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Agenda du 25 août 1954

J’ai rencontré un homme (j’avais peut-être vingt-et-un ans, je crois, ou vingt ans) un homme qui était un Indien, qui venait d’ici et qui m’a parlé de la Guîtâ. Il y avait une traduction (qui était d’ailleurs assez mauvaise) et il m’a conseillé de la lire, et il m’a donné la clé – sa clé, c’était sa clé. Il m’a dit: «Lisez la Guîtâ» (cette traduction de la Guîtâ, qui ne vaut pas grand-chose, mais enfin c’était la seule en français; de ce temps-là je n’aurais rien pu comprendre en d’autres langues; d’ailleurs les traductions anglaises sont aussi mauvaises et je n’avais pas... Sri Aurobindo n’avait pas encore écrit la sienne!). Il a dit: «Lisez la Guîtâ et prenez Krishna pour le symbole du Dieu immanent, du Dieu intérieur.» C’était tout ce qu’il m’a dit. Il m’a dit: «Lisez-la avec cette connaissance-là, que Krishna représente, dans la Guîtâ, le Dieu immanent, le Dieu qui est au-dedans de vous.» Mais en un mois, tout le travail était fait!

Alors, vous, n’est-ce pas, vous êtes ici depuis tout petits quelquefois, on vous a tout expliqué, on vous a mâché toute la besogne, on vous a (non seulement avec des mots, mais avec des aides psychiques et de toutes les façons possibles), on vous a mis sur le chemin de cette découverte intérieure... et puis vous vous laissez vivre «comme ça»: ça viendra quand ça viendra – si même vous y pensez! Voilà.

Mais cela, ça ne me décourage pas du tout. Je trouve cela tout à fait amusant. Seulement, il y a d’autres choses que je trouve beaucoup plus sérieuses... C’est quand vous essayez de vous tromper vous-mêmes. Ça, ce n’est pas joli. Il ne faut pas prendre une chose pour une autre. Comme l’on dit, il faut appeler un chat un chat et un chien un chien, et l’instinct humain l’instinct humain, et ne pas parler de choses divines quand elles sont purement humaines.

Voilà.

Et ne pas prétendre avoir des expériences supramentales

quand on vit dans une conscience tout à fait ordinaire.

Et j'aurais envie de rajouter :

Et ne pas prétendre avoir des expériences psychiques

quand on vit dans une conscience tout à fait ordinaire.

Lorsque Sraddhalu a raconté quelquefois son expérience psychique, je ne me souviens pas des mots, mais je me souviens de l'impression que cela a produit sur moi : cela a dû être une expérience tout à fait EXTRAORDINAIRE, car apparemment, pendant des semaines et des mois, cela devait ressembler à... vivre en état de grâce, dans un amour inconcevable, ou en tout cas, un état de conscience tout à fait différent de la conscience ordinaire, y compris de sa conscience actuelle. 

Lorsque j'ai lu Le château de l'âme, j'ai à nouveau eu cette impression que lorsque l'on approche la demeure de l'âme, cela devient fait tout à fait EXTRAORDINAIRE...

La flamme psychique a-t-elle un rapport quelconque avec l’Agni du Véda ? Ils semblent avoir plus ou moins les mêmes qualités prépondérantes.

Oui, ce sont deux noms pour la même chose.
Amour et bénédictions à mon cher enfant.

Le 20 octobre 1938
Quelques réponses de la Mère – volume 1

Quand on lit les passages du Secret du Véda consacrés à Agni ou quelques-uns des hymnes au Feu mystique, on a tout à fait l'impression d'être en contact avec quelque chose d'EXTRAORDINAIRE, d'une puissance FORMIDABLE...

Ailleurs, je ne me souviens plus où, il est dit que la Mère a écrit Prières et Méditations sous l'influence du psychique. Et quand nous lisons ces prières, nous nous apercevons qu'elle brûlent d'un amour intense, mais qui s'expriment par des centaines de prières différentes. Là encore, cela nous met en contact avec une conscience si différente de notre conscience extérieure, que cela nous paraît EXTRAORDINAIRE.

Dans le Véda, dans l'Agenda, il est expliqué qu'Agni est aussi le prêtre, celui qui fait jaillir les mots de notre cœur... et que ces mots-là, sont des mantras, ils sont la manifestation ou le témoignage du Verbe créateur.

