La paix dans le cœur
Je me suis réveillé avec la paix dans le cœur et cette idée qu'il est parfois bon de se tromper de chemin, de commettre des erreurs... pour constater le désordre, le trouble et la confusion dans laquelle cela nous met.
Ensuite, je me suis allongé sur le dos dos dans mon lit en mode intériorisation, aspiration, concentration...
Tu n'as pas répondu à ma question sur cette vision de toi, à plat par terre...
(Mère rit) Je crois que c'est le symbole de la soumission parfaite. J'étais sur mon dos, n'est-ce pas ?
Sur ton dos, par terre.
Sur le dos, oui. Ce doit être l'expression imagée de l'attitude du corps.
C'est l'attitude de la parfaite réceptivité dans l'abandon total. Parce que c'est vrai.
Agenda du 27 novembre 1968
... sur ce qu'évoque Mère, cette soumission parfaite, un don de soi complet au Divin, dans cet abandon total. Pas si facile ! Extérieurement, on peut dire ce qu'on veut, je me donne au Divin, je me donne au Divin... mais intérieurement, on sent bien que ça résiste...
Si je te donne une pomme, la pomme je ne l'ai plus, c'est toi qui l'a...
Quand on donne une difficulté au Divin, normalement, la difficulté on ne l'a plus, c'est le Divin qui l'a... Si la difficulté est encore là, c'est que le don n'est pas complet, qu'il ne va pas jusqu'à la racine de la difficulté...
Mais cette façon de voir n'est peut-être pas correcte, je ne sais pas...
Pourtant, c'est curieux, quand on offre telle ou telle difficulté intérieure, on sent tout de suite qu'un travail se fait : c'est si évident que cela ne se discute même pas... et pourtant, après ce travail, la difficulté semble toujours-là. Sans doute que certaines difficultés sont si profondément incrustées que cela nécessite du temps et qu'il faudrait alors un don de soi constant...
En tout cas, une Grâce divine qui apparaît et enlève la difficulté "d'un coup de baguette magique", sans doute que cela existe puisque certains en ont l'expérience, mais cela ne semble pas le cas le plus fréquent.
Il y a pour moi une énigme à résoudre. Il est constamment répété que le don de soi au Divin amène la paix et la joie. Comment se fait-il alors qu'il soit possible de ne pas ressentir cela ? Ou en tout cas, pas clairement.
Je suis resté allongé, immobile, intériorisé... pendant 1 h 30 et pour moi, cela fait encore partie des pratiques assez longues, et les mots de Mère : "ce que tu voudras, ce que tu voudras..." ont bien aidé à soutenir la concentration...
1. Mémoires familiales
Il y a eu un premier moment significatif qui est apparu tout à coup, sans même une aspiration sur le sujet. C'était une sorte de vision symbolique de ma personnalité, de mon caractère, faite d'une multitude de petits points, et je voyais avec une stupéfiante clarté de compréhension tous les petits points qui relevaient de l'influence de mon père et avec un peu moins de clarté, venant de plus loin, ce qui dans mon comportement, mon caractère, ma façon d'être de vivre, venait de ma mère.
Alors il m'est revenu en mémoire le souvenir des paroles de Satprem sur le sujet, quand il dit que l'on se trimbale en soi toute la sainte tribut familiale...
J'ai repensé aussi à cette parole où Mère dit que si nous voulons connaître les défauts des parents, nous n'avons qu'à regarder les enfants.... quelque chose comme ça.
Je me suis dit que cela ne servait à rien de se lamenter – nous sommes tous nés avec un bourbier à nettoyer disait-elle aussi – et que notre premier travail, c'est ce nettoyage intérieur que nous avons tous à faire.
Mais ce n'est pas si facile, et ce n'est pas faute d'essayer. Je ne suis pas si sûr que nous soyons si conscient que cela de... comment ça marche, comment ça se passe.... car apparemment, beaucoup d'éléments en nous sembler rester les mêmes. Il doit y avoir une méthode, même si c'est à chacun de trouver sa façon de faire.
À un autre moment de la pratique, je ne me souviens plus trop quand, une autre mémoire a surgi. J'avais 19 ans, un souvenir banal où je m'étais comporté... comme un petit con. C'était il y a 37 ans et je n'ai aucun souvenir d'y avoir déjà repensé. La sadhana fait remonter de veilles choses, pas toujours très flatteuses ni très agréables.
2. Détachement, difficultés, autre mémoire
Dans la Guîtâ, Sri Aurobindo évoque la puissante épée du détachement, et ailleurs il évoque un attachement secret à nos faiblesses. Effectivement, nous pouvons superficiellement offrir et donner tout ce que l'on veut, si secrètement nous y sommes encore attaché, cela ne peut fonctionner. C'est pour cela que je parlais de donner la chose jusque dans sa racine... et c'est pour cela que dans mes intériorisations, le détachement, a aussi une grande importance. Et puis, pour le nettoyage, le détachement c'est bien... 😃
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Une seule occupation, un seul but, une seule joie : le Divin.
