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Le don de soi au Divin, à la Mère divine... est l'un des aspects principaux du yoga de Sri Aurobindo, peut-être même le plus important, celui grâce auquel tout le reste devient possible. 

Je me souviens d'un passage dans lequel il est dit que nous devons donner tout ce que l'on a, tout ce que l'on est...

Ainsi, la chose est entendue et au fil des vingt dernières années, ce don de soi au Divin et à la Mère été expérimenté autant qu'il m'a été possible...

Et pourtant, il y a quelques jours, alors que j'étais allongé dans mon lit pour une énième intériorisation, concentration... il m'est venu pour la première fois ces mots : Tout pour la Mère, tout pour la Mère... 

Et ces mots ont enclenché une expérience...

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je sens "les énergies" travailler en moi sur ceci, cela... mais c'est comme si cela n'avais jamais touché directement ma personnalité. Là, cela touchait directement un nœud de ma personnalité...

C'est curieux, je n'ai eu aucune vision de la Mère, aucune lumière blanche de la Mère, ni même aucun sentiment d'être en contact avec la Mère... et pourtant, ces mots ont enclenché quelque chose qui ne s'était jamais passé, comme un autre type de d'expérience qui a établi un contact beaucoup plus direct avec... le nœud du problème de ma personnalité, de comment je me suis construit...

Les conséquences furent pour le moins inattendues... je me suis enquillé dans la journée les 18 épisodes des 3 saisons sur Arte de Happy valley, une policière qui se bat contre la criminalité et... ses propres démons. 

Une fuite évidemment, un mouvement de révolte. Cela me rappelle ce passage que je viens de lire dans l'Agenda du 5 juillet 1969. Mère y parle de la Conscience qui voulait faire faire un progrès général – et tous ceux qui veulent tirer en arrière tirent tant qu'ils peuvent.

Sauf que c'est à tout l'intérieur de nous avec, aussi bien ce qui veut que ce qui ne veux pas, ce qui accepte le mouvement de progrès et y travaille, avec plus ou moins d'enthousiasme, que ce qui s'y oppose et qui refuse. 

Et puis, pendant l'expérience tout pour la Mère, plusieurs impressions me sont venues. 

1. Je me disais que je pouvais répéter tout ce que Mère raconte sur elle dans l'Agenda, ce n'est pas cela qui me ferait connaître Mère, savoir qui elle est, ce qu'elle est. Tout ce que je pourrais dire sur Mère m'apparaissait... inconsistant. 

2. Et je me suis demandé si tous les problèmes n'étaient pas des problèmes de relation : relation avec soi-même, relation avec les autres, relation avec le monde et la vie, relation avec le Divin, la Mère divine, et à chaque fois, c'est la relation qui est blessée...

3. 20 ans d'efforts plus ou moins continus – plutôt moins que plus – pour des expériences plus ou moins satisfaisantes, et ces expérience, comme celle-ci, qui viennent spontanément, sans s'y attendre. Alors je me suis dit que tous nos efforts, toutes nos concentrations... préparaient peut-être le terrain, mais qu'en définitive, les expériences NOUS SONT DONNÉES... quand le Divin le décide. Cela en était presque décevant d'a quoi bonite, doublée d'un sentiment... de ne rien comprendre à rien.  Peut-être qu'à force d'être casanier on en devient demeuré 😃 !

La seule offrande qui enrichisse vraiment est celle que l'on fait au Divin.

Agenda du 24 mai 1969 (extrait)

Ce qui fait que je ne peux même plus, je ne peux même plus – par exemple, avant, quand quelqu'un me disait qu'il avait des difficultés et qu'il était malheureux ou... c'était très simple, spontanément je lui disais : «Mais pensez à autre chose, pensez au yoga et vous trouverez la paix» – je ne peux même plus dire cela ! Parce que je ne peux pas dire aux gens : faites comme je fais et vous serez tranquilles ! C'est vrai que je n'ai aucun souci – aucun souci.

C'est intéressant, parce que cela balaye toutes les remèdes miracles, toutes les recettes simplistes, tous les y'a qu'à faut qu'on, mais plus intéressant encore, c'est l'attitude de Mère par rapport aux difficultés, de voir comme elle fait, sur quoi elle s'appuie. 

Un jour (c'était hier ou avant-hier, je ne sais pas), tout semblait se désorganiser – tout, partout : tout le monde, toutes les circonstances, toutes les choses –, tout, à l'échelle de la terre. Pas tout petit : à l'échelle de la terre. Tout petit : un désordre complet; général : un désordre complet. Mais même cela, le corps peut encore voir et sourire.

Mais, n'est-ce pas, il ne peut plus manger, ou il vomit tout ce qu'il mange, ou... C'est le désordre total. Je ne peux pas dire qu'il trouve cela tout à fait très bien, mais il ne le trouve pas insupportable; il dit : «C'est comme ça, c'est comme ça.» Parce qu'il y a toujours – toujours : ça, ça ne bouge pas (geste au-dessus de la tête, comme une volonté inébranlable), il y a toujours là la conscience de : «Atteindre-atteindre le Seigneur, la Conscience Suprême... Atteindre le Seigneur.» Ça, c'est stable. C'est durable.

Et alors : «S'il faut encore que tout cela se dissolve, ça se dissoudra ; si ça peut évoluer, ça évoluera ; s'il faut passer par tous ces inconvénients, qui ne sont vraiment pas très agréables, il passera.» Ça, ça ne bouge pas (même geste au-dessus de la tête). Et même, ça vient – au moment où ça commence à être assez ennuyeux –, ça vient comme cela : «Être ce que le Seigneur veut... Ce que Tu voudras.»

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