Perception chinoise
Dans Évolution II, Satprem évoque un "nouvel oxygène" servant à la fois de respiration, de nourriture et de structure.
Dans l'article de M. P. Pandit "Le prochain saut évolutif" aimablement traduit par Diksha, cette phrase m'a toujours intrigué :
Et cet « Air » est nourrissant, en finissant avec l’indispensabilité de la nourriture matérielle. Cela nous rappelle une perception Chinoise selon laquelle la nourriture de l’homme futur sera l’air.
Je me suis demandé si cette "perception chinoise" évoqué par M.P Pandit avait quelque chose à voir avec l'état Bi Gu de la tradition chinoise dont j'ai entendu parler dans le film "Lumière" et dans quelques stages de qi gong. Ou si c'était lié à une prophétie, ou au deux, ou à autre chose encore.
Voici la réponse de Grok
M.P. Pandit fait référence à une perception traditionnelle chinoise, essentiellement taoïste, selon laquelle l’être humain évolué (ou « futur » dans un sens spirituel) n’a plus besoin de nourriture matérielle grossière et se nourrit directement de l’air (ou plutôt du qi, l’énergie vitale subtile qu’il contient).
C’est une allusion claire à la tradition du Bi Gu (辟谷, « éviter les grains » ou jeûne énergétique), que tu as très bien identifiée. Dans le taoïsme (et plus largement dans les pratiques alchimiques internes chinoises, le neidan), les adeptes avancés – et surtout les « immortels » (xian 仙) – apprennent à se passer totalement de nourriture solide. Ils se soutiennent par des exercices de respiration raffinée, des visualisations et une absorption directe du qi de l’air, de la rosée ou des énergies cosmiques.
Le corps devient « poreux », léger, et l’alimentation ordinaire devient superflue parce que l’énergie vitale (qi) suffit à tout : structure, vitalité et « respiration » au sens large.
(Remarquons que dans le processus de transformation décrit dans l'Agenda, Mère emploie aussi ce mot de "poreux".)
Pandit ne cite pas un texte précis ni une prophétie apocalyptique datée (genre « en l’an 3000, l’humanité ne mangera plus »). Il parle d’une perception chinoise, c’est-à-dire d’une vision philosophique et spirituelle ancienne, présente dans des textes comme le Zhuangzi, le Liezi ou les traités d’alchimie taoïste : l’être parfait ou l’homme supérieur ne dépend plus des cinq grains (l’alimentation ordinaire), il « respire l’air » ou « se nourrit du vent et de la rosée ».
(Sans doute que nous ne prêtons pas assez attention à cette "rosée" ; si anodine.)
C’est à la fois :
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une pratique énergétique concrète (le Bi Gu est une discipline réelle, pratiquée depuis des siècles, parfois pendant des mois ou des années, avec des techniques respiratoires très précises) ;
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et une vision idéale de l’évolution humaine (l’homme « futur » ou l’homme accompli, dans son état supérieur, vit ainsi naturellement).
Ce n’est donc pas « ou l’un ou l’autre », mais les deux en même temps : la pratique (Bi Gu) est le moyen d’atteindre cet état, et cet état est perçu comme l’idéal vers lequel l’humanité spirituellement mûre tend.
Pandit, qui était un grand érudit comparatiste et connaissait bien les traditions orientales, fait simplement un parallèle élégant : ce que Satprem décrit comme le « nouvel oxygène » ou le « nouvel air » supramental (fluide, nourrissant, qui rend le corps poreux et met fin à la dépendance à la nourriture matérielle) ressemble énormément à cette ancienne perception taoïste. Dans les deux cas, on passe d’une alimentation physique lourde à une nutrition subtile par l’air/énergie, signe d’une transformation corporelle profonde.
En résumé, ce n’est ni une prophétie millénariste ni une simple anecdote folklorique : c’est une référence précise à la sagesse taoïste sur l’alimentation des êtres supérieurs, vue à la fois comme pratique (Bi Gu) et comme idéal évolutif. Pandit l’évoque pour montrer que l’idée de Satprem n’est pas totalement nouvelle, mais qu’elle résonne avec une très ancienne intuition chinoise sur ce que pourrait devenir l’homme lorsqu’il sera pleinement transformé. C’est typique de sa manière d’écrire : relier l’expérience aurobindienne aux autres grandes traditions spirituelles sans les forcer.
