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Quelques extraits tous issus du tome du tome 12 des oeuvres intégrales de Mère. 

Page 36

Jusqu’à présent il n’a été question que de l’éducation qui peut être donnée à tout enfant naissant sur terre, et qui ne s’occupe que des facultés purement humaines. Mais il n’est pas inévitable de s’en tenir là. Tout être humain porte, cachée au-dedans de lui, la possibilité d’une conscience supérieure qui dépasse les cadres de sa vie actuelle et le fait participer à une vie plus haute et plus vaste. En fait, chez tout être d’élite, c’est cette conscience qui gouverne sa vie et organise à la fois les circonstances de son existence et sa réaction individuelle à ces circonstances.

Chapitre : L’éducation psychique et l’éducation spirituelle

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Page 47

Pour que l’individu puisse faire un bond en avant, il est nécessaire que quelque chose au moins du progrès précédent soit réalisé dans la collectivité. Il faut donc trouver un moyen pour que les deux progrès s’accomplissent de front.

C’est en réponse à ce pressant besoin que Sri Aurobindo a conçu le plan de son université internationale afin que soit préparée l’élite humaine qui sera capable de travailler à l’unification progressive de l’humanité et en même temps sera prête à incarner la force nouvelle qui descend pour transformer la terre.

Chapitre : Un centre universitaire international

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Page 78

Ces êtres d’élite doivent rejeter toute forme d’amour entre êtres humains, car si beau, si pur soit-il, il produit une sorte de court-circuit et coupe la connexion directe avec le Divin.

Voilà une déclaration assez fracassante... et qui pourrait être gravement mal comprise. Voyons comment Mère nous explique cela :

Pour celui qui a connu l’amour du Divin, toutes les autres formes de l’amour sont obscures, trop mélangées de petitesses, d’égoïsmes et d’ombres ; elles ressemblent à un marchandage ou à une lutte pour la suprématie et la domination ; et même chez les meilleurs elles sont pleines de malentendus et de susceptibilités, de froissements et d’incompréhensions.

En outre, c’est un fait bien connu que l’on finit par ressembler à ce que l’on aime. Si donc vous voulez ressembler au Divin, n’aimez que Lui. Seul celui qui a connu l’extase de l’échange d’amour avec le Divin peut savoir à quel point tout autre échange, quel qu’il soit, est en comparaison fade, terne et sans force. Et même s’il faut la plus austère discipline pour arriver à cet échange-là, rien n’est trop dur, trop long ou trop sévère pour y atteindre, car il surpasse toute expression.

Chapitre : Les quatre austérités et les quatre libérations

Ce passage me rappelle un autre passage où il est dit que le Brahman n'aime personne et ne hait personne, qu'il est dans une neutralité parfaite. Ce passage par la neutralité absolue du Divin Impersonnel, si ma mémoire est correcte, est un passage nécessaire vers l'intensité de l'Amour du Divin Personnel, le Seigneur.

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Page 105

Aux deux extrêmes de la pensée et de l’action, deux êtres d’élite, deux des plus belles âmes humaines s’exprimant dans un cœur sensible et compatissant, reçurent le même choc psychique au contact de la misère des hommes. Tous deux consacrèrent leur vie entière à trouver un remède aux souffrances de leurs congénères et crurent l’avoir trouvé. Mais comme leurs deux solutions, qu’on peut qualifier de contraires, étaient, chacune dans son domaine propre, incomplètes et partielles, elles échouèrent, et les souffrances de l’humanité n’en furent point soulagées.

L’un en Orient, le Prince Siddhârtha, connu plus tard comme le Bouddha, l’autre en Occident, Monsieur Vincent, que l’on devait appeler après sa mort Saint Vincent de Paul, se tenaient, pour ainsi dire, chacun à un pôle de la conscience humaine, et leurs méthodes d’aide étaient diamétralement opposées. Pourtant tous les deux croyaient au salut par l’esprit, par cet absolu inconnaissable à la pensée, que l’un appelait Dieu et l’autre le Nirvâna.

Chapitre : Soulager l’humanité

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Page 121

Message pour inaugurer la convention à la mémoire de Sri Aurobindo

Sri Aurobindo est présent parmi nous. C’est avec la puissance de son génie créateur qu’il préside à la formation du Centre Universitaire qu’il considérait comme un des meilleurs moyens de préparer l’humanité future à recevoir la lumière supramentale qui transformera l’élite d’aujourd’hui en une race nouvelle manifestant sur terre la lumière, la force et la vie nouvellesC’est donc en son nom que je déclare ouverte aujourd’hui cette convention, réunie en ce lieu dans le but de réaliser un de ses projets les plus chers.

24 avril 1951

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Page 163

Mais il est essentiel que le système d’éducation actuel des nouvelles classes soit maintenu, afin de permettre aux éléments d’élite de se manifester et de se développer librement. C’est cela notre vrai but. Il faut que l’on sache — il ne faut pas hésiter à le proclamer — que notre école est faite pour découvrir et encourager ceux en qui le besoin de progrès est devenu conscient au point d’orienter la vie. Ce doit être un privilège d’être admis dans ces classes de libre progrès.

