle et récalcitrante doit émerger
Une beauté qui appartient à des sphères plus lumineuses.
Livre 2. Chant 2.
C'est tout de même drôlement joli...
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Autres extraits :
Le corps, la conscience du corps est en train de changer très rapidement. Et son attitude est tout à fait différente, il s'universalise bien ; il n'a plus... (Mère touche ses mains pour indiquer la séparation du corps) ça devient de plus en plus mince et… irréel. (20 mai 1970)
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Mais moi, tout le travail se fait dans le corps, et le corps, il est... Du matin au soir, du soir au matin, c'est l'appel constant... Tout-tout est rapporté au Divin tout le temps, tout le temps, constamment... tout: les choses les plus microscopiques. (23 mai 1970)
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Si tu peux arriver à mettre dans le corps – DANS le corps –, le COMPLET «surrender», c'est-à-dire qu'il ne COMPTE QUE sur l'intervention du Suprême, tu comprends ; que le CORPS – le corps – Lui dise : «Voilà (Mère ouvre les mains), voilà...» vis-à-vis du Suprême, avec la connaissance qu'il est là ; qu'il est là dans l'atmosphère, dans les cellules, dans tout, et... (geste mains ouvertes) et c'est tout. Ça, c'est très efficace. Parce que je sais, n'est-ce pas, ce corps-ci a beaucoup de difficultés, et c'est son seul remède. Il n'en connaît pas d'autres. Et c'est le seul qui soit vraiment efficace (même geste mains ouvertes, les yeux clos).
Quand on apprend à le faire, même les douleurs s'en vont en quelques minutes. Et tu essayes.
Il ne faut surtout pas, tu sais, penser, se souvenir des choses... Ça, c'est très mauvais, très mauvais. (20 juin 1970)
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Mais dans cette vraie conscience, la matière n'a... la matière semble perdre quelque chose, ou bien il y a quelque chose qui est transmué en...? Je ne sais pas... Est-ce que ce sera d'une façon permanente, ou est-ce la transition ? Je ne sais pas. (11 juillet 1970)
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«Les souffrances que l'on rencontre sur le chemin, quelles qu'elles soient, ne sont pas un prix trop élevé pour la victoire qui doit être remportée, et si on les prend dans le véritable esprit, elles peuvent même devenir des moyens de remporter la victoire.»
Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga
(1er août 1970)
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EN RÉSONANCE AVEC L'ACTUALITÉ
16 septembre 1970
N'est-ce pas, je ne veux absolument pas imaginer quoi que ce soit, faire comme on fait toujours : tirer des conséquences et dire : «Ça, c'est comme ça.» Absolument pas, je m'y refuse absolument. Alors, je ne sais pas. Je regarde, et puis on verra ! (Mère rit)
En tout cas, le cauchemar est parti.
Mais la nature se souvient de l'expérience et elle est encore... (geste flottant) elle n'est pas très rassurée.
Il y a aussi l'impression qu'il fallait – qu'il fallait avant que la nature soit prête à rentrer dans cette création nouvelle –, qu'il fallait qu'elle ait connu tout de l'ancienne création, complètement, et que ça, c'était... le complément. Mais ça vraiment, c'était une chose épouvantable
(Mère prend son front entre ses mains)...
Si je pouvais... Je me suis vue, comme ça, PRIANT pour que tout cela n'existe plus dans le monde. Si je pouvais avoir purgé le monde de ça en ayant ces jours d'horreur, alors ça ne fait rien, ça m'est égal. Parce que... (Mère prend son front) c'est... c'est horrible. Si on pouvait avoir vidé le monde de ça...
C'était d'ailleurs le sentiment que j'avais : le sentiment que si, en vivant ça, je pouvais purger le monde... ça ne faisait rien.
Nous verrons... Nous verrons.
(Mère prend longtemps nos mains)
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7 novembre 1970
(Mère répond à une question posée par une jeune disciple.)
«J'ai beaucoup lu et entendu parler des vies passées et futures, mais je sens très fort que c'est dans cette vie même que nous devons réaliser nos plus hautes aspirations, comme si c'était la dernière chance qui nous était donnée. Les allusions aux autres vies sont pour moi intangibles et académiques plutôt qu'une aide et un espoir. Ce n'est pas que je ne croie pas à la réincarnation, mais cette pensée-là me revient à l'esprit très souvent. Mère, est-ce une étroitesse de vision de ma part ou quoi?»
La connaissance des vies passées est intéressante pour la connaissance de sa nature et la maîtrise de ses imperfections. Mais à vrai dire, elle n'a pas une importance capitale et il est beaucoup plus important de se concentrer sur l'avenir, la conscience à acquérir et le développement de la nature qui est presque illimité pour ceux qui savent le faire.
Nous sommes à un moment spécialement favorable de l'existence universelle où, sur la terre, tout se prépare pour une nouvelle création ou plutôt pour une nouvelle manifestation dans la création éternelle.
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Darshan du 24 novembre 1970
18 novembre 1970
(…)
(Mère reste très longtemps absorbée)
Nous sommes en pleine incertitude. Les choses établies sont en train de crouler – partout. C'est clairement un moment de transition.
1970 - 2026 : Et apparemment, la transition n'est pas encore terminée car nous sommes encore dans cette face d'écroulement progressif. C'est long à s'écrouler, un vieux monde, et il est sage qu'il en soit ainsi.
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À suivre avec les premiers extraits de l'Agenda 1971...
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