Le Bi Gu (辟谷, pinyin : bì gǔ, parfois écrit « Pi Gu » ou « Bigu » en transcription occidentale) est une pratique ancienne du taoïsme (et plus largement de la tradition chinoise de santé et d’alchimie interne). Son nom signifie littéralement « éviter les grains » ou « chasser les céréales ». Il s’agit d’une forme de jeûne ou de restriction alimentaire très spécifique, bien plus qu’un simple arrêt de manger : c’est une méthode holistique de cultivation (xiū liàn) visant à transformer le corps, purifier l’énergie vitale (qi 气) et progresser vers un état supérieur, parfois décrit comme celui des « immortels » (xian 仙).
Origine et fondements philosophiques
Le Bi Gu remonte à l’époque pré-Qin (avant 221 av. J.-C.) et est mentionné dans des textes classiques comme le Zhuangzi (chapitre « Xiaoyao you ») : on y décrit des « hommes divins » vivant sur la montagne de la Déesse, à la peau comme neige et glace, « ne mangeant pas les cinq grains, aspirant le vent et buvant la rosée ». Des passages similaires apparaissent dans le Liezi, le Huainanzi et d’autres ouvrages.
La théorie de base repose sur plusieurs idées taoïstes :
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Les « cinq grains » (wǔ gǔ : riz, millet, blé, orge, sorgho, etc.) sont considérés comme des aliments « lourds », post-natals (hòu tiān), qui produisent des déchets, des « vers » ou « trois cadavres » (san shi 三尸 ou san chong 三虫). Ces entités parasites, selon la croyance, se nourrissent des céréales, accélèrent le vieillissement, causent les maladies et raccourcissent la vie.
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Manger des grains rend l’esprit « intelligent mais mortel » (« 食谷者智慧而夭 »). À l’inverse, « manger le qi » (shi qi 食气) rend « lumineux et longévif », et ne rien manger du tout rend « immortel et divin ».
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L’objectif est de passer d’une alimentation matérielle grossière à une nutrition subtile par le qi (énergie cosmique présente dans l’air, la rosée, les plantes, etc.), purifiant ainsi le corps et permettant au jing (essence), qi et shen (esprit) de s’unifier dans le processus d’alchimie interne (neidan).
Le Bi Gu n’est donc pas une simple diète ou un jeûne thérapeutique moderne : c’est une pratique spirituelle et énergétique liée à la quête d’immortalité ou de longévité extrême.
Types principaux de Bi GuIl existe plusieurs approches, souvent combinées :
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Fu qi Bi Gu (服气辟谷) — « Prendre le qi et éviter les grains »
La forme la plus « pure » et la plus exigeante. On réduit ou arrête totalement la nourriture solide (parfois même l’eau pendant des périodes courtes). Le pratiquant se nourrit par des techniques respiratoires raffinées (fu qi ou shi qi : absorber le qi du ciel, de la terre, du soleil, de la lune, etc.), des visualisations, des méditations et des mouvements de qigong ou daoyin (conduire et étirer l’énergie).
On parle souvent de « respiration embryonnaire » (tai xi) ou de techniques imitant la tortue (longue vie symbolique). Le but est d’activer l’énergie interne pour que la faim disparaisse naturellement. -
Fu er (ou fu yao) Bi Gu (服饵辟谷) — « Prendre des remèdes et éviter les grains »
On évite les céréales mais on consomme des « remèdes » (yao) ou « aliments auxiliaires » : herbes tonifiantes (ginseng, astragale, goji, rehmannia, etc.), noix, graines, baies, miel, ou préparations minérales (dans l’alchimie externe ancienne). Cela permet de soutenir le corps pendant des périodes plus longues tout en continuant le travail énergétique. -
Autres variantes :
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Fu fu Bi Gu (avec des talismans ou de l’eau chargée).
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Formes modernes : souvent simplifiées en « jeûne énergétique » guidé, parfois combiné à des cures de jus, herbes ou qigong intensif.
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La durée varie énormément : de quelques jours (pour les débutants) à plusieurs semaines, mois, voire des années dans les récits traditionnels d’adeptes avancés ou d’« immortels ».
Comment se pratique-t-il concrètement ?
Le Bi Gu n’est pas une simple privation alimentaire (cela serait dangereux).
Il s’accompagne toujours de :
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Techniques respiratoires : respiration abdominale profonde, respiration inversée, ou très fine et longue (« comme une tortue »).