Et tous, dans des moments d'intense aspiration... nous avons certainement fait l'expérience de ces mots qui jaillissent du cœur, comme des cris, comme des prières...

Un jour, je m'étais même le problème de l'impossible adaptation du psychique avec notre monde... parce que, le psychique ne s'exprime pas comme nous. Quand il parle, pour le peu que j'ai pu en avoir l'expérience, c'est un style de voix, tant sur le fond que dans la forme de l'expression, tout à fait particulière... 

Si nous sommes vraiment, en contact avec notre être psychique, c'est une telle lumière, une telle connaissance, qu'il me semble IMPOSSIBLE que nous exprimions toutes les banalités que nous disons à longueur de journée... 

Lorsque j'ai mes amis au téléphone, je reconnais leur voix et chaque être a sa voix propre. Et la voix du psychique, n'est pas la voix de notre conscience ordinaire : il ne s'exprime pas de la même façon, et certainement pas pour aborder tous les sujets qui intéressent notre petite personnalité de surface.

Si avec les gens que nous rencontrons tous les jours, nous nous mettions à parler comme le psychique parle, ils nous regarderaient comme des fous de dieu, des illuminés... 

Des événements de ma vie extérieure, je pourrais en raconter des milliers pendant des heures et des heures...

Des événements de la vie de mon être psychique : je ne pourrais pas en raconter UN SEUL ! C'est-à-dire que JE NE LE CONNAIS PAS. Et je crois volontiers Mère qui affirme qu'il n'y a pas un être sur un million qui a un contact conscient avec son être psychique. 

Tout ce que je peux dire qui me semble vrai, c'est qu'à tels et tels instants, je reconnais parfois, dans ma conscience extérieure, une influence du psychique, ou un contact ponctuel, ou au mieux une immersion ponctuelle et partielle dans le psychique, mais c'est tout.

Et pourtant, la bonne nouvelle est que Mère a assuré que le contact avec l'être psychique pouvait devenir non seulement conscient, mais constant au point de ne plus faire qu'un avec lui. 

Je suis en train de me demander si le mental et le vital pouvaient FUSIONNER avec l'être psychique. Mais ce n'est pas une demande comme ça, en l'air... c'est une recherche de trouver comment faire. C'est une aspiration nouvelle apparue il y a quelques jours. J'ignore combien de temps elle va tenir ni si elle va aboutir à quoi que ce soit de tangible. Beaucoup de paramètres entre en ligne de compte.  

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Agenda du 18 décembre 1963

Il est tout aussi ignorant et à mille lieues de mon enseignement de vouloir chercher ce que j'enseigne dans vos relations avec les êtres humains ou dans la noblesse du caractère humain, ou dans l’idée que nous sommes ici pour établir une Vérité et une justice mentales, morales et sociales suivant les conceptions humaines égoïstes. Je n'ai jamais rien promis de pareil. La nature humaine est faite d'imperfections, même sa rectitude et ses vertus sont des prétentions, des imperfections et les fanfaronnades d'un égoïsme content de lui-même...

Notre but est de fonder la vie sur la vérité spirituelle, dont le premier pas est le don de soi, l’union avec le Divin et le dépassement de l’ego. Tant que cette base n'est pas établie, le sadhak est seulement un être humain ignorant et imparfait qui se débat contre les maux de la nature inférieure.

Sri Aurobindo

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Agenda du 26 février 1964

J'ai fait des découvertes comme cela, sur la façon dont les gens comprennent et lisent – les gens «très cultivés»...

Ils ne savent pas lire, ils lisent avec leur cerveau.

Ils lisent avec une grammaire par-derrière!

Ceux-là, ce sont les érudits, c'est affreux, mais je n'ai jamais essayé de convaincre aucun érudit!

Ils n'«entendent» pas ce qui est derrière, ils ne cherchent pas à attraper cette espèce de musique – simplement, ce sont des phrases.

Mon article leur donne, à la fois, l’impression de quelque chose qui est très ennuyeux et qui est très enfantin – les deux à la fois, alors c'est complet! Parce que la forme extérieure est simple, n'est-ce pas, pas de prétentions littéraires; alors ça n'excite pas le cerveau, pas du tout (j'essaye au contraire de le calmer autant que possible!).