Le détachement [des imperfections et des faiblesses de la nature] consiste à se tenir à l'écart, à ne pas s'identifier à elles, à n'être ni bouleversé, ni troublé parce qu'elles sont là, mais plutôt à les regarder comme une chose étrangère à sa propre conscience et à son propre moi, à les rejeter et à appeler la Force de la Mère dans ces mouvements pour qu'elle les élimine et y apporte la vraie conscience et ses mouvements.
Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga
Il faut toujours rentrer en vous-même. Apprenez à descendre profondément à l'intérieur. Prenez du recul et vous serez en sûreté. Ne vous abandonnez pas aux forces superficielles qui se meuvent dans le monde extérieur. Même si vous êtes pressé de faire quelque chose, prenez du recul un instant et vous découvrirez, à votre propre surprise, que vous ferez beaucoup plus vite et beaucoup mieux le travail que vous avez à faire. Si quelqu'un est en colère contre vous, ne vous laissez pas prendre dans ses vibrations, mais simplement prenez du recul, et sa colère ne trouvant en vous ni support ni réponse, s'évanouira. Restez toujours en paix, résistez à toute tentation de perdre cette paix. Ne décidez rien sans prendre du recul, ne dites jamais un mot sans prendre du recul, ne vous jetez jamais dans l'action sans prendre du recul.
Tout ce qui appartient au monde ordinaire est fugitif, sans durée, il n'y a là rien qui vaille la peine de se laisser bouleverser. Ce qui dure, ce qui est éternel, immortel et infini, c'est cela en vérité qui vaut la peine d'être obtenu, conquis, possédé. C'est la Lumière divine, l'Amour divin, la Vie divine, et c'est aussi la Paix suprême, la Joie parfaite et toute Maîtrise sur terre.
La mère – Entretiens 1929 – page 179 – Prendre du recul
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Face aux difficultés, il est parfois évoqué deux types de réaction des gens avec ceux que cela décourage et ceux que cela stimule. Il y a quelques semaines j'avais senti pour la première fois, que tout au fond de la poitrine, il y a un guerrier, il y a Agni, une force immortelle... et lui, n'est absolument pas abattu, découragé, déprimé par les difficultés... et peut-être même, au contraire. Si notre nature extérieure n'a pas encore un caractère de guerrier, nous pouvons toujours nous rappeler que nous avons un guerrier intérieur.... et autant qu'il nous est possible, le laisser émerger de l'intérieur, des profondeurs de notre cœur. C'était il y a quelques semaines, cela n'a duré qu'une fraction de seconde, et pourtant, j'y pense encore et cela a eu un impact durable, un effet, une influence qui continue de se prolonger...
3. Plexus solaire
Dans notre vie extérieure nous pouvons apparaître aussi calme et tranquille que possible... mais au fond de nous, sommes nous aussi paisible que ce cela ?
Pour ma part, la zone du plexus solaire est depuis des années une zone pour le moins... compliquée. Quand je ne suis pas en concentration et que je vis ma vie de tous les jours, je peux sentir une vague tension, et parfois même, l'oublier complètement. Mais dans le calme et l'immobilité de l'intériorisation les sensations deviennent très vives, elles sont décuplées. Et je sens alors au plexus solaire une tension intense, une intense crispation... Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que cela signifie ? Sur le plan psychologique, c'est une angoisse extrême, une inquiétude profonde... mais est-ce seulement cela ? Je ne sais pas Je n'ai jamais trouvé ni reçu de réponse très convaincante.
De toute façon, concrètement, la question est moins de comprendre ce que cela signifie que de trouver comment y amener la détente, l'ouverture, la douceur, la paix... encore que la compréhension et la solution ont sûrement un lien. Pour être honnête, je ne comprends pas très bien. Qu'est-ce qu'il y a derrière nos tensions, nos crispations... c'est de cela qu'il faudrait être conscient.
Malgré tout, il y a eu un progrès dans la détente, dans l'abandon... même si ce n'est pas complet, loin de là. Des pensées comme, "je m'en fiche", "advienne que pourra", "fais ce que tu veux", etc., ont bien aidé. La neutralité aussi, l'impersonnalité, aussi, "cela ne m'appartient pas, cela appartient à la nature inférieure"...
En écrivant ce partage, je me dit qu'il faudrait que le plexus solaire devienne vraiment SOLAIRE ! La formule me plaît, elle enclenchera sans doute quelque chose...
Pourquoi à cet endroit du corps y a-t-il une résistance si énorme, je ne sais pas. À un moment donné, il y avait une telle tension, une telle crispation... que cela faisait mal au point de dépasser les limites de mon endurance qui est pourtant je crois assez élevée, et cela m'a fait sortir de la pratique.
Comme quoi, il est possible d'avoir la paix dans son cœur, et dans une autre partie de son être, de son être, avoir toutes sortes de tensions. Et il en sera toujours ainsi tant que nous ne serons pas unifiés.
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Le lendemain de la publication
J'ai oublié de mentionner que pendant ma concentration tout pour la Mère, ce n'est pas à un don de soi direct à la Mère que je pensais. En fait, j'étais concentré sur le centre de la poitrine et j'invoquais la fonction "prêtre du sacrifice" d'Agni pour reprendre une expression du Véda. C'est à lui que j'essayais de tout offrir afin qu'il tourne toutes mes offrandes vers la Mère. C'était donc un don à la Mère indirect... et apparemment, cela a eu un certain effet.