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Dans la suite de la série de vidéos de Sraddhalu sur le Journal du Yoga, j'attire particulièrement l'attention sur les dernières qui reviennent sur le premier membre du yoga, la base et la fondation de tout le tout yoga, à savoir la tétrade de la paix.  

Équanimité, paix, bonheur, rire :
tels sont les éléments de la tétrade de la paix

Dans la première vidéo Sraddhalu revient en particulier sur samata, l'égalité passive et active telle qu'en a parlé Sri Aurobindo dans le Journal du Yoga.

Dans cette 2e vidéo revient en particulier sur un paragraphe du yoga de la perfection de soi qui revient sur l'égalité. Dans ce chapitre 10, Sri Aurobindo présente les éléments de la perfection qui s'avère être les six membres du yoga, correspondant aux six premiers chatusthayas (ou tétrades). 

Le premier paragraphe commence par une introduction générale :

Quand le moi est purifié de l’action confuse et fausse de la Nature et de ses instruments, libre en son être, en sa conscience, en sa béatitude et son pouvoir existant en soi, et que la Nature elle-même est libérée de l’enchevêtrement de l’action inférieure des gunas et des dualités en conflit, établie en la haute vérité du calme divin et de l’action divine, alors la perfection spirituelle devient possible.

Purification et liberté sont les antécédents indispensables de la perfection. Une perfection de soi spirituelle ne peut signifier qu’une union avec la nature de l’être divin ; par suite, le but, l’effort et la méthode de notre recherche de la perfection dépendront de notre conception de l’être divin.

Pour le mâyâvâdin, la suprême vérité, ou plutôt la seule vérité réelle de l’être, est l’Absolu, impassible, impersonnel, conscient de soi ; par suite, croître en un calme impassible, en une impersonnalité et une pure conscience de l’esprit, est son idée de la perfection ; le rejet de l’existence cosmique et individuelle, l’établissement de l’être en la silencieuse connaissance de soi, est sa voie.

Pour le bouddhiste, la vérité suprême est une négation de l’être ; par suite, la reconnaissance de l’impermanence et de la douleur d’être, de la nullité désastreuse du désir, et la dissolution de l’égoïsme et des associations qui entretiennent l’Idée et les enchaînements du Karma, sont la voie parfaite.

D’autres conceptions du Très-Haut sont moins négatives ; chacune selon son idée conduit à quelque ressemblance du Divin, sâdrishya, et chacune trouve son propre chemin, tels l’amour et l’adoration du bhakta qui par l’amour aspire à s’identifier au Divin.

Mais dans le yoga intégral, la perfection suppose qu’un esprit et une nature divinisés s’unissent et agissent divinement dans le monde ; elle implique aussi, pour être totale, une divinisation de toute la nature, un rejet de tous les nœuds mensongers de l’être et de l’action, sans toutefois rejeter aucune partie de l’être ni aucun champ d’action.

Ainsi, on s’approche de la perfection en suivant un vaste mouvement complexe, et ses résultats, et sa méthode, auront un champ d’action divers et illimité.

Pour trouver le fil et la méthode, il nous faut déterminer quels sont les éléments fondamentaux indispensables à la perfection, siddhi, car une fois qu’ils seront assurés, nous verrons que tout le reste en est simplement le développement naturel ou le fonctionnement particulier.

Nous pouvons classer ces éléments en six catégories, qui sont interdépendantes dans une large mesure et pourtant, d’une certaine manière, se succèdent naturellement dans leur ordre de réalisation.

Le mouvement partira d’une base d’égalité d’âme et s’élèvera à l’action idéale du Divin en notre être perfectionné dans la largeur de l'unité brahmique. 

C'est essentiellement ce paragraphe suivant que Sraddhalu a longuement commenté dans sa vidéo, je vous y renvoie. 

La première nécessité est un équilibre fondamental de l’âme non seulement en son être essentiel mais dans son être naturel quand elle observe et affronte les faits, les impacts et les activités de la Nature.

Cet équilibre, nous l’obtiendrons en cultivant une parfaite égalité, samatâ. Le moi, l’esprit ou Brahman, est un en tout et, par conséquent, un pour tout ; c’est le Brahman égal, samam brahma, comme il est dit dans la Gîtâ qui expose pleinement la notion d’égalité et son expérience d’un aspect au moins de l’égalité ; dans un passage, la Gîtâ va même jusqu’à identifier l’égalité et le yoga, samattvam yoga ucyate.

C’est-à-dire que l’égalité est le signe de l’unité avec le Brahman   : on est devenu le Brahman, on a atteint à l’équilibre spirituel immuable de l’être dans l’Infini.

On ne saurait trop souligner son importance, car elle est le signe que nous avons dépassé les déterminations égoïstes de notre nature, échappé à l’esclavage de nos réactions aux dualités, transcendé le tourbillon instable des gunas et que nous avons atteint le calme et la paix de la libération. L’égalité est un mode de conscience qui infuse dans tout notre être et notre nature la tranquillité éternelle de l’Infini.

En outre, elle est la condition nécessaire à toute action assurée et parfaitement divine ; la sûreté et la vaste étendue de l’action cosmique de l’Infini se fondent sur une tranquillité éternelle jamais rompue ni démentie.

Tel doit être aussi le caractère de l’action spirituelle parfaite ; être égal et fidèle à soi-même en face de toutes choses, spirituellement, intellectuellement, mentalement, dans notre cœur et notre conscience naturelle — même dans la conscience la plus physique — et faire en sorte que tous ces fonctionnements, quelle que soit leur adaptation extérieure au travail à accomplir, expriment toujours pleinement et immuablement l’égalité et le calme divins, doit être le principe fondamental de l’action spirituelle.

On peut dire que ceci constitue l’aspect passif ou la base de l’égalité, sa base de réceptivité, mais il y a aussi un aspect actif et possessif, une béatitude égale qui ne s’obtient que quand la paix de l’égalité est établie, et c’est là son plus complet, son plus merveilleux épanouissement.

Le Journal du yoga décrit en quelque sorte la pratique de l'égalité passive par le bas, par l'endurance, l'indifférence et la soumission aux chocs de l'existence car ils sont perçus comme venant tous du Divin.

Or, dans ce texte il est évoqué en quelque sorte l'égalité par le haut. C'est l'égalité du Brahman qui s'infuse dans toute notre nature, qui se manifeste en nous sous forme d'endurance, d'indifférence et de soumission. Ainsi nos efforts d'en bas vers l'égalité peuvent être touchés par l'égalité d'en haut, déjà présente dans l'unité du Brahman qui contient toutes les potentialités. Voir la chose ainsi fait une différence importante.

Dans la vidéo suivante évoque les trois chapitres du Yoga de la perfection de soi qui sont tout entiers consacrés à l'égalité :

➡ La voie de l'égalité – chapitre 11. Page 187

➡ La perfection de l'égalité – chapitre 12. Page 199

➡ L'action de l'égalité – chapitre 13. Page 213

Certains exemples de Sraddhalu sur la pratique de l'endurance dans les arts martiaux rappellent directement certaines pratiques du zhineng qigong, en particulier de la deuxième méthode.

Et d'une façon plus générale il est question de la reprogrammation de nos réactions et le sujet est non seulement passionnant mais d'une formidable utilité.

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