Non, ceux qui te comprennent le mieux, ce sont les gens au cœur simple.

Oui, ceux-là sont touchés.

Et ils ont une compréhension infiniment plus grande que les gens «cultivés» – ils comprennent mieux, ils sont plus intelligents!

Plus réceptifs. Oui, ils sentent. 
Ils sentent correctement, ils mentalisent moins.

(Mère entre en contemplation)

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Agenda du 11 août 1964

(...) Mais tant qu'il y a l’effort personnel, c'est... ouf! c'est l’homme qui pousse son tonneau vers le sommet et ça retombe à chaque minute.

Et il faut que ce soit spontané, pas un calcul, pas le faire avec l’idée: «Ça va réussir.» Il faut que ce soit vraiment avec le sentiment complet de son impuissance et de ce qui est tellement formidable dans ce travail que... «Oh! je T'en prie, fais-le; moi, je ne peux pas – pas possible.»

Évidemment, les gens très philosophiques ou très savants vous regardent avec pitié, mais moi, ça m'est égal! – ça m'est égal. Je ne suis pas un philosophe, je ne suis pas un érudit, et je ne suis pas un savant, et je le déclare à très haute voix: ni un philosophe, ni un érudit, ni un savant. Et aucune prétention. Ni un littérateur, ni un artiste – je ne suis rien du tout. Et vraiment, j'en suis absolument convaincue. Et ça n'a aucune importance – c'est de la perfection pour les êtres humains.

Et il n'y a pas de joie plus grande que de savoir qu'on ne peut rien faire et qu'on ne peut rien du tout, et que ce n'est pas soi qui fait, et que le petit peu qui est fait – le petit peu ou le grand peu, ça n'a aucune importance –, qui est fait, c'est le Seigneur qui le fait; avec la pleine responsabilité pour Lui. Ça, ça vous rend content. Avec ça, on est content.

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Agenda du 9 juin 1965

«Dieu vit partout et dans tout, et tu pourras Le voir 
si tu vas Le trouver tout au fond de toi.»

Au fond, il faudrait une «section d'enfants» avec les réponses pour les enfants – moi, je trouve cela beaucoup plus instructif que les choses philosophiques. Je trouve cela beaucoup plus direct que les transcendances intellectuelles, où il y a toujours un peu de prétention; n'est-ce pas, on est «au-dessus de tous ces enfantillages» – et c'est exactement aussi enfantin.

Puissions-nous entrer dans cette Profondeur-là...

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Agenda du 8 juin 1966

L’aspiration dans la conscience cellulaire à la sincérité parfaite de la consécration.

Et l’expérience vécue – vécue intensément – que c'est seulement cette sincérité absolue de la consécration qui permet l’existence.

La moindre prétention est une alliance avec les forces de dissolution et de mort.

Alors, c'est comme un chant des cellules – mais qui ne doivent même pas avoir l’insincérité de se regarder faire –, le chant des cellules: «Ta Volonté, Seigneur, Ta Volonté...»

Et l’immense habitude de dépendre de la volonté des autres, de la conscience des autres, des réactions des autres (des autres et de toutes les choses), cette espèce de comédie universelle que tous jouent à tous et que tout joue à tout, doit être remplacée par une sincérité spontanée, absolue, de la consécration.

Il est évident que cette perfection de la sincérité n'est possible que dans la partie la plus matérielle de la conscience.

C'est là que l’on peut arriver à être, à exister, à faire, sans se regarder être, sans se regarder exister, sans se regarder faire, avec une sincérité absolue.

Notons que Mère n'a pas dit :
cette perfection de la sincérité n'est possible
que dans la partie la plus SPIRITUELLE de la conscience.
Elle a dit MATÉRIELLE.

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Agenda du 19 novembre 1966

«Ils savent ce qu'il ne faut pas faire. 
Ils savent ce qu'il faut faire. 
Ils savent comment le faire Ils savent tout!...

Et pourtant, l’arrogance mentale est, 
de tous les facteurs, 
le plus défavorable à l’action de la Grâce divine.»