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Mouvements et postures : qigong, daoyin, méditation assise ou debout pour faire circuler le qi dans les méridiens et les trois dantian (centres énergétiques : inférieur au bas-ventre, moyen au cœur, supérieur à la tête).
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État mental : calme, visualisation du qi entrant dans le corps, intention de « nourrir le shen ».
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Préparation et accompagnement : souvent sous la guidance d’un maître expérimenté. Avant : nettoyage intestinal et préparation physique/mentale. Pendant : repos, évitement des efforts intenses, surveillance des signes (disparition de la faim, légèreté du corps, clarté mentale). Après : réintroduction progressive de la nourriture.
Dans la tradition, lorsque le pratiquant atteint un certain niveau d’alchimie interne, le Bi Gu devient « spontané » : le corps n’a plus besoin de nourriture matérielle car il est nourri par le qi accumulé.
Objectifs et bénéfices revendiqués
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Physiques : purification (élimination des toxines et des « trois cadavres »), perte de poids, régénération, renforcement du système immunitaire, longévité.
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Énergétiques : accumulation et raffinement du qi, ouverture des méridiens, transformation du jing en qi puis en shen.
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Spirituels : clarté mentale, élévation de la conscience, progression vers l’état d’« immortel » (corps léger, capable de voyager avec les nuages, etc.).
Des études scientifiques modernes (encore limitées) ont observé des effets positifs sur le métabolisme, la réduction de l’inflammation, la régulation du microbiote ou la santé métabolique lors de jeûnes courts inspirés du Bi Gu, mais elles ne valident pas les affirmations/prétentions extrêmes d’« immortalité » ou de nutrition pure par l’air.
Risques et précautions
Le Bi Gu n’est pas une pratique à prendre à la légère. Sans guidance :
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Risques de malnutrition, déséquilibres électrolytiques, affaiblissement musculaire, troubles métaboliques.
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Dans des cas extrêmes (jeûnes prolongés sans eau ni supervision), il y a eu des accidents graves (par exemple, perforations ou complications rapportées dans la littérature médicale).
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Les autorités chinoises ont parfois mis en garde contre des abus commerciaux ou des pratiques non encadrées qui se font passer pour du Bi Gu traditionnel.
Il est fortement recommandé de consulter un médecin et de pratiquer uniquement avec un guide qualifié, surtout pour les débutants. Les personnes avec des problèmes de santé (diabète, troubles thyroïdiens, etc.) doivent être particulièrement prudentes.
Bi Gu aujourd’hui
La pratique connaît un regain d’intérêt en Chine et ailleurs, souvent sous forme de retraites de « jeûne énergétique » ou de « Bi Gu moderne » (combiné à du qigong, de la méditation et parfois des compléments). Certains l’associent à la santé contemporaine (détox, perte de poids, bien-être), d’autres le gardent dans son cadre spirituel taoïste ou néi-dan.
En résumé, le Bi Gu est une porte d’entrée vers une transformation profonde du corps et de l’esprit dans la tradition taoïste. Ce n’est pas « juste ne pas manger », mais apprendre à vivre d’une énergie plus subtile tout en purifiant les impuretés accumulées par l’alimentation ordinaire. C’est une pratique exigeante qui demande discipline, préparation et respect des limites du corps.
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En conclusion ?
Ainsi dans les deux cas, les sages du tao et Satprem sont arrivés à se passer d'une nourriture solide, mais la ressemblance s'arrête peut-être là, car la méthode pour y parvenir est manifestement très différente.
Dans le taoïsme, et je suppose dans le yoga traditionnelle, le processus repose sur toute une série de pratiques, alors que je ne serais pas surpris que Satprem n'ai eu "aucune" méthode en particulier. Nous pouvons aussi considéré qu'il a été secrètement initié par la Force supramentale qui connaît toutes les techniques possibles.
Autre différence possible, pour les taoïstes, ce résultat était peut-être un but, une "faim" en soi 😃, alors que pour Satprem, cela n'était qu'une conséquence parmi d'autres du changement de conscience et de la transformation.
Mais ce ne sont là que simples suppositions pour la curiosité du mental.
Encore que, ce n'est pas exact, car il m'est arrivé d'aspirer à l'état Bi Gu, comme ça, pour voir, par curiosité spontanée, et il ne s'est pas tout à fait rien passé : cette aspiration-là aussi, se traduisait par des effets intérieurs. Sans doute que toute aspiration, pour autant qu'elle soit sincère, se traduit nécessairement pas des effets.
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