À intervalles réguliers (tous les mois, par exemple) il faudra faire le tri et remettre dans la filière ordinaire ceux qui ne peuvent pas profiter de l’éducation spéciale.

Les critiques faites dans le rapport s’adressent aux professeurs aussi bien qu’aux élèves. Pour un élève de qualité supérieure, un professeur très versé dans son sujet suffit (à la rigueur, un bon livre de classe, avec des encyclopédies et des dictionnaires, suffiraient). Mais à mesure que l’on descend l’échelle et que la qualité de l’élève baisse, il faut que le professeur ait, lui, des qualités de plus en plus hautes   : discipline, maîtrise de soi, consécration, compréhension psychologique, enthousiasme communicatif, pour éveiller dans l’élève ce qui est endormi   : volonté de savoir, besoin de progrès, contrôle de soi, etc.

Combien de profs ont ces qualités ? Ou combien s'improvisent enseignants après quelques stages de ceci cela ou s'empressent de vouloir enseigner la maigre connaissance qu'ils ont acquis ? Nous ne pouvons aller plus vite que la musique et mettre la charrue avant les bœufs. Développons ces qualités, ensuite nous verrons...

De même que nous organisons l’École de façon à pouvoir découvrir et aider les élèves d’élite, de même il faudrait que la responsabilité des classes soit donnée à des professeurs d’élite.

Je demande donc à chacun des professeurs de considérer son travail à l’école comme le meilleur et le plus rapide moyen de faire son yoga. Et aussi il faudrait pour lui que chaque difficulté et chaque élève difficile soit une occasion de trouver une solution divine au problème.

Bénédictions.

5 août 1963
Chapitre : Le centre d’éducation

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Page 236

LE GROUPE DES CAPITAINES

À tous les Capitaines de l’Éducation Physique   : Vous pouvez et devez être l’élite. J’ai pensé qu’à l’Ashram, il devrait y avoir un noyau autour duquel tout serait organisé. Les Capitaines de l’Éducation Physique peuvent être le noyau de l’éducation physique. Ils n’ont pas besoin d’être très nombreux, mais une bonne sélection, des gens de premier ordre, de vrais candidats à la surhumanité, prêts à se donner entièrement et sans réserve à la Grande Œuvre divine. C’est cela que l’on attend de vous. Cela doit être votre programme.

Mars 1961

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Page 290

C’est pourquoi le nouveau groupe de capitaines doit vraiment être un groupe d’élite pour donner le bon exemple aux élèves et aux étudiants, si nous voulons qu’à leur tour ils adoptent l’attitude vraie. À tous je dis donc   : mettez-vous au travail sincèrement et les obstacles seront, tôt ou tard, surmontés.

5 juillet 1961

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Page 325

(À propos d’un message aux Capitaines d’Éducation Physique.) Nous sommes très loin de ce que tu demandes de nous, du moins je le suis. C’est une tâche très ardue et cela prendra du temps, beaucoup de temps, mais que faire à présent ? Changer notre conscience et devenir une élite prendra beaucoup de temps. À présent, nous sommes au même niveau que nos élèves, alors le problème immédiat n’est pas résolu. Comment créer un intérêt en eux pour chaque chose et chaque jour ?

C’est encore plus impossible que de changer et de devenir une élite. Ainsi, le mieux est de se mettre immédiatement au travail. Le reste est seulement une excuse que notre paresse se donne à elle-même.

15 juillet 1961

En conclusion ?

En tant qu'étudiants de l'action évolutive de Sri Aurobindo et de Mère nous sommes donc censés devenir l'élite naissante de l'humanité. Pour ceux qui ont lu et compris un peu Sri Aurobindo, il est souvent clair qu'il y a là de tout à fait exceptionnel dans toute l'histoire des hommes... de là, à se considérer comme une élite, quelque chose en nous peut en être révolté car tout de suite se lève le piège immense de se sentir supérieur aux autres et de choper la grosse tête.

À défaut d'élite de l'humanité, je me suis dit que nous pourrions commencer par devenir l'élite de l'humilité. Établir d'abord une base d'humilité solide, stable, constante. Mais c'est presque un jeu de mot, il n'est pas sûr que l'humilité à elle seule soit suffisante pour nous protéger de ce piège. 

Alors je me suis dit qu'au fut et à mesure que nous grandissons en connaissance, en force... nous devions aussi GRANDIR EN UNITÉ. 

FAIRE GRANDIR LA CONSCIENCE D'UNITÉ EN NOUS !

Lorsque nous sommes pétris de l'idée que tout est UN, qu'il n'y a QU'UNE conscience, qu'un seul être, qu'un seul corps... alors toute prétention à se croire supérieur devrait s'annuler. 

Mais évidemment, il faut que cela soit vécu, et dès que nous retomberons dans la conscience de division, c'est fichu, le sens de supériorité pourra revenir. 

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