Ça, cette notation-là, c'était une question purement et simplement de vibration; c'était la vibration de l’arrogance mentale (qui est perceptible, claire-claire tout à fait) qui venait et elle prenait toute la place... (Mère fait le geste de se gonfler), elle prenait beaucoup de place !... Elle prenait toute la place, et puis cette Action si tranquille, si calme et si... elle ne fait ni bruit, ni fracas, ni prétention, ni rien ; elle est comme ça (geste de descente imperturbable), avec une simplicité parfaite – absolument obstruée, ça ne pouvait pas passer ! Alors j'ai écrit cette note.

«Ils savent ce qu'il ne faut pas faire. 
Ils savent ce qu'il faut faire. 
Ils savent comment le faire Ils savent tout!...

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Agenda du 15 avril 1967

(long silence)

Il y a une chose intéressante dans cette conscience cellulaire : elles ont un sens de la sincérité qui est BEAUCOUP plus aigu et, ce qu'en anglais on appelle exacting [exigeant] que dans le vital et dans le mental (même le vital et le mental matériels).

Il y a une sorte d'absolu dans la sincérité qui est très remarquable, et elles sont d'une sévérité entre elles, qui est tout à fait merveilleuse.

C'est extrêmement intéressant.

S'il y a quelque chose, quelque partie, quelque mouvement qui essaye de truquer, elles les attrapent comme cela (geste de pincer et de tordre le cou) et d'une façon tellement aiguë et si précise...

Dans tous les mouvements vitaux ou mentaux, il y a toujours une sorte de (geste serpentin) souplesse, de quelque chose qui essaye de s'accommoder – , oh!... c'est comme cela (geste inflexible).

Alors quand il y a l’invocation, la prière, le don de soi, l’abandon, la confiance, toutes ces choses deviennent si pures – si pures, si cristallines, n'est-ce pas, que... oh!

Et il y a une conviction croissante qu'une perfection réalisée justement dans la Matière est une perfection BEAUCOUP plus parfaite que n'importe où.

Et c'est cela qui fait que ça a une stabilité que cela n'a pas ailleurs...

S'il y a quelque chose quelque part (quand il y a la grande offrande et puis le don joyeux, l’abandon joyeux), s'il y a quelque chose qui entre avec un tout petit intérêt – par exemple, un petit coin qui souffre (il y a une douleur ou un désordre) et qui espère ou souhaite ou s'attend à ce que cela devienne mieux –, alors ça l’attrape comme ça (même geste de pincer et de tordre le cou) et dit: «Oh! insincère! Tu te donnes sans condition.» Là, c'est magnifique. C'est très intéressant.

Et cette joie, cet enthousiasme de la possibilité: qu'il soit POSSIBLE d'être tout à fait sincère; presque, on pourrait dire (ce sont des mots), que c'est autorisé: «La vie est un tel désordre et un tel fouillis d'insincérité que, vraiment, c'est ÇA que l’on attend de nous, c'est ÇA; c'est ÇA qui est permis, c'est ÇA qu'il faut réaliser: être absolu dans la joie du don de soi.»

C'est une merveille. Une merveille!

Aussi, le contact avec tous ces êtres du Surmental, tous ces dieux, toutes ces Entités, toutes ces divinités... Il y a ici, dans les cellules, une sorte de… (comment dire?) de rectitude et de, oui, de sincérité et d'honnêteté qui dit: «Oh! comme ils font des embarras! comme tout cela est (Mère se gonfle les joues) peuff! peuff! c'est gonflé.» C'est tout à fait intéressant, tout à fait. La vision du monde est tout à fait différente. Elle est beaucoup plus honnête – beaucoup plus honnête –, beaucoup plus sincère, beaucoup plus droite. C'est curieux.

La conscience exprimée dans les cellules transformées est une merveille.

Ça légitime tous ces âges de misère. Arriver à ça, cela valait vraiment la peine. Vraiment la peine.

C'est surtout toutes les prétentions, toutes les exagérations, toutes les vanités, oh! tout ça, c'est regardé comme par les yeux candides d'enfant très pur (beaucoup mieux que cela! c'est une comparaison désobligeante).

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Adorable dans sa simplicité.

Agenda du 13 septembre 1967

À propos d'humilité

C'est très simple, quand on dit aux gens: «Soyez humbles», ils pensent tout de suite à «être humble vis-à-vis des autres hommes», et cette humilité- là est mauvaise. La vraie humilité, c'est l’humilité vis-à-vis du Divin, c'est-à-dire le sens précis, exact, VIVANT, que l’on n'est rien, que l’on ne peut rien, que l’on ne comprend rien sans le Divin, que même si l’on est un être exceptionnellement intelligent et capable, ce n'est RIEN en comparaison de la Conscience divine – et ça, on doit le garder toujours, parce que toujours on a la vraie attitude de réceptivité, une réceptivité humble qui n'oppose pas de prétention personnelle au Divin.

Première attitude requise pour la transformation.

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Agenda du 30 janvier 1971

Voici la phrase en question, extraite d’une lettre de Sri Aurobindo:

«Je ne crois pas en la publicité, sauf pour les livres, ni en la propagande, sauf pour la politique et les produits pharmaceutiques. Mais pour le travail sérieux, c’est un poison. Cela signifie un coup de publicité ou la célébrité; or, les célébrités ou les coups publicitaires épuisent ce qu’ils portent sur la crête de leur vague et l’abandonnent, sans vie, brisé sur les rivages de nulle part. Ou cela veut dire un «mouvement». Un mouvement, dans le cas d’un travail comme le mien, signifie la fondation d’une école ou d’une secte, ou quelque autre damné non-sens. Cela veut dire des centaines ou des milliers de gens inutiles qui viennent se mettre de la partie et corrompre le travail ou le réduire à une farce pompeuse d’où la Vérité qui commençait à descendre se retire dans le secret et le silence. C’est ce qui est arrivé aux «religions», et c’est la raison de leur faillite.» 

2.10.1934
On Himself, XXVI.375

Il faudrait copier ce passage et l’afficher à Auroville. C’est INDISPENSABLE. Ils ont tous la fausse idée de propagande et de publicité. Il faut le copier en grosses lettres; en dessus, «Sri Aurobindo a dit», puis mettre la citation, et l’envoyer à Auroville. Tu diras que c’est moi qui l’envoie.

Pour info, dans l'une des vidées sur La Manifestation Supramentale sur la terre, Sraddhalu revient sur ce point en disant que Sri Aurobindo avait parlé de trois phases. Dans la première, la vérité nouvelle est ridiculisée. Dans le seconde, elle est ignorée, et les gens sont laissés tranquilles à faire leur expérience dans leur coin. Et la dernière phase, la plus dangereuse, est celle où des tas de gens commencent à s'intéresser à cette vérité nouvelle, à rejoindre les mouvements existants, et c'est alors, par une infiltration de l'intérieur, que tout peut être dénaturé et perverti.

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Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

On peut dire, d'une manière générale, qu'il n'est pas sage de mettre trop d'empressement à attirer les gens, en particulier les très jeunes gens, vers la sâdhanâ.

Le sâdhak qui vient à ce yoga doit ressentir un véritable appel, et même si l'appel est réel, le chemin est souvent déjà assez difficile.

Mais quand on attire les gens dans un esprit de propagande enthousiaste, on risque d'allumer une flamme factice qui n'est qu'une imitation du véritable Agni, ou un feu éphémère bientôt submergé par l'assaut des vagues vitales.

C'est particulièrement le cas chez les jeunes gens, car ils sont influençables et se laissent aisément prendre à la contagion d'idées et de sentiments qui leur sont étrangers ; par la suite, le vital se lève avec ses exigences insatisfaites et ils sont ballottés entre deux forces contraires, ou bien ils se laissent rapidement attirer par la vie et l'action ordinaires et par la tendance à satisfaire les désirs qui est naturelle à l'adolescence.

Ou encore le réceptacle humain (âdhâr), inapte, tend à souffrir sous la tension d'un appel pour lequel il n'était pas prêt, ou du moins pas encore prêt.

Quand on a en soi la vraie flamme, on passe à travers toutes les embûches et on finit par s'engager tout entier dans la sâdhanâ, mais seule une minorité en est capable.

Mieux vaut ne recevoir que ceux qui viennent d'eux-mêmes, et parmi ceux-là, seulement ceux en qui l'appel est durable et vient authentiquement d'eux-mêmes.

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